Statistiques

Environ 0% des lecteurs actuels de ce blog sont morts au cours des dernières secondes.
Affichage des articles dont le libellé est Dialogues. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Dialogues. Afficher tous les articles

vendredi 13 juillet 2007

Confidences sur l'oreiller



"Théo?
- Zzzz...
- Théo?
- ...Mmh?
- Dis... Tu aimes cette fille?
- Hein? Quelle fille?
- Tu sais très bien de qui je parle.
- Oh... Tu veux vraiment qu'on parle de ça à... euh... deux heures du matin?
- Oui.
- Bien... Euh... Je l'ai aimée, oui.
- Et maintenant?
- Maintenant que nous sommes ensemble?
- Oui.
- Je n'aime que toi.
- Tu ne penses plus jamais à elle? Après tout, vous avez vécu quelque chose de... vraiment spécial, vous deux.
- Bien sûr que je pense à elle. Elle a été là à un moment où j'en avais vraiment besoin, elle m'a fait vivre des choses géniales...
- ...
- Tu n'es quand même pas jalouse? Je ne peux pas l'oublier d'un claquement de doigts!
- A supposer que tu en aies envie...
- Non, c'est vrai, je n'ai aucune envie de l'oublier. Elle a fait partie de ma vie. Mais c'est toi que j'aime, maintenant. Juste toi.
- ...
- De quoi tu as peur?
- Ce que tu as vécu avec elle... Ce qu'elle a représenté pour toi, ce que vous avez vécu ensemble... Ca semblait... très intense. Tu as vécu des choses avec elle, que tu n'as jamais vécues avec moi. La naissance de Maëlle a changé pas mal de choses, en plus...
- Arrête.
- J'ai peur de ne pas être à ma place. Peut-être que je n'aurais pas du m'accrocher comme ça et te laisser partir avec elle quand tu en avais l'occasion.
- J'ai fait mon choix, tu sais... Je ne suis pas QUE ta marionnette.
- T'es bête.
- Ouaip. Mais je le vis bien. Et puis j'ai trouvé une jeune femme ravissante qui ADORE les hommes un peu bêtes.
- Ah bon? Qui c'est?
- Attend que je la retrouve sous les draps...
- Que... Hé! Arrête ça, ça chatouille! Hi hi! Arrêteuh!
- Promets-moi d'abord que tu arrêteras de penser à ça!
- Ha ha ha! Je... je promets! Arrête Théo, je promets!
- Bien.
- ...
- ...
- ...dis Théo?
- Quoi?
- Cette conversation...
- Oui?
- Tu aurais pu la vivre aussi bien avec elle qu'avec moi, si on y réfléchit bien... Si c'était avec elle que tu étais cette nuit... Exactement le même dialogue...
- Mmmh... Oui, c'est vrai... C'est tout à fait le genre de prise de tête nocturne qu'elle aurait adoré... Mais pourquoi je ne tombe que sur des nanas qui ne savent pas que la nuit est faite pour dormir?
- Parce que quand on passe la nuit avec toi, on pense à autre chose que dormir.
- Allons bon, voilà qu'on me fait des avances dans mon propre lit...
- Ah? Qui donc?
- Attendez un peu que je la retrouve...
- Hi hi! Arrêteuh!"

mardi 19 juin 2007

Interlude téléphonique



"Allô?
- Joyeux anniversaire.
- Théo?
- Salut Angèle.
- Salut... euh, merci! J'aurais jamais cru que tu me le souhaiterais.
- Pourquoi pas?
- Parce que tu m'en veux non?
- La rancunière du couple c'était toi, tu te souviens? Je n'ai jamais réussi à te faire la gueule plus de dix minutes.
- ...
- Bon d'accord, sur la dernière action de ta part j'ai battu mon record.
- C'est cool que tu m'appelles. Ca... me fait plaisir.
- Ca doit être la première fois que tu me dis que me parler te fait plaisir.
- On est obligés de déjà commencer à se tirer dans les pattes?
- Excuse-moi. Je dois être plus rancunier que ce que je croyais.
- Bon... A part ça, ça va toi?
- Ca va, rien de spécial...
- Comment va *Camille*?
- Très bien... C'est moi ou tu as eu ta petite intonation jalouse à l'instant là?
- Non.
- Mouais... Tu veux lui parler?
- Non merci.
- Ouch, tu es jalouse là.
- Arrête de jubiler c'est malsain. Et je ne suis pas jalouse. Tant que tu ne me demandes pas d'être ton témoin à votre mariage...
- Ah merde... (voix étouffée) ma chérie, elle n'a pas l'air très chaude pour juillet, je vais plutôt demander à mon cousin!
- ...très drôle.
- Désolé.
- Et Camille accepte que tu appelles ton ex pour son anniversaire?
- Je ne pense pas que ça la gène.
- Ah?
- Et de toutes façons elle n'est pas là.
- Ah. Donc tu m'appelles en cachette? C'est excitant...
- Non. Camille n'est pas jalouse, je lui dirai quand elle reviendra.
- Bien sûr...
- Bien sûr. Tu m'as déjà surpris à te mentir?
- ...
- Voilà.
- D'accord. Désolée de m'emporter, je ne dois pas vivre ça aussi bien que je le pensais.
- Quoi "ça"?
- Que tu sois avec une autre.
- Il fallait...
- ...y penser avant, oui je sais. Pourquoi tu m'as appelée?
- Pour ton anniversaire.
- En vrai.
- Pour ton anniversaire.
- Ecoute Théo, je te connais mieux que personne, et si tu avais juste voulu me souhaiter mon anniversaire, tu l'aurais fait par lettre ou par message. Tu veux qu'on aborde un sujet précis, et quitte à gagner du temps, je veux savoir lequel.
- ...
- Tu veux quoi, qu'on s'engueule un bon coup pour te rappeller que c'est une bonne chose qu'on ne soit plus ensemble? Me dire mes quatre vérités pour soulager ta rancoeur?
- ...Camille est enceinte.
- ...
- Angèle?
- ...
- Tu es là?
- ...oui. Désolée j'ai un peu de mal là. Camille, enceinte?
- Oui.
- De toi?
- ...
- Question idiote, désolée. Tu... as fait un enfant à cette fille?
- "Cette fille" est ma fiancée depuis presque un an.
- Et tu as accepté d'avoir un enfant avec elle, alors que tu as toujours refusé catégoriquement d'en entendre parler quand on était ensemble?
- Ecoute...
- Non, là ça m'énerve. Tu m'appelles le jour de mon anniversaire pour me dire que tu as foutu en cloque une nana que tu connais depuis un an, putain! Après que j'aie passé trois ans à essayer de t'en parler! C'est quoi ton but, me jeter ton bonheur à la face, me montrer que si j'avais patienté un an de plus au lieu de te jeter je serais enceinte de toi aujourd'hui? Me convaincre que j'étais trop nulle pour que tu aies envie d'avoir un enfant avec moi, ou que je ne te rassurais pas assez pour que tu aies envie d'être père? Merci, Théo, c'est super, je suis contente pour vous deux, mais ton sadisme sinistre et rancunier j'en ai ma claque!
- Angèle...
- Je regrette, ok? Je suis DESOLEE d'être partie, je suis au courant que mon comportement envers toi pendant l'année précédente était nul à chier, j'ai compris que j'ai fait une erreur en te quittant. Ca te va? Tu n'es plus obligé d'en rajouter maintenant, je vais regretter encore un moment de ne pas avoir réessayé avec toi, t'en fais pas, j'ai mon quota d'amertume pour la prochaine décennie! Alors fous-moi la paix, arrête d'en rajouter!
- Arrête. Je ne voulais pas te faire mal.
- Mon oeil!
- C'est vrai. J'ai juste très peur de devenir père, je ne suis pas sur d'avoir envie de le devenir. On n'a pas tout fait pour que ça arrive, c'est arrivé comme ça. Ca va trop vite pour moi. Je sais que je t'en demande beaucoup, mais... je voulais juste... t'en parler. Savoir comment tu aurais voulu que je réagisse si ça nous était arrivés.
- Ca n'aurait pas pu nous arriver. Je prenais la pilule je te rappelle.
- Tu ne la prenais plus, à la fin.
- ...tu le savais?
- Oui.
- ...
- ...
- Et tu m'as laissée faire? Tu n'as pas exigé que je la reprenne?
- Pourquoi? Tu l'aurais fait?
- Je ne sais pas.
- Dans le doute, je n'ai rien dit. Si tu voulais vraiment un enfant de moi et si le hasard s'en mêlait, je me disais que ça arriverait et que je finirais par l'accepter. Le fait est que ça n'a jamais eu lieu...
- ...
- Ca va?
- Ca fait trop de nouveaux éléments d'un coup pour moi, là...
- Je sais.
- Ecoute, je suis désolée... je vais sortir ce soir avec des amis, pour fêter mon anniversaire. Je...te rappellerai. Pour en parler. Si tu veux.
- D'accord. Merci.
- Salut.
*clic*
- ...salut Angèle."

jeudi 14 juin 2007

Rencontre fortuite



"Théo! Oh, Théo!
- Angèle?
- Tu m'as pas entendue? Ca fait dix minutes que je te cours après!
- Heureux de voir que ton légendaire sens de l'exagération est intact.
- Tu... euh... ça va?
- Depuis la dernière fois qu'on ne s'est PAS vus, tu veux dire? Oui, j'ai survécu, comme tu vois.
- Oh... Euh... Tu nous présentes?
- Camille, ma fiancée. Angèle, une... ancienne connaissance.
- Ravie.
- Moi aussi.
- Camille, vous... vous pouvez nous laisser un moment? J'ai quelques petites choses à dire à Théo...
- Camille peut tout entendre.
- J'en doute, mon chéri. Je te laisse régler cette histoire... En attendant je vais à la librairie au coin de la rue.
- ...d'accord.

*départ de Camille*

- Tu... avais quelque chose à me dire?
- Tu es venimeux aujourd'hui. Alors comme ça, tu t'es fiancé?
- Tu te demandes pourquoi tu n'étais pas invitée?
- ...ça fait plaisir de te revoir c'est dingue...
- Désolé, au bout d'un an j'ai fini par perdre mes anciennes habitudes de gentillesse en toutes occasions...
- Je vois ça. Je suppose que tu m'en veux?
- Quelle idée. Tu me laisses tomber comme une vieille chaussette, tu me rappelles six mois après pour me dire que tu as réfléchi et que tu veux nous donner une autre chance, et quand je te rappelle pour te dire que je suis prêt à réessayer, tu ne décroches même pas ton téléphone. Et quand j'ai enfin réussi à passer à autre chose - je suis BIEN avec Camille, est-il besoin de le préciser? - tu réapparais au milieu de la rue avec un grand sourire aux lèvres, comme si on s'était quittés la veille.
- Tu voudrais que j'aie l'air terrifiée de ta réaction, que j'ose à peine t'aborder et que je me répande en excuses?
- Franchement ça serait pas mal, au moins les excuses.
- Ok, ok. Je suis désolée de t'avoir fait ça, c'est ma faute, pardon.
- Ouais... Tu n'as toujours pas appris à demander pardon sincèrement. Il faut toujours que tu donnes l'impression que celui à qui tu t'excuses est un parfait crétin à qui il faut adresser des excuses bidon pour le calmer... A moins que tu ne fasses ça qu'avec moi?
- Tu es d'une humeur charmante dis-moi...
- Mets-toi à ma place.
- Sans façons. Ecoute, je sais que ça ne vaut rien pour toi, mais je suis vraiment désolée, d'accord? Je n'ai pas osé te répondre il y a six mois, parce que j'ai... rencontré quelqu'un.
- ...
- Je sais ce que tu vas dire: "ça montre à quel point tu avais envie de reprendre avec moi, deux jours sans nouvelle et tu sautes sur le premier qui passe, blablabla..."
- Je n'avais pas encore commencé à envisager les choses comme ça, mais ça aurait pu venir, oui...
- J'avais peur de ta réaction, de te faire encore souffrir alors que je t'avais rendu espoir...
- Si seulement tu étais moins égoïste...
- Moi, égoïste? J'ai pensé à toi, je t'ai offert le moindre mal! Je voulais te protéger!
- Mon cul! Si tu étais vraiment préoccupée par moi, tu aurais refusé cette histoire pour nous offrir une nouvelle chance! Tu m'aurais offert le bonheur, au lieu de choisir pour moi entre la peste et le choléra! Tu voulais quoi, que je te remercie de m'avoir laissé tomber au dernier moment après m'avoir fait espérer? Tu ne penses qu'à toi, à ton petit bonheur égoïste et autocentré! Si tu avais vraiment pensé à moi, tu aurais attendu que je te rappelle! Mais non, tu as d'abord pensé à ta pomme, à ton histoire avec ce gars, et ENSUITE tu as pensé à moi et tu as réfléchi à comment limiter la casse! Arrête avec ta soi-disant bonté, tu es aussi altruiste qu'Hitler!
- C'est dégueulasse de dire ça!
- J'assume. Et arrête de pleurer, tu n'as même pas idée des larmes que MOI j'ai versées pendant que tu batifolais avec ta nouvelle conquête, sans même penser à me dire ce qu'il en était de moi! J'espère qu'il t'a rendu heureuse, je suis sûr que ça va me consoler!
- Je ne suis plus avec lui.
- Ah ouais? Depuis quand? Hier? C'est pour ça que tu es venue me trouver? Le gentil Théo, toujours disponible pour toi, qu'importe les orages et les tempêtes? Allons-y, tiens, retournons voir Théo le bouche-trou, il me reprendra sûrement maintenant que je n'ai plus personne en vue!
- Ca fait trois mois que je ne suis plus avec lui! Et c'est par hasard que je t'ai retrouvé! Je suis peut-être égoïste, mais je ne suis pas aussi ignoble que tu as l'air de le penser! Je voulais juste... savoir comment tu allais.
- Ca va. Ca fait quatre mois que je suis avec Camille. Elle est patiente, à mon écoute, drôle, belle, passionnée, elle a une libido trois fois supérieure à la tienne, et elle a autant besoin de moi que moi d'elle.
- Mon double opposé, quoi.
- C'est toi qui l'as dit.
- Tu n'as jamais supporté mon indépendance hein?
- Je n'ai jamais supporté que tu me tiennes à l'écart de ta vie, et que tu viennes me trouver quand TU en avais envie seulement. Je ne suis pas un porte-avion duquel tu peux t'envoler et où tu peux atterrir à volonté.
- Daniel Pennac.
- Tu te souviens de nos classiques.
- Je sais, je n'étais pas tout à fait ce que tu attendais de moi.
- Pas tout à fait non.
- Je suis désolée. Je voulais juste que tu saches que... quand je t'ai appelé la dernière fois, j'étais sincère... J'avais vraiment envie de réessayer. Je n'aurais pas du me laisser approcher par ce mec, c'est toi qui as raison. J'aurais du t'attendre.
- Ce n'est pas grave. C'est en sortant me bourrer la gueule pour oublier que j'ai rencontré Camille. Je te dois mon bonheur, finalement.
- Une dernière pique pour la route?
- Désolé.
- Je suppose que je l'ai méritée. Si jamais on se revoit... j'espère qu'on sera tous les deux libres.
- Tu ne renonces jamais?
- Aucune idée. Je crois que je me rends compte seulement maintenant de ce que j'ai perdu.
- Un peu tard.
- Je sais. Sois heureux.
- Toi aussi.
- Bye."

*départ d'Angèle, Théo retrouve Camille à la librairie*

- Alors, raconte-moi? Qui c'était cette Angèle?
- Le Fantôme des Noëls Passés.
- Charles Dickens.
- Tu connais nos classiques."

vendredi 8 juin 2007

Dialogue téléphonique

*sonnerie de téléphone*
- Mgn... mmmâllo?
- Théo?
- Angèle?
- Salut.
- Euh... salut. Il est quelle heure?
- Cinq heures.
- Du matin?
- Oui.
- Ah ok, donc en fait tu as décidé de m'achever.
- Désolée d'appeler si tôt.
- C'est pas grave. Qu'est-ce qui se passe?
- J'ai pas mal réfléchi tu sais...
- Ah?
- Je voulais te parler...
- Ah.
- Euh... comment ça va?
- Hum... je viens de me faire réveiller à cinq heures du matin par mon ex qui me demande comment je vais... On va dire que ça pourrait être pire, ça aurait pu être dimanche.
- ...
- Oui je sais, on EST dimanche, je tentais une pointe de cynisme. Désolé, quand j'ai pas mes quatorze heures de sommeil je suis irritable...
- ...
- ...bref, c'est toi qui voulais me parler... Je t'écoute. N'hésite pas à me crier dessus si tu penses que je me suis rendormi.
- J'ai pas mal réfléchi à nous deux... Enfin, j'ai repensé à ce qu'on avait vécu, à ce qu'il y avait entre nous... Ca me hante la nuit, j'arrête pas d'y penser.
- Penser à quoi?
- Au fait que ça se soit terminé. Je trouve ça dommage en fait... On était bien tous les deux non?
- ...tu m'appelles à cinq heures du mat pour me parler de notre couple?
- Et alors? Il faut une horaire précise?
- Une heure où l'autre est à peu près frais me semble plus adaptée, mais bon... Maintenant que je suis totalement réveillé, parlons-en, si tu veux.
- D'accord.
- ...
- ...
- ...euh, Angèle, c'est TOI qui m'a appelé, c'est TOI qui parle.
- J'ai dit ce que j'avais à dire.
- Ouais, comme d'hab quoi. Tu me sors deux phrases, et c'est à moi de me débrouiller pour en trouver le sens précis et comprendre immédiatement tout ce que tu veux, ressens, penses et espères.
- ...écoute si c'est comme ça que tu le prends...
- Ok, excuse-moi... Je pensais juste que si tu m'appelais à cette heure c'était pour me dire quelque chose de particulier, un truc énorme qui vient de te frapper, je sais pas...
- Je ne vois pas comment être plus claire. J'arrête pas de penser à nous et je trouve qu'on a perdu quelque chose. Tu n'es pas d'accord?
- Puis-je te rappeler que c'est TOI qui a décidé de rompre?
- Tu n'étais pas contre.
- Comme si j'avais le choix. Je te signale que ça faisait deux semaines que tu m'embrassais du bout des lèvres, que tu répondais des "moi aussi" vagues quand je te disais que je t'aimais et que quand on faisait l'amour, tu avais plus d'intérêt pour les fissures du plafond que pour moi.
- Tu n'as pas l'impression d'exagérer? Alors comme ça c'est moi la salope qui était distante et tu n'as fait que subir les immenses souffrances que je t'ai infligées? Arrête, tu vas me faire pleurer...
- "Angèle Docteur Love, ou: comment repartir sur des bases saines". Au cas où ça ne t'aurait pas marqué, c'est toi qui a décidé que tu en avais assez, que tu voulais autre chose, que je ne t'apportais pas assez, que je n'étais pas pour toi ni toi pour moi...
- Et tu étais d'accord.
- J'ai dit que j'étais d'accord, nuance. Non mais tu imagines le crampon qui secoue la tête en faisant "non non" quand sa nana lui dit ses quatre vérités? Tu voulais quoi, que je dise que je t'aimais plus que tout, que je te supplie de rester, que ce que tu disais était faux, qu'il y avait quelque chose de spécial entre nous?
- Pourquoi pas? Au moins j'aurais su combien tu tenais à moi.
- Ah parce que je ne te le disais pas assez?
- ...
- Non mais foutage de gueule, sans dec...
- Ecoute...
- Non, toi écoute. Je t'aimais, Angèle. Je crois même que je t'aime toujours. J'ai toujours cru qu'il y avait quelque chose de spécial entre nous. Mais je ne l'ai pas dit quand tu m'as quitté, parce que ça ne voulait dire qu'une chose: que ça n'existait que pour moi. Quand ça s'est dégradé entre nous, j'ai tout fait pour que ça aille mieux, je voulais que tu me parles, je venais te chercher le soir à ton travail, je nous faisais des dîners aux chandelles, je t'écrivais des histoires ou des chansons... Enfin encore plus souvent que d'habitude. Tu te souviens non?
- ...
- Je prends ça pour un oui. Malgré mes super efforts, tu es partie. Malgré mon amour pour toi, tu as décidé que je n'étais pas pour toi. Et maintenant, tu t'aperçois que je te manque? Après six mois, alors que je commence à peine à m'en sortir, à réussir à t'oublier, tu me rappelles en pleine nuit pour m'annoncer que tu as passé des nuits à cogiter et que finalement, si, je suis bien celui qu'il te faut? Je suis le seul à trouver ça un peu gros?
- Je sais que c'est nul de faire ça, mais avant cette nuit, c'était très embrouillé pour moi... Je n'arrivais pas à être sure de mes sentiments, de ce que je voulais vraiment... J'avais besoin d'un moment pour réfléchir, pour me recentrer, tu comprends?
- Et pour te recentrer il fallait forcément que tu me dises que tu ne m'aimais plus?
- Mais j'en savais rien! Je savais plus ce que je ressentais!
- Alors pourquoi me le dire?
- J'en sais rien. Peut-être pour me faire prendre conscience que c'était définitif, que je partais pour toujours. Te dire que je ne t'aimais plus pour m'en persuader, pour me convaincre que je prenais la bonne décision.
- J'ai le droit de trouver ça complètement crétin?
- Je suppose qu'il y a de quoi... Mais c'est comme ça que je fonctionne, Théo, tu le sais non? Je ne suis pas comme tout le monde...
- Tu es unique, je le sais très bien.
- Merci.
- Je ne suis pas certain que c'était un compliment, mais tu peux le prendre en tant que tel.
- ...
- ...
- Tu veux bien y penser?
- Penser à quoi?
- A... nous deux? A nous revoir, pour... euh... essayer encore?
- Tu te rends compte de ce que tu me demandes?
- Oui, je sais, c'est dégueulasse. Mais... s'il te plaît?
- ...
- A moins que tu aies quelqu'un en ce moment?
- Non. Comme si j'avais réussi à te remplacer en six mois...
- ...
- J'ai imaginé, j'ai rêvé de ce moment tu sais... Tous les soirs après ton départ, je t'imaginais revenir et me dire que tu m'aimais, que finalement tu regrettais d'être partie... Tous les soirs j'imaginais que j'ouvrais grand les bras.
- Et maintenant?
- Maintenant... J'en sais rien. C'est peut-être trop tard. Six mois ont peut-être réussi à tuer mon envie dévorante d'être avec toi.
- ...
- Mais je vais y penser.
- Merci.
- Je te rappellerai peut-être.
- Ok.
- Je... tu... euh...
- Oui?
- On la refait: tu m'as beaucoup manqué.
- Je ne sais pas ce que ça vaut dans ma bouche, mais... toi aussi. Vraiment.
- ...
- Alors... euh... je te laisse dormir?
- Tu parles, tu as foutu ma nuit en l'air. Je vais cogiter maintenant.
- Héhé.
- Sale fourbe.
- Moi aussi je t'aime.
- ...
- ...désolée... C'est venu tout seul.
- Pas grave. Bon... bonne fin de nuit alors.
- Toi aussi.
- Alors à... bientôt? Peut-être?
- J'espère. Je t'embrasse.
- Moi aussi. Bye.
- Bye.
*clic*