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vendredi 8 juin 2007

Dialogue téléphonique

*sonnerie de téléphone*
- Mgn... mmmâllo?
- Théo?
- Angèle?
- Salut.
- Euh... salut. Il est quelle heure?
- Cinq heures.
- Du matin?
- Oui.
- Ah ok, donc en fait tu as décidé de m'achever.
- Désolée d'appeler si tôt.
- C'est pas grave. Qu'est-ce qui se passe?
- J'ai pas mal réfléchi tu sais...
- Ah?
- Je voulais te parler...
- Ah.
- Euh... comment ça va?
- Hum... je viens de me faire réveiller à cinq heures du matin par mon ex qui me demande comment je vais... On va dire que ça pourrait être pire, ça aurait pu être dimanche.
- ...
- Oui je sais, on EST dimanche, je tentais une pointe de cynisme. Désolé, quand j'ai pas mes quatorze heures de sommeil je suis irritable...
- ...
- ...bref, c'est toi qui voulais me parler... Je t'écoute. N'hésite pas à me crier dessus si tu penses que je me suis rendormi.
- J'ai pas mal réfléchi à nous deux... Enfin, j'ai repensé à ce qu'on avait vécu, à ce qu'il y avait entre nous... Ca me hante la nuit, j'arrête pas d'y penser.
- Penser à quoi?
- Au fait que ça se soit terminé. Je trouve ça dommage en fait... On était bien tous les deux non?
- ...tu m'appelles à cinq heures du mat pour me parler de notre couple?
- Et alors? Il faut une horaire précise?
- Une heure où l'autre est à peu près frais me semble plus adaptée, mais bon... Maintenant que je suis totalement réveillé, parlons-en, si tu veux.
- D'accord.
- ...
- ...
- ...euh, Angèle, c'est TOI qui m'a appelé, c'est TOI qui parle.
- J'ai dit ce que j'avais à dire.
- Ouais, comme d'hab quoi. Tu me sors deux phrases, et c'est à moi de me débrouiller pour en trouver le sens précis et comprendre immédiatement tout ce que tu veux, ressens, penses et espères.
- ...écoute si c'est comme ça que tu le prends...
- Ok, excuse-moi... Je pensais juste que si tu m'appelais à cette heure c'était pour me dire quelque chose de particulier, un truc énorme qui vient de te frapper, je sais pas...
- Je ne vois pas comment être plus claire. J'arrête pas de penser à nous et je trouve qu'on a perdu quelque chose. Tu n'es pas d'accord?
- Puis-je te rappeler que c'est TOI qui a décidé de rompre?
- Tu n'étais pas contre.
- Comme si j'avais le choix. Je te signale que ça faisait deux semaines que tu m'embrassais du bout des lèvres, que tu répondais des "moi aussi" vagues quand je te disais que je t'aimais et que quand on faisait l'amour, tu avais plus d'intérêt pour les fissures du plafond que pour moi.
- Tu n'as pas l'impression d'exagérer? Alors comme ça c'est moi la salope qui était distante et tu n'as fait que subir les immenses souffrances que je t'ai infligées? Arrête, tu vas me faire pleurer...
- "Angèle Docteur Love, ou: comment repartir sur des bases saines". Au cas où ça ne t'aurait pas marqué, c'est toi qui a décidé que tu en avais assez, que tu voulais autre chose, que je ne t'apportais pas assez, que je n'étais pas pour toi ni toi pour moi...
- Et tu étais d'accord.
- J'ai dit que j'étais d'accord, nuance. Non mais tu imagines le crampon qui secoue la tête en faisant "non non" quand sa nana lui dit ses quatre vérités? Tu voulais quoi, que je dise que je t'aimais plus que tout, que je te supplie de rester, que ce que tu disais était faux, qu'il y avait quelque chose de spécial entre nous?
- Pourquoi pas? Au moins j'aurais su combien tu tenais à moi.
- Ah parce que je ne te le disais pas assez?
- ...
- Non mais foutage de gueule, sans dec...
- Ecoute...
- Non, toi écoute. Je t'aimais, Angèle. Je crois même que je t'aime toujours. J'ai toujours cru qu'il y avait quelque chose de spécial entre nous. Mais je ne l'ai pas dit quand tu m'as quitté, parce que ça ne voulait dire qu'une chose: que ça n'existait que pour moi. Quand ça s'est dégradé entre nous, j'ai tout fait pour que ça aille mieux, je voulais que tu me parles, je venais te chercher le soir à ton travail, je nous faisais des dîners aux chandelles, je t'écrivais des histoires ou des chansons... Enfin encore plus souvent que d'habitude. Tu te souviens non?
- ...
- Je prends ça pour un oui. Malgré mes super efforts, tu es partie. Malgré mon amour pour toi, tu as décidé que je n'étais pas pour toi. Et maintenant, tu t'aperçois que je te manque? Après six mois, alors que je commence à peine à m'en sortir, à réussir à t'oublier, tu me rappelles en pleine nuit pour m'annoncer que tu as passé des nuits à cogiter et que finalement, si, je suis bien celui qu'il te faut? Je suis le seul à trouver ça un peu gros?
- Je sais que c'est nul de faire ça, mais avant cette nuit, c'était très embrouillé pour moi... Je n'arrivais pas à être sure de mes sentiments, de ce que je voulais vraiment... J'avais besoin d'un moment pour réfléchir, pour me recentrer, tu comprends?
- Et pour te recentrer il fallait forcément que tu me dises que tu ne m'aimais plus?
- Mais j'en savais rien! Je savais plus ce que je ressentais!
- Alors pourquoi me le dire?
- J'en sais rien. Peut-être pour me faire prendre conscience que c'était définitif, que je partais pour toujours. Te dire que je ne t'aimais plus pour m'en persuader, pour me convaincre que je prenais la bonne décision.
- J'ai le droit de trouver ça complètement crétin?
- Je suppose qu'il y a de quoi... Mais c'est comme ça que je fonctionne, Théo, tu le sais non? Je ne suis pas comme tout le monde...
- Tu es unique, je le sais très bien.
- Merci.
- Je ne suis pas certain que c'était un compliment, mais tu peux le prendre en tant que tel.
- ...
- ...
- Tu veux bien y penser?
- Penser à quoi?
- A... nous deux? A nous revoir, pour... euh... essayer encore?
- Tu te rends compte de ce que tu me demandes?
- Oui, je sais, c'est dégueulasse. Mais... s'il te plaît?
- ...
- A moins que tu aies quelqu'un en ce moment?
- Non. Comme si j'avais réussi à te remplacer en six mois...
- ...
- J'ai imaginé, j'ai rêvé de ce moment tu sais... Tous les soirs après ton départ, je t'imaginais revenir et me dire que tu m'aimais, que finalement tu regrettais d'être partie... Tous les soirs j'imaginais que j'ouvrais grand les bras.
- Et maintenant?
- Maintenant... J'en sais rien. C'est peut-être trop tard. Six mois ont peut-être réussi à tuer mon envie dévorante d'être avec toi.
- ...
- Mais je vais y penser.
- Merci.
- Je te rappellerai peut-être.
- Ok.
- Je... tu... euh...
- Oui?
- On la refait: tu m'as beaucoup manqué.
- Je ne sais pas ce que ça vaut dans ma bouche, mais... toi aussi. Vraiment.
- ...
- Alors... euh... je te laisse dormir?
- Tu parles, tu as foutu ma nuit en l'air. Je vais cogiter maintenant.
- Héhé.
- Sale fourbe.
- Moi aussi je t'aime.
- ...
- ...désolée... C'est venu tout seul.
- Pas grave. Bon... bonne fin de nuit alors.
- Toi aussi.
- Alors à... bientôt? Peut-être?
- J'espère. Je t'embrasse.
- Moi aussi. Bye.
- Bye.
*clic*

Comment perdre sa journée

"J'hésite... kéké, c'est supérieur ou inférieur à protozoaire?"
Charles Darwin (qui a finalement opté pour "inférieur")
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J'ai perdu ma journée aujourd'hui. Mais alors grave de chez grave.
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Si j'étais d'humeur badine, je raconterais que j'ai passé plusieurs heures à étudier le kéké dans son habitat naturel. Mais là j'ai trop mal à la tête. Alors bon, on va voir ce que je vais bien pouvoir sortir comme idioties en racontant tout ça...
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D'abord, ça commence mal, il a fallu que je me réveille à 7h. Je vous explique: j'avais rendez-vous à l'école que dirige ma mère avec le fils d'une de ses collègues/assistantes/assimilés/rien-à-foutre-de-toutes-façons. Ce jeune homme travaille dans une cafétaria et était sensé m'aider à trouver du travail au même endroit pour cet été.
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Voilà, contexte replacé, poursuivons. Je me retrouve à l'école, des enfants partout, je cherche désespérément un coin obscur dans lequel me blottir, mais en vain. Je supporte donc avec une bravoure toute mounesque le regard intrigué des gnomes qui tentent d'assimiler que leur maîtresse peut avoir un fils qui n'a pas 7 ans. Apparemment c'est dur à comprendre, étais-je aussi bête quand j'étais petit?
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Le mec arrive. Moi qui espérais un garçon normal (j'aurais même toléré un babacool-fumeur-de-géraniums-écouteur-de-reggae), odieux coup du sort, je me retrouve en face d'un kéké pure race. Pour les incultes qui nous lisent, un kéké est une sous-espèce humanoïde pourvue de tares graves et souvent irréversibles et dotée d'un intellect qu'un haricot n'envierait pas. Le moyen le plus efficace de les distinguer dans une population humaine est d'observer l'apparence physique, blindée de "Cerutti", "CK", "Nike", avec des gourmettes qui brillent, des cheveux luisants de gel et une fâcheuse tendance à avoir l'air con.
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Oui je sais, je suis vindicatif et sectaire, mais j'assume complètement. En plus c'est un kéké de Gardanne, et V. m'a délivré mon permis d'éradication en bonne et due forme, alors hein, j'ai le droit.
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Bref, ce jeune homme ne reculant devant aucun cliché ("ohlala des études supérieures c'est horrible", "tu aimes le èrènbi/aouze/teghno/râpe? Moi j'adore, tiens écoute celle-là!", "moi j'adore le tuning", "avant c'était ma copine qui passait l'aspirateur mais maintenant qu'on a rompu je le fais plus", "oah elle est trop bonne elle... euh je veux dire elle est trop charmante") m'emmène chez lui. On aurait du y être pour 9h, mais le programme a changé au dernier moment, le responsable n'est pas là, on ira vers midi et avec du bol il y sera.
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Chez lui, je passe quatre heures (montre en main) à regarder le papier peint pendant qu'il se déchaîne sur un jeu vidéo de voitures-tuning-fuck-les-keufs. Il ne me propose pas d'y jouer (j'aurais refusé de toutes façons), et pense à me proposer à boire au bout de trois heures de jeu, pendant que je fais... absolument rien d'autre qu'attendre.
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Mal de crâne persistant quand nous décollons enfin vers la cafétaria, avec son frère (le même avec un grand nez et des tongs bleu ciel). On mange à la cafétaria (ça nage dans la graisse, beeeuuurgh), le responsable n'est pas là, mon kéké vitupère en bonne et due forme sur tous ses collègues qu'il aperçoit et avec qui il est pourtant fort aimable, et enfin, ENFIN, après tant d'épreuves, il me ramène à l'école. Vu qu'on n'a pas vu le responsable, je suis sensé y retourner demain. Il est gentil, il me demande s'il veut qu'on se retrouve. Nan. Même pas en rêve, "t'inquiètes je retrouverai, je dirai que je viens de ta part". Et il se casse. Je ne compte pas y retourner. Servir des horreurs huileuses avec des kékés et des cagoles (= femelle de kéké) partout à 40 bornes de chez moi alors que j'ai des chances d'être pris à la pizzeria à 5 bornes de chez moi, merci bien.
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Je bondis donc avec le crâne en miettes sous les assauts de aouze électro de la mort qui tue dans ma Mounemobile©, où je fais pendant le trajet du retour une cure de rock intensive. Rhaaa lovely.
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Et me voilà chez moi. J'achève ce billet, et je vais faire la sieste. C'est con, ce matin j'avais de l'inspiration pour un billet spécial, mais là j'ai carrément plus envie. On verra ce soir si ça me rebranche.
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A part ça... "boyaux dedans ou boyaux dehors?" (réminiscence de Hannibal)

jeudi 7 juin 2007

De Chelonia mobile

"Le travail, c'est comme le sexe: une fois de temps en temps ça maintient en forme, mais à la longue ça use."
Victor Hugo

Pour ceux qui s'interrogeraient sur mon titre (si, je suis sur qu'il y en a), c'est une citation de Terry Pratchett, concernant la grande A'Tuin si mes souvenirs sont bons. Pour plus de détails, lisez donc, bande de larves.

Bien, ceci dit, reprenons depuis le début, lorsque par un vil coup du sort, un malencontreux orage grilla les circuits de ma blonde connexion au Nëth. Alice, puisque tel est son nom, légèrement défrisée par le court-circuit, s'en fut bouder trois jours durant, avant de me revenir le quatrième, apaisée et prête à me fournir de nouveau mon cher wifi. Aussi pardonnez-moi du manque de nouvelles des derniers jours, je m'en vais rattraper mon retard en racontant ma vie.

D'abord, en rapport avec le titre, je me suis dégotté un stage en août et septembre, concernant cette ravissante demoiselle d'écailles vêtue :

Il s'agit de la tortue d'Hermann (Testudo hermanni), une tortue terrestre menacée dans les régions méditerranéennes. Je devrais avoir en charge le suivi des populations et la participation à la mise en place d'un plan de gestion. Comme on peut s'en douter, je jubile.
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J'ai également trouvé un stage d'un mois en Corse, à faire de la prévention et de la communication avec les vacanciers concernant les écosystèmes côtiers. On aurait d'ailleurs du me contacter aujourd'hui... Mais compte tenu de l'état de mes finances, il y a peu de chances que j'y aille de toutes façons... Je vais plutôt bosser en juin et juillet.
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A ce propos, je suis parti apporter à divers restaurants des environs mon super CV avec écrit (en gros) mes deux étés à faire le serveur dans le resto gastronomique de mon oncle... Bon, malheureusement quand j'y suis allé, j'ai eu droit à deux absences de responsables, deux restos fermés, un "on n'embauche plus" et un "ce sera en dents de scie, on vous appelera". Plus un supermarché (j'ai regretté d'avoir amené ce CV quand je suis ressorti) et un autre où j'ai carrément décidé de ne pas postuler, finalement. J'ai un sorte d'angoisse à rester trop longtemps dans un supermarché, alors y travailler...
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Mes relations avec les grandes surfaces sont assez paradoxales, je m'y sens toujours oppressé et rien ne me soulage plus que passer à la caisse. Je déteste les caddies-avec-la-feuille-de-salade-coincée-dans-la-roue, la climatisation trop forte, le brouhaha ambiant, les mômes qui courent partout et les caisses bondées. Mais d'un autre côté, j'adore flâner au rayon BD ou DVD, voir les gosses qui s'assoient par terre pour lire des BD pendant que les parents font les courses (je faisais tout le temps ça quand j'étais petit), les gens qui me laissent passer quand j'ai un ou deux trucs seulement ou le sourire des caissières qui me semble magique, tant ça me sidère qu'elles réussissent à garder le sourire en faisant les mêmes gestes et en répétant les mêmes paroles toute la journée.
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Enfin bref, le Super U, nada, mais j'ai quand même pris une plaquette de chocolat. J'ai envie de refaire un gâteau au chocolat. Ca me relaxe de cuisiner. Et j'éviscère à la petite cuillère le premier qui me sort que je suis bon à marier.
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REfaire, oui, parce que je suis allé fêter l'anniversaire de V. et J. chez J.&S.&M., avec L. Super soirée à boire du pago périmé et à manger du tzatziki, du guacamole et mon super gâteau à la fin. J'ai offert mon bô cadeau à V. (super fier moi), et j'ai eu deux bouquins pour apprendre à "oublier mon ex". Vu que ce qu'il y a écrit sur les couvertures me fait bien marrer, je vous fais partager.
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Le premier c'est un livre de cuisine: "Comment oublier son ex d'un bon coup de fourchette: recettes solo pour intermittents du célibat". Dedans on peut cuisiner des orgasmes au chocolat, et y'a des petits textes pour apprendre à relativiser et penser à autre chose. Genre, mon préféré: "je me bluffe moi-même... et son fantôme avec".
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Le deuxième, c'est "Ces amours qui nous font mal." En dessous: "Pourquoi est-ce que je tire systématiquement le mauvais numéro? Est-ce que j'arriverai un jour à le quitter? Comment retrouver l'estime de soi?" Dedans, des chapitres qui semblent très intéressants... "Ceux qui aiment trop" ou "Ceux qui ne savent pas aimer", par exemple.
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Il paraît que ces deux bouquins ont fait bondir S. quand elle les a vus, et elle a pensé à moi. Ca ressemble beaucoup à de la psychologie de comptoir, mais qui sait? Ca marchera peut-être...
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Et puis sinon, hier soir je suis allé voir Pirates des Caraïbes 3. Tout le monde m'a dit "c'est d'la merde". Ben moi je conteste. Je suis peut-être très bon public, ou alors c'est parce que c'est le troisième film que je vois au cinéma en un an, ou que je n'ai pas du tout aimé Pirates 2, mais en tout cas moi j'ai trouvé ça pas mal. Je suis bien plus facilement rentré dans l'histoire que dans le 2, il m'a bien plus fait marrer et les scènes épiques sont bien plus prenantes. En plus la fin me convient tout à fait, vu que je déteste Orlando Bloom et Keira Knightley (mais je concède que, pour ce troisième opus, ils semblent avoir pris quelques cours de théâtre, ils joueraient presque convenablement), et même si on ne voit pas assez à mon goût Jack Sparrow, il reste toujours fidèle à son personnage.
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Le film est un peu embrouillé, empli d'intrigues des uns et des autres et on s'y perd un peu, mais au final ça reste compréhensible. Et sinon Miss Swan est un salooooope d'abord. En trois films elle embrasse trois mecs, ça augure mal la suite du programme pour le malheureux Will (je ne raconte pas, pour ceux qui ne l'ont pas encore vu).
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Enfin bref, on va dire 13/20 pour ce troisième épisode, qui conclut la saga en restant dans le thème et dans l'esprit des précédents et surtout du premier.
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A part ça, je vais cuisiner moi.

lundi 4 juin 2007

La déesse

"Oh comment je suis trop jalouse!"

Aphrodite, déesse de la beauté, devant Kirsten Dunst

Cette fille sait tout faire (à part s'habiller), c'est fou. La preuve.

A part ça, je vais devenir chélonaute. Plus de détails dans le prochain billet.

dimanche 3 juin 2007

Blanc

"Être ou ne pas être? ...oh et puis merde, de toutes façons qu'est-ce qu'on s'en fout?"
*balance le crâne et va aux putes*
Hamlet

L'angoisse de la page blanche pour un écrivain (on parle de moi là)(si si)(buvez un verre d'eau ça va passer), c'est comme le chef cuisinier d'un grand restaurant qui ouvre le frigo et se rend compte qu'il est vide. La réaction logique est "mais qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire avec le peu que j'ai sous la main?", accompagnée d'un certain nombre de tremblements, de sueurs froides, d'angoisses diverses et variées, de remises en cause à la "pourquoiii j'y arrive paaaas?" et de malédiction des Puissances qui nous font ce sale coup.

Plutôt que de lutter, moi, je me rends. J'ai pas envie de raconter ma vie en ce moment. J'ai pas envie de parler de ce que je pense, de ce qui m'énerve ou de ce que je voudrais. J'ai pas envie de critiquer ou de faire connaître, j'ai pas envie de m'étendre mystérieusement sur mon état d'esprit avec des phrases alambiquées et colorées genre:

o0O0o La tÊte dAns leS étOilEs, leS soUpirS suR le balCoN et le bEuRRe dAns le fRigO... o0O0o
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Envie de voler, de rêves bleus et de miel de lavande...
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Pourquoi moi et pas Indira Gandhi?

Ce soir, rien à dire, rien à faire, rien à chanter. Trouvez-vous un bon bouquin et lisez, au lieu de prendre vos deux heures hebdomadaires pour réfléchir au sens profond de mes écrits.

A part ça, on dit A Avignon, et ceux qui disent EN Avignon sont des snobs qui méritent l'écartèlement.

vendredi 1 juin 2007

La Ligue des Gentlemen Extraordinaires

"Comme toujours, le bouquin et le film n'ont rien à voir."
Pythagore



Le capitaine Némo, Alan Quartermain, Mina Harker, l'Homme Invisible et Mr Hyde.


Aujourd'hui je vais parler d'une de mes bandes dessinées préférées, découverte cette année dans les recoins de la médiathèque de quartier de Metz (comme quoi ce séjour n'aura pas été si inutile que ça): la Ligue des Gentlemen Extraordinaires.

Avant de me plonger dedans, j'avais les mêmes a priori que tout le monde: encore une histoire de super-héros, ça doit être inintéressant au possible, gnagnagna... Que nenni! La Ligue est une histoire au dessin extrêmement travaillé (et non pas dans le style "comics"), et surtout au scénario proprement impressionnant, qui a d'ailleurs valu à l'auteur de nombreuses récompenses.

L'histoire: à la fin du XIXe siècle, un agent des services secrets britanniques, travaillant pour le compte du mystérieux M., mandate Wilhemina Harker, récemment divorcée de Jonathan Harker (personnages de Dracula), afin de retrouver autour du monde certains citoyens pouvant aider l'Angleterre à sortir d'une crise: un génie du mal chinois sévit sur Londres, et il faut des agents particulièrement spéciaux pour pouvoir démanteler son réseau. La demoiselle s'embarque dans le submersible du Capitaine Nemo, le Nautilus, et part pour l'Arabie, récupérer son compatriote devenu opiomane, le fameux aventurier Alan Quartermain. Puis elle se rend en France afin de mettre la main sur le fameux scientifique en exil, le docteur Jeckyll, et son alter-ego monstrueux, Mr Hyde. Enfin, elle capture le dernier possesseur de la formule d'invisibilité, l'Homme Invisible, un criminel qui sévit dans une pension pour jeunes filles.

Dans le premier tome, les cinq héros sont confrontés au "Docteur", un scientifique chinois fou, et au professeur Moriarty, ennemi numéro 1 de Sherlock Holmes. Dans le second, la ligue est reformée pour lutter contre la menace extraterrestre de la Guerre des Mondes de H.G. Wells. Au cours de ces aventures, les références aux grands auteurs fantastiques de cette période se multiplient: Bram Stoker, Jules Verne, Sir Arthur Conan Doyle, H.G. Wells, Edgar Alan Poe... Pour comprendre toutes les références des auteurs, il faut avoir une culture bibliographique conséquente: personnellement, bien que je connaisse assez bien la plupart des événements relatés dans ces BD, il reste de nombreuses références que je n'ai pas encore comprises. Ce n'est pas une simple BD qu'on peut lire et oublier: c'est un ouvrage qui marque, qui fait réfléchir, qui amène à parfaire sa culture. Les personnages sont humanisés par rapport aux héros stoïques dépeints dans les ouvrages d'origine, montrant des faiblesses qui les rendent attachants, et l'histoire est travaillée sans laisser le moindre point d'ombre.

Beaucoup savent que ces oeuvres ont inspiré un film, beaucoup plus axé "superhéros". Bien que de nombreux points de la BD ne soient pas respectés et que le but ait clairement été de faire une fiction grand public pour attirer les foules, l'histoire n'est pas si mauvaise et respecte assez bien l'esprit de la BD, et l'idée d'ajouter l'immortel Dorian Gray (Oscar Wilde) et Tom Sawyer (Mark Twain) aux personnages est plutôt bonne. Bien entendu, ça ne casse pas des briques et ça n'est rien en comparaison de la BD, mais c'est déjà pas mal.

Bref, voilà, violent coup de coeur pour ces BD, que je conseille à tous.

Niveau actualité, il paraît que les auteurs envisagent de monter une nouvelle Ligue, avec l'histoire qui se passe dans les années 30... L'époque d'Hercule Poirot et de Miss Marple. J'en salive d'avance.

A part ça, fait froid ici... A mort le mistral.

jeudi 31 mai 2007

Blasé

"Comment que chuis trop blasééééé sa mère!"
Bernard Pivot, la seule dictée où il n'a eu que 19/20

Je suis blasé.

Je pense que ça va passer, que cette impression s'atténuera progressivement quand je reverrai mes amis, quand j'aurais fait ma virée à Avignon (j'emmerde solennellement ceux qui disent en Avignon) quand j'aurais trouvé du taf, enfin tout ça quoi... Quand j'aurais retrouvé ma motivation.

Mais là je suis blasé d'avoir quitté Metz "pour de vrai", avec genre 0,5% de chance d'y retourner l'an prochain. Je suis blasé que mon aventure lorraine se termine par un échec sentimental violent et irrémédiable. Je suis blasé d'avoir passé un an là-bas, peut-être pour rien vu ma motivation défaillante pour trouver un stage cette année, alors que j'aurais pu construire autre chose à Lille, avec la motivation d'y rester l'an prochain, avec l'espoir de me trouver quelqu'un, bref... J'ai perdu un an, mais d'une certaine manière je n'arrive pas à le regretter. Je suis blasé que ça n'ait pas marché avec T. (si j'avais été plus lucide je l'aurais su dès août dernier, mais l'espoir est une maladie infectieuse), je suis blasé de m'être fait des potes que je ne reverrai peut-être plus, je suis blasé de revenir ici et de me retrouver tout seul devant mon ordi en attendant que mes potes soient disponibles...

J'ai envie de parler, de m'affaler chez quelqu'un pour bavarder sur mes histoires de coeur en ayant la certitude d'être écouté, de boire un verre entre potes... J'ai envie d'avoir des sous, d'avoir un stage, de partir en Bretagne cet été, en vacances ou en stage... J'ai envie d'autre chose. J'ai envie de gens qui n'ont pas honte de m'enlacer.

Je sais pas, ça doit être le contrecoup du voyage. Mais je me sens blasé, dégoûté, mal dans ma peau et un chouia déprimé. J'ai besoin de vie autour de moi. Je vais aller demander à ma frangine si le narguilé manqué d'hier tient toujours... non faut qu'elle bosse. Pffff...

Alone again, actually.

A part ça, y'a pas de cerises cette année, je suis deg.