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mardi 28 octobre 2008
A Hard Rain's A-Gonna Fall
L'auteur, toujours stupéfait
Aujourd'hui fut une journée assez peu mémorable en soi. Une nouvelle journée à la fac de La Rochelle. Allez je fais comme les jeunes quand ils racontent leur journal intime: je vais mettre mon emploi du temps... Anglais le matin, Halieutique l'après-midi.
Pour le commun des mortels, l'halieutique c'est, je cite mon prof, "compter les poissons dans la mer". Gestion des stocks de pêche, en gros.
Bref. Ce fut chiant, j'ai passé les trois quarts du cours à bavarder sur MSN avec C., mais si rappelez-vous, la jolie blonde de Lille de l'an dernier. Bon.
Par contre, en anglais, mon prof (qui est génial, première fois que j'ai un prof d'anglais vraiment génial de toute ma vie)(à part en 3e, mais ça date) nous a donné une chanson d'écolo. Et ça, j'adore. D'autant que c'est du Bob. Non pas Bob Marley, bande de fumeurs de géranium. Je parle de musique là. Bob Dylan, enfin. Soyons sérieux, voulez-vous?
C'est là. Et c'est beau.
Alors c'est plein de références bibliques, il paraît. Mais moi je m'en fous, je la trouve prodigieusement belle, cette chanson. Alors bon, je ferais bien une petite traduction de paroles, comme ça fait longtemps et que je ne sors pas me bourrer la gueule avant 1h30. Mais je suis réaliste: personne ne les lit, les paroles qu'on met sur les blogs...
D'ailleurs, avis à tous: arrêtez de laisser des paroles de chansons en disant "c trop ske je ressan tu voi", c'est céder à la facilité et en plus personne ne prend la peine de lire. Enfin moi j'dis ça c'est pour vous.
Cependant pour ceux que ça intéresse, les paroles sont là.
En gros c'est une chanson-fleuve qui rappelle pas mal d'horreurs, d'injustices et de désastres écologiques... Elle parle de vague qui peut recouvrir le monde, d'océans morts, de cimetières géants, d'eaux empoisonnées et de bourreaux toujours masqués... Et elle date de 1963. J'étais pas né, ma mère avait 2 ans et le monde était déjà le tas d'immondices que Dylan décrit.
Ca rend triste et assez peu confiant pour l'avenir, quand on voit que tout ce qu'il raconte pourrait s'appliquer à maintenant.
A part ça, je pars à Lille dans deux jours... j'ai hâte.
jeudi 23 octobre 2008
Le retour du guerrier
A peu près maître Lao-Tseu
Que ce soit bien clair: le guerrier dont il est question, c'est moi. Et on ne rigole pas.
Effectivement je n'ai pas une masse musculaire à rendre GI Joe jaloux, ni ne possède de hache, épée, blaster, sabre laser, masse d'armes et autres joyeusetés destinés à faire peur aux braves gens. Effectivement je ne passe pas mes week-ends à courir en jupe dans les plaines à la tête d'une horde de chevelus braillards pour casser de l'Anglais, et mon expérience professionnelle en termes d'anéantissement de créatures de l'espace venues pour nous détruire frôle le néant absolu. Mais il s'agit d'une autre sorte de guerrier.
Un guerrier, petit scarabée, est un homme de combat. Ou une femme, tiens, ne soyons pas sexiste. Et tous les combats ne se font pas en collant son épée dans la courge du type d'en face. Heureusement pour certains, d'ailleurs (parce que le nombre de coups que se serait pris notre cher président, par exemple, si on tapait sur tous ceux qu'on considère comme nos ennemis...).
Et mes combats à moi renaissent de leurs cendres. Vous pensiez que depuis le temps, j'avais abandonné les diatribes écologiques? Erreur fatale: me revoici, plus en forme que jamais. La raison en est simple: je passe mon temps à la fac à bosser sur les espèces invasives, le réchauffement climatique ou la disparition des baleines... Alors effectivement, je n'ai plus trop le temps d'essayer de remballer les anti-écolos primaires ou de fustiger les anthropocentristes. Mais je continue à être sur la brèche. J'ai tout dit ou presque sur les sujets qui me tenaient à coeur, mais croyez-moi, il y en aura d'autres. Par exemple j'ai prévu de faire d'ici pas longtemps un article sur les énergies renouvelables, ou la désertification...
Enfin voilà, cette article n'est qu'une honteuse publicité pour plus tard, mais c'était juste pour vous prévenir: amis écolos, il y aura d'autres coups de gueule.
A part ça, je corrige mon livre, encore et encore...
dimanche 10 février 2008
Créationnisme et évolution
L'évangile selon Saint Moune
Aujourd'hui, juste avant de changer la bannière du blog parce qu'on se rapproche d'un événement honni entre tous (oui, la Saint Valentin, vous avez trouvé, vous êtes trop fort, maintenant laissez-moi parler), je vais parler science, et plus particulièrement biologie.Avant de commencer, petit topo de vulgarisation pour expliquer ce que c'est, la théorie de l'évolution. Au commencement, il n'y avait pas grand chose. La Terre était en pleine crise d'adolescence, elle avait des éruptions de partout, lâchait des gaz délétères dans l'atmosphère, tremblait à n'en plus pouvoir, il pleuvait tout le temps, bref, c'était un peu la merde à l'époque. Par un processus mystérieux qu'on n'explique pas encore tout à fait, la vie est apparue, sous la forme d'acides aminés qui se sont rejoints pour former de l'ADN, et ainsi sont nées les premières bactéries (en gros hein). Selon certains, l'apparition de la vie provient d'un pur coup de hasard, avec de l'eau à la bonne température, contenant grâce aux vapeurs atmosphériques suffisemment d'éléments pouvant servir à créer la vie (azote, carbone...) et régulièrement frappée par de l'énergie électrique, sous forme de foudre qui venait agiter tout ce joyeux merdier. Résultat: la vie.
Maintenant, comment sommes-nous passés de la vie aquatique unicellulaire bactérienne aux magnifiques spécimens de mammifères que nous sommes à l'heure actuelle (enfin... surtout moi, vous je vous ai jamais vu nus)? Selon la grande majorité des scientifiques, par l'évolution.
Tout le monde connaît Darwin, le barbu qui a inventé la théorie de l'évolution, et dans les grandes lignes, tout le monde sait que "l'homme descend du singe", ce qui est faux mais au moins le message est à peu près passé. Maintenant, on passe au cran supérieur, je vous raconte ce qu'il en est réellement.
D'abord, tout le monde est différent, ça vous étiez au courant. A part les jumeaux (les vrais). Maintenant, pourquoi sommes-nous tous différents? Et pourquoi les jumeaux ne sont PAS différents? Parce que l'ADN. L'ADN est une substance chimique principalement constituée d'azote, qui code grâce à quatre bases azotées le génome humain, et qui est présente dans l'ensemble des cellules animales et végétales. Pour ceux qui n'ont rien pigé à la phrase précédente, je la refais. L'ADN est présent dans nos cellules, et les multiples combinaisons possibles des quatre bases azotées (le "composant de base") déterminent notre génotype, c'est-à-dire ce que nous sommes biologiquement parlant: un homme ou une femme, noir ou blanc (ou jaune ou rouge ou vert, on s'en fout), un blond ou un brun, AB+ ou O-, obèse ou cardiaque, avec des yeux bleus ou bruns, et puis aussi si on est un humain ou bien un chimpanzé, une mouche ou un manchot empereur. L'ADN, c'est ce qu'on est, en tant qu'individu et en tant qu'espèce. Sans ADN, pas de vie.
Petite précision: à l'heure actuelle, aucune étude scientifique sérieuse n'a prouvé que l'instinct criminel, la pédophilie, l'homosexualité ou la connerie tout court étaient intégrés dans l'ADN (bien que dans certains cas, l'homosexualité par exemple, cela puisse être du fait d'une insuffisance hormonale totalement aléatoire pendant un moment de la gestation).
Bref, reprenons. L'évolution passe par, en gros, deux processus fondamentaux: la mutation et la sélection.
L'ADN peut muter, notamment pendant que l'individu est à l'état de foetus, donc "en construction". C'est un événement pas si rare que ça, mais qui souvent ne se voit pas sur le visage du mutant. Cette mutation peut être délétère (dans ce cas, l'individu est mort en naissant, survit très peu de temps ou ne peut pas se reproduire), c'est un accident génétique. En admettant qu'on parle d'une mutation qui laisse le mutant vivre et se reproduire, cette mutation peut apporter un changement dans la morphologie, la physiologie ou le comportement du mutant, en bien ou en mal. Par exemple, mettons que les ancêtres des baleines avaient encore des pattes arrières développées, et qu'un jour, un baleineau est né sans ces membres. Dans ce cas précis, la mutation est positive.
La sélection est le fait que ce baleineau se soit reproduit (c'est-à-dire que sa mutation n'a pas influencé la sélection sexuelle par l'autre sexe: la nana avec qui il s'est reproduit n'avait pas grand chose à faire qu'il n'ait pas de jambes, pour être plus clair), et que ses descendants aient remplacé les anciennes baleines à jambes. Une baleine sans jambe est plus rapide et mieux adaptée à une vie aquatique qu'une baleine qui traîne des excroissances inutiles sur elle: la baleine sans jambe (et ses descendants si cette mutation se transmet) sont avantagées par rapport aux anciennes.
Les baleines sans jambe sont donc "sélectionnées": c'est la "survie du plus hardi", le mieux adapté à son environnement a de meilleures chances de survie et exclut les moins bien adaptés, qui meurent ou ne peuvent plus se reproduire face à cette compétition. Finalement, les mutations continuant, les nouvelles baleines ne peuvent plus se reproduire avec les baleines à jambes: on a deux espèces différentes. Or, si ces deux espèces cohabitent, elles utilisent le même espace et les mêmes ressources alimentaires: les mieux adaptées au milieu vont mieux se nourrir et occuper l'espace que les moins bien adaptées, qui vont donc disparaître: c'est la sélection naturelle, on sélectionne le meilleur individu et/ou la meilleure espèce au cours du temps.
Bien sur, de nombreux facteurs influent sur cette sélection, notamment le hasard: un mutant ayant reçu une super mutation de la mort qui tue mourra accidentellement avant d'avoir pu se reproduire, ou alors ses descendants mourront ou ne transmettront pas le bon allèle qui assure la mutation. Le gros manque de bol quoi.
Bon, j'espère avoir été assez clair sur la théorie de l'évolution.
Cette théorie a été moultes fois débattue dans les salons de thé londoniens, et on vit s'opposer deux grandes factions: les évolutionnistes, qui acceptaient ce que disait Darwin parce que, scientifiquement, c'était l'explication qui se tenait le mieux, et acceptaient donc l'idée que le hasard (hasard de la mutation, hasard de la sélection) était ce qui avait fabriqué les espèces actuelles; et les créationnistes, chrétiens convaincus qui pensaient que Dieu avait créé la Terre, le Ciel, les animaux, les végétaux et l'Homme avec une majuscule, et qu'il avait fait la sieste le septième jour, et que tout était exactement pareil aux commencements des temps que de nos jours, ce que contredisent maintenant les études moléculaires sur les fossiles, par exemple.
Bien entendu, en tant que scientifique je n'accorde aucun crédit aux thèses créationnistes, parce que ce n'est pas une question de croyance mais une question de science: ce que la science prouve, alors c'est ce qui est (et qu'on ne vienne pas me faire chier avec les quatre éléments ou la Terre qui était plate avant 1500: à l'époque, la science était totalement influencée par la croyance et la conviction, alors que maintenant elle démontre à l'aide de preuves). J'ai assez étudié l'évolution pour être convaincu que c'est bien comme ça que ça se passe. Après tout, l'évolution est la seule théorie qui explique tout sur le vivant et comment on en est arrivés là.
Cependant, toujours en tant que scientifique, je ne peux pas être catégorique sur la non-existence de Dieu ou d'une puissance supérieure, puisqu'il s'agit d'une histoire de croyance. Je n'y crois pas, je suis athée, agnostique, tout ce que vous voulez, mais je pense que si on en est là, c'est uniquement à cause du hasard. Or, c'est une conviction intime, une hypothèse, et pas un raisonnement scientifique. Rien n'a pour l'instant prouvé scientifiquement l'existence d'une puissance supérieure (ou plusieurs, soyons fous), mais rien n'a prouvé non plus sa non-existence. En tant que "croyant", je suis fermement attaché à la théorie de l'évolution basée sur le hasard, et combats de toutes mes forces l'enseignement du créationnisme dans certaines écoles américaines, australiennes et turques, notamment, parce qu'on n'enseigne pas une théorie religieuse en cours de sciences à des mômes malléables, c'est malhonnête. En cours de sciences, on parle sciences, avancées récentes et théories possibles.
La science a prouvé que l'évolution est une bonne théorie qui se rapproche de la réalité, mais je reconnais que la science peut se planter (même si la chance est carrément minime). La religion n'a absolument rien prouvé au niveau du créationnisme, et se met en contradiction avec toutes les dernières découvertes biologiques et géologiques du dernier siècle et demi (par exemple, les créationnistes pensent que la Terre à 6000 ans).
Maintenant, en tant que scientifique, il me faut au moins accorder du crédit à des hypothèses potentiellement recevables. Certaines personnes, en Amérique notamment, parlent de "intelligent design", le dessein intelligent, qui est une sorte de créationnisme masqué, mais surtout de "soft creationism". A savoir que l'évolution existe, mais qu'elle est orchestrée en partie ou exclusivement par des causes surnaturelles, comme Dieu. C'est une sorte de compromis. Or, il a été prouvé que bien d'autres facteurs influencent l'évolution, comme les conditions environnementales. Cependant, si on admet l'existence d'une puissance supérieure, les variations des conditions environnementales, le hasard, les mutations et tous les facteurs qui orientent l'évolution lui sont directement imputables. Pour le moment, à part une conviction profonde, rien ne me permet de rejeter scientifiquement cette hypothèse, bien que rien ne me permette de la valider non plus tant que l'existence d'une ou plusieurs puissance(s) supérieure(s) n'aura pas été prouvée scientifiquement. C'est une hypothèse, comme l'évolution: chacun est libre d'y croire ou non.
L'existence d'une puissance supérieure qui a minutieusement décidé ce qu'allait devenir la Terre est possible, parce que rien ne nous permet d'affirmer le contraire. La volonté d'avoir une conscience supérieure au-dessus de soi est peut-être typiquement humaine et ne prouve que notre faiblesse et la volonté de rejeter sa propre responsabilité ; ou prouve que les humains, seuls parmi les autres espèces, sont capables d'appréhender l'existence de cette conscience supérieure.
My point is: non au créationnisme, et oui au soft creationism et à la théorie de l'évolution enseignés à parts égales dans les classes. Il n'est pas question de science dans la foi en l'une ou l'autre des théories, mais de croyance: laissez les gosses décider ce qu'ils préfèrent, le hasard ou une puissance supérieure. M'enfin, pour cela il faudrait que les enseignants soient d'une objectivité à toute épreuve, et ne favorisent pas l'une ou l'autre des théories... Mission impossible, entre les laïcs convaincus et les religieux fanatiques, aussi cons les uns que les autres de mon point de vue.
A mon sens, toute hypothèse valable devrait recevoir un accueil critique basé sur la science et la logique, et non sur la croyance. Il faut savoir faire la part des choses: personnellement, je pense que Dieu est une grosse arnaque et que si on en est là aujourd'hui, c'est par un monstrueux coup de bol et par l'évolution naturelle. C'est ma croyance, c'est ma foi. Mais scientifiquement, je dois admettre que je me trompe peut-être et qu'il y a peut-être bien une puissance supérieure qui a tout manigancé. Pourquoi? Parce que c'est possible.
Le but de ce billet était de faire comprendre la différence entre la science et la foi, et d'essayer de prouver que les scientifiques peuvent, à tort à mon avis, rejetter des hypothèses uniquement sur la base de leur foi personnelle en l'évolution naturelle, à l'image des religieux qui rejettent des hypothèses scientifiques uniquement sur la base de leur foi en Dieu. Et, pour ceux qui ne se sentent pas particulièrement concernés par l'évolution et le créationnisme, je voulais aussi montrer que parfois, il s'agit de faire la part des choses, et qu'il faut savoir réfléchir plus loin que ses convictions.
J'espère avoir réussi...
A part ça, aujourd'hui, j'écris. Un peu.
lundi 4 février 2008
Mécanisme de défense
Platon
Un petit coup de gueule, ça vous dit?
Ce soir, je râle contre les oeillères, contre l'aveuglement, contre l'indifférence et l'optimisme crétin, je râle contre tous ceux qui refusent de voir la vérité juste parce qu'elle est moche. Oui, vous avez deviné, je vais parler d'écologie.
Une expérience amusante à faire entre amis: parlez donc d'écologie, de l'état de la planète, dans une soirée où on s'amuse. Vous passez pour le casseur d'ambiance de premier plan qui veut déprimer tout le monde. C'est évidemment un exemple: en général, on ne parle pas des choses qui fâchent dans une soirée, à moins que le moment s'y prête particulièrement (genre quand une pétasse couine parce que son mec de trois jours vient de la plaquer pour une autre, on peut la remettre à sa place en lui suggérant que sa situation est largement plus enviable que celle des ours blancs dont la phase de déclin commencera, je tiens à le rappeler, d'ici 4 ans maximum).
Ce qui m'agace, c'est que quelle que soit la discussion, on a toujours des comportements que je qualifierais unilatéralement de débiles qui apparaissent.
- Ceux qui ont une vague idée de l'étendue du désastre mais qui ne veulent pas savoir les détails
"Arrêêêêteuh tu vas me déprimer!"
Oh ben oui dis donc, je serais dégoûté d'abîmer ton maquillage avec une raison aussi futile que le Japon qui a repris la chasse à la baleine, c'est d'un trivial.
- Ceux qui ont des oeillères
"Bah moi je vois pas de différence avec y'a dix ans, c'est encore les écolos qui se montent le bourrichon pour rien"
Ah oui, ça doit être ça, 40°C tous les étés en Picardie c'est tout à fait habituel, en fait on se faisait un peu chier à WWF parce que Bové nous a piqué les OGM, alors il a bien fallu qu'on monte une intox mondiale de réchauffement climatique, faut bien qu'on s'amuse un peu hein.
- Ceux qui sont légèrement paranoïaques
"Non mais c'est une connerie financée par les Américains pour qu'on arrête de leur faire de la concurrence, la preuve, "une vérité qui dérange" c'est un américain qui l'a fait"
Ah ben oui mon bon monsieur, c'est évident. D'ailleurs c'est comme pour E.T., ils ont sorti ça pour qu'on croie tous que les aliens sont des gnomes grisâtres et un peu attardés, alors qu'en fait les Etats-Unis ont développé dans le plus grand secret une relation commerciale florissante avec les Vénusiens Mauves et les Atlantes de Nû, ce qui explique leur place au sommet de l'économie mondiale.
- Ceux qui sont optimistes sans trop savoir pourquoi
"Non mais on va s'en sortir, de toutes façons, c'est obligé, y'a pas de raison"
Ouais, ils disaient ça aussi les Juifs en montant dans les trains, dans les années 40...
- Ceux qui n'y croient pas et n'y croiront jamais parce que ça les perturbe trop
"Ah ouais? T'as des preuves?"
"Ouaip, j'ai les assertions d'à peu près l'ensemble de la communauté scientifique, qui montre une augmentation de 25% du taux de CO2 dans l'atmosphère depuis 150 ans, une hausse de la température entre 1 et 3°C pour le prochain siècle et une hausse de 50cm du niveau des mers dans les prochaines années."
"Ouais mais c'est des chiffres de scientifiques ça, on peut en faire ce qu'on veut"
Ah ouais c'est notre kif ça à nous les scientifiques, de balancer des chiffres pour faire peur aux gens. D'ailleurs y'a un grand concours mondial pour celui qui aura réussi le plus beau teint verdâtre ou pâle avec ses chiffres (photos à l'appui).
- Ceux qui écartent les faits d'un revers de main parce qu'ils en ont peur
"Non mais on va pas parler de ça maintenant"
Non t'as raison tiens, parlons plutôt de Nicolas et de Carla, c'est tellement plus important que l'érosion de la biodiversité.
- Ceux qui le savent mais qui s'en foutent royalement
"Mais de toutes façons, on peut rien y faire alors c'est pas la peine d'en parler..."
Nicolas et Carla, on n'y peut rien, pourtant tout le monde en parle. Par contre, l'écologie, on y peut quelque chose, mais hors de question d'en parler, c'est trop chiant comme sujet.
- Ceux qui prennent les écolos pour des névrosés mythomanes alors qu'en fait ils ne pigent que dalle
"Attends y'a dix ans c'était le trou dans la couche d'ozone et maintenant y'a trop de gaz à effet de serre? Faudrait savoir les gars!"
Hé Einstein, t'es au courant que les gaz à effet de serre c'est pas les mêmes que ceux qui font des trous dans la couche d'ozone? Des trous, y'en a toujours, ils se sont pas refermés depuis, c'est juste qu'on risque d'être irradié ET d'avoir chaud.
Bref, ça m'énerve. Je sais que c'est un mécanisme de défense, de nier la vérité pour se protéger, mais comment voulez-vous que l'info passe, que les consciences s'éveillent, si tout le monde continue à refuser d'en parler juste parce que c'est déprimant?
Arthur style: SORTEZ VOUS LES DOIGTS DU CUUUUL!!
A part ça, le droit de l'environnement, on a beau dire, c'est chiant.
dimanche 12 août 2007
Anthropomorphisme
L'Evangile de Saint Jules
Oui, je sais, ça fait fort longtemps que vous n'avez pas eu l'indicible chance de pouvoir vous repaître de ma prose. Au moins... pfoulala, cinq jours dites donc! Je me demande combien ont survécu à ce traitement...
Sauf que en cinq jours, j'ai eu plein de choses à faire. Mis à part la semaine à trois relevés par jours qui m'a laissé passablement crevé, j'ai passé un après-midi en famille chez moi, avec pour bilan un orteil déchiqueté (le mien), une tante à la cheville foulée et l'impression d'appartenir à une grande famille très unie en voyant les pléthores de cousins, oncles, tantes, grands parents, grands cousins and co (à savoir les mecs et nanas de ces gens là). Et puis j'ai revu la familia ce week end, j'ai déménagé (ouais enfin... bref) ma tante à Avignon, et j'ai fait une soirée à la plage avec la smala habituelle et mon cousin, avec bières dégueu mais ouvrables sans ouvre bouteille, bataille de tomate (S. je te hais), préparation de M. à sa future carrière d'actrice porno (elle manie le concombre comme personne) et beach-volley avec des figures de folie et plein de baballes qui tombaient par mégarde sur les teens chauffées aux hormones qui campaient près d'un des piliers du filet et qui prenaient chaque balle vers elles comme une "étrange approche".
Enfin bref, tout ça pour dire que je n'ai pas trop eu le temps de blogger, mea culpa vachement beaucoup, tout ça.
Mais il y a un petit coup de gueule que je voudrais pousser depuis un petit moment, alors allons-y.
Il y a quelques jours, je suis tombé par hasard sur la page d'accueil d'Alice, sur un article recensant les dix espèces animales les plus intelligentes de la terre. On comptait, si je me souviens bien, le gorille, le chien, l'écureuil, le dauphin, le perroquet, le corbeau, le cochon de Guinée et quelques autres... Le corbeau et le perroquet avaient une excellente vision des couleurs, le dauphin un système de communication extrêmement élaboré, le chien une bonne capacité à reconnaître les schémas et les signes, etc. Jusque là, c'était plutôt intéressant, bien que pas assez détaillé à mon goût de scientifique. Mais enfin, c'était sympa comme articule de vulgarisation (je déteste ce mot).
Là où j'ai eu plus de mal, c'est pendant la conclusion qui considérait qu'il était normal de considérer ces résultats d'un point de vue anthropomorphique et anthropocentrique. Je me souviens avoir défini l'anthropomorphisme dans un billet précédent, mais pour ceux qui dormaient, je recommence.
L'anthropomorphisme est la tendance à considérer que les animaux "ressemblent" aux humains, qu'ils ont des tendances à agir pour les mêmes raisons que les humains ou qu'ils ne sont que des humains primitifs enfermés dans des corps d'animaux. A l'image de l'homme, en gros. Genre une mémère qui croit que son caniche est son enfant et qu'il comprend à la perfection tout ce qu'il dit, ou un perroquet qui parle "aussi bien qu'un homme", c'est de l'anthropomorphisme. En tant qu'étudiant en écologie, je m'oppose farouchement à ce genre de généralisation débile et anthropocentrique, comme si toute la création vivante avait pour seul but d'aboutir à l'homme, et que tout le reste n'était que des essais malheureux pour atteindre la perfaction humaine.
Ah oui, pour info, comme son nom l'indique, l'anthropocentrisme c'est la tendance qui consiste à croire l'homme au sommet de l'histoire évolutive, de considérer que l'humanité est tout, et que le reste du monde n'est qu'un détail. Quand on a fait de l'écologie, de la géologie ou de l'astrophysique, ce genre de concept débile fait mourir de rire, mais il y en a encore beaucoup qui y croient.
Alors je m'insurge: qui a décidé qu'un animal ne pouvait pas être aussi intelligent qu'un homme? Qui a placé les hommes au sommet de la pyramide de l'intelligence? Bingo... les hommes. N'importe qui d'un peu sensé saurait que ce genre de jugement nécessite un minimum d'objectivité, que les humains ne peuvent pas vraiment posséder. Pourquoi les dauphins ne seraient-ils pas largement plus avancés que nous au niveau du langage? Ces cétacés sont un modèle d'entraide, de sens de la famille et de paix des peuples, largement supérieurs aux humains de mon point de vue, au moins à ces niveaux, qui supposent selon moi une intelligence ou un instinct que les humains n'ont pas. Pourquoi certains animaux ne seraient-ils pas nettement plus intelligents que les humains dans certains domaines, pourquoi ne pourrait-on pas être surpassés par d'autres espèces animales? Qui a la preuve que nous sommes bel et bien supérieurs en tous points aux autres espèces?
Peut-être que nous sommes le summum de l'évolution, et peut-être pas. Peut-être que nous pouvons être surpassés par d'autres espèces terrestres. Continuer d'être persuadés que l'homme est le degré ultime d'évolution juste parce que nous l'avons décidé à l'époque où nous nous sommes rendus compte que nous pouvions potentiellement tuer des individus appartenant à toutes les autres espèces est un comportement arrogant, et s'il y a bien un truc que j'ai du mal à blairer, c'est l'arrogance humaine.
A part ça, première grasse mat ce matin depuis deux semaines... rhaaa ça fait du bien!
mercredi 25 juillet 2007
TF1 a les moyens
- Têtes de Flans 1er choix."
Etienne Mougeotte et Patrick Lelay
Aujourd'hui, après le radiotracking des tortues (seulement 1h15 pour trois tortues, je m'améliore!), on a été rejoints par des journalistes de TF1, qui montent un sujet sur l'écovolontariat. E., l'autre stagiaire, anti-TF1 de base, a refusé d'apparaître à l'image. Comme il fallait bien un écovolontaire sur la video et que j'estime pour ma part que quand la télé parle de nature (même à TF1), c'est toujours bon à prendre, j'ai été la bête de cirque du reportage.
Ma maîtresse de stage, Madame B., n'aime pas non plus TF1. Elle dit, d'expérience, que ceux de Fr3 et Fr5, ainsi que M6, sont vachement plus professionnels et respectueux du travail des autres. Après plusieurs heures supplémentaires de terrain à me faire filmer par ces sympathiques guignols, j'avoue que je suis assez d'accord.
Présentation des spécimens: le preneur de son et le caméraman étaient sympas, pas lourds, enfin ils se taisaient quoi... Deux jeunes, entre vingt et trente ans. Et le journaliste, qui se dit "réâlisâteur" (oui oui, avec les accents circonflexes), un gars de la quarantaine bien sonnée, cheveux gris, lunettes carrées, un peu comme l'actuel maire de Belfort (qui fait partie de ma famille)(éloignée, certes)(mais je me la pète quand même), à qui il ressemble vachement. Et lui, vraiment... Mais attendez que je vous raconte.
D'abord, ils nous ont dit que ça allait durer 1h à tout casser. Il était, montre en main, 10h15. Ensuite première prise de vue, il faut qu'on voie bien tout ce qui fait un peu spectaculaire... A savoir moi, d'abord, splendide jeune premier avide de faire mes débuts devant l'objectif; la radio qui fait "shshshshshsh" et "doup doup" quand une tortue n'est pas trop loin ; et surtout, surtout, l'antenne dépliable qu'on trimballe partout sur le terrain pour repérer le signal des balises des tortues. J'ai donc fait et refait et rerefait selon les besoins des prises de vue des trajets qu'on ne fait normalement jamais ("mais c'est joli derrière"), à des endroits qui ne sont pas DU TOUT des lieux que les tortues apprécient ("c'est pas grave pour nous"), le tout sous un soleil cuisant (à cette heure là, on les a finis depuis un moment les points), dans un milieu que je ne connais pas du tout (d'habitude, c'est E. qui la fait cette zone), en trimballant à bout de bras l'antenne en métal et en faisant semblant de suivre la trace d'une tortue que l'on savait très bien être à l'autre bout de la parcelle. Ah, et évidemment, histoire de pouvoir insérer des commentaires, je devais faire comme si j'étais un pauvre naze qui ne sait pas encore se servir d'une antenne et d'une radio au bout de trois jours: comme ça, Madame B. était avec moi pour me "montrer comment ça marche" et raconter plein de choses sur les tortues. Entre autres, j'ai du demander si "les tortues se baignaient", bien que sachant qu'elles ne le faisaient pas, histoire de. Bon.
La magie de la télé, parlons-en. Aucune des prises de vues réalisées pour ce reportage ne sont des prises réelles. La tortue, je l'ai trouvée en cinq minutes, mais on a mis 25 minutes pour tout filmer. Et histoire de faire beau, on a du déplacer la pauvre bestiole au bord de la rivière. Et ce crétin de journaliste, qui la chope et la place bien comme il faut, plusieurs fois... Je vous raconte pas le stress de cette pauvre tortue. En plus il paraît (j'ai pas vu, j'étais en train de préparer mon apparition derrière un rideau de peupliers) qu'il l'a presque mise à l'horizontale pour la "faire boire". Croyez-moi, c'est pas avec CA qu'on sensibilisera les gens à la nature...
Le pire, ça a été le trajet en voiture (il était 13h bien sonnées), où il a passé son temps à "discuter" avec Madame B. En gros, elle l'a engueulé comme du poisson pas frais, avec son attitude genre "mwâ j'ai vu plein de biotopes (on dit écosystèmes, les biotopes c'est juste le milieu), j'ai fait le tour du mondeuh, donc j'ai lâ science infuse", ses "interrogations" stupides, genre je suis un maître à faire penser les autres (exemple: "si un gamin est mangé par un loup, vous faites quoi?" ...ma réponse aurait été "on lui emballe les restes pour le lendemain", mais c'est pas à moi qu'il parlait à ce moment... Il voulait qu'on dise "faut tuer le loup?")(en plus les loups n'attaquent JAMAIS l'être humain)(et puis d'abord qu'est-ce qu'il foutrait tout seul dehors avec des loups ce con de gosse??), et son incompréhension de la complexité des écosystèmes... Je l'accorde, comprendre comment fonctionne un écosystème, avec toutes les interractions, les modifications de dynamique de population, les successions, les événements rares, etc, c'est plutôt compliqué. Mais quand on ne sait pas, on se tait, je suis désolé. Lui affirme qu'il faudrait tuer les phoques parce qu'ils réduisent le stock de morues et que ça met en danger l'espèce...
Mon cul! Aucune espèce n'a jamais été éradiquée par une autre, sauf quand l'autre en question est l'humain. Sinon, les grandeurs des populations s'autorégulent en fonction du nombre des proies ou des prédateurs: quand il y a beaucoup de proies, les populations de prédateurs explosent, normal. Et quand il n'y a plus assez de morues pour nourrir tous les Bibi Phoques, ben les trois quarts des Bibi Phoques meurent, et les autres survivent et se partagent les morues, qui ont alors moins de contraintes et peuvent agrandir leurs populations de nouveau. Ben lui, monsieur "je m'y connais en nâture", ne sait pas ça. Il connaît l'écologie par ce qu'on en dit de bouche à oreille, de ce qu'on voit à la télé (sur TF1? Ahahahaha...), sur ce que les gens disent, etc...
Et je ne parlerai pas de ses positions contre Natura 2000, parce que sinon je vais vraiment m'énerver.
Bref, on a fini les prises de vues avec les nanas qui patrouillent à vélo à 14h15. Youhou.
Je suis rentré il n'y a pas longtemps, avec E. Le bonheur tient à pas grand chose: une platrée de pâtes au fromage et un documentaire écolo à la télévision, sur la 5, loin, très loin des journaleux de TF1.
On attend le montage du documentaire, qui passera plusieurs fois pendant 30 ans, il paraît. Donc au moins une fois en praïme taïme sur TF1, et plusieurs fois dans des magazines de nuit ou de matinée, en France/Belgique/Suisse/Canada et Amérique Latine. C'te classe dis-donc. Je vais devenir mondialement connu et on fera de moi la tête de gondole de l'écologie moderne... Ou alors des réalisateurs vont me voir et me contacteront pour faire des films sur "qu'est ce que ça fait d'être jeune, beau et plein de talent?"
Enfin, vu que Madame B. peut les envoyer chier d'une minute à l'autre, je peux tout aussi bien atterrir au 20h de Chazal avec le titre "Ecovolontaires, de jeunes délinquants en perte de repaires"...
Alala, trop dure la vie d'artiste...
A part ça, je lis Harry Potter en anglais, mouahaha... Si vous saviez ce qui s'y passe...
mercredi 11 juillet 2007
Et si ça devenait vrai?
Charles Darwin
"Et voilà, vous pouvez retirer vos masques et vos combinaisons... J'espère que les requins ne vont ont pas fait trop peur.
- Dites, et si on désire se rendre sur cette île sans porter les combinaisons fournies par le Parc?
- Les requins sont spécialement dressés à attaquer tous ceux qui portent des combinaisons différentes de celles-ci.
- Ah... Et pour venir en bateau?
- Allons monsieur, vous avez bien vu que les récifs qui bordent cette île rendent tout accostage impossible!
- Et par la voie des airs?
- Nos lanceurs de missiles ont l'autorisation d'abattre sans sommation tout appareil violant notre espace aérien et pouvant faire peur à nos tortues.
- Ah quand même.
- Les parcs naturels sont devenus des zones de haute sécurité, vous le saviez non?
- Oui, bien sûr, mais je ne pensais pas que ça serait à ce point... Et les murailles là-bas, qu'est-ce que c'est?
- Les murs du Parc. C'est à l'intérieur que nos tortues vivent. Ces murailles font le tour de l'île toute entière et sont surveillées en permanence par des miradors et le chemin de garde patrouillé régulièrement. D'ailleurs c'est par ici que nous allons. Allez le groupe! Débarrassez-vous de vos combinaisons et laissez-les dans les containeurs au bord de la plage! Ensuite, nous avons une petite demie-heure de marche jusqu'aux portes principales!"
Le groupe se met en marche et parvient aux portes.
"Salut Lauren. Le groupe de l'après-midi?
- Ouaip.
- Bien. Veuillez appuyer vos mains contre le mur, pendant que mes deux collègues vont vous fouiller. Pendant ce temps, je vérifierai vos autorisations.
- Chef, chef! Celui-ci refuse de nous laisser regarder dans son sac!
- Prenez-le de force, et abattez-le s'il tente de résister. Nous avons les accréditations nécessaires: aucun matériel étranger dans l'enceinte du Parc Naturel.
- Chef! C'est un... une... une calcultatrice! Et une paire de jumelles, un ordinateur portable, un appareil photo et un appareil de géomètre!
- Monsieur, j'espère que vous avez une explication valable à la présence de ce matériel de mesure sur notre sol. Sachez que toute personne venant sur cette île avec dans l'idée de mettre en péril la nature sauvage sera sévèrement punie.
- Je... je voulais juste... regarder, et prendre des notes...
- Prendre des notes sur notre parc naturel? Avec un appareil photo, interdit dans le parc, et pire, un appareil de géomètre! Vous vouliez prendre des mesures, avouez!
- Je... OUI! Oui, j'avoue! Je veux que ce foutu parc soit noyé dans le béton! Je veux mettre la main sur cet espace privilégié pour pouvoir le transformer en résidence de milliardaire supramoderne! Je veux des piscines, des cours de squatch, des terrains de golf, des routes pour leurs ferraris! Je veux raser toute cette zone, brûler votre forêt, et éradiquer vos foutues tortues! Qu'importe leur disparition, rien ne peut s'opposer à l'Homme! En plus, pauvres larves, dans la pochette de mon ordinateur se trouve plusieurs feuilles de salade contaminée, destinée à empoisonner le maximum de vos petites protégées à carapace! Ces minables tortues ne prendront jamais les terres qui appartiennent à l'espèce dominante de la Terre!
- Monsieur, vous appartenez de facto à la classe d'individus 4. Nous allons prendre les mesures nécessaires.
- Quoi, vous allez m'arrêter? Ahaha, bande d'imbéciles, j'ai un très bon avocat! Je vous le dit, moi et ma société finirons par régner sur vos lamentables réserves de nature! Qui s'intéresse encore à des espèces en voie de disparition que nous finiront de toutes façons par éliminer? Je vais...
- Agents de sécurité du mirador C, veuillez prendre pour cible l'homme au survêtement vert qui se trouve à côté de moi.
- QUOI?? Je...
- Feu à volonté.
*ratatatatatatatatatatata*
- Incident maîtrisé. Fred, vous irez placer ce corps à la morgue. Puis vous téléphonerez au Parc des Cévennes et leur demanderez s'ils ont besoin de viande pour leurs loups. Si c'est le cas, préparez-le pour notre prochain échange. Sinon, jetez-le aux requins dès que le groupe de l'après-midi aura regagné le continent. Lauren, vous passerez dans mon bureau pour consigner l'incident.
- Bien monsieur. Allez le groupe, on va pouvoir commencer la visite! Ne vous éloignez pas des chemins, regardez bien les tortues et ne cueillez aucune fleur! Vous avez quartier libre pendant quatre heures, mais vous devez être de retour ici pour l'appel à dix-sept heures précise! Nous attendrons les retardataires encore une demie-heure, puis les forestiers recevront l'ordre de tirer à vue et vous serez considérés comme des agents ayant les mêmes opinions que feu le monsieur qui se trouvait ici. Ne touchez pas aux tortues, retenez vos enfants et profitez au maximum de cette belle journée!"
Je fais vraiment des rêves étranges...
Morphée ne perd rien pour attendre.
A part ça, ce soir je fais partie du jury pour un tiramisu.
jeudi 17 mai 2007
Réchauffement climatique: ce qu'il faut savoir
Pedro Almodovar
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J'en parle depuis le tout début de ce blog comme d'une catastrophe de folie du chaos de la mort, mais sans jamais expliquer pourquoi. Alors ce coup-ci, c'est décidé: je me fends d'un article sur le réchauffement climatique pas piqué des vertes et des pas mûres, histoire de rabattre leur caquet une bonne fois pour toutes aux sceptiques et aux ahuris qui croient que c'est un processus naturel.
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Le réchauffement climatique fait d'abord courir un grand risque à la biodiversité de notre planète. La hausse des température va détruire certains habitats d'espèces qui ne peuvent supporter qu'une certaine gamme de températures (espèces sténothermes), et va considérablement modifier le milieu : la fonte de la calotte glaciaire arctique, par exemple, met gravement en danger des espèces comme l'ours blanc, dont on considère que la phase critique d'extinction démarrera en 2012.
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De même, notre planète a déjà connu cinq crises au niveau de la biodiversité, qui ont considérablement réduit le nombre d'espèces animales et végétales à la surface de la planète. La cause n'a pas toujours été une modification du climat, selon certains scientifiques: la théorie dont on nous parlait quand on était petits à propos de la météorite géante qui a percuté la Terre et a entraîné la disparition des dinosaures semble prête à être validée.
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Bref, le réchauffement climatique et l'érosion de la biodiversité sont des processus naturels. Le truc c'est que ces événements laissaient largement le temps aux espèces qui ne supportaient qu'une marge de température réduite de s'adapter aux modifications de leur habitat. Et les plus fortes s'adaptaient toujours et survivaient, c'est la sélection naturelle.
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Alors on se demandera, que fait-on d'autre que faire nous-même la sélection naturelle? C'est l'homme qui modifie son environnement, les autres espèces n'ont qu'à s'adapter ou disparaître: nous ne sommes qu'un vecteur de la sélection naturelle. Outre le débat sur le droit de l'humanité à décider du destin des autres espèces, il y a un autre problème. La sélection naturelle se fait, au mieux, en quelques milliers d'années. Or le réchauffement climatique actuel se fait à une vitesse totalement inconnue des écosystèmes terrestres. Voyons le graphique suivant:
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Comme je l'ai dit, la hausse des températures modifie considérablement les habitats, et la rapidité du phénomène ne laisse pas le temps aux espèces de s'y adapter. D'où disparitions en chaînes ces dernières années d'espèces dont le maintien reposait sur une courbe de température à peu près stable ou sur un habitat non modifié. Un petit exemple qui vous dira peut-être quelque chose: la grande barrière de corail, un écosystème marin immense et d'une richesse floro-faunistique incomparable. Le petit point blanc vers le milieu à droite, c'est un hélicoptère, histoire que vous visualisiez l'échelle.
Parlons à présent de la hausse du niveau des mers. Souvent prise pour une vaste blague, cet événement sera pourtant responsable de grandes pertes humaines et matérielles. L'idée reçue est que la fonte des glaciers flottants, des icebergs, va faire monter la mer. Or, si l'ensemble des icebergs fondaient (ce qui serait un rude coup parce qu'on risque d'avoir besoin d'énormément d'eau douce d'ici peu de temps, vu notre rythme de croissance), ça ne ferait, au mieux, qu'élever le niveau de la mer d'un ou deux millimètres. Le problème c'est que les glaciers qui sont menacés, ce sont ceux qui sont sur la terre ferme, au Groenland par exemple. Eux peuvent hausser le niveau des océans de plusieurs dizaines de centimètres, ce qui réduira entre autres les territoires du Bangladesh (11% des terres émergées!), de la Floride et des Pays-Bas, situés sous le niveau de la mer.
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Le réchauffement climatique a également une autre influence, plus difficile à cerner: il met gravement en danger l'effet de serre de la planète. Les GES (Gaz à Effet de Serre) sont des gaz qui absorbent les rayonnements solaires et augmentent le pouvoir réchauffant de ces rayons. Sans ces gaz, la température moyenne de la Terre tournerait autour de -18°C (15°C de moyenne en réalité). Ils sont composés, entre autres, de vapeur d'eau, de dioxyde de carbone (CO2), de méthane (CH4) et d'ozone (O3). Ces gaz peuvent être relâchés de manière naturelle mais ponctuelles, comme lors des éruptions volcaniques, ou artificielle, par l'industrie et les transports humains. Une part respectable des dégagements de méthane provient également de la digestion des ruminants (gaz intestinaux).
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C'est de méthane que nous allons parler. Enormément de méthane est contenu dans le permafrost, le sol qui reste toujours gelé aux pôles. La hausse des températures fera fondre les glaces qui retiennent ces gaz, ce qui libèrera une quantité phénoménale de CH4, qui s'éparpillera alors dans l'atmosphère et augmentera encore l'effet de serre.
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Tout ça ressemble à un scénario catastrophe, pas vrai? Et pourtant, ce n'est pas un film: c'est la réalité.
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Alors, il y en a encore qui prennent les écolos pour de dangereux fanatiques rêveurs qui fument des géraniums et ne pensent qu'aux oiseaux et aux petites fleurs? Qui sont les rêveurs, maintenant? Qui ne veut pas voir la réalité en face? Qui se voile le museau? Qui est égoïste et dangereux, maintenant? Qui se persuade que ce qu'il a en face de lui n'existe pas? Vous, ou nous?
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A part ça, l'humanité me déprime tiens...
lundi 14 mai 2007
Mémoire
L'homme invisible
Il y a 21 ans, 4 mois, 2 semaines et quelques jours disparaissait assassinée par des braconniers Dian Fossey, zoologiste américaine spécialisée dans la recherche sur les gorilles et engagée au niveau mondial pour leur protection. En partie grâce à son action, l'espèce des gorilles a atteint les 380 individus, contre moins de 250 de son vivant. Elle est certainement la première à avoir développé un contact spontané entre un humain et un gorille, trois ans après avoir monté son camp au Rwanda, parmi une de leurs population.
Ce n'est pas un anniversaire. Les gorilles n'ont pas subitement disparu. La guerre civile n'a pas éclaté au Rwanda. Mais souvenez-vous d'elle quand même. Souvenez-vous de ce que c'est de risquer sa vie et de la perdre pour l'existence de créatures non-humaines, pour sauvegarder la diversité d'une planète que l'espèce humaine met à mal, de se battre contre sa propre espèce parce que sa propre espèce a tort. Souvenez-vous de Dian Fossey.
A part ça, rien.
jeudi 3 mai 2007
Les écolos, cette race à part...
Princesse Leia
Allez ce soir je parle d'autre chose. Après tout, y'a pas que le cul dans la vie... y'a le sexe aussi (clin d'oeil à la Poulette). J'hésitais entre les nanas à walp sur les pubs qui désacralisent le mystère de la nudité féminine, et raconter ma journée d'écolo de base. Dans le premier débat, j'aurais orienté la discussion sur les gosses qui voient des femmes nues un peu partout dans les pubs, qui finissent par s'habituer à ces images et ne trouveraient plus grand chose d'excitant à voir ça en vrai... et j'aurais argué que ça nous emmène vers une belle lignée de mâles à troubles érectiles fréquents... Et puis finalement ça m'aurait gonflé cette histoire, après tout la société évolue, et le fait que je n'approuve pas sa direction n'y changera pas grand chose.
Et dans la discussion que j'ai choisie, je compte parler de ce qui est parfaitement normal pour un étudiant en écologie et qui peut paraître totalement dingue à des gens normaux, et vice versa. Dans tout ce qui va suivre, le mot "écolo" désigne un étudiant en écologie lambda.
J'ai eu ce flash tout à l'heure, en voyant B. plongé dans un gros bouquin sur les batraciens. Je trouvais ça parfaitement normal, je ne voyais rien d'étonnant à passer son temps de loisir à étudier les bestioles et les plantes. Et puis je me suis revu au lycée, ou même pendant mes premières années de fac. "Un gars qui lit un pavé sur les grenouilles? C'est quoi ce psychopathe?"
Un écolo n'a, en général, peur de rien qui soit "naturel". Contrairement aux gens normaux, il ne trouve pas écoeurant de fouiller la vase pour en extraire des larves d'insectes, il peut passer du temps couché par terre à essayer d'identifier une plante ou de la prendre en photo sous le meilleur angle possible, il peut patouiller à pleines mains dans la boue et l'humus, il ne trouve pas immonde de plonger son doigt dans le rectum d'un chevreuil pour en extraire les fecès ou de chercher les tiques sur le pelage du chevreuil en question pour les étudier ensuite. Un écolo joue avec les araignées qui lui montent dessus (personnellement j'adore ça), ne gesticule pas dans tous les sens quand il se fait effleurer par un insecte, plonge sa main dans les fourmilières pour observer le comportement des fourmis et s'amuser à sentir l'acide formique, vérifie si une plante est protégée avant de la cueillir, et retourne les pierres et les tôles ondulées pour trouver des orvets et des serpents.
Une personne normale ne trouve pas les écolos normaux. Mais les écolos, eux, se trouvent tout à fait normaux, merci pour eux.
Le but de ce billet n'est pas de faire passer les écolos pour des gros durs du chaos de la mort qui ne craignent personne, mais de montrer combien la façon de voir les choses qui nous entourent peut changer du tout au tout en très peu de temps. Je me prends pour exemple: il y a trois ans, celui qui me mettait une araignée dans le cou était un homme mort. Maintenant, je fais en sorte d'éviter de bouger pour permettre à la bestiole en question de s'en aller sans encombre, et je rigole avec le plaisantin de cette bonne blague. Il y a trois ans les plantes me gavaient et ma conscience écologique était assez peu développée... maintenant je fous des baffes à ceux qui laissent brûler les lampes et qui prennent leur voiture tout le temps. Il y a trois ans il fallait me taper dessus pour me faire quitter la rassurante proximité de mon ordinateur, maintenant j'adore sortir et me balader au milieu de nulle part pour disserter sur les violettes avec ou sans odeur ou regarder dans la longue-vue de B. la couleur du pic épeiche ou de la bergeronnette des prés...
La portée du billet de ce soir est assez philosophique: les gens peuvent changer énormément, très vite, et sans même s'en rendre compte. Vous avez deux heures pour élever des autels pour célébrer mon immense sagesse.
A part ça, un de mes profs de Metz a participé à l'élaboration du pacte écologique de Nicolas Hulot... La classe!
mardi 24 avril 2007
Blague d'écolo
Aristote
Aujourd'hui, je passe mon oral sur la jussie. C'est pour ça que je suis levé aussi tôt: je suis sensé réviser. Et croyez-moi ou pas, c'est ce que je fais. J'étais sagement en train d'apprendre la présentation de la plante quand je vois qu'elle appartient à la famille des Onagracées. En bon étudiant consciencieux je cherche sur Wikipédia, histoire de pouvoir répondre à des questions si on me demande ce que c'est que cette famille végétale. Et voilà ce que j'ai trouvé.
La famille des Onagracées est une famille de plantes dicotylédones qui comprend 640 espèces en une vingtaine de genres :
Boisduvallia, Calylophus, Camissonia, Circaea, Clarkia, Epilobium, Fuchsia, Gaura, Gayophytum, Gongylocarpus, Hauya, Lopezia, Ludwigia, Oenothera, Stenosiphon, Xylonagra.
Ce sont des arbustes (quelquefois des arbres) et des plantes herbacées annuelles, bisanuelles ou pérennes, parfois aquatiques, des régions froides à tropicales.
En gros ce sont des plantes de toutes sortes (arbres ou herbes), qui poussent de toutes les manières possibles (un an, deux ans ou plusieurs années) et qui vivent à peu près partout (du Grand Nord aux Tropiques). Je suppose que je suis le seul, mais moi ça me fait marrer, tant de précision scientifique... Si jamais on me demande ce que c'est une Onagracée je vais avoir l'air très fin.
A part ça, train ou voiture?
lundi 23 avril 2007
Espèces invasives
Staline





De même, renseignez-vous au sujet des plantes que vous souhaitez voir fleurir dans vos jardins: la plupart des jardineries ne font pas attention à l'invasibilité des plantes et continuent de proposer des espèces invasives, comme le mimosa. Soyez particulièrement attentifs aux plantes aquatiques, très appréciées par les aquariophiles, comme la jussie, le myriophylle ou la jacinthe d'eau.

Pour une liste plus complète des espèces invasives, voir l'article de Wikipédia.
A part ça, je vais faire mes courses.
samedi 21 avril 2007
Sauvons les baleines
Ariel, la petite sirène
Pourquoi sauver les baleines? Parce que c'est joli? Parce que c'est le plus gros animal du monde, loin devant l'éléphant (qu'il faut d'ailleurs aussi sauver)? Pourquoi cet engouement pour les gros? Pour que nos obèses se sentent moins seuls?
Certes, mais pas seulement.
Les baleines sont des animaux planctonivores, elles mangent donc, je vous le donne en mille, du plancton. En particulier du krill, une vilaine petite crevette qui serait l'un des animaux les plus représentés sur la planète, et qui se déplace en essaims de millions d'individus. Quand on sait qu'une crevette pèse quelques dizaines de milligrammes et qu'actuellement nos océans en comptent 650 millions de tonnes, on a vite une idée de l'ampleur du truc.
Les baleines sont les principaux prédateurs du krill, chaque individus en consomme 900 kilos par jour. Avec la pêche à la baleine intensive ce dernier siècle, le krill a fait exploser sa démographie, et 150 millions de tonnes supplémentaires de krill sont apparus en Arctique. Là, plusieurs espèces ont profité du rab de nourriture pour se multiplier et consomment le krill. Le problème, c'est que les baleines migrent une fois par an vers les tropiques pour se reproduire, emportant dans leur sillage pas mal de nutriments... Les autres consommateurs ne migrent pas, et les écosystèmes dépendant du krill transporté par les baleines sont mis en danger.
En outre, certaines baleines et des poissons benthiques, comme le colin ou la morue, se livrent une petite compétition pour bouffer les petits poissons, comme le hareng. La disparition de la baleine a boosté la croissance des poissons benthiques, qui ont réduit les populations de petits poissons...
Sans compter que les grandes populations de baleines permettaient aux baleines tueuses, comme les orques, de survivre. A présent, les orques ont modifié leur régime alimentaire et s'orientent vers les Pinnipèdes, des animaux comme le lion de mer. Comme ils sont plus petits que les baleines, il en faut plus pour satisfaire un orque, et certaines espèces sont ainsi mises en danger.
Tout cela est un petit exemple pour expliquer pourquoi la perte de quelques espèces peut mettre en danger beaucoup d'autres animaux, végétaux et milieux. Et parce que j'aime les baleines aussi.
A part ça, aujourd'hui je vais dans les Vosges.
dimanche 15 avril 2007
Tri des pots de yaourt
Albert Einstein
Petite info pour ceux qui font le tri des déchets: quand vous triez vos pots de yaourt, il est inutile de les laver. Pour les pots en verre, avant je passais mon temps le laver avant de le mettre au container, mais en fait j'ai appris comment on recyclait le verre. On le fait chauffer très fort pour en faire une pâte, ce qui fait que les bactéries et autres résidus ne résistent pas au traitement. Et pour les pots en plastique, ils ne se recyclent pas, donc pas besoin de les laver.
Voilà, c'était l'info du soir.
A part ça, ce soir y'a Kirsten à la télé.
*va chercher la serpillère pour essuyer la bave*
samedi 14 avril 2007
la table de lois de l'écolo partiel
L'évangile selon Saint Alphonse-Culbert
10 petites lois, toutes simples à respecter, qui peuvent contribuer à la sauvegarde de la planète sans forcément nuire au confort, et même peuvent faire économiser des sous. En vert, les ajouts tirés du commentaire de Sab, qui me semblent intéressants.
- Quand je sors d'une pièce, la lumière j'éteindrai. Laisser la lumière allumée pour rien est un gaspillage d'énergie, qui utilise de l'électricité, use les ampoules (donc pousse à devoir les jeter et en racheter d'autres) et coûte cher sur la facture.
Commentaire de Sab: "Je ne fermerai pas mes volets à 6h du soir en plein été [oui oui ça existe] et profiterai de la lumière naturelle du soleil au maximum"
Mon avis: vrai aussi, c'est pas parce qu'il fait chaud en été qu'on peut se permettre de faire tourner les lampes à 18h avec les volets fermés. En plus c'est à peu près aussi chaud d'être dans une maison fermée éclairée à l'ampoule que dans une maison en plein soleil mais avec les portes ouvertes.
- Les appareils en veille, jamais je ne laisserai. Un appareil électrique en veille continue à être alimenté en électricité, ce qui l'use plus vite, consomme de l'électricité et vous fait perdre de l'argent.
- Quand je me savonne ou me brosse les dents, le robinet je fermerai. L'eau est une ressource précieuse qu'il faut éviter de gaspiller, tant pour la nature que pour la facture. De même, il vaut mieux prendre des douches que des bains.
- Si moins d'un kilomètre à faire j'ai, au garage la voiture je laisserai. La marche à pied est bonne pour la santé, et utiliser sa voiture pour de petits trajets pollue plus, en rapportant sur le nombre de kilomètres parcourus, que pour les longs trajets. En effet, l'allumage du moteur consomme pas mal d'essence d'un coup, donc pollue plus : allumer son moteur pour faire un kilomètre consomme, par kilomètre, plus d'essence que l'allumer pour en faire 100.
Commentaire de Sab: Moins d'un kilomètre, tu es gentil, je passerai plutôt à 3 kms ! L'arrière grand mère de julien qui a quand même 93 ans n'a pas de voiture et fait ses 3/4 kilomètres quotidiens sans sourciller !! Alors je pense que n'importe qui peut le faire [Pour ma part, je descends tous les jours 3/4 kms à pied à la "ville" puis je remonte avec la petite dans l'écharpe et le sac à dos et ça ne me fait que du bien !].
Mon avis: certes, mais faut quand même être courageux. Dans l'idéal, passez à 3km, mais le but était plutôt que ces conseils soient accessibles à tous, même aux feignasses.
- Sur la route, les limitations de vitesse je respecterai. Non seulement c'est une question de sécurité des usagers, mais rouler vite consomme plus d'essence que rouler à vitesse modérée. De même, il faut absolument respecter les limitations de vitesse imposées par les décisions de "pic d'ozone", en été: plus il fait chaud, plus la pollution reste près du sol, donc plus c'est dangereux pour la santé (humaine et de l'environnement) d'en rajouter avec une conduite "sportive". Eviter également la climatisation en été, qui consomme encore plus d'essence et de ce fait pollue encore plus l'atmosphère, et qui selon certaines études est mauvaise pour la santé.
- Si le choix j'ai, le train plutôt que l'avion je choisirai. C'est un dossier encore mal connu, mais l'avion est le moyen de transport qui pollue le plus, si on considère la pollution par usager. Chaque place assise d'avion pollue trois fois plus qu'un TGV, et autant qu'une voiture, pleine ou avec un seul conducteur ; et les places assises des avions ne sont même pas toujours occupées. De même, préférer les transports en commun à la voiture, ou favoriser le covoiturage.
- Dans mon jardin, des plantes non invasives je planterai. L'invasion d'espèces exotiques (qui se développent à grande vitesse sur des terres où il y a assez de ressources pour elles et pas de prédateurs ni de maladies qui régulent leur croissance dans leur milieu d'origine - tout le monde connaît l'exemple du lapin en Australie) est la deuxième cause au monde de disparition de la biodiversité, et traiter les problèmes d'invasions biologiques coûte très très cher (plusieurs millions d'euros pour débarrasser un étang d'une prolifération de jussie, par exemple). Pour éviter les invasions biologiques, il faut se renseigner auprès des sites et organismes scientifiques et écologiques sur les plantes invasives, et SURTOUT PAS auprès des entreprises de jardinage: certaines continuent de vendre de la jussie, alors que c'est la première plante invasive de France. Voir fin de l'article pour quelques plantes invasives à éviter en France.
- Les animaux exotiques jamais je n'achèterai. Ca coûte très cher, et le fait qu'il existe un marché d'animaux exotiques incite la poursuite du braconnage et de la chasse dans certains pays. Le trafic d'animaux exotique constitue le troisième plus grand trafic à l'échelle mondiale, après les armes et la drogue, et avant les pierres précieuses. De même, ne pas relâcher d'animaux exotiques dans la nature, à cause du risque d'invasion biologique: les tortues de Floride ont complètement envahi certains parcs parisiens dans les années 90, juste à cause du phénomène de mode des Tortues Ninja, et de nombreuses personnes les ont relâchées dans la nature.
- Les fruits hors saison et les produits individuels de mon alimentation je bannirai. Le transport de denrées venant des pays du Sud est très polluant, mieux vaut attendre l'été pour acheter des fraises. De même, éviter les emballages individuels qui forment des volumes de déchets bien plus importants que les emballages en paquets (yaourts à boire en bouteilles plutôt qu'en flacons, compote de pommes en bocaux plutôt qu'en petits pots ...). Commentaire de Sab: privilégier de faire les marchés et d'acheter les produits locaux (fruits comme légumes comme oeufs comme miel...) qui ne coutent pas plus chers, le must est carrément d'aller directement chez le producteur [encore faut-il avoir un producteur qui fait de la vente à la ferme près de chez soi... pas évident !]
Mon avis: tout à fait d'accord.
- Quand un peu froid il fera , le chauffage je n'allumerai pas, et un pull je mettrai. Le chauffage d'une maison utilise beaucoup d'énergie, et certains frileux préfèrent rester en T shirt avec le chauffage à fond plutôt qu'enfiler un pull. De même, éteindre le chauffage dans une pièce où on ne se trouve pas économise l'énergie.
Bien sûr, ce sont des gestes de base, il y a bien d'autres choses à faire, mais qui demandent cette fois plus qu'un petit effort: l'investissement dans l'isolation de sa maison ou dans la nourriture bio, le tri des déchets (encore que ça faut pas être Einstein, Stallone ou Rotschild pour s'y mettre), l'engagement dans une association écologique ou dans un projet local, mais tout le monde n'a pas le temps, l'argent ou la motivation de s'y mettre. Par contre, les dix gestes précédents, tout le monde peut le faire.
Dernière astuce: placer une brique ou une bouteille de sable dans le réservoir des toilettes économise l'eau.
Les 10 plantes les plus invasives de France, selon mon prof de botanique (en rouge celles qui sont peu connues en tant que plantes invasives mais souvent utilisées en jardinage) :
Jussie (plante aquatique)
Myriophylle du Brésil (plante aquatique)
Renouée du Japon ou de Sakhaline
Herbe de la pampa
Arbuste aux papillons (Buddleia du Père David)
Sénéçon du Cap
Griffe de sorcière
Mimosa (Hé oui, très invasif, surtout dans le Sud!)
Faux Indigo
Elodée du Canada (plante aquatique)
Pour plus d'infos et plus de plantes invasives, voir ici.
A part ça, bordel faut que je bosse moi.
Demi écolo, c'est mieux que connard complet
Chef Sealth
Je vais parler d'écologie, une fois encore. Je voudrais discuter d'un fait qui m'agace: pourquoi, dès qu'on a des chaussures en cuir aux pieds, qu'on mange de la viande et qu'on ne vit pas dans une cabane en pleine forêt, les gens considèrent qu'on n'est pas "vraiment" écolo? Pourquoi, pour ces adorables connards, dès qu'on ne va pas "au bout de ses idées", à savoir faire rupture avec la civilisation et aller vivre de chasse et de pêche dans les cavernes, on ne peut pas être pris au sérieux en tant qu'écolo?
La dernière fois, sur un forum de discussion à propos du débat contre l'ouverture d'un circuit automobile en plein milieu d'un parc naturel, en Dordogne, un abruti cynique disait qu'il espérait que "tous les manifestants ne venant pas des villages (parce qu'il faut savoir que les gens qui s'occupent du dossier considèrent que seuls les habitants des villages entourant l'emplacement potentiel du circuit sont concernés par le dossier, le reste de la France n'est pas sensé s'intéresser au sort de ses parcs naturels...) étaient venus à pied pour ne pas polluer avec leurs voitures".
Ca m'a énervé. Pourquoi il faudrait forcément marcher pieds nus pour avoir une conscience écologique? Etre écolo, c'est faire des efforts, au quotidien, chacun à sa manière: certains ne mangent plus de viande parce que l'élevage et le transport de bétail polluent, d'autres mangent bio à cause de la pollution des sols par les engrais, d'autres prennent les transports en commun, économisent l'eau, plantent des arbres, éteignent les lumières dans les pièces où ils ne se trouvent pas, ne jettent pas leurs déchets dans la nature, voire les ramassent, trient leurs déchets, évitent les produits réputés polluants, investissent dans l'isolation thermique de leur maison ou manifestent pour la sauvegarde de la nature ou les énergies renouvelables. C'est se mobiliser contre les connards qui détruisent tout sur leur passage, faire en sorte de se bouger, chacun à sa manière. Il n'y a pas de "vrais écolos" et "faux écolos". Ils y a seulement les écolos, qui se bougent plus ou moins, mais un peu quand même, et les connards, qui ne se bougent pas et préfèrent se moquer de ceux qui ont conscience des problèmes de la Terre.
A l'ahuri considérant qu'un mec qui vient en voiture pour manifester contre un projet de circuit automobile n'a pas de crédibilité, un mec plus intelligent a répondu qu'au contraire, il avait fait 70 bornes en voiture rien que pour venir protester contre le circuit, et que ça c'était être écolo. Et je l'approuve. Être écolo c'est essayer de changer le monde et surtout les autres. Pas simplement vivre dans les arbres et être copain avec les oiseaux. Être écolo c'est pas seulement se dire "je dois être totalement clean et ne pas être responsable de la moindre parcelle de catastrophes écologiques", histoire de ne pas se sentir coupable, c'est s'engager pour changer le monde et la société. C'est faire ce qu'on peut, chacun à sa manière. Personnellement j'économise l'eau, l'électricité, je ne prends la voiture que le plus rarement possible, j'essaie de changer les consciences de ceux qui ne sont pas encore au courant que notre planète va très mal, j'évite les médicaments et je fais des études d'écologie. Mais j'ai une paire de chaussures avec du cuir de vache, je mange de la viande, je n'ai pas renoncé à ma voiture ou à mes appareils électriques, et je ne mange pas bio, parce que j'ai pas les thunes pour ça (d'ailleurs comme le dit Magrat c'est scandaleux de payer pour manger des aliments qui poussent naturellement). Est-ce pour autant que je ne suis pas un "vrai" écolo, que je perds ma crédibilité parce que je ne suis pas retourné à l'état sauvage? Je ne pense pas.
Pour répandre l'information que la Terre va mal, il faut être relayé par les médias. Or les médias c'est la télé, la radio, internet (des appareils construits en polluant à partir de matériaux polluants et difficilement recyclables, et qui en plus utilisent de l'électricité), ou les journaux et les tracts (utilisation des ressources en bois, pollution due à l'encre et aux dissolvants utilisés pour recycler le papier). Quelle est la solution? Ne pas relayer l'information par les médias pour être "entièrement écolo", refuser d'user de ces artefacts qui ne sont pas 100% verts? Ou au contraire les utiliser pour que le bénéfice retiré soit plus important que la culpabilité d'user de ces moyens pas très écologiques? La réponse est simple: être écolo, c'est vouloir que tout le monde s'y mette, pas jouer au babacool qui vit dans un arbre pour ne rien avoir à se reprocher. C'est pourtant facile: en parlant aux gens, en sensibilisant, en agissant, on crée plein d'écolos qui font 10% à 90% des gestes quotidiens pour sauver le monde. En étant écolo fanatique, on n'a qu'un seul écolo qui fait 100% de ce qu'il faut. La conclusion est aisée, non? Avec 1000 écolos fanatiques, on en changera rien. Avec des millions d'écolos partiels, on peut changer les choses.
C'est peut-être très démagogique ce que je dis, peut-être très hypocrite, peut-être que c'est une façon de justifier le fait que je ne me passe pas de tout ce qui n'est pas bon pour la planète pour mon petit confort. Peut-être. N'empêche que faire des efforts, c'est mieux que ne rien faire du tout. Un écolo qui fait la moitié des gestes quotidiens, c'est mieux qu'un connard qui se fout de sa gueule en considérant qu'il ne va pas au bout de ses idées, c'est mieux qu'un connard qui juge que la nature n'est là que pour le servir, c'est mieux qu'un connard qui s'en fout parce qu'il ne sera plus là quand ce sera vraiment pourri, c'est mieux qu'un connard qui juge que ça sert à rien et qu'il vaut mieux profiter de ce à quoi on a accès.
A part ça, il faut chaud à Metz en avril... c'est la preuve du réchauffement climatique, ça doit être la première fois en 2000 ans.
vendredi 13 avril 2007
La voix des abysses
Nicolas Hulot
Et dire qu'il y en a encore qui croient qu'on a inventé la musique...
A part ça, je retourne bosser.
samedi 7 avril 2007
Si Dieu existe, j'espère qu'il a une excuse.










