"Bzzzz!"
Iz'zzs, tentant de se défendre lors de son procès, avant d'être condamné à mort et exécuté à coups de mains sur la tronche par votre serviteur
Je viens d'éclater la gueule à mon quatrième moustique de la soirée. Ce qui fait beaucoup trop. Au moins quatre de trop. Et comme je m'ennuie et que vous n'avez de toutes façons rien de mieux à faire que de me lire, je me lance.
Aujourd'hui, les enfants, je vais vous parler avec la subtilité et l'objectivité qui me caractérisent d'une espèce fort intéressante dans la nature en général: le moustique.
Le moustique (Mousticus laputaindetaracemauditesamère de son nom scientifique) est une vilaine bébête toute en pattes et en ailes, à l'aspect aussi engageant que Mike Tyson dans une ruelle sombre et le visage frotté à l'acide sulfurique. Aussi fourbe et mesquin que, au hasard, une femme, il n'hésite pas à débarquer au milieu de la nuit pour coller son corps froid au vôtre pour se repaître de votre chaleur. Mais là où l'on ne parle qu'au sens figuré pour la femelle Homo sapiens, qui vient seulement réclamer un peu d'attention de votre part et qui aime fort légitimement se lover contre votre corps de rêve luisant de sueur, ce qui fait qu'en général on lui pardonne; le sens propre est l'apanage du moustique.
Car non content de ne pas faire partie des bébêtes un minimum un peu sympa, comme le papillon ou l'abeille-qui-fait-du-miel, le moustique assume sa cuistrerie au point de tirer sa subsistance des veines des malheureux fous qui osent se dresser sur son chemin, tel un vampire venu du ciel. Et une fois accompli son immonde forfait (qui ne laisse, au début, aucune trace et aucune douleur mais qui commence à gratter sa race pile quand on l'entend s'éloigner), il n'hésite pas à se jeter sur vous pour vous vrombir sauvagement dans l'oreille son "viiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii" aussi perçant que Sheila pendant ses règles.
Le moustique appartient au groupe des diptères, ce qui, vous le sauriez si vous aviez suivi vos cours de latin et de grec au lieu de forniquer fébrilement dans les champs à l'époque des premiers émois hormonaux, signifie qu'il a deux ailes. Là, pauvres incultes ignorant tout du merveilleux monde des loupes binoculaires et des guides entomologiques que vous êtes, vous vous dites "pff, et alors, ils ont tous deux ailes les insectes, c'est con comme nom!" Et moi de me foutre sans vergogne de votre gueule. Puis, quand je vous aurais suffisamment raillé, je vous expliquerais donc que tous les insectes (du moins les ailés) ont quatre ailes, sauf les diptères, qui ont deux ailes relictuelles (des moignons quoi) leur servant de balancier. Aha, ça vous la coupe hein?
Les Diptères comportent deux grands groupes: les moustiques et les mouches. On remarque facilement que ce qui relie phylogénétiquement le groupe, bien plus que la présence des deux ailes, est bien entendu la capacité innée à transformer un homme calme, posé et zen comme Gandhi, en fauve furieux assoiffé de sang et sautillant en tapant dans ses mains en l'air et en jurant. Cela est du à la présence du gène Xaz45B, qui code pour la chiantise absolue. Certaines femmes Homo sapiens le possèdent également, mais en général, après une ou deux tartes dans la gueule, on finit par réussir à l'inhiber un peu chez elles.
Les mouches ayant au moins la décence d'être utiles aux écosystèmes en servant de pollinisateurs, concentrons-nous sur les moustiques, qui en plus d'être moches, chiants et fourbes, se révèlent comme incroyablement inutiles. Ils ne servent à rien. A part à transmettre le paludisme et filer des crises de nerfs aux braves gens qui essaient de trouver le sommeil après une semaine éprouvante. A part à une chose: le moustique peut servir de nourriture aux oiseaux.
Ce qui me pose un grave dilemme: pour me débarrasser de cette ignoble saloperie vrombissante, il me faut tolérer la présence de boules de plumes citadines, bêtes et moches communément appelées pigeons (Pigeonnus Degueulassus). Au moins les pigeons ne rentrent pas dans ma chambre...
A part ça, vais me coucher, et demain sera la première fois en sept jours que je me lève après 8 heures. YATAAAA!!!
Statistiques
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dimanche 23 septembre 2007
samedi 22 septembre 2007
Comment dire... Pfouh!
"J'adore agrandir le cercle de mes amis!
- M'approche pas, sale pervers!"
Dialogue à Wimereux
Ah mes amis, que de choses à raconter! Je rentre tout juste de la station marine, et autant je suis content de pouvoir enfin dormir plus de trois heures cette nuit, autant je suis parfaitement dégoûté que ce soit déjà terminé. Les gens, profs comme étudiants, étaient géniaux, et j'ai adoré l'ambiance colonie de vacances pour adultes. Ce qui fait qu'à la fin, j'ai un peu le même genre de coup de blues coutumier à ce genre d'expérience, en moins prononcé quand même, parce que les étudiants et les profs, je les retrouve lundi.
Commençons par le commencement. Je suis donc parti dimanche après-midi rejoindre les deux filles de ma promo que j'avais rencontrées à ma réunion de pré-rentrée, et une autre made in Comores. Crevé pour cause de nuit passée en poulailler avec une personne que je ne nommerai pas par pure charité, je me suis lamentablement enfoncé dans le sommeil.
En arrivant, personne pour nous accueillir: c'est le week-end, la station est fermée, le dortoir est fléché, débrouillez-vous. Bon. On n'est pas non plus des débiles, on monte les marches, on s'installe (premiers arrivés, premiers servis: je monopolise le box en face de la salle de bain avec la douche, et les trois filles se jettent sur le seul box n'ayant aucun lit superposé, qui deviendra par la suite le salon du soir où on se retrouvait pour bavarder de tout et de rien.
Deux autres filles arrivent quelques temps après nous, que nous retrouvons pour manger après avoir bravé le vent glacé et aussi violent qu'un rugbyman qui... euh... qu'un rugbyman. On bavarde, on fait connaissance, on mange nos pâtes à emporter, nos pizzas et nos sandwiches, c'est sympa, tout ça...
On fait également connaissance du Blaireau. Un thésard, qu'un autre stagiaire qui s'est avéré être le pote d'une des nanas venues avec moi (dur de suivre non?) déteste farouchement, qui est déjà marié (avec une nana qui "suinte la graisse par tous les pores de sa peau" selon un mec de la promo), qui en a "jusque là" des déchets, euh-steuplé, t'vois, parce que enfin quoi, les petits stagiaires de M1 ils font quand même chier de mettre leurs emballages vides dans NOTRE poubelle, ces nazes, enfin merde, est-ce qu'on chie dans leurs cahiers nous? Enfin vous voyez le genre... J'ajoute à cela qu'il suit les matches de rugby avec l'enthousiasme d'un yorkshire en rut et l'intellect d'une poule écrasée par une déchiqueteuse, comme il nous l'a démontré lors du premier soir en parlant tout seul, tel un bon gros crétin de supporter, en conseillant "du soutien, du soutien!" à l'équipe et en demandant à tel ou tel joueur de profiter de la brèche qu'il voyait très bien, lui, de haut et à la télé, enfin merde, sont vraiment mauvais ces rugbymen enfin, pas foutus de visualiser instantanément l'intégralité du terrain, la répartition des joueurs et leurs mouvements potentiels pendant qu'ils jouent!
Sans oublier qu'il a accompli cette fervente démonstration de patriotisme sportif en faisant du yoga chelou et des étirements sur une couverture, alors qu'on utilisait sagement les chaises...
Bon, là, il y en a qui se disent "mais il aime le rubgy maintenant, lui? Il regarde les matchs?" Eh bien non. Il se trouve que je n'ai pas encore succombé à la trépanation des masses par le sport collectif. Mais comme je suis un sale fourbe félon et servile, histoire de m'intégrer, le premier soir, j'ai regardé la première mi-temps. Je n'ai pas compris le quart des règles, juste qu'on avait le droit de se mettre sur la gueule pour poser une baballe dans l'herbe, et qu'une fois que c'était fait, on devait transformer l'essai en shootant dedans, la baballe devant passer entre les deux poteaux. Mais tout le monde avait l'air de trouver ce troupeau informe de boeufs en t-shirts moulants fichtrement techniques, donc je n'ai rien dit.
Je ne vais pas raconter en détail mes journées, je vais donc seulement bavarder de ce qui m'a marqué.
D'abord, les gens. A onze, je me disais, il va y en avoir qui vont se mettre sur la gueule, c'est obligé. La promiscuité six jours? Il va y avoir des morts. Et bien non. Les dix étaient parfaitement géniaux. Certains plus que d'autres, certes, mais chacun ses goûts après tout. Aucune prise de tête, aucun litige, aucun problème, tout le monde en bande, tout le monde soudé, le pieds. Il y avait évidemment des affinités plus importantes entre certains, mais ça n'a pas mis en péril la cohésion globale du groupe. Pour ma part j'ai eu l'impression de m'entendre bien avec tout le monde, et plus particulièrement les deux seuls autres mecs et trois filles plus que géniales. La raison de la "séparation" étant nos manières respectives de passer nos soirées.
Second point, donc, les soirées. Ca commençait fort, le deuxième soir on était déjà allés acheter de l'alcool (ou peut-être le troisième, chais plus). Dans l'ensemble, après le match de rugby de dimanche soir, mes soirées se sont composées de beuveries, de cap's, de fumage de clopes dehors (je ne fume toujours pas, mais eux si)(enfin la plupart), de loups garous, de parties de cartes (trou du cul et tarot)(oui j'ai (enfin) appris le tarot) et de fous rires généralisés. Tous les soirs, jamais couchés avant 2h du mat (on se levait entre 6h30 et 7h30 tous les matins), aucune engueulade, aucune prise de tête, bref, le pied. J'ai adoré. Je reviendrai plus tard sur THE soirée d'hier soir, qui mérite de finir cet article.
Troisième point, les amours. Je suis tombé amoureux trois fois en une semaine.
La première, c'était de la mer. J'ai toujours aimé les mers nordiques (contrairement au vilain lac salé que constitue la Méditerranée), mais là c'est vraiment de l'amour fou. L'eau grise, verte ou bleue, le vent, les dunes, les marées, le ressac, la mélodie des cables sur les mâts des bateaux (on dirait les mobiles indiens en bambou), les galets, l'odeur de varech, les algues... J'ai adoré tout ce qu'on a fait, même les manips en labo, mais ce que j'ai vraiment... merde y'a pas de mot mieux qu'adorer... enfin voilà, c'est le bateau. Le bateau de la station était, paraît-il, pas du tout stable. On était deux sur les onze à ne pas avoir été malades. J'ai le pied marin!! Grande nouvelle, parce que je n'étais plus monté sur un bateau depuis un bail... Bon, la seule conséquence était que je bossais tout le temps pour faire les manips, pendant que les autres faisaient de leur mieux pour garder le contrôle de leur estomac. Il y avait aussi les sorties, les algues, les plages, que des trucs géniaux...
Enfin voilà, je ne suis pas encore certain que l'océanologie soit ma voie (j'ai une peur panique de la plongée sous-marine et je n'aime pas les poissons, les coquillages et les vers, et je ne suis pas certain que mon intérêt pour les mammifères marins et les algues suffise), mais en tout cas, la mer, si. Je songe même de plus en plus sérieusement (déjà!) à m'orienter sur le master pro de conservation du littoral proposé dans ma fac, et il est établi que si j'habite en France, ce sera au bord de la Manche ou de l'Atlantique, et de préférence en Bretagne, le tout dans un port.
Mon deuxième amour, partagé avec les Onze de Wimereux (le nouveau nom de notre petit groupe), c'était la cuisine. La cuisinière chargée de préparer le repas était un cordon bleu de première. Rien que repenser à sa quiche lorraine, à sa tarte au chocolat et à la crème ou à ses crèpes au jambon, ça me fait saliver. Le résultat négatif est que les Onze doivent commencer un régime dès demain pour retrouver leur poids normal, et ce pour les six ans à venir. J'en profite pour parler de Trente Millions d'Amis, qu'on huait dès qu'on voyait le générique et qui nous a fait passer de bons moments à table (entre le chien qui a sauvé Marseille d'une bombe (qui était un "désagrément" pour l'une des nanas du quartier), le clébard qui monte aux arbres ou le marathon avec un chien attaché à la taille pour courir à son niveau...), sans pour autant éteindre la télé.
Et mon troisième amour, quand même, est une nana, l'une des Onze. Des fois qu'elle ou qu'un autre passe par ici, je vais m'abstenir de trop en raconter, d'autant que je ne suis même pas certain de ce que je pense, veux ou ressens, et que ce que je prends pour un potentiel début de grand amour va peut-être (même certainement vues mes aptitudes à me comporter comme le dernier des abrutis devant une nana qui me plaît) se casser la gueule en vitesse. Je ne suis sorti avec personne et je doute qu'elle sache qu'elle me plaît, et dans un sens, tant mieux. J'ai besoin de temps avant de savoir si j'ai vraiment l'envie et la capacité de retomber amoureux, et si j'ai acquis celle de pouvoir rendre une fille heureuse. Bref, j'arrête d'en parler, ça va me stresser cette histoire, je ne sais même pas si ce n'est pas qu'un intérêt passager qui va s'éteindre aussi vite qu'il a atteint la croissance exponentielle...
Ah la la mes amis, que d'émotions...
Ah oui, et puis il y a la soirée. Celle de la fin, la toute dernière avant le grand départ, avant le dernier jour. En fait on passait d'ordinaire les soirées séparés en deux groupes: cinq nanas et un stagiaire de la station dans le dortoir à bavarder (moi et une des nanas de l'autre groupe y participions de temps en temps); et les deux autres mecs et deux nanas en bas, avec moi et l'autre fille, à jouer aux cartes ou au cap's et à picoler comme des perdus. Vendredi soir, on a tordu le cou à cette ségrégation qui n'existait en fait pas réellement (elles avaient juste la flemme de descendre pour nous voir jouer aux cartes et nous de monter jouer en haut), et on a fait une putain de soirée tous ensemble, avec cap's généralisé mode règles barbares (à savoir "règle 1: tirez à vue" et "règle 2: tous les coups sont permis!"), balade sur la digue et pochtronnage en règle, et surtout, après des heures de délires en tous genres à la fin desquels on s'est retrouvés à quatre survivants, deux filles et deux mecs, le bain de minuit. A quatre heures du mat. En sous-vêtements. Torchés comme des Polonais. Sous la pluie et le vent. Dans une eau à quinze degrés. Avec des cours à 8h30 le lendemain. Ben on y est allés, et c'était plus que cool. Le grand souvenir de Wimereux. Avec la douche consécutive, quasiment les quatre ensemble (non, il n'y a eu aucun débordement, même bourrés on sait (à peu près) se tenir), au cours de laquelle on m'a chourré toutes mes fringues et où j'ai du aller fermer la porte vêtu comme une sculpture de héros grec avant de retrouver mes effets dans les toilettes d'à côté. Après quoi, discussion en sous-vêtements à trois sur le palier. Très drôle aussi.
C'est marrant, parce que je suis normalement d'une pudeur absolue, et j'avoue que je suis moi-même étonné d'être resté sous le regard d'un mec et d'une fille en boxer, d'avoir osé me déshabiller devant eux pour aller me baigner, d'accepter que l'eau fasse pointer visiblement ce qu'il ne faut pas et rétrécir très visiblement ce qu'il ne faut surtout pas, d'être sorti nu comme un ver de la douche avec la possibilité d'être vu par une nana et la certitude d'être vu par un mec, et d'avoir également osé des vannes comme tirer le rideau derrière lequel une des nanas prenait sa douche (je n'ai malheureusement rien vu, rhaaa, d'ailleurs).
Enfin voilà, il doit y avoir des milliers d'autres anecdotes que j'ai oubliées et qui me reviendront peut-être plus tard (ou peut-être pas, d'ailleurs), m'enfin... Je crois que j'ai dit tout ce que j'avais envie de dire. J'en rajouterai peut-être plus tard, pour bien fixer mes souvenirs.
Annexe: j'ai envoyé un soir un texto vide à la Poulette. Pas fait exprès. Elle m'a renvoyé
"tu m'as envoyé un texto où y'avait rien de marqué". Ce à quoi j'ai répondu:
"pardon... c parce que g la tete vide. Jt'aime poulette. Chuis bourré t'as deviné ?"
Je suis étrangement spirituel quand je suis bourré... Je vais peut-être m'imbiber plus souvent.
A part ça... 'tain, vivement janvier qu'on recommence la même chose, en module "océanologie biologique!"
- M'approche pas, sale pervers!"
Dialogue à Wimereux
Ah mes amis, que de choses à raconter! Je rentre tout juste de la station marine, et autant je suis content de pouvoir enfin dormir plus de trois heures cette nuit, autant je suis parfaitement dégoûté que ce soit déjà terminé. Les gens, profs comme étudiants, étaient géniaux, et j'ai adoré l'ambiance colonie de vacances pour adultes. Ce qui fait qu'à la fin, j'ai un peu le même genre de coup de blues coutumier à ce genre d'expérience, en moins prononcé quand même, parce que les étudiants et les profs, je les retrouve lundi.
Commençons par le commencement. Je suis donc parti dimanche après-midi rejoindre les deux filles de ma promo que j'avais rencontrées à ma réunion de pré-rentrée, et une autre made in Comores. Crevé pour cause de nuit passée en poulailler avec une personne que je ne nommerai pas par pure charité, je me suis lamentablement enfoncé dans le sommeil.
En arrivant, personne pour nous accueillir: c'est le week-end, la station est fermée, le dortoir est fléché, débrouillez-vous. Bon. On n'est pas non plus des débiles, on monte les marches, on s'installe (premiers arrivés, premiers servis: je monopolise le box en face de la salle de bain avec la douche, et les trois filles se jettent sur le seul box n'ayant aucun lit superposé, qui deviendra par la suite le salon du soir où on se retrouvait pour bavarder de tout et de rien.
Deux autres filles arrivent quelques temps après nous, que nous retrouvons pour manger après avoir bravé le vent glacé et aussi violent qu'un rugbyman qui... euh... qu'un rugbyman. On bavarde, on fait connaissance, on mange nos pâtes à emporter, nos pizzas et nos sandwiches, c'est sympa, tout ça...
On fait également connaissance du Blaireau. Un thésard, qu'un autre stagiaire qui s'est avéré être le pote d'une des nanas venues avec moi (dur de suivre non?) déteste farouchement, qui est déjà marié (avec une nana qui "suinte la graisse par tous les pores de sa peau" selon un mec de la promo), qui en a "jusque là" des déchets, euh-steuplé, t'vois, parce que enfin quoi, les petits stagiaires de M1 ils font quand même chier de mettre leurs emballages vides dans NOTRE poubelle, ces nazes, enfin merde, est-ce qu'on chie dans leurs cahiers nous? Enfin vous voyez le genre... J'ajoute à cela qu'il suit les matches de rugby avec l'enthousiasme d'un yorkshire en rut et l'intellect d'une poule écrasée par une déchiqueteuse, comme il nous l'a démontré lors du premier soir en parlant tout seul, tel un bon gros crétin de supporter, en conseillant "du soutien, du soutien!" à l'équipe et en demandant à tel ou tel joueur de profiter de la brèche qu'il voyait très bien, lui, de haut et à la télé, enfin merde, sont vraiment mauvais ces rugbymen enfin, pas foutus de visualiser instantanément l'intégralité du terrain, la répartition des joueurs et leurs mouvements potentiels pendant qu'ils jouent!
Sans oublier qu'il a accompli cette fervente démonstration de patriotisme sportif en faisant du yoga chelou et des étirements sur une couverture, alors qu'on utilisait sagement les chaises...
Bon, là, il y en a qui se disent "mais il aime le rubgy maintenant, lui? Il regarde les matchs?" Eh bien non. Il se trouve que je n'ai pas encore succombé à la trépanation des masses par le sport collectif. Mais comme je suis un sale fourbe félon et servile, histoire de m'intégrer, le premier soir, j'ai regardé la première mi-temps. Je n'ai pas compris le quart des règles, juste qu'on avait le droit de se mettre sur la gueule pour poser une baballe dans l'herbe, et qu'une fois que c'était fait, on devait transformer l'essai en shootant dedans, la baballe devant passer entre les deux poteaux. Mais tout le monde avait l'air de trouver ce troupeau informe de boeufs en t-shirts moulants fichtrement techniques, donc je n'ai rien dit.
Je ne vais pas raconter en détail mes journées, je vais donc seulement bavarder de ce qui m'a marqué.
D'abord, les gens. A onze, je me disais, il va y en avoir qui vont se mettre sur la gueule, c'est obligé. La promiscuité six jours? Il va y avoir des morts. Et bien non. Les dix étaient parfaitement géniaux. Certains plus que d'autres, certes, mais chacun ses goûts après tout. Aucune prise de tête, aucun litige, aucun problème, tout le monde en bande, tout le monde soudé, le pieds. Il y avait évidemment des affinités plus importantes entre certains, mais ça n'a pas mis en péril la cohésion globale du groupe. Pour ma part j'ai eu l'impression de m'entendre bien avec tout le monde, et plus particulièrement les deux seuls autres mecs et trois filles plus que géniales. La raison de la "séparation" étant nos manières respectives de passer nos soirées.
Second point, donc, les soirées. Ca commençait fort, le deuxième soir on était déjà allés acheter de l'alcool (ou peut-être le troisième, chais plus). Dans l'ensemble, après le match de rugby de dimanche soir, mes soirées se sont composées de beuveries, de cap's, de fumage de clopes dehors (je ne fume toujours pas, mais eux si)(enfin la plupart), de loups garous, de parties de cartes (trou du cul et tarot)(oui j'ai (enfin) appris le tarot) et de fous rires généralisés. Tous les soirs, jamais couchés avant 2h du mat (on se levait entre 6h30 et 7h30 tous les matins), aucune engueulade, aucune prise de tête, bref, le pied. J'ai adoré. Je reviendrai plus tard sur THE soirée d'hier soir, qui mérite de finir cet article.
Troisième point, les amours. Je suis tombé amoureux trois fois en une semaine.
La première, c'était de la mer. J'ai toujours aimé les mers nordiques (contrairement au vilain lac salé que constitue la Méditerranée), mais là c'est vraiment de l'amour fou. L'eau grise, verte ou bleue, le vent, les dunes, les marées, le ressac, la mélodie des cables sur les mâts des bateaux (on dirait les mobiles indiens en bambou), les galets, l'odeur de varech, les algues... J'ai adoré tout ce qu'on a fait, même les manips en labo, mais ce que j'ai vraiment... merde y'a pas de mot mieux qu'adorer... enfin voilà, c'est le bateau. Le bateau de la station était, paraît-il, pas du tout stable. On était deux sur les onze à ne pas avoir été malades. J'ai le pied marin!! Grande nouvelle, parce que je n'étais plus monté sur un bateau depuis un bail... Bon, la seule conséquence était que je bossais tout le temps pour faire les manips, pendant que les autres faisaient de leur mieux pour garder le contrôle de leur estomac. Il y avait aussi les sorties, les algues, les plages, que des trucs géniaux...
Enfin voilà, je ne suis pas encore certain que l'océanologie soit ma voie (j'ai une peur panique de la plongée sous-marine et je n'aime pas les poissons, les coquillages et les vers, et je ne suis pas certain que mon intérêt pour les mammifères marins et les algues suffise), mais en tout cas, la mer, si. Je songe même de plus en plus sérieusement (déjà!) à m'orienter sur le master pro de conservation du littoral proposé dans ma fac, et il est établi que si j'habite en France, ce sera au bord de la Manche ou de l'Atlantique, et de préférence en Bretagne, le tout dans un port.
Mon deuxième amour, partagé avec les Onze de Wimereux (le nouveau nom de notre petit groupe), c'était la cuisine. La cuisinière chargée de préparer le repas était un cordon bleu de première. Rien que repenser à sa quiche lorraine, à sa tarte au chocolat et à la crème ou à ses crèpes au jambon, ça me fait saliver. Le résultat négatif est que les Onze doivent commencer un régime dès demain pour retrouver leur poids normal, et ce pour les six ans à venir. J'en profite pour parler de Trente Millions d'Amis, qu'on huait dès qu'on voyait le générique et qui nous a fait passer de bons moments à table (entre le chien qui a sauvé Marseille d'une bombe (qui était un "désagrément" pour l'une des nanas du quartier), le clébard qui monte aux arbres ou le marathon avec un chien attaché à la taille pour courir à son niveau...), sans pour autant éteindre la télé.
Et mon troisième amour, quand même, est une nana, l'une des Onze. Des fois qu'elle ou qu'un autre passe par ici, je vais m'abstenir de trop en raconter, d'autant que je ne suis même pas certain de ce que je pense, veux ou ressens, et que ce que je prends pour un potentiel début de grand amour va peut-être (même certainement vues mes aptitudes à me comporter comme le dernier des abrutis devant une nana qui me plaît) se casser la gueule en vitesse. Je ne suis sorti avec personne et je doute qu'elle sache qu'elle me plaît, et dans un sens, tant mieux. J'ai besoin de temps avant de savoir si j'ai vraiment l'envie et la capacité de retomber amoureux, et si j'ai acquis celle de pouvoir rendre une fille heureuse. Bref, j'arrête d'en parler, ça va me stresser cette histoire, je ne sais même pas si ce n'est pas qu'un intérêt passager qui va s'éteindre aussi vite qu'il a atteint la croissance exponentielle...
Ah la la mes amis, que d'émotions...
Ah oui, et puis il y a la soirée. Celle de la fin, la toute dernière avant le grand départ, avant le dernier jour. En fait on passait d'ordinaire les soirées séparés en deux groupes: cinq nanas et un stagiaire de la station dans le dortoir à bavarder (moi et une des nanas de l'autre groupe y participions de temps en temps); et les deux autres mecs et deux nanas en bas, avec moi et l'autre fille, à jouer aux cartes ou au cap's et à picoler comme des perdus. Vendredi soir, on a tordu le cou à cette ségrégation qui n'existait en fait pas réellement (elles avaient juste la flemme de descendre pour nous voir jouer aux cartes et nous de monter jouer en haut), et on a fait une putain de soirée tous ensemble, avec cap's généralisé mode règles barbares (à savoir "règle 1: tirez à vue" et "règle 2: tous les coups sont permis!"), balade sur la digue et pochtronnage en règle, et surtout, après des heures de délires en tous genres à la fin desquels on s'est retrouvés à quatre survivants, deux filles et deux mecs, le bain de minuit. A quatre heures du mat. En sous-vêtements. Torchés comme des Polonais. Sous la pluie et le vent. Dans une eau à quinze degrés. Avec des cours à 8h30 le lendemain. Ben on y est allés, et c'était plus que cool. Le grand souvenir de Wimereux. Avec la douche consécutive, quasiment les quatre ensemble (non, il n'y a eu aucun débordement, même bourrés on sait (à peu près) se tenir), au cours de laquelle on m'a chourré toutes mes fringues et où j'ai du aller fermer la porte vêtu comme une sculpture de héros grec avant de retrouver mes effets dans les toilettes d'à côté. Après quoi, discussion en sous-vêtements à trois sur le palier. Très drôle aussi.
C'est marrant, parce que je suis normalement d'une pudeur absolue, et j'avoue que je suis moi-même étonné d'être resté sous le regard d'un mec et d'une fille en boxer, d'avoir osé me déshabiller devant eux pour aller me baigner, d'accepter que l'eau fasse pointer visiblement ce qu'il ne faut pas et rétrécir très visiblement ce qu'il ne faut surtout pas, d'être sorti nu comme un ver de la douche avec la possibilité d'être vu par une nana et la certitude d'être vu par un mec, et d'avoir également osé des vannes comme tirer le rideau derrière lequel une des nanas prenait sa douche (je n'ai malheureusement rien vu, rhaaa, d'ailleurs).
Enfin voilà, il doit y avoir des milliers d'autres anecdotes que j'ai oubliées et qui me reviendront peut-être plus tard (ou peut-être pas, d'ailleurs), m'enfin... Je crois que j'ai dit tout ce que j'avais envie de dire. J'en rajouterai peut-être plus tard, pour bien fixer mes souvenirs.
Annexe: j'ai envoyé un soir un texto vide à la Poulette. Pas fait exprès. Elle m'a renvoyé
"tu m'as envoyé un texto où y'avait rien de marqué". Ce à quoi j'ai répondu:
"pardon... c parce que g la tete vide. Jt'aime poulette. Chuis bourré t'as deviné ?"
Je suis étrangement spirituel quand je suis bourré... Je vais peut-être m'imbiber plus souvent.
A part ça... 'tain, vivement janvier qu'on recommence la même chose, en module "océanologie biologique!"
dimanche 16 septembre 2007
Océanologie
"Heureux est celui qui est content, car alors il est joyeux."
Lao-Tseu
Bon, c'est pas tout ça, mais moi, j'me barre. Hé oui, à peine revenu sur la Toile, je la quitte à nouveau. Direction le grand Nord, la station marine de Wimereux, l'observation des bébêtes, des algues et des phoques, le bateau, le labo et la promiscuité avec huit de mes condisciples avec lesquels je vais vivre pendant six jours. En espérant que ma tendance naturelle à me comporter comme un ours neurasthénique ne m'empêche pas de m'intégrer.
En attendant que la Poulette prenne sa douche (et chez moi, ça peut prendre du temps)(ma douche est un prototype de la NASA, je ne vous l'avais pas dit?), je tapote un petit billet pour les quelques gens qui auraient l'idée saugrenue de revenir voir ce blog délaissé presque trois semaines entières.
Remarque, mes statistiques sont brutalement remontées depuis hier, passant des huit ou neuf visites quotidiennes de paumés ou de fans acharnés, à plus de quarante-cinq pour la journée de samedi. C'est la classe.
Comme vous pouvez le constater, je n'ai rien à dire, rien à faire, rien à raconter aujourd'hui. C'est ce qu'on appelle typiquement parler pour ne rien dire. Je m'arrête donc là, avant que ne vienne à l'esprit de quelqu'un de m'attaquer pour foutage de gueule des honnêtes gens qui viennent là puiser réconfort et sagesse chaque jour, parce qu'aujourd'hui, j'ai vraiment rien à dire.
A part ça, bonne semaine les gens! (et soyez moins radins en commentaires, j'aurais ainsi moins l'impression d'avoir l'écho du Grand Canyon qui me répond quand je parle).
Lao-Tseu
Bon, c'est pas tout ça, mais moi, j'me barre. Hé oui, à peine revenu sur la Toile, je la quitte à nouveau. Direction le grand Nord, la station marine de Wimereux, l'observation des bébêtes, des algues et des phoques, le bateau, le labo et la promiscuité avec huit de mes condisciples avec lesquels je vais vivre pendant six jours. En espérant que ma tendance naturelle à me comporter comme un ours neurasthénique ne m'empêche pas de m'intégrer.
En attendant que la Poulette prenne sa douche (et chez moi, ça peut prendre du temps)(ma douche est un prototype de la NASA, je ne vous l'avais pas dit?), je tapote un petit billet pour les quelques gens qui auraient l'idée saugrenue de revenir voir ce blog délaissé presque trois semaines entières.
Remarque, mes statistiques sont brutalement remontées depuis hier, passant des huit ou neuf visites quotidiennes de paumés ou de fans acharnés, à plus de quarante-cinq pour la journée de samedi. C'est la classe.
Comme vous pouvez le constater, je n'ai rien à dire, rien à faire, rien à raconter aujourd'hui. C'est ce qu'on appelle typiquement parler pour ne rien dire. Je m'arrête donc là, avant que ne vienne à l'esprit de quelqu'un de m'attaquer pour foutage de gueule des honnêtes gens qui viennent là puiser réconfort et sagesse chaque jour, parce qu'aujourd'hui, j'ai vraiment rien à dire.
A part ça, bonne semaine les gens! (et soyez moins radins en commentaires, j'aurais ainsi moins l'impression d'avoir l'écho du Grand Canyon qui me répond quand je parle).
Le retardataire
"Ulgµ$kr öla;m bu!"
Le Grand gl%ö de Nürggl*ubz
Le Grand gl%ö de Nürggl*ubz
Un roi nain
.
A part ça, je cherche un truc méchant à dire sur la Poulette qui vient de me traiter de pouilleux du fond du coeur, mais je ne trouve pas. Fichtre.
samedi 15 septembre 2007
Vive les Bleurgh!
"Je mets le rugby et le foot dans le même sac... si possible lesté, et au fond d'un lac."
Moune, définitivement anti-bleu
Tous derrière les Bleus, ouais... Si possible avec un flingue et un silencieux, qu'ils ne sachent pas d'où ça vient, au cas où je me louperais... C'est que c'est dangereux, un boeuf charolais blessé.
Comme on s'en doute, je n'aime pas le rugby et je honnis fermement la coupe du monde actuelle. Maintenant qu'on a lamentablement perdu au foot pour la deuxième fois depuis 1998, ça fait plus très sérieux de considérer la baballe ronde comme la grande passion du français moyen. Alors on s'emballe soudain pour une pléthore de taureaux survitaminés qui se chargent les uns les autres pour la virile possession d'une calebasse ovoïde, on commente les essais plutôt que les buts, on fantasme sur les beaux rugbymen qui sont dorénavant bien plus sexy que ces tapettes de footeux qui ne sont pas foutus de gagner un accessoire de vaisselle plus d'une fois par siècle, on ressort les chips, la bière, le maquillage bleublanrouge et les petits drapeaux, et c'est reparti pour un tour.
Tous derrière les Bleus, ouais... Ca vaut toujours mieux que devant: au moins, on ne voit pas leurs visages congestionnés par la réflexion intensive quand on leur demande leur prénom.
En rugby, je suis un néophyte qui s'assume. Le tournoi des trois, six, neuf, onze trois quarts ou cent-quatorze nations, pour moi c'est du pareil au même: c'est un tas de parpaings géants avec des jambes qui se mettent sur la gueule pour poser la baballe dans l'herbe. Au lieu d'être onze, ils sont quinze, au lieu d'être arabes, ils sont bourguignons, et l'Ennemi n'est plus le Brésil mais la Nouvelle Zélande. Ah, et le ballon est ovale. A part ça, il y a toujours des blaireaux qui se peinturlurent, qui gueulent alors que les honnêtes gens essaient de dormir dès que les maquignons ont marqué un essai, qui donnent du klaxon et de la voix quand leur équipe a mis plus de fois la baballe par terre que ceux d'en face, bref, toujours autant de putains de supporters animés de bons sentiments bien patriotiques qui sont fiers de leur pays et de ses athlètes. Les mêmes andouilles qui restent au chaud pendant les manifs, par contre. Sortir dans la rue parce qu'un boeuf a marqué à la télé, d'accord. Sortir parce qu'un ministre sucre les emplois des profs pour ses gosses, pas fou non? Au contraire, on gueule contre les étudiants dans les rues, contre ceux qui font du bruit après 22h en semaine, contre les grévistes qui empêchent de circuler, mais alors pour hurler sa joie de supporter décérébré et klaxonner comme un perdu au milieu de gens civilisés qui n'en ont rien à carrer jusqu'à des heures indécentes, là toute de suite, y'a du monde.
Tous derrière les Bleus, ouais... Si on pousse assez fort, ils s'envoleront peut-être. Loin.
Mais il n'y a pas que les Bleus, au rugby. Non, la grande différence avec le foot, c'est qu'on n'a pas de "connards de Brésiliens" ou de "saloperies de Ritals". On a les All Black. Les Dieux des Îles. Ceux qui ont des tatouages partout et font des danses maori pour effrayer leurs ennemis. Eux, ils suscitent l'admiration et le respect. Eux, ils ont la grande classe. Pour susciter l'admiration, il ne sert à rien de donner sa vie pour une grande cause comme Dian Fossey ou d'essayer d'utiliser sa popularité pour sonner l'alarme, comme Al Gore. Non, il suffit de danser comme un guerrier des îles en faisant des grimaces, avant d'aller se mettre sur la gueule avec les Bleus, les Verts ou les Rouges. C'est tout simple, la passion des foules. Il suffit d'un peu d'exotisme et de spectacle. Al Gore en vahiné, avec pagne et collier de fleurs: là, tout le monde saurait qui c'est et ce qu'il raconte.
Tous derrière les Bleus... Une fois de plus, je ne me vois pas derrière. Ni devant, ni à côté. Je me vois au-dessus, très au-dessus...
A part ça, je suis un sale intolérant, et je m'assume carrément.
Moune, définitivement anti-bleu
Tous derrière les Bleus, ouais... Si possible avec un flingue et un silencieux, qu'ils ne sachent pas d'où ça vient, au cas où je me louperais... C'est que c'est dangereux, un boeuf charolais blessé.
Comme on s'en doute, je n'aime pas le rugby et je honnis fermement la coupe du monde actuelle. Maintenant qu'on a lamentablement perdu au foot pour la deuxième fois depuis 1998, ça fait plus très sérieux de considérer la baballe ronde comme la grande passion du français moyen. Alors on s'emballe soudain pour une pléthore de taureaux survitaminés qui se chargent les uns les autres pour la virile possession d'une calebasse ovoïde, on commente les essais plutôt que les buts, on fantasme sur les beaux rugbymen qui sont dorénavant bien plus sexy que ces tapettes de footeux qui ne sont pas foutus de gagner un accessoire de vaisselle plus d'une fois par siècle, on ressort les chips, la bière, le maquillage bleublanrouge et les petits drapeaux, et c'est reparti pour un tour.
Tous derrière les Bleus, ouais... Ca vaut toujours mieux que devant: au moins, on ne voit pas leurs visages congestionnés par la réflexion intensive quand on leur demande leur prénom.
En rugby, je suis un néophyte qui s'assume. Le tournoi des trois, six, neuf, onze trois quarts ou cent-quatorze nations, pour moi c'est du pareil au même: c'est un tas de parpaings géants avec des jambes qui se mettent sur la gueule pour poser la baballe dans l'herbe. Au lieu d'être onze, ils sont quinze, au lieu d'être arabes, ils sont bourguignons, et l'Ennemi n'est plus le Brésil mais la Nouvelle Zélande. Ah, et le ballon est ovale. A part ça, il y a toujours des blaireaux qui se peinturlurent, qui gueulent alors que les honnêtes gens essaient de dormir dès que les maquignons ont marqué un essai, qui donnent du klaxon et de la voix quand leur équipe a mis plus de fois la baballe par terre que ceux d'en face, bref, toujours autant de putains de supporters animés de bons sentiments bien patriotiques qui sont fiers de leur pays et de ses athlètes. Les mêmes andouilles qui restent au chaud pendant les manifs, par contre. Sortir dans la rue parce qu'un boeuf a marqué à la télé, d'accord. Sortir parce qu'un ministre sucre les emplois des profs pour ses gosses, pas fou non? Au contraire, on gueule contre les étudiants dans les rues, contre ceux qui font du bruit après 22h en semaine, contre les grévistes qui empêchent de circuler, mais alors pour hurler sa joie de supporter décérébré et klaxonner comme un perdu au milieu de gens civilisés qui n'en ont rien à carrer jusqu'à des heures indécentes, là toute de suite, y'a du monde.
Tous derrière les Bleus, ouais... Si on pousse assez fort, ils s'envoleront peut-être. Loin.
Mais il n'y a pas que les Bleus, au rugby. Non, la grande différence avec le foot, c'est qu'on n'a pas de "connards de Brésiliens" ou de "saloperies de Ritals". On a les All Black. Les Dieux des Îles. Ceux qui ont des tatouages partout et font des danses maori pour effrayer leurs ennemis. Eux, ils suscitent l'admiration et le respect. Eux, ils ont la grande classe. Pour susciter l'admiration, il ne sert à rien de donner sa vie pour une grande cause comme Dian Fossey ou d'essayer d'utiliser sa popularité pour sonner l'alarme, comme Al Gore. Non, il suffit de danser comme un guerrier des îles en faisant des grimaces, avant d'aller se mettre sur la gueule avec les Bleus, les Verts ou les Rouges. C'est tout simple, la passion des foules. Il suffit d'un peu d'exotisme et de spectacle. Al Gore en vahiné, avec pagne et collier de fleurs: là, tout le monde saurait qui c'est et ce qu'il raconte.
Tous derrière les Bleus... Une fois de plus, je ne me vois pas derrière. Ni devant, ni à côté. Je me vois au-dessus, très au-dessus...
A part ça, je suis un sale intolérant, et je m'assume carrément.
Petit dessin
"La peinture, c'est comme la confiture, mais en moins bon."
George W. Bush
A part ça, j'en ai deux autres en attente, mais il y en a un que j'ai la flemme d'encrer, et l'autre que la Poulette doit terminer de colorier, un jour.
George W. Bush
Une fée.
A part ça, j'en ai deux autres en attente, mais il y en a un que j'ai la flemme d'encrer, et l'autre que la Poulette doit terminer de colorier, un jour.
Retour
"Je cherche un homme... Ah, c'est déjà pris? Qui? Diogène? Ah... Bon, ben je cherche une femme alors. Hein? Qui ça? Meetic? Tain mais c'est tout pris!!"
Le philosophe cynique du XXIe siècle qui galère
Enfin, chers fidèles, j'ai à nouveau accès au net! Je vais pouvoir à nouveau vous abreuver de ma grande sagesse, de mon expérience et... ouais enfin les conneries habituelles quoi.
Je rentre à peine, je pue la clope, je ne suis pas lavé, j'ai des cernes et les yeux tous collés, bref, sexy en diable, comme d'habitude. Mais comme je suis un mec super cool, je passe quand même vous raconter ma soirée avant. Non non, n'insistez pas, ça me fait plaisir.
Hier, normalement, je devais rester chez moi jusqu'à minuit, pour attendre K., ma voisine chinoise, afin qu'elle me file le code du wifi. Mais j'ai reçu un message de la Poulette, m'invitant à une soirée des plus alléchantes: gâteau au chocolat, hydromel (bon, du Melmor, ok) et de nouvelles connaissances. Donc j'ai glissé ma participation aux frais d'internet et un petit mot sous la porte de K., et direction les folles soirées lilloises.
Le métro était la foire aux numéros, c'était assez flippant... Pink dans les oreilles, je ne me rends compte que tardivement que la dame assise au fond du wagon chante à tue tête la musique qui passe sur son baladeur. J'échange une série de regards compatissants avec une nana en face de moi, quand soudain entre le numéro 2: un grand mec, genre cadre-supérieur-à-cravate, mais avec la chemise ouverte, le débardeur blanc noué au-dessus du nombril et le torse recouvert de poils noirs. Il s'assoit près de la nana, va pour la draguer et lui adresse quelques mots que je ne comprends pas, le baladeur étant toujours sur mes oreilles (hors de question que mes tympans rejoignent le monde réel tant que je peux l'éviter). Puis il sort, deux stations plus loin. Je lance un "bonne soirée quand même!" à la nana en sortant (je me retiens de me mettre à brailler comme un poulet pour lui faire le coup du "jamais deux sans trois"), et je me dirige chez la Poulette.
En attendant ses mystérieuses invitées (deux nanas qu'elle a rencontrées sur internet quelques jours auparavant), concours de vannes (que je gagne de loin, quoi qu'elle en dise!)(genre: "dans ma grande mansuétude..." "woah, un mot de quatre syllabes...") et bavardages en tous genres. Puis arrivée de C. et L., qui se révèlent être adorables, très drôles et fichtrement sympathiques. Mais lesbiennes, évidemment, alala, quel gâchis mes amis... Enfin, pas pour tout le monde... (je n'ajoute rien de plus, on ne sait jamais, le jour où elles tombent sur ce blog...). Pendant que je me coltine le ménage (les dernières tâches de diabolo-orgeat dans la cuisine) et la cuisine du gâteau, on discute, on s'amuse, on plaisante, on boit de l'hydromel, bref, très bonne soirée... Un petit dialogue entre moi et C. que je tiens à retranscrire:
C., catégorique : Les mecs c'est tous des pervers!
Moune, outragé : Hé, non, c'est pas vrai!
(regard entendu)
M. rendant les armes : Bon ok, mais au moins autant que les filles! C'est juste qu'elles le montrent moins...
(regard appuyé vers la Poulette, qui proteste mais personne n'y croit)
C., catégorique derechef: De toutes façons, les mecs veulent juste une nana pour le ménage, la lessive, la vaisselle et tout!
M., outragé derechef : Ah non, carrément pas! Regarde, c'est moi qui fais la cuisine, le ménage et tout!
C., inquisitrice : Pourquoi tu veux une nana alors?
M., véhément: Ben pas pour ça! Enfin, pourquoi tu aimes les filles toi?
C., l'évidence même: Parce que j'aime bien avoir quelqu'un qui fait le ménage et la lessive pour moi!
(rires)
C., qui ne renonce pas: Et toi alors?
M., soudain sérieux et désespérément romantique: Ben je sais pas, une relation de confiance, tomber amoureux, former un couple uni, un plus un égalent deux, tout ça...
(regards attendris et diverses moqueries des nanas présentes)
La conversation dévie, mais s'achève quand même dans l'intimité entre moi et C., en bas des escaliers avant de monter rejoindre les deux autres dans la chambre:
C.: Pour répondre à ta question...
M.: Pourquoi tu aimes les filles?
C.: Ouais... Parce que la testostérone, ben...
M.: Ca pue.
C.: Ouais.
M.: Bien d'accord.
Enfin bref, soirée fort sympathique, mon gâteau était réussi, c'était super... L. et C. finissent par partir après un récital de synthé organisé par la Poulette (qui n'a même pas chanté A Thousand Miles, on était déçus déçus...), et le vieux couple des gallinacés se retrouve enfin seul pour de folles aventures. Qui se réduisent à un aller simple pour le lit assez rapidement, d'ailleurs.
Ce matin, réveil très mouvementé: d'abord une gamine qui se met à pleurer après son père dans la courée. Moi, en train de me réveiller, pense que c'est ma gamine qui me cherche: gros stress. Ca tourne vachement, en ce moment, les questions de paternité dans ma tête... Mais quand je vois l'état du monde à l'heure actuelle, je pense que j'aurais bien trop honte d'avoir des enfants pour les laisser avec tout ça...
J'ai fait un petit discours à la Poulette hier, qui lui a plombé le moral mais dans un sens tant mieux... Pour sauver le monde, il faut d'abord se rendre compte qu'il va très mal. Je lui ai parlé des maisons des Esquimaux et des Inuits qui se détachent des glaciers et tombent dans la mers, des villages dévastés, des ours polaires qui, ça y est c'est officiel, viennent d'entrer en phase critique d'extinction, des grenouilles qui pondent dans des flaques plutôt que dans les cours d'eau trop pollués, de la hausse du niveau des mers qui va engloutir le Bangladesh, des tsunamis, du climat qui se détraque, des lions qui ne parviennent plus à maintenir une population stable, des problèmes avec les blaireaux qui refusent de voir construire des champs d'éoliennes pour une simple question d'esthétique et qui de fait augmentent notre dépendance au nucléaire, de l'épuisement des ressources fossiles, de la pêche à la baleine qui devrait bientôt reprendre, de l'intérêt qu'on doit porter aux techniques de dessalage de l'eau de mer, des carburants écologiques du Brésil qui nécessitent qu'on découpe la forêt amazonienne pour planter les végétaux nécessaires à leur élaboration, des poissons qui sont en voie de disparition générale... Bref, de l'impasse de la Terre.
Et je n'ai pas parlé de la désertification, de la barrière de corail ou de la cinquantaine d'espèces qui disparaissent chaque année.
(Avouez, ça vous manquait mes coups de gueule écolos?)
Bilan: elle a quand même dit qu'elle mangerait moins de saumon. Et venant de la Poulette, c'est un très bel effort.
Enfin bref, pour toutes ces raisons, je crois que j'ai intérêt à trouver une nana qui ait bigrement confiance en l'être humain ou au contraire qui me convainque qu'on peut se battre contre lui pour me reproduire... Sinon, pas de gosses, et tant pis pour les envie de pouponner de ma génitrice.
A part ça, j'ai aussi appris comment était fichu un préservatif féminin. Et définitivement, je ne serai jamais assez macho pour exiger d'une nana qu'elle mette cette horreur. Beurk.
Le philosophe cynique du XXIe siècle qui galère
Enfin, chers fidèles, j'ai à nouveau accès au net! Je vais pouvoir à nouveau vous abreuver de ma grande sagesse, de mon expérience et... ouais enfin les conneries habituelles quoi.
Je rentre à peine, je pue la clope, je ne suis pas lavé, j'ai des cernes et les yeux tous collés, bref, sexy en diable, comme d'habitude. Mais comme je suis un mec super cool, je passe quand même vous raconter ma soirée avant. Non non, n'insistez pas, ça me fait plaisir.
Hier, normalement, je devais rester chez moi jusqu'à minuit, pour attendre K., ma voisine chinoise, afin qu'elle me file le code du wifi. Mais j'ai reçu un message de la Poulette, m'invitant à une soirée des plus alléchantes: gâteau au chocolat, hydromel (bon, du Melmor, ok) et de nouvelles connaissances. Donc j'ai glissé ma participation aux frais d'internet et un petit mot sous la porte de K., et direction les folles soirées lilloises.
Le métro était la foire aux numéros, c'était assez flippant... Pink dans les oreilles, je ne me rends compte que tardivement que la dame assise au fond du wagon chante à tue tête la musique qui passe sur son baladeur. J'échange une série de regards compatissants avec une nana en face de moi, quand soudain entre le numéro 2: un grand mec, genre cadre-supérieur-à-cravate, mais avec la chemise ouverte, le débardeur blanc noué au-dessus du nombril et le torse recouvert de poils noirs. Il s'assoit près de la nana, va pour la draguer et lui adresse quelques mots que je ne comprends pas, le baladeur étant toujours sur mes oreilles (hors de question que mes tympans rejoignent le monde réel tant que je peux l'éviter). Puis il sort, deux stations plus loin. Je lance un "bonne soirée quand même!" à la nana en sortant (je me retiens de me mettre à brailler comme un poulet pour lui faire le coup du "jamais deux sans trois"), et je me dirige chez la Poulette.
En attendant ses mystérieuses invitées (deux nanas qu'elle a rencontrées sur internet quelques jours auparavant), concours de vannes (que je gagne de loin, quoi qu'elle en dise!)(genre: "dans ma grande mansuétude..." "woah, un mot de quatre syllabes...") et bavardages en tous genres. Puis arrivée de C. et L., qui se révèlent être adorables, très drôles et fichtrement sympathiques. Mais lesbiennes, évidemment, alala, quel gâchis mes amis... Enfin, pas pour tout le monde... (je n'ajoute rien de plus, on ne sait jamais, le jour où elles tombent sur ce blog...). Pendant que je me coltine le ménage (les dernières tâches de diabolo-orgeat dans la cuisine) et la cuisine du gâteau, on discute, on s'amuse, on plaisante, on boit de l'hydromel, bref, très bonne soirée... Un petit dialogue entre moi et C. que je tiens à retranscrire:
C., catégorique : Les mecs c'est tous des pervers!
Moune, outragé : Hé, non, c'est pas vrai!
(regard entendu)
M. rendant les armes : Bon ok, mais au moins autant que les filles! C'est juste qu'elles le montrent moins...
(regard appuyé vers la Poulette, qui proteste mais personne n'y croit)
C., catégorique derechef: De toutes façons, les mecs veulent juste une nana pour le ménage, la lessive, la vaisselle et tout!
M., outragé derechef : Ah non, carrément pas! Regarde, c'est moi qui fais la cuisine, le ménage et tout!
C., inquisitrice : Pourquoi tu veux une nana alors?
M., véhément: Ben pas pour ça! Enfin, pourquoi tu aimes les filles toi?
C., l'évidence même: Parce que j'aime bien avoir quelqu'un qui fait le ménage et la lessive pour moi!
(rires)
C., qui ne renonce pas: Et toi alors?
M., soudain sérieux et désespérément romantique: Ben je sais pas, une relation de confiance, tomber amoureux, former un couple uni, un plus un égalent deux, tout ça...
(regards attendris et diverses moqueries des nanas présentes)
La conversation dévie, mais s'achève quand même dans l'intimité entre moi et C., en bas des escaliers avant de monter rejoindre les deux autres dans la chambre:
C.: Pour répondre à ta question...
M.: Pourquoi tu aimes les filles?
C.: Ouais... Parce que la testostérone, ben...
M.: Ca pue.
C.: Ouais.
M.: Bien d'accord.
Enfin bref, soirée fort sympathique, mon gâteau était réussi, c'était super... L. et C. finissent par partir après un récital de synthé organisé par la Poulette (qui n'a même pas chanté A Thousand Miles, on était déçus déçus...), et le vieux couple des gallinacés se retrouve enfin seul pour de folles aventures. Qui se réduisent à un aller simple pour le lit assez rapidement, d'ailleurs.
Ce matin, réveil très mouvementé: d'abord une gamine qui se met à pleurer après son père dans la courée. Moi, en train de me réveiller, pense que c'est ma gamine qui me cherche: gros stress. Ca tourne vachement, en ce moment, les questions de paternité dans ma tête... Mais quand je vois l'état du monde à l'heure actuelle, je pense que j'aurais bien trop honte d'avoir des enfants pour les laisser avec tout ça...
J'ai fait un petit discours à la Poulette hier, qui lui a plombé le moral mais dans un sens tant mieux... Pour sauver le monde, il faut d'abord se rendre compte qu'il va très mal. Je lui ai parlé des maisons des Esquimaux et des Inuits qui se détachent des glaciers et tombent dans la mers, des villages dévastés, des ours polaires qui, ça y est c'est officiel, viennent d'entrer en phase critique d'extinction, des grenouilles qui pondent dans des flaques plutôt que dans les cours d'eau trop pollués, de la hausse du niveau des mers qui va engloutir le Bangladesh, des tsunamis, du climat qui se détraque, des lions qui ne parviennent plus à maintenir une population stable, des problèmes avec les blaireaux qui refusent de voir construire des champs d'éoliennes pour une simple question d'esthétique et qui de fait augmentent notre dépendance au nucléaire, de l'épuisement des ressources fossiles, de la pêche à la baleine qui devrait bientôt reprendre, de l'intérêt qu'on doit porter aux techniques de dessalage de l'eau de mer, des carburants écologiques du Brésil qui nécessitent qu'on découpe la forêt amazonienne pour planter les végétaux nécessaires à leur élaboration, des poissons qui sont en voie de disparition générale... Bref, de l'impasse de la Terre.
Et je n'ai pas parlé de la désertification, de la barrière de corail ou de la cinquantaine d'espèces qui disparaissent chaque année.
(Avouez, ça vous manquait mes coups de gueule écolos?)
Bilan: elle a quand même dit qu'elle mangerait moins de saumon. Et venant de la Poulette, c'est un très bel effort.
Enfin bref, pour toutes ces raisons, je crois que j'ai intérêt à trouver une nana qui ait bigrement confiance en l'être humain ou au contraire qui me convainque qu'on peut se battre contre lui pour me reproduire... Sinon, pas de gosses, et tant pis pour les envie de pouponner de ma génitrice.
A part ça, j'ai aussi appris comment était fichu un préservatif féminin. Et définitivement, je ne serai jamais assez macho pour exiger d'une nana qu'elle mette cette horreur. Beurk.
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