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vendredi 13 juin 2008

Allez l'Irlande!

"Pog mo thoin!"
Réponse espérée de l'Irlande au référendum

Vous vous souvenez du référendum de 2005? La double baffe franco-néerlandaise au traité européen? A l'époque, on avait demandé l'avis du peuple, et après des résultats serrés en Espagne, la France et les Pays-Bas avaient enterré le traité: non.

Depuis, les patrons dirigeants des pays européens ont baisé les électeurs contourné le problème en faisant adopter le texte par voie parlementaire. Ce qui signifie qu'au lieu de demander son avis au peuple et de tenir compte de la dernière fois où on l'a fait, les dirigeants européens ont demandé à leurs potes députés et sénateurs de voter le texte. On va pas se laisser emmerder par le peuple non plus hein, non mais oh, ils se prennent pour qui ces connards de pauvres?

On nous a demandé notre avis. On a dit non. Alors on a bidouillé trois virgules sur le texte, on a appelé ça "traité de Lisbonne" et on a redemandé leur avis... à nos élus, qui comme chacun sait sont d'une honnêteté irréprochable et qui ont avant tout à coeur de traduire l'opinion du peuple français plutôt que celle de leur parti... Ouais. On y croirait presque hein?

Sauf que, surprise, texte adopté à une large majorité. La gueule de la représentation du peuple français...

Mais heureusement, à quelques centaines de kilomètres de là, résiste encore et toujours un glorieux petit pays, qui de par sa constitution est obligé de demander son avis au peuple pour toute affaire européenne (d'ailleurs on devrait prendre exemple). L'Irlande a organisé un référendum, hier, dans l'anonymat le plus glauque, alors que toutes les informations étaient concentrées sur les choses véritablement importantes dans le monde, comme le foot ou les JO.

Sauf que les tondeurs de moutons semblent décidés à provoquer un petit tremblement de terre politique. Car le non semble, pour l'instant, largement en tête, et le camp du oui est en galère. Au pays où la bière se mâche (copyright Poulette), les seuls à pouvoir encore sauvegarder la véritable démocratie européenne sont sur le point de faire ce que tous les Européens attachés à la démocratie et à la liberté attendent: envoyer, une fois encore, bouler la constitution européenne.

Croisons les doigts et espérons que les Irlandais sauront traduire les craintes de toute l'Europe...

Epilogue ce soir.

Edit du soir: victoire du Non à 53%. Youhou!

La suite s'annonce intéressante, mais l'espoir est mince: Superprésident Sarko fera revoter le texte jusqu'à ce qu'il passe, ou enverra bouler l'Irlande... Quoi qu'il arrive, leur pourriture de texte finira par passer, au déni de la démocratie la plus élémentaire... Vive l'Europe tiens...

vendredi 21 mars 2008

Pour une fois, c'est pas de l'écologie...

"Un souhait? Que les Tibétains soient traités en Chine sur un pied d'égalité... avec les pandas. Espèce en voie d'extinction, chasse interdite, tout ça."
Jean Sans-Peur

Pour faire plaisir à une personne spéciale (et aux Tibétains, aussi), quelques éléments intéressants dans le net cette semaine...

D'abord, un petit dessin récapitulatif, signé Maëster:


Ensuite, un coup d'oeil à la diatribe enflammée d'ASP Explorer, ici, ou à celle plus humoristique de Tania, (article du 29 mars 2008, je trouve pas le lien de juste l'article, désolé).

D'ailleurs je lui pique aussi son dessin, sans scrupule moi...

Notez la chaîne du boulet...

Et enfin, une petite signature ici, enfin, pour ce que ça sert... :

http://www.avaaz.org/fr/tibet_end_the_violence/

Sinon entre chaque étape vous pouvez vous renseigner mieux hein, aussi.

A part ça, ce soir, maximum bamboule!

lundi 19 novembre 2007

Blocage à Lille 1

"La démocratie est un mauvais système, mais c'est le moins pire qui existe."
Winston Churchill

Ce matin, je suis allé à l'AG, bien déterminé à me faire entendre pour n'avoir qu'un blocage ponctuel, dans une volonté de compromis, tout ça. Mais en arrivant, j'ai appris que le mouvement avait pris vachement d'ampleur, que même à Lille 2 (économie et droit!) c'était bloqué, que les lycéens nous rejoignaient, bref, que ça commençait à vraiment bouger. Du coup, je me suis rangé du côté des bloqueurs.

Et ben v'la-ti-pas que ces cons d'anti-bloqueurs ont gagné, dis donc. Y z'étaient tous contents, ces blaireaux, à casser le mouvement et à nous faire passer pour des cons, tant qu'ils reprenaient leurs cours. Alors qu'ils avaient voté la grève juste avant, quand même. Ben oui mais ma bonne dame, c'est comme ça qu'on fait grève ici: on va en cours, mais on n'est pas contents quand même, ça non alors! Ouais ben super, le gouvernement ça va vachement lui faire peur dis donc...

Bon, on a quand même eu le blocage partiel à une large majorité (quand même), c'est-à-dire qu'on bloque mardi et jeudi pour les manifs unitaires.

Et là où ça devient marrant, c'est que deux heures après, les profs et le personnel de la fac ont voté la grève jusqu'à jeudi inclus. Là, j'étais plié de rire devant la gueule des anti-bloqueurs, je peux vous dire: tous déconfits qu'y z'étaient! Y croyaient avoir leurs cours: eh ben non! Donc j'étais tout content, une bonne leçon pour ceux qui pensaient qu'étudier était le plus important quand la fac s'effondrait tout autour, et toc. Dans l'cul lulu, même. Et puis ça fait aussi bien plaisir de voir que les profs et le personnel nous soutiennent, comme ça, les étudiants passent moins pour des branleurs lanceurs de pavés tous frétillants à l'idée d'un nouveau mai 68. Même les salariés de la fac sont contre. Avale ça Pécresse.

N'empêche que, ce soir, je suis sur qu'on passe au journal de TF1.

"Madame monsieur bonsoir. Les titres: haaaan le mouvement étudiant dégringole, à Lille, ville de GAUCHE (message subliminal: c'est le mal), la faculté de SCIENCES (genre les gens logiques, les futures têtes pensants et tout) a VOTE (démocratiquement hein, genre les gens finissent par se rallier à la LRU) la fin du blocage. Mais on ne vous dira pas que les profs ont voté la grève ou que plus de 90% des étudiants se déclarent contre la LRU, pas fous non plus. A part ça, les vilains cheminots d'extrême gauche qui violent nos femmes dans des tournantes -euh merde mauvais prompteur, celui-là c'est pour le sujet sur les cités- les vilains cheminots d'extrême gauche qui empêchent les bons français d'aller bosser et les prennent en otage fourbement -quelle bande d'enculés, si vous me passez l'expression- tout ça pour empêcher notre bon président de mener le pays à la gloire et la grandeur, sont-ils pas vils quand même. Il paraîtrait même qu'ils ont des revendications que... que... ah, on me signale que sur TF1, on ne parle JAMAIS des revendications de ceux qui manifestent, on doit seulement dire qu'ils font chier le monde, pfou, j'ai eu chaud, j'ai failli faire en sorte que les téléspectateurs se posent des questions au lieu de râler contre les manifestants, la vache la flippe... Bon, à part ces futilités, notre bon président a aujourd'hui donné dix centimes à un clochard, tout de suite un reportage de Victor-Gaspard de la Grande-Bardanque de 40 minutes sur ce geste qui prouve l'exceptionnelle générosité et l'aveuglant intérêt de notre bien-aimé président pour tout ce qui touche le social, comme quoi, hein, la gauche a pas le monopole du coeur, moi j'dis. Et à la fin du journal, pour les faits divers, on bafouillera dix secondes sur les 3.000 pauvres dont tout le monde se fout qui sont morts à cause d'un cyclone, je vous jure, ça m'étonnerait qu'à moitié que ce soit encore un coup de ces enflures d'écolo pour nous faire croire à un réchauffement climatique tiens... "

A part ça, ce soir, laser game... Où ai-je mis mon treillis et mes boots?

mercredi 14 novembre 2007

LRU, blocages, manifs et pingouin jaune

"Le blocage est contre-productif."
Valérie Pécresse, contre-productive

Après avoir vu ou constaté pas mal de réactions pseudo-violentes débiloïdes provenant de certaines personnes que je ne citerais pas par pure charité (mais allez quand même voir les infos sur http://www.aliceadsl.fr/, c'est instructif depuis qu'ils sont associés à TF1...), du genre "moi si j'peux pas aller bosser à cause des grèves ça va chauffer" ou "foutus étudiants qui ne savent pas ce qui est bon pour eux" (provenant de détenteurs de CAP) ou "les bloqueurs font chier, ils ont pensé à leur année (et surtout à la mienne)??" (et je caricature à peine), je pense qu'il est de mon devoir de maître penseur et de grand philosophe zen adepte du lotus sacré et du panda rigolo, de remettre un peu d'ordre dans les idées fort malmenées par les réactions néanderthaliennes de certains primates qui pensent qu'on peut régler les affaires sociales à coups de poings/lacrymo/pelle/whatever.

Alors on va parler de la loi LRU. Oui parce qu'à part "LRU, ça va se régler dans la rue!" scandé par les étudiants aux infos, et la vague intuition que le "U" veut dire "Universités", y'a pas grand monde qui maîtrise son sujet.

La LRU, présentée par la ministre de l'éducation Valérie Pécresse et votée par l'assemblée cet été, alors que les étudiants bossaient ou étaient en stage ou en vacances et ne pouvaient de fait pas se réunir pour tenter une opposition en temps et en heure(on reconnaît bien là les méthodes de notre vénéré gouvernement), prévoit notamment l'ouverture des facultés à la concurrence, en laissant les entreprises privées financer les pôles universitaires. Elle prévoit également l'augmentation du pouvoir du président d'université, qui pourra librement engager ou virer le personnel et les profs, comme un chef d'entreprise.

Au début, j'avoue que ça ne m'a pas fait grand chose de l'apprendre. Et puis, comme pas mal d'étudiants, j'ai un peu tiqué en voyant 3 étudiants seulement élus au conseil de la fac, et 6 patrons locaux (Mac Do, Bonduelle, Auchan, SFR, etc.). Et finalement, on m'a expliqué la loi. Alors à tous ceux qui ne voient pas ce qu'elle a de mal, j'explique:

Les universités vont devoir trouver elles-mêmes leur financement. En gros, démerdez-vous. Certaines seront forcément plus douées que d'autres pour trouver des financements, parce qu'elles auront des formations dans lesquelles les entreprises veulent bien investir (agronomie, économie, langues vivantes, chimie, biochimie, publicité, psychologie du consommateur, etc.), et seront plus riches. D'autres se casseront la gueule et ne pourront plus enseigner certaines formations, car jugées non rentables par les entreprises qui refuseront d'investir dedans. Car les entreprises ont évidemment le droit de décider où va leur argent. Bonduelle va débloquer des crédits pour le financement d'une filière agroalimentaire, par exemple, pas pour l'achat d'un microscope électronique à balayage.

Résultat, chers amis lycéens et étudiants de licence qui visez l'écologie, l'environnement, l'art, la littérature, les mathématiques, l'archéologie, l'histoire, la paléontologie, la psycho, la socio, la géologie, la géographie, la musique ou autre formation ayant peu de chance d'être jugée "rentable" par les entreprises, qui visent plutôt le court terme (ce qui s'oppose à l'idée même de recherche fondamentale, au passage), comment dire... DANS L'CUL LULU!

Un autre moyen de financer le maintien des filières mises en danger par cette loi est la hausse des frais d'inscription. Rien qu'à Paris je-sais-plus-combien, le montant a augmenté de 200€ cette année. A terme, rien n'empêche la mise en place de frais d'inscription se comptant en milliers d'euros.

Evidemment, les facs friquées pourront acheter des locaux (oui parce que les universités deviennent légalement propriétaires de leurs locaux: elles peuvent les vendre en cas de problèmes financiers) et employer les meilleurs profs, pour devenir des pôles de compétition. Et les autres... dans la sciure.

Ah oui, petite explication: pourquoi les étudiants rechignent tant à aller dans la rue? Parce que les étudiants en fin de licence ou en master, notamment, qui ne visent pas le doctorat, n'ont pas vraiment à se sentir concernés. Ben oui, moi par exemple, rien à carrer de la LRU: dans un an, j'ai mon diplôme, je suis sur le marché du travail, ensuite après moi le déluge: si d'autres veulent faire mon diplôme et ne peuvent pas parce qu'il disparaît faute de financement (ce qui a de fortes chances d'arriver), tant mieux pour ma gueule: moins de compétition avec les ptits jeunes. Sauf que je suis un peu plus solidaire que ça et qu'on m'a toujours appris à penser aux autres avant de penser à sa courge. Etudiants de master qui ne faites rien parce que vous savez que vous passez à travers des mailles du filet (alors que vous auriez été les premiers à gueuler si vous aviez eu deux ans de moins), je vous méprise, vous et votre égoïsme.

Ceux qui vont en subir les effets réels, ce sont les première année et les lycéens, qui vont voir petit à petit les voies empruntables se réduire. Et les gosses d'après, ceux qui sont encore au collège, à l'école ou à naître. A qui il faudra payer super cher des études financées par des entreprises. Qui, soit dit en passant, leur apporteront encore moins de chance d'obtenir un travail: ils seront formés à la professionnalisation par certaines entreprises, qui leur apprendront les méthodes en usage chez eux. Ceux qui seront ensuite engagés par ces entreprises, c'est cool. Ceux qui ne le seront pas resteront chômeurs, parce qu'ils ne connaîtront que des méthodes de travail restreintes et adaptées à une seule entreprise.

En clair, CRS, on se bat pour l'avenir de vos gosses, pour que vous ne payiez pas des frais hallucinants et pour que vos gosses puissent librement choisir leur voie.

Chômage en France: 9,5%
Chômage après un master: 5,5%

Conclusion: l'université ne conduit PAS au chômage.

Ah, et pour le fait que le président d'université ait tous les pouvoirs, pareil, où est la démocratie? 3 étudiants, contre un président dont la voix compte double et un conseil comprenant 7 personnes nommées par le président, sur 25 au total? Rappelez-moi, l'université, à la base, c'est bien pour les étudiants...? Sur le principe même, je pense qu'on devrait plutôt filer un peu plus de pouvoirs aux étudiants, car ils sont quand même les premiers concernés.

A présent, ce qui oppose les bloqueurs aux anti-bloqueurs. Les bloqueurs pensent que le blocage seul, qui paralysera l'enseignement supérieur du pays, comme au temps du CPE, a des chances de faire plier le gouvernement. Ca a déjà marché une fois. Ils pensent que la grève seule ne suffit pas, parce que pas assez puissante. Et dans le tas, il y a évidemment le tas de petits cons de première année qui trouvent que ça leur fait des vacances, ne le nions pas. Les anti-bloqueurs, eux, sont soit des abrutis de master qui pensent qu'après eux, le déluge, ce qui compense la présence des petits cons dans le camp des bloqueurs, soit des gens qui tiennent à poursuivre leurs études et qui pensent que c'est avec un bagage suffisant qu'ils auront de quoi se battre contre le gouvernement, et que les études sont un droit qu'il ne faut pas entraver.

A mon sens, du bon des deux côtés. Même si je suis davantage partisan du blocage (le terme correct de blocage c'est "piquet de grève". Vous avez déjà vu des grévistes voter pour ou contre?), je peux comprendre les inquiétudes des antis. D'autant que je m'inquiète de la suite du mouvement si tout le débat tourne autour de ça: les majorités seront de plus en plus serrées et le mouvement s'étouffera de lui-même du fait des déchirures entre les deux camps. Ca me fait mal au cul parce que c'est un type de l'UNI (droite universitaire, antichambre de l'UMP) qui l'a dit en premier, je crois, mais je serais prêt à négocier des blocages partiels avec blocage total les jours de manifs et un ou deux jours par semaine, pour mobiliser les troupes et les faire manifester, et ouvrir deux ou trois jours par semaine. Un compromis. On perdrait en efficacité, mais on gagnerait en union des étudiants, parce qu'ils sont pratiquement tous, à Lille 1 en tout cas, en faveur de la grève et déterminés à foutre la loi dans le cul de Pécresse.

Bref, maintenant, vous saurez de quoi ça cause dans les infos.

A part ça, je vous laisse, j'ai manif.

lundi 22 octobre 2007

Actualités épistolaires

"Sarkozy fait lire une lettre d'un communiste fusillé??
- Ouais, il regrette le bon vieux temps, où la chasse n'était pas encore interdite..."
Inconnu

Aujourd'hui, pour les Suédois, Suisses et autres incultes qui nous lisent, était le jour choisi par notre bien-aimé Président de la République pour faire lire dans les collèges et lycées la lettre à sa famille de Guy Môquet, jeune résistant communiste dénoncé et arrêté par la police française, puis fusillé par les Allemands. Le but est de faire ressentir l'importance du sentiment patriotique aux jeunes Français, leur faire goûter la saveur de la fierté de son pays et du courage face à la tyrannie, tout ça.

Comme quoi, on peut être un salaud de rouge et quand même avoir des qualités.

Car notre président adoré, dans sa circulaire adressée aux profs, a oublié un léger détail: l'engagement communiste du jeune homme. A l'époque, c'était quand même le seul parti politique ouvertement opposé aux Allemands (qui par ailleurs étaient ouvertement opposés au communisme, ce qui fait que l'un dans l'autre, ça s'équilibre) ET, c'est important de le préciser, dont le leader ne s'était pas barré en Angleterre pour diffuser des messages radio haineux contre nos amis les Boches. Parce que le père de Gaulle, à part rester le cul posé sur sa chaise devant son micro, hein, bon. C'est bien gentil d'exhorter à le rebellion dans un salon style Stuart à Londres. Mais ceux qui ont fait sauter les trains, c'est quand même les cocos.

Bref. A la limite, on peut admettre que le but de notre président qu'on aime plus que tout, c'était seulement de réveiller le sentiment patriotique chez le collégien moyen, de faire ressentir aux juvéniles boutonneux la puissance du vigoureux cocorico bien d'chez nous, et qu'après tout, qu'il soit rouge, vert ou violet à pois bruns, on s'en tamponne un peu le coquillard avec une demi-brique. A la limite. Genre ce qui est important, dans tout ça, c'est l'amour de son pays, la fierté d'être français, la ferveur patriotique et tout et tout.

Notre fabuleux président, après avoir précisé que la France, soit tu l'aimes, soit tu la quittes (soit tu l'aimes mais tu la quittes quand même en charter parce que ton ADN correspond pas, t'vois), semble bien déterminé à faire comprendre aux jeunes que tant qu'à faire, vaut mieux l'aimer, la France. Quand même.

Déterminé à braver héroïquement tous les dangers, notre super président n'hésite pas à déverser une larmichouille d'émotion lors de la première récitation du texte, et de généraliser sa lecture, paf, comme ça, sur un coup de tête, à l'ensemble des collèges et lycées. La lecture d'une lettre d'un communiste. Comme quoi, hein, il est quand même sacrément ouvert, notre président, après avoir récupéré Lang, Strauss-Kahn et DSK, voilà qu'il grapille chez les cocos...

Permission d'exprimer mon opinion, sir?

Permission accordée.

Le patriotisme, c'est d'la merde. Ce n'est qu'en favorisant la coopération et l'amitié entre les peuples qu'on parviendra à ne pas faire péter la planète, en signant des accords internationaux, tant au niveau écologique (réchauffement climatique, gaz à effet de serre, conservation de la biodiversité...) qu'humains (limitation puis démantèlement des armes nucléaires, interdiction des mines antipersonnels, etc...). Ce n'est pas avec une exhortation continue à la fierté patriotique, par le rugby, le foot, les souvenirs de la guerre et tout, que ça marchera.

La lettre de Guy Môquet a seulement deux intérêts, selon moi, deux éléments que les gosses peuvent prendre en exemple: la résistance contre la tyrannie (et je précise que le fait d'être français, dans le cas de la guerre 39-45 où le taux de collaborationisme français dépassait de loin le taux de résistance, joue moins que le fait d'être communiste dans l'entrée dans la résistance, parce que presque tous les rouges de l'époque étaient résistants, EUX) et le courage face à la mort, tant qu'elle est inéluctable.

Si elle ne l'est pas, mentez, dites que vous n'êtes pas communiste, pas résistant, dites un ou deux "heil Hitler", pleurez un peu, et sortez de taule. Ensuite, faites sauter les trains. Ou ne faites rien, c'est vous qui voyez. La mort ne vaut jamais le coup, même pour des idées. Surtout pour des idées.

A part ça, je m'en vais nourrir le fauve de la Poulette.

mercredi 18 juillet 2007

Service minimum

"Promis, si le gouvernement se met en grève, on ne demandera pas de service minimum... De toutes façons ils y sont déjà."
Jack Lang

Ca fait longtemps que je n'ai pas poussé de gueulante. Alors ce soir, ça tombe. Le sujet: le service minimum.

Pour ou contre? Résolument contre.

Techniquement, le droit de grève, c'est quoi? Arrêter de travailler, cesser la production, ne plus offrir de services aux consommateurs de manière à interpeller le gouvernement ou le patronnat et leur demander de changer certaines choses. Droit inaliénable acquis au cours de durs combats jadis, au temps des drapeaux rouges, des barbecues derrière les barricades et des pavés sur les CRS (le bon temps quoi).

Techniquement, le service minimum, c'est quoi? Obliger les gens qui font grève à fournir quand même des services, de manière à ce que les gens qui dépendent de ces services n'aient pas à changer leur rassurante routine quotidienne.

Par exemple, si les salaires des chauffeurs de bus ne sont pas augmentés par rapport à l'augmentation constante des prix, leur pouvoir d'achat est diminué. Si malgré leurs revendications, les entreprises et/ou le ministère des transports ne cède(nt) pas, ils se mettent en grève et arrêtent de mener les gens d'un bout à l'autre des villes.

Mais les gens ne sont pas contents, parce qu'ils ne peuvent plus prendre le bus. Au lieu de se demander pourquoi les chauffeurs ne les laissent plus monter, ils se contentent de râler après ces "foutus grévistes", et se disent que, quand même, le service minimum c'est bien pratique.

Pratique, oui. Mais dangereux. En mettant en place le service minimum, les chauffeurs de bus assurent quand même les liaisons. Donc qu'est-ce que ça peut leur foutre, aux patrons et au gouvernement, qu'ils soient en grève? Tant mieux, qu'ils fassent grève, on les force quand même à faire leur travail et en plus, sans les payer. Elle est pas belle la vie? Résultat le blaireau moyen est content, il peut prendre son foutu bus et laisser les chauffeurs dans leur merde, après tout c'est pas son problème, lui il a déjà à penser à régler la facture du gaz.

Le principe de la grève, c'est de ne pas produire, de bloquer une activité pour forcer les instances dirigeantes à comprendre ce qui va mal. Si on force à travailler, quel est l'intérêt du droit de grève? Au lieu de penser à son petit nombril, le blaireau moyen ferait mieux de penser à ceux qui font grève. En général, ils ont une raison, et s'ils font chier le monde, ce n'est pas pour le plaisir, c'est pour qu'on en parle et qu'on les entende. Le but d'une grève (ce que tout le monde semble avoir oublié), c'est que les gens qui en souffrent se disent "foutu gouvernement, il peut pas faire quelque chose pour débloquer la situation?", tout en étant solidaire avec les grévistes qui font ce qu'ils croient être bon pour eux.

Maintenant, c'est "ah non fait chier, MOI j'ai besoin de mon train, MOI je dois le prendre, MOI j'ai pas que ça à foutre de penser aux autres, MOI je veux un service minimum pour prendre le train même quand y'a grève". Moi, moi, moi. Société d'égoïstes de base. Sarko a promis d'abattre les souvenirs de mai 1968? Qu'il se rassure, on n'a déjà plus trop besoin de son aide... On est déjà devenus très cons avant qu'il arrive.

LE sujet obligatoire, le CPE. Je me souviens avoir râlé contre les occupations des facs, parce qu'elles n'avaient, souvent, rien de démocratique (merci l'UNEF, c'est pas comme ça que ça changera l'implication politique des étudiants...). Mais sur le principe, empêcher les facs de tourner jusqu'à ce que le gouvernement craque, j'étais d'accord. J'ai fait des manifs, j'ai participé aux AG, et j'ai voté pour le bloquage partiel de la fac. Oui, partiel = service minimum. Parce que, que les étudiants aient la possibilité d'aller à la BU ou de nourrir les bestioles dans les labos, ça ne fait pas vraiment mieux tourner la fac. La grève, c'est bloquer une activité du pays jusqu'à ce que des mesures soient prises.

Le seul sujet sur lequel je veux bien négocier, c'est le service minimum dans les hôpitaux, parce qu'ils ont en main des vies humaines et il paraît que c'est important. Là, ok, admettons. Il faut bien que les CRS qui se prennent des pavés aillent se faire soigner quelque part.

De nos jours, le blaireau moyen veut que les bus tournent même quand y'a grève, que les écoles, collèges et lycées puissent accueillir ses gosses même quand y'a grève, que les facs soient ouvertes avec des cours, des TD et tout même quand y'a grève, que les manifs n'empêchent pas de circuler et ne fassent pas trop de bruit (y'en a qui bossent) et qu'on évite de le déranger pendant la pause repas pour lire des tracts. Bref, la grève, il n'est pas contre, à condition de ne pas la voir.

Moi ça m'énerve. On démolit le droit de grève, et en plus les gens sont d'accord. Comme ça ils pourront prendre le bus et aller à la fac, on s'en fout si les autres se font enc****. Génial. La France, pays des droits de l'homme? La France, tête d'affiche de la solidarité? La France, liberté, égalité, fraternité?

Je me marre.

A part ça, les smileys ça marche pas là-dedans...

lundi 18 juin 2007

Législatives

"Les politiciens, c'est comme les pneus: quand c'est trop lisse, c'est pas fiable."
Léon Blum

Je viens d'achever mon récapitulatif en images des résultats des législatives. Il faut dire que je m'ennuyais sévère, alors tant qu'à faire j'ai fait des cartes, des graphiques et des calculs. C'est pas ce que je fais d'habitude quand je m'ennuie, je tiens à rassurer ceux qui songent déjà à appeler les urgences psychiatriques. Mais là ça m'a pris. Vous pouvez cliquer pour agrandir, parce qu'en vrai, c'est grand.

Après avoir bien rigolé en voyant ma mère et mon beau-père faire "ouaaaiiiis" devant chaque candidat PS élu comme autant de buts marqués par l'OM acclamés par les supporters (et pourtant ils sont tous les deux anti-foot au possible, comme quoi le foot et la politique ça suscite le même genre de réaction: bêtes et connement basées sur la compétition), j'ai eu LA bonne nouvelle de la journée: Alain Juppé, le numéro 2 du gouvernement Fillon, s'est fait battre à Bordeaux et doit remettre sa démission.


Le fait qu'un mec de droite se ramasse, ça ne me fait pas plus jubiler que ça (enfin, normal quoi, un ou deux verres de champagne). Ce qui m'a plu, en revanche, c'est que c'était le ministre de l'Ecologie, et que je l'imaginais aussi bien se préoccuper de la Terre que devenir honnête, c'est dire.

Juppé va sauter, voilà qui a sauvé ma soirée.

Nicolas Sarkozy prépare lui-même le buffet d'adieu d'Alain Juppé


A part ça, la petite black qui représente la jeunesse UMP est à croquer. Dommage qu'elle soit assez conne pour trouver normal de négocier la réforme de l'Université pendant que les étudiants sont en vacances d'été.

lundi 7 mai 2007

Que la Force soit avec nous.

"Quand 900 ans comme toi j'aurais, à l'endroit j'aurais appris à parler."
Luke Skywalker, coupé au montage



Ainsi s'éteint la démocratie...

*Tonnerre d'applaudissements*

A part ça, je vais me coucher.

dimanche 6 mai 2007

Pensées d'une soirée d'élection

"Le discours de Sarkozy et un concert de Jenifer rassemblent le même genre de public : ils crient, ils applaudissent dès que la personne sur scène ouvre la bouche, ils agitent leurs T-shirts. La différence c'est que Jenifer, au moins, elle a un joli cul."
Geneviève de Fontenay

"Et je voudrais remercier ma famille, mes amis et tous ceux qui m'ont soutenu, et sans qui je ne serais pas là aujourd'hui..."

Nicolas Sarkozy, discours de victoire.

Et voilà, nous avons un nouveau président. La France présidente, c'est pas pour aujourd'hui. Petite chronologie de mes pensées, depuis le moment où j'ai allumé la télé pour connaître les résultats jusqu'à maintenant.

"Ah mais en fait elle a des chances de passer Ségolène!"
19h50, après avoir entendu plusieurs fois le "score très serré annoncé par les médias".

"NOOOOOOOOOOOOOOOOOON!!!"
20h01, après avoir pris connaissance des résultats.

"Putain, 6% d'écart quand même..."
20h03, affichage des pourcentages.

"Pleurera, pleurera pas?"
20h07, discours de défaite de Ségolène Royal.

"Et c'est lui qui parle de sécurité routière?"
20h12, trajet de Nicolas Sarkozy vers le siège de l'UMP: des journalistes en scooter se collent les uns contre les autres autour de sa voiture, et monsieur le président agite benoîtement la main à la vitre.

"Ok, en fait il reste encore 10 jours pour engager un sniper."
20h16, quand j'ai appris que l'investiture de Nicolas Sarkozy ne se ferait que le 16 mai.

"Il faut que j'aille garer ma voiture plus loin."
20h21, en me souvenant que j'habite dans le quartier chaud de Metz.

"Ou alors faut que j'achète des merguez pour en profiter."
20h22, même chose.

"Oh l'enculé!"
20h27, Dominique Strauss-Kahn qualifie la défaite de Ségolène Royal de "terrible".

"Wahouuuu! Fichtre, j'espère que la politique est une affaire de famille!"
20h29, Nicolas Sarkozy sort de la voiture accompagnée par sa belle-fille, qui est fort jolie.

"And my ass, is that chicken?!"
20h31, discours de victoire de Nicolas Sarkozy, quand il dit qu'il pense avant tout à Ségolène Royal.

"Merde, j'ai perdu mon pari..."
20h35, discours de victoire de Nicolas Sarkozy, où il prononce les mots "lutte contre le réchauffement climatique"

"Qu'est-ce que c'est que ce délire?"
20h38, discours de victoire de Nicolas Sarkozy, il parle d'"Union de la Méditerranée".

"Ca donne envie de poser la main sur son coeur et de dire "amen"..."
20h45, fin du discours de Nicolas Sarkozy.

"La vache ils ont déjà plus une thune au PS..."
20h48, discours au micro de Ségolène Royal au QG du PS: le matériel est très mauvais.

"Bon, faut que je vérifie si j'ai tout... treillis, munitions, explosifs, briquet, chaussures de marche, couteau, rations de survie..."
20h59, extinction de la télé, je me prépare à prendre le maquis.

Eh oui, nous avons un nouveau président... Espérons qu'il sera par le futur capable de nous rassembler, au moins autant qu'il réussit à nous diviser en ce moment même.

Je terminerai en citant Winston Churchill: "la démocratie est un mauvais système, mais c'est le moins mauvais de tous."

A part ça, bonne murge tout le monde...

jeudi 3 mai 2007

Politique de comptoir

"Je vous ai compris... mais vous pouvez aller vous faire foutre."
Discours écrit par Charles de Gaulle, un peu tronqué vers la fin par ses conseillers.

On va oublier un peu l'amour et mes déboires sentimentaux, et on va passer à autre chose, juste le temps d'un bon coup de gueule comme je les aime.

On va parler de Nicolas Sarkozy.


Depuis quelques semaines fleurissent les mails qui traversent la toile dans le but de dénigrer le candidat UMP. Je passerais sur la connerie affligeante des premiers en date, je suppose que tout le monde a du lire le coup de "Sarko famille nazie", "a chourré un hélico des secours et un gamin est mort", "est un sale menteur" et toutes ces billevesées. Après ça, on a eu des choses parfois plus sérieuses, ou plus drôles: au moins les caricatures humoristiques assumaient pleinement leur tendance à vouloir plomber l'image du Nain. Et puis il y a eu l'analyse d'un certain Richaud qui trouve que le discours de Sarko est une provocation aux intonations néonazies, parce que "le travail apporte la liberté", comme dit dans son discours, était sur le fronton d'Auschwitz.

Comme le dit mon cousin, cette phrase a une origine bien plus ancienne que la Shoah. Je m'en doutais un peu, mais lui a fait des recherches (y'en a qui ont le temps) : Hegel, 1800 et quelques. Philosophe, mais pas du tout la philosophie nazie.

Mais on a tendance à penser que tout ce que les nazis ont assimilé dans leur idéologie est forcément quelque chose de nauséabond à éviter d'urgence. Wagner, le svatstika (oui on dit bien LE et pas LA)(pour ceux qui ne pigent pas je parle de la croix gammée), les idées sur l'Hyperborée et les Aryens, toutes ces choses représentent bien l'idéologie nazie... Et pourtant Wagner était un grand musicien, le svastika un symbole d'espoir et de paix de l'âme dans d'anciennes civilisations, les Aryens étaient une civilisation indienne brillante et l'Hyperborée un mythe nordique tout ce qu'il y a de plus beau. Pourtant, toutes ces choses ont été détournées au profit de l'idéologie nazie. Est-ce pour autant que ces choses ont une origine nazie, que si elles ont été choisies par les nazis c'est parce qu'elles correspondaient à leurs idées? Est-ce qu'on doit baisser les yeux devant un svastika, quelle que soit son utilisation? Est-ce qu'on doit mépriser la civilisation aryenne à cause de son nom qui a été emprunté par les Nazis? Je ne pense pas.

Ils ont pris ces symboles parce qu'ils les trouvaient beaux, ce en quoi je les comprends, puis les ont détournés pour les faire correspondre à leur idéologie putride. Un dernier exemple? Pour Haushofer, mystique nazi à l'origine de la fondation de sectes occultes, les SS étaient... des samouraïs. Haushofer est le principal créateur du mysticisme nazi, avec la Confrérie de Thulé et autres, et pour le construire, devinez quelle a été sa base principale? Eh oui... le bouddhisme.

Mais après tout, Bouddha a tout pour être un nazi... Regardez son crâne rasé!

Il est temps d'arrêter les conneries, je pense. Il est temps de cesser de faire des amalgames débiles sur ce que disent les candidats et des phrases d'origines diverses. C'est peut-être un hasard s'il a dit ça, ou c'est peut-être simplement en voulant citer Hegel. Cessez de chercher des raccourcis qui vous arrangent partout, ou en tout cas cessez d'écouter ceux qui les trouvent!

En 1949, Staline éternue. Il fait "atchouum". Ségolène Royal, en 1998, a éternué de la même manière. L'interprétation est claire: c'est une immonde extrémiste communiste partisane des goulags et des peines de déportation en Sibérie. C'est limpide.

Ayez la même intelligence que Ségolène Royal: attaquez-le sur son programme et sur ses idées, pas sur des suppositions idiotes et des analyses démagogiques.

A part ça, je retourne bosser.

dimanche 22 avril 2007

Bon, ça, c'est fait.

"Et buuuuuuut!!!"
Segolène Royal

Pour ceux qui ne seraient pas encore au courant, le deuxième tour des élections présidentielles opposera Sarko à Sego. Lepen a perdu près de la moitié des voix qu'il avait réunies en 2002, et Bayrou n'a pas été à la hauteur de sa réputation.

Je me permets un "mouahaha" sardonique en songeant à la gueule que doivent tirer les deux grands perdants, et j'en profite pour m'esclaffer franchement devant le lamentable 1% de Bové et le ridicule 2,5% de De Villiers. Le facteur a presque atteint les 5%, il s'améliore et a largement dépassé les autres adeptes de la faucille et du marteau. Les Verts ont fait un score exécrable par rapport à leurs 5% de 2002, surtout compte tenu de l'intérêt croissant des Français pour l'écologie, mais comme tous les partis, ils ont été victimes des votes utiles. Et puis au moins ils ont crâmé Nihous et ses chasseurs, ce qui est une TRES bonne chose de mon point de vue.

Une petite pensée émue pour Schivardi qui a péniblement atteint les 0,4%. Paix à son âme.

A présent, c'est reparti pour deux semaines de matraquage médiatique, de débats, de conflits, de coups bas, de sondages et d'affiches sur les lampadaires.

Enfin, voilà une bonne chose de faite. Il ne reste plus qu'à flinguer Sarko et ça devrait être jouable...

A part ça, j'ai rien foutu du week end, c'est grave.

Elysée académy


"On devrait laisser la politique aux politiciens. On laisse bien les incendies aux pompiers et les poubelles aux éboueurs: chacun sa merde!"
Yves Saint-Laurent

Photo extraite du blog de ma frangine, qui a l'air d'avoir tout compris.


Aujourd'hui, nous allons voter pour le premier tour de l'élection présidentielle. Pour savoir qui sera le chef de nous, le président qui va appliquer ses idées à l'ensemble du territoire et des citoyens qui y habitent, et nous représentera internationalement.

Au jour d'aujourd'hui, après une soirée à bavarder vaguement politique avec les gens, il y a encore un comportement que je ne comprends pas.

Je comprends ceux qui votent Sarko, après tout c'est pas de leur faute s'ils ne se rendent pas compte qu'on sort de 12 ans de domination de la droite et que la France n'a jamais autant été dans la merde. Je comprends ceux qui votent Lepen, tout le monde a le droit d'avoir un trou dans le cerveau. Je comprends ceux qui votent Bayrou, parce que ça fait mal à la tête de trop réfléchir et que choisir le milieu c'est quand même plus simple que lancer les fléchettes pour savoir dans quel camp on vote.

Par contre je ne comprends pas ceux qui votent encore extrême-gauche après ce qui s'est passé en 2002. Je ne comprends pas ceux qui votent coco, vert, lo, lcr ou le moustachu. Je ne comprends pas comment, après une expérience électorale terrifiante qui a toutes les chances de se reproduire, on peut donner sa voix à un parti qui ne passera jamais au lieu de soutenir la seule qui peut s'opposer au duo Sarko-Lepen. Je ne comprends vraiment pas comment on peut être à ce point obnubilé par sa propre importance et croire que le fait de s'exprimer par son vote soit plus important que d'empêcher Lepen d'atteindre le second tour.

Il paraît que c'est ça, la démocratie. Moi la démocratie je m'assois dessus. Si je m'écoutais, j'irais voter vert. Mais quand les verts auront leurs 1% et que Ségolène se sera faite écraser par Lepen, elle aura une bonne gueule la démocratie: choisir entre Sarko et Lepen. Il me semble qu'il y a plus important qu'exprimer ses idées, en ce moment, quand on voit le pourcentage de lepénistes en France.

Mais bon, allez y, allez voter Bové, le facteur ou les verts, ça ne changera jamais rien, ils n'ont aucune chance de passer, mais vous aurez le sentiment d'avoir accompli votre devoir de citoyen et d'avoir voté pour vos idées. Et quand le deuxième tour entre le Nain et le Bouledogue arrivera, vous vous mordrez les doigts et vous vous direz "ah, si j'avais su". Et comptez sur moi pour vous enfoncer encore plus. Parce que vous n'avez aucune excuse, après 2002, juste une petite fierté mal placée qui vous faisait croire que vos idées avaient plus d'importance que le barrage contre Lepen.

Le problème, avec l'humanité, c'est qu'elle n'apprend rien.


A part ça, j'en ai marre.

lundi 16 avril 2007

Segolas et Sarkimli

"Le seul point commun entre les Elfes et les Nains, c'est que dans les deux espèces on a du mal à distinguer les mâles des femelles."
Radagast le Brun



Bon, puisque tout le monde s'y met, à moi de faire des fake pourris...

Fallait pas me chercher.


A part ça, c'est la rentrée, beuh.

mardi 3 avril 2007

La politique, c'est le mal

La politique c'est chiant. C'est un sujet tabou, parce que personne n'a les mêmes idées que celui d'en face. Comme dirait Edward Bloom, c'est très impoli d'en parler, on risque toujours de froisser l'autre. Alors en général j'évite d'en parler. J'évite de râler contre les gens d'extrême gauche qui vont favoriser le passage de Lepen ou Bayrou au deuxième tour en votant pour leurs petits partis qui ne passeront jamais. J'évite de râler contre les Sarkozystes qui croient ce que le Nain raconte. J'évite même de parler politique avec ceux qui ont des idées enflammées bleu-blanc-rouge. Je ne parle plus politique qu'avec des gens qui ont les mêmes idées que moi, et encore.

Mais bon, il y a quand même des limites à ne pas dépasser. Comme le dit la poulette, c'est bien gentil d'être anti-Sarko, encore faut-il savoir pourquoi. Le coup des banlieues et son discours sur l'amalgame entre identité nationale et immigration me sont, personnellement, restées en travers de la gorge. En outre, c'est le seul candidat qui "refuse de freiner la croissance pour l'environnement". Et ça, ça me fout les boules sévère, parce que les scientifiques s'accordent à dire que pour sauver le monde, il va falloir calmer le jeu sur l'économie. Ca me suffit pour ne pas du tout apprécier sa candidature, pour penser que c'est un sale con et pour prier qu'un sniper se le paye avant le premier tour (les restes du Laser Game d'hier...).

Bref, mon propos est que j'ai moi aussi reçu le mail dont parle la poulette, à propos de Sarko l'ogre mangeur de bébés et violeur de vieilles dames, et assimilés. On a reçu ça, avec mon cousin, de la part de ma Mère Grand, militante socialiste de la première heure. Petite précision avant de poursuivre: dans ma famille, voter à droite est passible de deshéritage, et ne pas voter du tout de la peine capitale. Chez nous, on milite, on manifeste, on a des idées de gauche et on le vit bien. Jusque là, pas de soucis, les idéaux de solidarité (certes souvent utopistes vu le ramassis de cons qui profitent du système) et l'envie de faire passer l'intérêt commun avant celui d'une minorité ou d'une économie me conviennent tout à fait. Je suis de gauche et j'assume.

Le problème, à l'heure actuelle, c'est que ma famille soutient en majeure partie Ségolène Royal. Moi compris. Là où ça pêche, c'est que mes parents et mes grands-parents la soutiennent parce qu'ils pensent que c'est la mieux. Moi je la soutiens parce que j'estime qu'elle a le double avantage d'être l'une des moins pire, et qu'elle a des chances d'aller au deuxième tour. Point barre. Si je votais pour ce que je pense vraiment, je voterais Voynet, même si je ne peux pas l'encadrer. Mais le courage d'exprimer ses opinions, mon cul: je ne vote pas vert si Lepen montre déjà les dents.

Bref, pour reprendre, j'ai moi aussi reçu le mail, donc. Et avec mon cousin, on s'est un peu défoulés dessus: on a trouvé débile d'utiliser le passé de sa famille, pas crédible le coup de l'hélico, trop faciles et mal documentées les attaques portées au Nain, et lamentable d'utiliser des armes aussi nazes que le tractage haineux par internet. Jusque là tout allait bien, on a prouvé qu'on n'était certes pas des fanatiques de gauche qui avalent tout ce qu'on dit sur le méchant Sarko. Même si on ne l'aime pas, et qu'il y a dans le tas deux ou trois arguments valables.

Mais le dossier s'est rouvert, pas plus tard que tout à l'heure. Ma Mère Grand, pour sermonner notre coup de gueule, justifier ça par "oui mais c'est des tracts, le but c'est pas de... hein, bon" et en profiter pour attaquer en coup bas mon cousin pour son orthographe (parce qu'en plus d'être à gauche, ma famille maternelle compte une looooongue tradition d'instituteurs, et l'orthographe mal maîtrisée compte parmi les pêchés les plus impardonnables qui soient, entre le meurtre et l'inceste - mon oncle cuisinier pique une crise si une faute d'orthographe pointe le nez sur un de ses menus, par exemple). Et là j'ai été déçu. Ne pas reconnaître que ce tract est minable, mal documenté, et qu'il dessert la gauche, franchement je m'attendais à mieux. Bon, il faut dire aussi que ma Mère Grand est de la génération qui considère que les adultes ont toujours raison, et que reconnaître ses erreurs devant nous est une preuve de faiblesse. Ce qui fait qu'elle est convaincue que nous avons fait de la "philosophie" en débattant sur ce mail et que ce n'est pas ça l'important (ces jeunes ça se focalise sur des bêtises, j'vous jure...).

La question est: a-t-on le droit de balancer les pires horreurs sur les gens pour dissuader de voter pour eux? Et c'est ça, la France? C'est ça, la politique? Plus le temps passe, et plus je comprends ceux qui vont à la pêche au lieu d'aller aux urnes...

A part ça, ma meilleure amie m'a fait un cadeau de folie... Kirsten Dunst taille réelle en mode Marie-Antoinette. Intransportable pour Metz, mais quand même... Waaaa...

dimanche 25 mars 2007

Quel candidat vous ressemble le plus?

Ce soir, on parle politique. J'ai fait un test idiot pour savoir facilement de quel candidat je suis le plus proche. Et en tant que bon écolo de gauche, je suis tombé sur Voynet. Je dois avouer que sur deux ou trois questions j'ai un peu répondu au pif, vu que je ne connaissais pas les dossiers, mais je suppose que les politiques font pareil de temps en temps...

Je suis proche des idées de Voynet à 52%... Certes, c'est bien. Ce qui l'est moins c'est que mes idées coïncident avec celles de Nihous (vous savez, le chasseur idiot qui trouve que le moment où il a tué des oies constitue le souvenir le plus marquant dans sa vie) à 44%, 40% avec le facteur et 32% avec Lepen et Laguiller... Un point positif cependant, Sarko et De Villiers arrivent en queue de peloton.

Bref, suite à ce test qui ne refletera sans doute pas mon vote, j'ai décidé de parler un peu de nos douze candidats à la présidentielle. Ce qui suit ne constitue que mon avis, et même si j'ai la mauvaise habitude de me montrer catégorique, je n'insinue pas que ceux qui pensent différemment de moi sont des êtres inférieurs à abattre à tout prix. Je tiens également à préciser que je n'ai pas non plus un dossier béton sur tous les candidats et que les infos que j'ai sur eux peuvent s'avérer d'origine et de formes très disparates. Alors allons-y, dans l'ordre que j'ai choisi en fonction de mon humeur du moment :

José Bové.

Candidat de la confédération paysanne. Rigoureusement anti-OGM. J'abhorre ce type. Responsable de la destruction de Mc Donalds et du fauchage de plusieurs champs d'OGM. J'ai toujours pensé qu'un mec qui se bat pour ses idées en détruisant les biens d'autrui et en se réclamant "outil de la volonté populaire" sous prétexte qu'une majorité des Français est opposée à la consommation d'OGM, est fondamentalement dangereux et assez peu enclin au respect du processus démocratique. En plus il a une moustache.

François Bayrou.

Adepte des tracteurs et auteur de la fameuse phrase "c'est bien ce que vous faites". Opportuniste ayant le rêve utopiste de rassembler la gauche et la droite dans un même gouvernement. L'idée est à mon sens très bonne à la base, mais qui le suivrait dans la classe politique? A l'air très gentil comme ça, ancien instit, très préoccupé par les questions d'éducation, mais a quand même foutu la quasi-totalité de la profession enseignante dans la rue il y a une douzaine d'années. Prétend se foutre des sondages, mais en parle avec jubilation avec ses proches. Se dit du centre. Est de droite.

Olivier Besancenot.

Affectueusement (ou pas) surnommé "le Facteur". Candidat d'extrême gauche. Jamais vu la différence entre son programme et celui d'Arlette Laguiller. Souhaite la révolution, opposé aux grands patrons, ami des travailleurs. Utopiste rêveur. A au moins la décence d'avoir un travail honnête en plus d'être un vil politicien. Pourrait paraître sympathique s'il n'écoutait pas du rap. Programme inconnu, je ne suis pas très enclin à me rapprocher de l'extrême gauche: des gens qui se divisent au lieu de se rassembler, ça m'agace.

Jean-Marie Lepen.

Candidat du Front National, extrême droite. Brillant orateur, excellent politicien, idées de merde. Potentiel énorme totalement gâché par une pensée étriquée tendant à considérer l'immigration comme un fléau, les homosexuels comme des malades et tout ce qui dépasse les frontières du territoire comme un inconnu n'ayant qu'un intérêt des plus restreints pour l'être suprême qu'est le Français de souche. Gros con. A eu des tendances violentes, a frappé plusieurs fois des journalistes ou d'autres politiciens. Plusieurs fois condamné pour incitation à la haine raciale. En tant que scientifique, je pense qu'un homme soi-disant intelligent lançant des propos dénigrant une partie de l'espèce humaine ne mérite aucune considération.

Marie-George Buffet.

Communiste. Femme à l'allure sympathique et sobre, figure de proue du mouvement visant à rassembler la gauche pour ces élections en vue d'éviter le désastre de 2002, qui a évidemment échoué mais l'intention était là. S'est détachée de l'antique Parti Communiste Français pour se déclarer antilibérale. A la fâcheuse tendance à éluder les questions des journalistes et à parler de ce qu'elle veut dire, elle, même si ça n'a rien à voir. Motivée et consciencieuse, mais peu charismatique.

Philippe De Villiers.

Candidat du Mouvement Pour la France. Nom de parti idiot: qui parmi les candidats est contre la France? Allure de dentiste golfeur à chemise blanche entrouverte. Voix horripilante. Idées nauséabondes, tendances nationalistes et régionalistes, attaché à sa Vendée natale, opposé à l'adhésion de la Turquie sous prétexte de sa majorité musulmane. Raciste élégant et condescendant. Certainement le candidat que je déteste le plus.

Dominique Voynet.

Candidate des Verts. Ecologiste, idées souvent bonnes. Capable de prendre des décisions, comme lorsqu'elle a interdit la chasse, provoquant l'indignation des chasseurs. Défend ses idées bec et ongles, a toujours quelque chose à répondre. Perd rarement son sang-froid et son sourire. A eu la bêtise ou l'arrogance de laisser partir Nicolas Hulot. A ma connaissance, ne pratique pas la langue de bois. Malgré ses qualités, j'ai du mal à la saquer, certainement trop pontifiante à mon goût.

Nicolas Sarkozy.

Candidat de l'UMP. Croque-mitaine des uns, héros des autres. Est à mon sens directement responsable de la crise des banlieues à cause de ses propos insultants et provocateurs. Menteur, avait promis qu'EDF-GDF ne serait jamais privatisé. Adepte de la répression plutôt que de l'éducation. Prétend avoir fait diminuer la délinquance, mais les chiffres sont contradictoires. Amalgame "identité nationale" et "problèmes d'immigration", pense que les immigrés mettent en péril l'identité de la France, souhaite instaurer une préférence nationale. Brillant orateur, excellent manipulateur. Opportuniste vulgaire : a offert à ses jeunes partisans une soirée djeunz à Paris, avec DJ et danse toute la nuit. A réquisitionné la police scientifique pour retrouver le scooter de son fils. Selon les sondages, il sera notre futur président. J'espère pas.

Frédéric Nihous.

Candidat Chasse Pêche Nature et Traditions. Chasseur, donc par définition sale con. Mauvais orateur, s'embrouille facilement. La première fois qu'il a tué une oie constitue l'un de ses meilleurs souvenirs. A eu la bêtise de donner son numéro de portable lors d'une conférence de presse. Tueur stupide, caricature du chasseur de base. Fragmentera les voix de la Droite au premier tour, a donc quand même une utilité dans la vie justifiant sa consommation d'oxygène.

Arlette Laguiller.

Candidate de Lutte Ouvrière. Extrême gauche. Plus ancienne candidate, sixième élection présidentielle. Pas de réelle évolution de ses idées, au vu des trois élections présidentielles que j'ai suivies. Amie des travailleurs, opposée aux patrons et favorable au partage des richesses. Utopiste persistante. Pas de différence avec le Facteur de mon point de vue. Voix aigrelette. Fractionne la gauche en sachant très bien n'avoir aucune chance de passer.

Ségolène Royal.

Candidate du Parti Socialiste, parti majoritaire de gauche. Première candidate femme d'un "grand parti" à des élections présidentielles en France. Charismatique, agréable. A assuré lors du débat à la "un contre cent" à la télé. A été élue au premier tour présidente de la région Poitou Charentes. Programme utopiste selon certains: remonter le salaire minimum (promis par pas mal d'autres candidats) pourrait provoquer un krach économique. Programme écologiste trop vague. Bonne oratrice. A commis quelques bourdes, dont le fait de déclarer publiquement que le Québec devrait être indépendant, ce qui en soit n'est pas loin de mon opinion, mais qui cependant constitue un incident diplomatique embarrassant. Devrait atteindre le second tour, si les électeurs de gauche évitent la bêtise de 2002, donc les petits partis.

Gérard Schivardi.

"Candidat des maires". Inconnu au bataillon, je viens de découvrir son existence en m'apercevant que je n'avais que onze candidats sur les douze annoncés. Seule chose que je sais: il "prône une rupture de la France avec l'union européenne". Opposé à mes idées donc, tendance à la préférence nationale et à l'individualisme alors que c'est en s'alliant les uns avec les autres qu'on créera un réseau d'entraide assez dense pour régler les problèmes globaux.

Une fois encore, ce n'est que mon avis. La question qui se pose maintenant est: "lequel est le moins pourri, tout en ayant des chances de devenir président?" Déjà la première partie de la question n'est pas simple, mais alors la deuxième...

Je l'avoue honnêtement: je ne sais pas encore pour qui je vais voter.

A part ça, je gère les omelettes à la moutarde.