Statistiques

Environ 0% des lecteurs actuels de ce blog sont morts au cours des dernières secondes.

mercredi 4 avril 2007

"Oublie-moi..." "Ok pas de problème."

Un petit moment déjà que je voulais faire ce billet... Pour ceux qui écoutent la radio (je ne fais pas de pub, mais le nom c'est le continent de nous qu'on y habite, avec le nombre de mains qu'a un être humain normal), il passe régulièrement la nouvelle chanson à la mode du dénommé Riké, l'un des chanteurs du groupe Sinsémilia, intitulée si je ne m'abuse "Oublie-moi". Histoire de recadrer, je n'ai rien contre les baba-cool à dreads qui marchent pieds nus et fument des géraniums en fustigeant la société sur leur guitare. C'est pas vraiment mon style de musique ni de paroles, mais je supporte bien (contrairement à, disons, Avril Lavigne qui me colle une migraine persistante).

D'ailleurs, je suis même allé le voir en concert, ce jeune homme. Gentil garçon, voix sympathique, souriant, bien excité sur scène (pas une bête mais quand même, du mouvement), accessible et apparemment pas du tout du style musicien arrogant qui se la joue artiste naviguant dans des sphères que le commun des mortels ne peut atteindre. Good boy. Ce n'est donc pas une haine viscérale dirigée contre les babas ou ce garçon qui peut altérer mon jugement, contrairement à Romain Duris (sans h, j'ai retenu la leçon les filles) qui de mon point de vue dépasse à peine le niveau de conscience, d'intelligence et de beauté des protozoaires les plus primitifs.

Sa chanson est donc enjouée, fort remuante, avec des paroles simples et faciles à retenir. Et il se trouve que je ne peux pas l'encadrer. Par soucis d'honnêteté, les paroles c'est ça.

Et pour ceux qui ne l'auraient même pas entendue, allez voir .

Bref, explication de texte: pourquoi cette chanson m'horripile.

Parce que je ne crois pas que faire des efforts pour s'adapter à quelqu'un qu'on aime soit une tare.

Parce que je ne pense pas qu'il existe un "moi" fixe et persistant en chacun de nous, un élément sacré et immuable qu'il ne faut surtout pas déranger.

Parce que je crois que c'est en parlant aux autres et en nous y adaptant qu'on construit "qui je suis", pas en s'enfermant dans la définition de soi qu'on se construit autour de ce qu'on pense savoir de nous.

Parce que c'est trop facile de dire "je suis comme ça, ça bougera pas, démerde toi avec ce que je te donne et si t'es pas content dégage".

Parce que selon moi, le "qui je suis", on peut le définir approximativement deux secondes avant de mourir de vieillesse, en faisant le résumé de sa vie entière.

Parce qu'avoir des idéaux c'est bien, mais refuser de les voir changer c'est être étroit d'esprit et soumis à un dogme. Les idées, ça évolue, sinon ça s'appelle des convictions.

Parce que cirer les pompes de gens plus puissants pour pouvoir aimer celle qu'on veut, c'est une forme de liberté bien plus importante que tout envoyer bouler pour se déclarer libre et sans attache. C'est le choix de savoir faire des sacrifices au nom d'un amour. Je commence vraiment à ressembler à Benjamen Malaussène, avec mon culte de l'amour, moi...

Parce qu'accepter d'être bousculé et changé par les autres c'est une leçon d'humilité, et qu'apprendre qu'il faut s'adapter pour survivre et qu'on ne fait pas toujours ce qu'on veut dans la vie, c'est la sélection naturelle. Ceux qui ne changent pas disparaissent.

Parce que je trouve arrogant de penser que "ce que je suis" est plus important qu'une histoire avec une personne qui s'intéresse à moi. Un couple, c'est des compromis, refuser à tout prix de changer c'est condamner son histoire.

Une belle conviction dans les propos, un bon rythme, une musique joyeuse... qui donnent envie de rugir "oublie-moi" aux misérables mécréants qui espèrent un quelconque effort de notre part, en mettant en péril notre précieux et immobile "qui je suis".

Peut-être aussi que je me prends la tête pour rien, et que comme dit A., une pote de ma frangine (mais elle est fan de Romain Duris et déteste Kirsten Dunst donc je sais pas trop si on peut lui faire confiance), "c'est pas du tout le personnage de penser comme ça". Peut-être pas. Peut-être que ce gentil garçon de Riké a parfaitement conscience que ce n'est pas bien d'être trop obnubilé par sa liberté et qu'il faut savoir faire des efforts et des sacrifices. Mais tout le monde n'a pas une intelligence suffisante pour penser comme ça. Ce genre de chanson peut donner de mauvaises idées aux nénettes hystériques qui se trémoussent en beuglant le refrain...

"Ma chérie, tu pourrais arrêter de coller tes pieds gelés contre les miens pendant nos phases de sommeil réparateur que nous effectuons dans le même lit?"
"Nan, et si ça te plaît pas oublie-moi!"
Je caricature, certes. Mais quand même...

A part ça, "Si l'amour tel que tu l'attends Ne se conjugue pas à plein temps" c'est la seule partie du texte à laquelle j'adhère sans réserve.

mardi 3 avril 2007

La politique, c'est le mal

La politique c'est chiant. C'est un sujet tabou, parce que personne n'a les mêmes idées que celui d'en face. Comme dirait Edward Bloom, c'est très impoli d'en parler, on risque toujours de froisser l'autre. Alors en général j'évite d'en parler. J'évite de râler contre les gens d'extrême gauche qui vont favoriser le passage de Lepen ou Bayrou au deuxième tour en votant pour leurs petits partis qui ne passeront jamais. J'évite de râler contre les Sarkozystes qui croient ce que le Nain raconte. J'évite même de parler politique avec ceux qui ont des idées enflammées bleu-blanc-rouge. Je ne parle plus politique qu'avec des gens qui ont les mêmes idées que moi, et encore.

Mais bon, il y a quand même des limites à ne pas dépasser. Comme le dit la poulette, c'est bien gentil d'être anti-Sarko, encore faut-il savoir pourquoi. Le coup des banlieues et son discours sur l'amalgame entre identité nationale et immigration me sont, personnellement, restées en travers de la gorge. En outre, c'est le seul candidat qui "refuse de freiner la croissance pour l'environnement". Et ça, ça me fout les boules sévère, parce que les scientifiques s'accordent à dire que pour sauver le monde, il va falloir calmer le jeu sur l'économie. Ca me suffit pour ne pas du tout apprécier sa candidature, pour penser que c'est un sale con et pour prier qu'un sniper se le paye avant le premier tour (les restes du Laser Game d'hier...).

Bref, mon propos est que j'ai moi aussi reçu le mail dont parle la poulette, à propos de Sarko l'ogre mangeur de bébés et violeur de vieilles dames, et assimilés. On a reçu ça, avec mon cousin, de la part de ma Mère Grand, militante socialiste de la première heure. Petite précision avant de poursuivre: dans ma famille, voter à droite est passible de deshéritage, et ne pas voter du tout de la peine capitale. Chez nous, on milite, on manifeste, on a des idées de gauche et on le vit bien. Jusque là, pas de soucis, les idéaux de solidarité (certes souvent utopistes vu le ramassis de cons qui profitent du système) et l'envie de faire passer l'intérêt commun avant celui d'une minorité ou d'une économie me conviennent tout à fait. Je suis de gauche et j'assume.

Le problème, à l'heure actuelle, c'est que ma famille soutient en majeure partie Ségolène Royal. Moi compris. Là où ça pêche, c'est que mes parents et mes grands-parents la soutiennent parce qu'ils pensent que c'est la mieux. Moi je la soutiens parce que j'estime qu'elle a le double avantage d'être l'une des moins pire, et qu'elle a des chances d'aller au deuxième tour. Point barre. Si je votais pour ce que je pense vraiment, je voterais Voynet, même si je ne peux pas l'encadrer. Mais le courage d'exprimer ses opinions, mon cul: je ne vote pas vert si Lepen montre déjà les dents.

Bref, pour reprendre, j'ai moi aussi reçu le mail, donc. Et avec mon cousin, on s'est un peu défoulés dessus: on a trouvé débile d'utiliser le passé de sa famille, pas crédible le coup de l'hélico, trop faciles et mal documentées les attaques portées au Nain, et lamentable d'utiliser des armes aussi nazes que le tractage haineux par internet. Jusque là tout allait bien, on a prouvé qu'on n'était certes pas des fanatiques de gauche qui avalent tout ce qu'on dit sur le méchant Sarko. Même si on ne l'aime pas, et qu'il y a dans le tas deux ou trois arguments valables.

Mais le dossier s'est rouvert, pas plus tard que tout à l'heure. Ma Mère Grand, pour sermonner notre coup de gueule, justifier ça par "oui mais c'est des tracts, le but c'est pas de... hein, bon" et en profiter pour attaquer en coup bas mon cousin pour son orthographe (parce qu'en plus d'être à gauche, ma famille maternelle compte une looooongue tradition d'instituteurs, et l'orthographe mal maîtrisée compte parmi les pêchés les plus impardonnables qui soient, entre le meurtre et l'inceste - mon oncle cuisinier pique une crise si une faute d'orthographe pointe le nez sur un de ses menus, par exemple). Et là j'ai été déçu. Ne pas reconnaître que ce tract est minable, mal documenté, et qu'il dessert la gauche, franchement je m'attendais à mieux. Bon, il faut dire aussi que ma Mère Grand est de la génération qui considère que les adultes ont toujours raison, et que reconnaître ses erreurs devant nous est une preuve de faiblesse. Ce qui fait qu'elle est convaincue que nous avons fait de la "philosophie" en débattant sur ce mail et que ce n'est pas ça l'important (ces jeunes ça se focalise sur des bêtises, j'vous jure...).

La question est: a-t-on le droit de balancer les pires horreurs sur les gens pour dissuader de voter pour eux? Et c'est ça, la France? C'est ça, la politique? Plus le temps passe, et plus je comprends ceux qui vont à la pêche au lieu d'aller aux urnes...

A part ça, ma meilleure amie m'a fait un cadeau de folie... Kirsten Dunst taille réelle en mode Marie-Antoinette. Intransportable pour Metz, mais quand même... Waaaa...

Laser game

Ce soir j'étais au Laser Game avec ma meilleure amie. J'en reviens avec une migraine de folie, des yeux en vrille, les épaules détruites, les jambes en bois et une tendance paranoïaque sur la route du retour, quand j'ai cru que les phares des voitures en face me visaient, et que moi je devais trouver la commande pas loin du volant pour filer un coup de laser dans les feux arrière de la voiture de devant.

En clair: c'était génial. Pour ceux qui ne savent pas ce que c'est, on nous file des armures genre armature de garde impérial de starwars et qui fait de la lumière (bleue, rouge ou jaune selon l'équipe), un gros pistolet qui fait des lasers, et on nous lache au milieu d'un labyrinthe tout sombre, avec de la lumière noire et des bandes phosphorescentes, musique SOAD à fond, et le but c'est de toucher les gens avec son laser (sur les endroits qui font de la lumière de leurs armures) sans que eux nous touchent. On s'amuse tellement qu'on ne se rend pas compte qu'on fait du sport intensif, et ça c'est quand même vachement bien. Avec V., on a dit qu'on serait riches et qu'on aurait nos salles de Laser Game à nous, quand on sera grands.

J'ai fait quatre parties, j'ai commencé bon dernier et j'ai fini en milieu de peloton, une fois assimilées les techniques de fourbe (planqué dans un renfoncement jusqu'à ce qu'il y en ait un qui passe; ou dans les meurtières) et la course sur le côté (moins de surface pour être touché). J'ai rencontré des gens bien cool, on a sympathisé super vite (comme quoi vaut mieux faire la guerre que l'amour des fois). Et y'en avait un, il m'a énervéééé... Il marchait, peinard, je le chope en embuscade et j'ai même pas le temps de tirer qu'il m'a déjà eu, sans même ralentir l'allure. Il a fait ça plein de fois. Bon ok, il bosse là, mais même. Et puis m'en fous d'abord, je l'ai chopé à l'épaule (vachement plus dur) deux fois de suite, alors hein, bon.

Ce soir j'ai eu l'impression d'être dans la Stratégie Ender (Orson Scott Card): le but est de "geler" les autres et de gagner la bataille... Bon sauf que là on n'est pas en apensanteur.

Allez je commence à divaguer, je pose la plume.

A part ça, rien.

jeudi 29 mars 2007

L'âge de la raison, et des rhumatismes aussi

Ca y est, je suis vieux. Ce constat m'est tombé dessus sans crier gare, il n'y a pas deux minutes. Je me suis vu, lamentablement fatigué après une toute petite soirée thé (même pas d'alcool) avec la Dream Team, pressé de rentrer, les paupières mi-closes devant mon bol de soupe en sachet, avec dans la tête déjà le long hurlement de désespoir qui va déchirer ma gorge demain, en me levant pour aller en cours ("naaaaaaaaaaaaan veux pas y alleeeeeeeeeeeeeeeer!!). Pitoyable. Aucune résistance ce petit. Bientôt il va finir par aller se coucher tôt en semaine, vous allez voir, si la décadence se poursuit...

Petit tour devant le miroir de la salle de bain. La vache. Les yeux sombres et cernés, des poils plein le menton (et dire qu'il n'y a pas si longtemps je désespérais d'être toujours imberbe), les traits tirés, et surtout, le drame affreux: des rides. Des rides quand je souris, au coin des yeux ça plisse, et super loin en plus. Des rides quand je fais la gueule, aux coins de la bouche, deux plis qui descendent vers mon menton. Des barres sur mon front quand je hausse les sourcils quand je réfléchis (bon ça arrive pas tous les jours, donc ça se voit pas trop). Aucun doute possible: j'ai chopé la vieillerie.

Le bilan est clair: je vieillis. J'ai quitté l'âge des chansons, les vingt années toutes piles, car c'est bien connu, vingt ans, "c'est le temps de l'amour, le temps des copains, et de l'aventuuuureuh!!" (ne me demandez pas d'où je sors cette chanson). Et j'ai marché en plein dans mes vingt et un ans. Sans crier gare, plotch, le pied en plein dedans. Misère.

Vingt et un ans. La vie est finie, l'existence commence. Les études vont se terminer, il va falloir pointer au chômage (comme si dans l'écologie il y avait de l'emploi...), songer à s'établir ailleurs que chez maman ou dans un appart d'étudiant avec une seule plaque chauffante, trouver une Gabrielle (référence à la fée carabine, si vous pigez pas c'est pas ma faute), faire une tripotée de chiards pour que ma mère puisse pouponner et ma frangine se foutre de ma gueule ("j'te l'avais dit, je le savais que tu allais craquer en premier!"), économiser pour acheter une voiture et une maison en Bretagne, partir visiter l'Irlande et la Mongolie et cotiser pour ma retraite. Et après, la quille, je pars décéder dans un mouroir à vieux, oublié par mes proches, à faire des courses de fauteuil roulant avec les infirmières. Mais en attendant la seconde récréation, vingt et un ans, c'est l'âge du sérieux. Bientôt je raconterai mes journées de travail plutôt que les fêtes entre potes, bientôt je raconterai mes problèmes de bourse ou mes premiers pas dans le rôle de demi-couple et/ou de père, bientôt je râlerai contre ces petits cons d'étudiants qui font chier avec leurs fêtes bruyantes jusqu'à 2 heures du mat alors qu'il y en a qui bossent bordel...

Un mot: argh. Je ne veux pas grandir. Mais il paraît qu'on n'a pas le choix (sauf Peter Pan mais lui c'est un vendu). Alors prenons-le avec philosophie: au moins, je ne suis pas le seul à devenir vieux. Il paraît que ça arrive à tout le monde, et comme chacun sait, châtiment partagé équivaut à plaisir redoublé. Après tout, à Metz, c'est moi le jeune de la bande, les autres sont déjà des vieux d'au moins... pfoulala... presque vingt-quatre ans, ces croulants je vous jure...

Soyons positifs: je suis encore assez jeune pour demeurer fertile, je peux procréer et établir une descendance portant mes gènes au sein de la population humaine.

...ok ça c'est pas positif en fait.

A part ça, vive les kiwis.

mercredi 28 mars 2007

Pensées mammaires (et autres joyeusetés)

Il y a quelques jours, j'ai eu une discussion passionnée avec une nana de mon amphi à propos des goûts des hommes pour les poitrines prohéminentes.

Avertissement préalable: non, ce billet ne va pas voler très haut, ne vous forcez pas à lire.

Je sais tout ce qu'on raconte sur les raisons psychologiques qui poussent les mâles à adorer les seins des filles, l'histoire de l'OEdipe jamais totalement fini et des poitrines qui nous rappellent le temps où on têtait nos mères, et la fixation sur ces choses qui rappellent de si bons souvenirs et que, contrairement aux filles, nous n'auront jamais. Enfin sauf les très gros. Ou ceux qui prennent des oestrogènes. Mais je ne m'engagerai pas là-dessus (n'insistez pas).

C'est peut-être vrai. Ou pas. Quoi qu'il en soit, le débat a dérivé sur les petits seins, et le fait que les hommes n'aiment pas les "plantes sans balcon" (copyright Frédéric Fromet). Je m'insurge: non, tous les hommes ne font pas une fixation sur les protubérances mammaires énormes de douze kilos chaque, non ils n'attendent pas tous que leur femme leur serve d'oreiller chauffant, non ils ne fantasment pas tous sur les bimbos au silicone carné (elle était facile). En tout cas pas moi, et j'espère ne pas être seul sur Terre dans ce cas.

Certes, je suis sensible au charme d'une belle poitrine, mais je trouve que de petits seins ont aussi leur charme. Mais impossible de faire rentrer ça dans la tête de mon interlocutrice.

J'ai été effaré: alors moi je proclame que le physique n'est pas un critère de ségrégation lors de la séduction, et c'est une femme qui me répond que non, les mecs n'aiment que les nanas à gros seins? Et c'est là que j'ai réalisé qu'elle avait un certain avantage physique à ce niveau. J'ai imaginé l'impensable: et si tous ces clichés de machos profonds obnubilés par le sexe et le physique avaient été collés sur les hommes... par des femmes? Des femmes qui avaient des avantages et les avaient imposés comme critères de choix essentiels dans la psyché des hommes au cours des générations? Un machiavélique complot mondial savamment organisé par les poitrines avantageuses? Qui en ont certainement profité pour généraliser l'usage des attaches de soutien-gorge, je suis sûr, histoire de porter la fourberie à son comble...

Qui sait? Peut-être que nous sommes de pauvres victimes...

A part ça, "qui se sert de l'épée périra par l'épée... ou finira par se couper très fort" (La Vocation de paladin expliquée aux jeunes, A. Lanbik, ed. du Poing de Helm).

mardi 27 mars 2007

Benjamin Malaussène, mon héros

J'ai craqué. Je m'étais juré que j'allais tous les lire à la bibliothèque. Tous. Ils y étaient tous, tous les livres pour adultes (ceux pour enfants, je me les suis faits au collège). Messieurs les Enfants, Au bonheur des Ogres, La petite marchande de prose... Tous, sauf un. La fée carabine.

Pour ceux qui croient que ce que je dis n'a ni queue ni tête, je parle des oeuvres d'un de mes auteurs préférés, Daniel Pennac. Il a écrit des livres sur la tribu Malaussène, une sympathique famille parisienne à qui il arrive des choses hallucinantes. Bref, j'ai craqué, j'ai acheté la fée carabine, qui me manquait. Et je viens de la finir. Comme d'habitude, totalement génial.

Je ne résiste pas, je cite un passage, vers la fin, où le héros, Benjamin Malaussène découvre que la personne avec qui s'est tiré le beau gosse de passage n'est pas sa chère et tendre mais, ô joie, sa mère. Et il se fait copieusement engueuler par sa soeur Thérèse à propos d'un sujet qui m'est cher, la confiance en l'être aimé ("Et c'est toute la confiance que tu as en Julie? Mais quel genre d'amoureux tu es, Ben? Et quel genre de mec?"). Voilà pour le contexte. Et il se trouve que je ressemble plus à Ben que ce que je pensais...

"Oui ma Thérèse, je suis un amoureux dubitatif, j'ai le palpitant qui doute. Et pourquoi on m'aimerait? Pourquoi moi plutôt qu'un autre? Tu peux répondre à ça, Thérèse? Chaque fois, c'est un miracle quand je constate que c'est moi! Tu préfères les palpitants musclés, Thérèse? Les grosses pompes à certitudes?"

Merci monsieur Pennac pour avoir mis des mots sur ce que je pense.

A part ça, je vais me viander en anglais.

dimanche 25 mars 2007

Quel candidat vous ressemble le plus?

Ce soir, on parle politique. J'ai fait un test idiot pour savoir facilement de quel candidat je suis le plus proche. Et en tant que bon écolo de gauche, je suis tombé sur Voynet. Je dois avouer que sur deux ou trois questions j'ai un peu répondu au pif, vu que je ne connaissais pas les dossiers, mais je suppose que les politiques font pareil de temps en temps...

Je suis proche des idées de Voynet à 52%... Certes, c'est bien. Ce qui l'est moins c'est que mes idées coïncident avec celles de Nihous (vous savez, le chasseur idiot qui trouve que le moment où il a tué des oies constitue le souvenir le plus marquant dans sa vie) à 44%, 40% avec le facteur et 32% avec Lepen et Laguiller... Un point positif cependant, Sarko et De Villiers arrivent en queue de peloton.

Bref, suite à ce test qui ne refletera sans doute pas mon vote, j'ai décidé de parler un peu de nos douze candidats à la présidentielle. Ce qui suit ne constitue que mon avis, et même si j'ai la mauvaise habitude de me montrer catégorique, je n'insinue pas que ceux qui pensent différemment de moi sont des êtres inférieurs à abattre à tout prix. Je tiens également à préciser que je n'ai pas non plus un dossier béton sur tous les candidats et que les infos que j'ai sur eux peuvent s'avérer d'origine et de formes très disparates. Alors allons-y, dans l'ordre que j'ai choisi en fonction de mon humeur du moment :

José Bové.

Candidat de la confédération paysanne. Rigoureusement anti-OGM. J'abhorre ce type. Responsable de la destruction de Mc Donalds et du fauchage de plusieurs champs d'OGM. J'ai toujours pensé qu'un mec qui se bat pour ses idées en détruisant les biens d'autrui et en se réclamant "outil de la volonté populaire" sous prétexte qu'une majorité des Français est opposée à la consommation d'OGM, est fondamentalement dangereux et assez peu enclin au respect du processus démocratique. En plus il a une moustache.

François Bayrou.

Adepte des tracteurs et auteur de la fameuse phrase "c'est bien ce que vous faites". Opportuniste ayant le rêve utopiste de rassembler la gauche et la droite dans un même gouvernement. L'idée est à mon sens très bonne à la base, mais qui le suivrait dans la classe politique? A l'air très gentil comme ça, ancien instit, très préoccupé par les questions d'éducation, mais a quand même foutu la quasi-totalité de la profession enseignante dans la rue il y a une douzaine d'années. Prétend se foutre des sondages, mais en parle avec jubilation avec ses proches. Se dit du centre. Est de droite.

Olivier Besancenot.

Affectueusement (ou pas) surnommé "le Facteur". Candidat d'extrême gauche. Jamais vu la différence entre son programme et celui d'Arlette Laguiller. Souhaite la révolution, opposé aux grands patrons, ami des travailleurs. Utopiste rêveur. A au moins la décence d'avoir un travail honnête en plus d'être un vil politicien. Pourrait paraître sympathique s'il n'écoutait pas du rap. Programme inconnu, je ne suis pas très enclin à me rapprocher de l'extrême gauche: des gens qui se divisent au lieu de se rassembler, ça m'agace.

Jean-Marie Lepen.

Candidat du Front National, extrême droite. Brillant orateur, excellent politicien, idées de merde. Potentiel énorme totalement gâché par une pensée étriquée tendant à considérer l'immigration comme un fléau, les homosexuels comme des malades et tout ce qui dépasse les frontières du territoire comme un inconnu n'ayant qu'un intérêt des plus restreints pour l'être suprême qu'est le Français de souche. Gros con. A eu des tendances violentes, a frappé plusieurs fois des journalistes ou d'autres politiciens. Plusieurs fois condamné pour incitation à la haine raciale. En tant que scientifique, je pense qu'un homme soi-disant intelligent lançant des propos dénigrant une partie de l'espèce humaine ne mérite aucune considération.

Marie-George Buffet.

Communiste. Femme à l'allure sympathique et sobre, figure de proue du mouvement visant à rassembler la gauche pour ces élections en vue d'éviter le désastre de 2002, qui a évidemment échoué mais l'intention était là. S'est détachée de l'antique Parti Communiste Français pour se déclarer antilibérale. A la fâcheuse tendance à éluder les questions des journalistes et à parler de ce qu'elle veut dire, elle, même si ça n'a rien à voir. Motivée et consciencieuse, mais peu charismatique.

Philippe De Villiers.

Candidat du Mouvement Pour la France. Nom de parti idiot: qui parmi les candidats est contre la France? Allure de dentiste golfeur à chemise blanche entrouverte. Voix horripilante. Idées nauséabondes, tendances nationalistes et régionalistes, attaché à sa Vendée natale, opposé à l'adhésion de la Turquie sous prétexte de sa majorité musulmane. Raciste élégant et condescendant. Certainement le candidat que je déteste le plus.

Dominique Voynet.

Candidate des Verts. Ecologiste, idées souvent bonnes. Capable de prendre des décisions, comme lorsqu'elle a interdit la chasse, provoquant l'indignation des chasseurs. Défend ses idées bec et ongles, a toujours quelque chose à répondre. Perd rarement son sang-froid et son sourire. A eu la bêtise ou l'arrogance de laisser partir Nicolas Hulot. A ma connaissance, ne pratique pas la langue de bois. Malgré ses qualités, j'ai du mal à la saquer, certainement trop pontifiante à mon goût.

Nicolas Sarkozy.

Candidat de l'UMP. Croque-mitaine des uns, héros des autres. Est à mon sens directement responsable de la crise des banlieues à cause de ses propos insultants et provocateurs. Menteur, avait promis qu'EDF-GDF ne serait jamais privatisé. Adepte de la répression plutôt que de l'éducation. Prétend avoir fait diminuer la délinquance, mais les chiffres sont contradictoires. Amalgame "identité nationale" et "problèmes d'immigration", pense que les immigrés mettent en péril l'identité de la France, souhaite instaurer une préférence nationale. Brillant orateur, excellent manipulateur. Opportuniste vulgaire : a offert à ses jeunes partisans une soirée djeunz à Paris, avec DJ et danse toute la nuit. A réquisitionné la police scientifique pour retrouver le scooter de son fils. Selon les sondages, il sera notre futur président. J'espère pas.

Frédéric Nihous.

Candidat Chasse Pêche Nature et Traditions. Chasseur, donc par définition sale con. Mauvais orateur, s'embrouille facilement. La première fois qu'il a tué une oie constitue l'un de ses meilleurs souvenirs. A eu la bêtise de donner son numéro de portable lors d'une conférence de presse. Tueur stupide, caricature du chasseur de base. Fragmentera les voix de la Droite au premier tour, a donc quand même une utilité dans la vie justifiant sa consommation d'oxygène.

Arlette Laguiller.

Candidate de Lutte Ouvrière. Extrême gauche. Plus ancienne candidate, sixième élection présidentielle. Pas de réelle évolution de ses idées, au vu des trois élections présidentielles que j'ai suivies. Amie des travailleurs, opposée aux patrons et favorable au partage des richesses. Utopiste persistante. Pas de différence avec le Facteur de mon point de vue. Voix aigrelette. Fractionne la gauche en sachant très bien n'avoir aucune chance de passer.

Ségolène Royal.

Candidate du Parti Socialiste, parti majoritaire de gauche. Première candidate femme d'un "grand parti" à des élections présidentielles en France. Charismatique, agréable. A assuré lors du débat à la "un contre cent" à la télé. A été élue au premier tour présidente de la région Poitou Charentes. Programme utopiste selon certains: remonter le salaire minimum (promis par pas mal d'autres candidats) pourrait provoquer un krach économique. Programme écologiste trop vague. Bonne oratrice. A commis quelques bourdes, dont le fait de déclarer publiquement que le Québec devrait être indépendant, ce qui en soit n'est pas loin de mon opinion, mais qui cependant constitue un incident diplomatique embarrassant. Devrait atteindre le second tour, si les électeurs de gauche évitent la bêtise de 2002, donc les petits partis.

Gérard Schivardi.

"Candidat des maires". Inconnu au bataillon, je viens de découvrir son existence en m'apercevant que je n'avais que onze candidats sur les douze annoncés. Seule chose que je sais: il "prône une rupture de la France avec l'union européenne". Opposé à mes idées donc, tendance à la préférence nationale et à l'individualisme alors que c'est en s'alliant les uns avec les autres qu'on créera un réseau d'entraide assez dense pour régler les problèmes globaux.

Une fois encore, ce n'est que mon avis. La question qui se pose maintenant est: "lequel est le moins pourri, tout en ayant des chances de devenir président?" Déjà la première partie de la question n'est pas simple, mais alors la deuxième...

Je l'avoue honnêtement: je ne sais pas encore pour qui je vais voter.

A part ça, je gère les omelettes à la moutarde.