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dimanche 10 février 2008

Créationnisme et évolution

"Si Dieu a tout créé, il a aussi créé les pigeons. Rien que ça, ça prouve que Dieu n'existe pas: personne ne peut être aussi con. Ou alors, Dieu est très con, ce qui se tient aussi."
L'évangile selon Saint Moune

Aujourd'hui, juste avant de changer la bannière du blog parce qu'on se rapproche d'un événement honni entre tous (oui, la Saint Valentin, vous avez trouvé, vous êtes trop fort, maintenant laissez-moi parler), je vais parler science, et plus particulièrement biologie.

Avant de commencer, petit topo de vulgarisation pour expliquer ce que c'est, la théorie de l'évolution. Au commencement, il n'y avait pas grand chose. La Terre était en pleine crise d'adolescence, elle avait des éruptions de partout, lâchait des gaz délétères dans l'atmosphère, tremblait à n'en plus pouvoir, il pleuvait tout le temps, bref, c'était un peu la merde à l'époque. Par un processus mystérieux qu'on n'explique pas encore tout à fait, la vie est apparue, sous la forme d'acides aminés qui se sont rejoints pour former de l'ADN, et ainsi sont nées les premières bactéries (en gros hein). Selon certains, l'apparition de la vie provient d'un pur coup de hasard, avec de l'eau à la bonne température, contenant grâce aux vapeurs atmosphériques suffisemment d'éléments pouvant servir à créer la vie (azote, carbone...) et régulièrement frappée par de l'énergie électrique, sous forme de foudre qui venait agiter tout ce joyeux merdier. Résultat: la vie.

Maintenant, comment sommes-nous passés de la vie aquatique unicellulaire bactérienne aux magnifiques spécimens de mammifères que nous sommes à l'heure actuelle (enfin... surtout moi, vous je vous ai jamais vu nus)? Selon la grande majorité des scientifiques, par l'évolution.

Tout le monde connaît Darwin, le barbu qui a inventé la théorie de l'évolution, et dans les grandes lignes, tout le monde sait que "l'homme descend du singe", ce qui est faux mais au moins le message est à peu près passé. Maintenant, on passe au cran supérieur, je vous raconte ce qu'il en est réellement.

D'abord, tout le monde est différent, ça vous étiez au courant. A part les jumeaux (les vrais). Maintenant, pourquoi sommes-nous tous différents? Et pourquoi les jumeaux ne sont PAS différents? Parce que l'ADN. L'ADN est une substance chimique principalement constituée d'azote, qui code grâce à quatre bases azotées le génome humain, et qui est présente dans l'ensemble des cellules animales et végétales. Pour ceux qui n'ont rien pigé à la phrase précédente, je la refais. L'ADN est présent dans nos cellules, et les multiples combinaisons possibles des quatre bases azotées (le "composant de base") déterminent notre génotype, c'est-à-dire ce que nous sommes biologiquement parlant: un homme ou une femme, noir ou blanc (ou jaune ou rouge ou vert, on s'en fout), un blond ou un brun, AB+ ou O-, obèse ou cardiaque, avec des yeux bleus ou bruns, et puis aussi si on est un humain ou bien un chimpanzé, une mouche ou un manchot empereur. L'ADN, c'est ce qu'on est, en tant qu'individu et en tant qu'espèce. Sans ADN, pas de vie.

Petite précision: à l'heure actuelle, aucune étude scientifique sérieuse n'a prouvé que l'instinct criminel, la pédophilie, l'homosexualité ou la connerie tout court étaient intégrés dans l'ADN (bien que dans certains cas, l'homosexualité par exemple, cela puisse être du fait d'une insuffisance hormonale totalement aléatoire pendant un moment de la gestation).

Bref, reprenons. L'évolution passe par, en gros, deux processus fondamentaux: la mutation et la sélection.

L'ADN peut muter, notamment pendant que l'individu est à l'état de foetus, donc "en construction". C'est un événement pas si rare que ça, mais qui souvent ne se voit pas sur le visage du mutant. Cette mutation peut être délétère (dans ce cas, l'individu est mort en naissant, survit très peu de temps ou ne peut pas se reproduire), c'est un accident génétique. En admettant qu'on parle d'une mutation qui laisse le mutant vivre et se reproduire, cette mutation peut apporter un changement dans la morphologie, la physiologie ou le comportement du mutant, en bien ou en mal. Par exemple, mettons que les ancêtres des baleines avaient encore des pattes arrières développées, et qu'un jour, un baleineau est né sans ces membres. Dans ce cas précis, la mutation est positive.

La sélection est le fait que ce baleineau se soit reproduit (c'est-à-dire que sa mutation n'a pas influencé la sélection sexuelle par l'autre sexe: la nana avec qui il s'est reproduit n'avait pas grand chose à faire qu'il n'ait pas de jambes, pour être plus clair), et que ses descendants aient remplacé les anciennes baleines à jambes. Une baleine sans jambe est plus rapide et mieux adaptée à une vie aquatique qu'une baleine qui traîne des excroissances inutiles sur elle: la baleine sans jambe (et ses descendants si cette mutation se transmet) sont avantagées par rapport aux anciennes.

Les baleines sans jambe sont donc "sélectionnées": c'est la "survie du plus hardi", le mieux adapté à son environnement a de meilleures chances de survie et exclut les moins bien adaptés, qui meurent ou ne peuvent plus se reproduire face à cette compétition. Finalement, les mutations continuant, les nouvelles baleines ne peuvent plus se reproduire avec les baleines à jambes: on a deux espèces différentes. Or, si ces deux espèces cohabitent, elles utilisent le même espace et les mêmes ressources alimentaires: les mieux adaptées au milieu vont mieux se nourrir et occuper l'espace que les moins bien adaptées, qui vont donc disparaître: c'est la sélection naturelle, on sélectionne le meilleur individu et/ou la meilleure espèce au cours du temps.

Bien sur, de nombreux facteurs influent sur cette sélection, notamment le hasard: un mutant ayant reçu une super mutation de la mort qui tue mourra accidentellement avant d'avoir pu se reproduire, ou alors ses descendants mourront ou ne transmettront pas le bon allèle qui assure la mutation. Le gros manque de bol quoi.

Bon, j'espère avoir été assez clair sur la théorie de l'évolution.

Cette théorie a été moultes fois débattue dans les salons de thé londoniens, et on vit s'opposer deux grandes factions: les évolutionnistes, qui acceptaient ce que disait Darwin parce que, scientifiquement, c'était l'explication qui se tenait le mieux, et acceptaient donc l'idée que le hasard (hasard de la mutation, hasard de la sélection) était ce qui avait fabriqué les espèces actuelles; et les créationnistes, chrétiens convaincus qui pensaient que Dieu avait créé la Terre, le Ciel, les animaux, les végétaux et l'Homme avec une majuscule, et qu'il avait fait la sieste le septième jour, et que tout était exactement pareil aux commencements des temps que de nos jours, ce que contredisent maintenant les études moléculaires sur les fossiles, par exemple.

Bien entendu, en tant que scientifique je n'accorde aucun crédit aux thèses créationnistes, parce que ce n'est pas une question de croyance mais une question de science: ce que la science prouve, alors c'est ce qui est (et qu'on ne vienne pas me faire chier avec les quatre éléments ou la Terre qui était plate avant 1500: à l'époque, la science était totalement influencée par la croyance et la conviction, alors que maintenant elle démontre à l'aide de preuves). J'ai assez étudié l'évolution pour être convaincu que c'est bien comme ça que ça se passe. Après tout, l'évolution est la seule théorie qui explique tout sur le vivant et comment on en est arrivés là.

Cependant, toujours en tant que scientifique, je ne peux pas être catégorique sur la non-existence de Dieu ou d'une puissance supérieure, puisqu'il s'agit d'une histoire de croyance. Je n'y crois pas, je suis athée, agnostique, tout ce que vous voulez, mais je pense que si on en est là, c'est uniquement à cause du hasard. Or, c'est une conviction intime, une hypothèse, et pas un raisonnement scientifique. Rien n'a pour l'instant prouvé scientifiquement l'existence d'une puissance supérieure (ou plusieurs, soyons fous), mais rien n'a prouvé non plus sa non-existence. En tant que "croyant", je suis fermement attaché à la théorie de l'évolution basée sur le hasard, et combats de toutes mes forces l'enseignement du créationnisme dans certaines écoles américaines, australiennes et turques, notamment, parce qu'on n'enseigne pas une théorie religieuse en cours de sciences à des mômes malléables, c'est malhonnête. En cours de sciences, on parle sciences, avancées récentes et théories possibles.

La science a prouvé que l'évolution est une bonne théorie qui se rapproche de la réalité, mais je reconnais que la science peut se planter (même si la chance est carrément minime). La religion n'a absolument rien prouvé au niveau du créationnisme, et se met en contradiction avec toutes les dernières découvertes biologiques et géologiques du dernier siècle et demi (par exemple, les créationnistes pensent que la Terre à 6000 ans).

Maintenant, en tant que scientifique, il me faut au moins accorder du crédit à des hypothèses potentiellement recevables. Certaines personnes, en Amérique notamment, parlent de "intelligent design", le dessein intelligent, qui est une sorte de créationnisme masqué, mais surtout de "soft creationism". A savoir que l'évolution existe, mais qu'elle est orchestrée en partie ou exclusivement par des causes surnaturelles, comme Dieu. C'est une sorte de compromis. Or, il a été prouvé que bien d'autres facteurs influencent l'évolution, comme les conditions environnementales. Cependant, si on admet l'existence d'une puissance supérieure, les variations des conditions environnementales, le hasard, les mutations et tous les facteurs qui orientent l'évolution lui sont directement imputables. Pour le moment, à part une conviction profonde, rien ne me permet de rejeter scientifiquement cette hypothèse, bien que rien ne me permette de la valider non plus tant que l'existence d'une ou plusieurs puissance(s) supérieure(s) n'aura pas été prouvée scientifiquement. C'est une hypothèse, comme l'évolution: chacun est libre d'y croire ou non.

L'existence d'une puissance supérieure qui a minutieusement décidé ce qu'allait devenir la Terre est possible, parce que rien ne nous permet d'affirmer le contraire. La volonté d'avoir une conscience supérieure au-dessus de soi est peut-être typiquement humaine et ne prouve que notre faiblesse et la volonté de rejeter sa propre responsabilité ; ou prouve que les humains, seuls parmi les autres espèces, sont capables d'appréhender l'existence de cette conscience supérieure.

My point is: non au créationnisme, et oui au soft creationism et à la théorie de l'évolution enseignés à parts égales dans les classes. Il n'est pas question de science dans la foi en l'une ou l'autre des théories, mais de croyance: laissez les gosses décider ce qu'ils préfèrent, le hasard ou une puissance supérieure. M'enfin, pour cela il faudrait que les enseignants soient d'une objectivité à toute épreuve, et ne favorisent pas l'une ou l'autre des théories... Mission impossible, entre les laïcs convaincus et les religieux fanatiques, aussi cons les uns que les autres de mon point de vue.

A mon sens, toute hypothèse valable devrait recevoir un accueil critique basé sur la science et la logique, et non sur la croyance. Il faut savoir faire la part des choses: personnellement, je pense que Dieu est une grosse arnaque et que si on en est là aujourd'hui, c'est par un monstrueux coup de bol et par l'évolution naturelle. C'est ma croyance, c'est ma foi. Mais scientifiquement, je dois admettre que je me trompe peut-être et qu'il y a peut-être bien une puissance supérieure qui a tout manigancé. Pourquoi? Parce que c'est possible.

Le but de ce billet était de faire comprendre la différence entre la science et la foi, et d'essayer de prouver que les scientifiques peuvent, à tort à mon avis, rejetter des hypothèses uniquement sur la base de leur foi personnelle en l'évolution naturelle, à l'image des religieux qui rejettent des hypothèses scientifiques uniquement sur la base de leur foi en Dieu. Et, pour ceux qui ne se sentent pas particulièrement concernés par l'évolution et le créationnisme, je voulais aussi montrer que parfois, il s'agit de faire la part des choses, et qu'il faut savoir réfléchir plus loin que ses convictions.

J'espère avoir réussi...

A part ça, aujourd'hui, j'écris. Un peu.

lundi 4 février 2008

Mécanisme de défense

"Il est normal d'avoir peur. C'est humain. Mais il est moins normal d'être con. Et pourtant, ça aussi c'est humain."
Platon

Un petit coup de gueule, ça vous dit?

Ce soir, je râle contre les oeillères, contre l'aveuglement, contre l'indifférence et l'optimisme crétin, je râle contre tous ceux qui refusent de voir la vérité juste parce qu'elle est moche. Oui, vous avez deviné, je vais parler d'écologie.

Une expérience amusante à faire entre amis: parlez donc d'écologie, de l'état de la planète, dans une soirée où on s'amuse. Vous passez pour le casseur d'ambiance de premier plan qui veut déprimer tout le monde. C'est évidemment un exemple: en général, on ne parle pas des choses qui fâchent dans une soirée, à moins que le moment s'y prête particulièrement (genre quand une pétasse couine parce que son mec de trois jours vient de la plaquer pour une autre, on peut la remettre à sa place en lui suggérant que sa situation est largement plus enviable que celle des ours blancs dont la phase de déclin commencera, je tiens à le rappeler, d'ici 4 ans maximum).

Ce qui m'agace, c'est que quelle que soit la discussion, on a toujours des comportements que je qualifierais unilatéralement de débiles qui apparaissent.

- Ceux qui ont une vague idée de l'étendue du désastre mais qui ne veulent pas savoir les détails
"Arrêêêêteuh tu vas me déprimer!"

Oh ben oui dis donc, je serais dégoûté d'abîmer ton maquillage avec une raison aussi futile que le Japon qui a repris la chasse à la baleine, c'est d'un trivial.

- Ceux qui ont des oeillères
"Bah moi je vois pas de différence avec y'a dix ans, c'est encore les écolos qui se montent le bourrichon pour rien"

Ah oui, ça doit être ça, 40°C tous les étés en Picardie c'est tout à fait habituel, en fait on se faisait un peu chier à WWF parce que Bové nous a piqué les OGM, alors il a bien fallu qu'on monte une intox mondiale de réchauffement climatique, faut bien qu'on s'amuse un peu hein.

- Ceux qui sont légèrement paranoïaques
"Non mais c'est une connerie financée par les Américains pour qu'on arrête de leur faire de la concurrence, la preuve, "une vérité qui dérange" c'est un américain qui l'a fait"

Ah ben oui mon bon monsieur, c'est évident. D'ailleurs c'est comme pour E.T., ils ont sorti ça pour qu'on croie tous que les aliens sont des gnomes grisâtres et un peu attardés, alors qu'en fait les Etats-Unis ont développé dans le plus grand secret une relation commerciale florissante avec les Vénusiens Mauves et les Atlantes de Nû, ce qui explique leur place au sommet de l'économie mondiale.

- Ceux qui sont optimistes sans trop savoir pourquoi
"Non mais on va s'en sortir, de toutes façons, c'est obligé, y'a pas de raison"

Ouais, ils disaient ça aussi les Juifs en montant dans les trains, dans les années 40...

- Ceux qui n'y croient pas et n'y croiront jamais parce que ça les perturbe trop
"Ah ouais? T'as des preuves?"
"Ouaip, j'ai les assertions d'à peu près l'ensemble de la communauté scientifique, qui montre une augmentation de 25% du taux de CO2 dans l'atmosphère depuis 150 ans, une hausse de la température entre 1 et 3°C pour le prochain siècle et une hausse de 50cm du niveau des mers dans les prochaines années."
"Ouais mais c'est des chiffres de scientifiques ça, on peut en faire ce qu'on veut"

Ah ouais c'est notre kif ça à nous les scientifiques, de balancer des chiffres pour faire peur aux gens. D'ailleurs y'a un grand concours mondial pour celui qui aura réussi le plus beau teint verdâtre ou pâle avec ses chiffres (photos à l'appui).

- Ceux qui écartent les faits d'un revers de main parce qu'ils en ont peur
"Non mais on va pas parler de ça maintenant"

Non t'as raison tiens, parlons plutôt de Nicolas et de Carla, c'est tellement plus important que l'érosion de la biodiversité.

- Ceux qui le savent mais qui s'en foutent royalement
"Mais de toutes façons, on peut rien y faire alors c'est pas la peine d'en parler..."

Nicolas et Carla, on n'y peut rien, pourtant tout le monde en parle. Par contre, l'écologie, on y peut quelque chose, mais hors de question d'en parler, c'est trop chiant comme sujet.

- Ceux qui prennent les écolos pour des névrosés mythomanes alors qu'en fait ils ne pigent que dalle
"Attends y'a dix ans c'était le trou dans la couche d'ozone et maintenant y'a trop de gaz à effet de serre? Faudrait savoir les gars!"

Hé Einstein, t'es au courant que les gaz à effet de serre c'est pas les mêmes que ceux qui font des trous dans la couche d'ozone? Des trous, y'en a toujours, ils se sont pas refermés depuis, c'est juste qu'on risque d'être irradié ET d'avoir chaud.

Bref, ça m'énerve. Je sais que c'est un mécanisme de défense, de nier la vérité pour se protéger, mais comment voulez-vous que l'info passe, que les consciences s'éveillent, si tout le monde continue à refuser d'en parler juste parce que c'est déprimant?

Arthur style: SORTEZ VOUS LES DOIGTS DU CUUUUL!!

A part ça, le droit de l'environnement, on a beau dire, c'est chiant.

mercredi 30 janvier 2008

Oblivion et Sweeney Todd

"Ben heureusement qu'il était pas fleuriste! Meurtre à la jonquille, ça donne moins..."
Moune, en sortant de Sweeney Todd

J'inaugure une nouvelle rubrique, consacrée aux tests et critiques d'événements, films, musiques, jeux, nourriture, etc. Quand j'aurais un peu plus de motivation, je modifierai les articles "critique" en "j'ai testé".

Ces derniers temps, j'ai testé plusieurs choses.

D'abord, je fais mon geek, j'ai testé le jeu Oblivion. En vrai. Parce qu'avant c'était plutôt de temps en temps, entre l'ordi de mon cousin et chez les Suédois (oui j'ai joué à Oblivion en Suède, j'assume, vos gueules). J'ai fini par craquer, et je l'ai en vrai.Pour la petite histoire, Oblivion est le jeu de l'année 2006 (je crois), qui fait suite à Morrowind, déjà jeu de l'année 2002 et dont je suis un grand fan. Les deux jeux font partie de la lignée The Elder Scrolls. On incarne un héros qui peut appartenir à 10 races différentes (elfes noirs, nordiques, orques, etc.) et qu'on peut personnaliser, puis qu'on lance dans un monde trèèèèèès grand, très développé, où il y a des dizaines de quêtes et pas de scénario linéaire: on peut retourner dans tous les endroits explorés, laisser tomber la quête principale quand on veut ou même ne pas la faire du tout, bref, une excellente série de jeux.

Points positifs:
* C'est vachement beau. J'ai limite honte de taper dans les ennemis tellement ils sont beaux.
* La musique est sublime, vachement mieux que celle de Morrowind qui m'a soulé très vite.
* On est moins submergés de quêtes que dans Morrowind, où on ne pouvait pas faire trois pas sans se faire accoster par un blaireau qui veut qu'on tue les rats de sa cave.
* Le système de magie déchire, il ne faut plus 5 secondes pour lancer un sort à grands coups de gesticulations chelou qu'un ennemi peut interrompre en te tapant dessus. Pour info, en 5 secondes, un bourrin guerrier met entre trois et quatre coups d'épée. En outre, les ennemis ne sont pas immunisés à la magie (ou pire, te renvoient les sorts dans la gueule) dès qu'ils deviennent un peu puissant: on peut être magicien et finir le jeu sans se reconvertir en gros bill guerrier dès le niveau 15.
* La magie se régénère en continu, on ne doit pas dormir au milieu de douze orques en armes pour pouvoir leur tataner la gueule à coups de boule de feu.
* Le tir à l'arc est vachement bien foutu aussi.
* Contrairement à Morrowind, on n'est pas obligé de jongler entre téléportation/bateau/puce des marais pour se déplacer rapidement(oui il y a des puces des marais géantes pour se déplacer)(pas de commentaire) : on clique sur l'icône sur la carte, et pour autant qu'on y soit déjà allé, on y va directement.
* Tous les bonshommes parlent avec des voix, c'est nettement plus envoûtant que les cases de Morrowind.
* On a concilié jeu de rôle et jeu de midinette prépubère: les héros peuvent monter à cheval! Maintenant, on peut prêter Oblivion à sa petite soeur, c'est beau le progrès.

Points négatifs:
* Les daedroth sont super moches, on dirait des alligators obèses (si vous ne savez pas ce qu'est un daedroth, d'une part je vous méprise, et d'autre part, voilà la différence: Oblivion et Morrowind)
* On ne peut pas se téléporter. Quel intérêt, me direz-vous, puisqu'on peut se déplacer comme on veut et super simplement? Certes, mais quand même, ça claque de pouvoir disparaître en un clin d'oeil au milieu d'un combat. D'autant que quand tu es attaqué, le système de voyage rapide ne fonctionne pas dans Oblivion.
* On ne peut pas VOLER. Ma grande frustration. Dans Morrowind je passais mon temps en l'air, à léviter par dessus les gros nazes de monstres (sauf ces enc**** de braillards des falaises). Dans Oblivion, non. Tout le monde sur terre, hop. On ne peut pas voir Oblivion vu du ciel, ça craint.
* Les monstres et les paysages sont moins originaux que dans Morrowind. Morrowind, c'était des bestioles chelou issus des délires éthyliques des programmeurs avec des noms étranges, comme les chiens de nix, les ogrims, les alits, les kwamas, les braillards des falaises ou les dreugh, évoluant dans des terres volcaniques, des marécages putrides, des plaines caillouteuses et des steppes désolées. Oblivion, c'est des ogres, des minotaures, des trolls, des loups, des ours (d'ailleurs les ours et les loups ça me fait mal au coeur de les tuer, c'est des espèces protégées!), des gobelins et des liches, dans des plaines kitchounettes genre prairies elfiques regorgeant de ruines, et des montagnes enneigées où on s'attend à voir débarquer Korghar Poingdacier Marteaudor avec sa barbe, sa chope et sa hache.
* Les portes d'oblivion à fermer, sa mère c'que c'est chiant.

Voilà, donc j'accorde généreusement 16/20 à Oblivion, qui déchire mais pas autant que ce que je pensais.

Deuxième test, hier je suis allé voir Sweeney Todd au cinéma, en V.O. of course. Pour ceux qui se demandent de quoi je cause, d'une part je vous informe qu'il s'agit du dernier Tim Burton, avec Johnny Depp, Helena Bonham Carter et Alan Rickman, et d'autre part je vous suggère de vous jeter par la fenêtre la plus proche, bande d'incultes.

Tim Burton, on s'en doute, j'adore. Je ne crois pas avoir rencontré quelqu'un qui n'aime pas Burton, de toutes façons (planète des singes exceptée). Les acteurs, pareil. Le fait que ce soit une comédie musicale, c'était génial aussi. L'ambiance sombre de Londres, l'humour très noir et la beauté des scènes, que du bonheur. Par contre, soit j'ai mal lu, soit ce n'est pas Dany Elfman qui a fait la musique, ce qui est un peu décevant, mais la musique reste bonne. De manière générale, pourtant, j'ai été un peu déçu par l'histoire, je devinais à l'avance tout ce qui allait se passer. Et puis j'ai un gros problème avec les égorgements. Je me tords de rire devant les bras coupés de Kill Bill, mais je ne supporte pas les scènes d'égorgement. Ca me hérisse. Les gens derrière moi au ciné étaient morts de rire, je me crispais sur le fauteuil tout le temps. Un peu trop d'hémoglobine à mon goût donc.

Cependant, à part ça, j'ai adoré, et je le conseille vivement. 18/20.

A part ça, ce soit c'est duro chez la Poulette!

samedi 26 janvier 2008

Wimereux 2: le retour

"[insert le bruit des vagues here]"
La mer

Comme toutes les suites, le deuxième Wimereux était vachement moins bien que le premier (à l'exception de la saga Shrek où le numéro 2 arrache tout, mais telle n'est pas la question).

Flashback: dans le premier Wimereux, on trouvait de l'alcool, des sorties, de l'alcool, des potes, de l'alcool, des parties de cartes, de l'alcool, des délires en tous genre dans le style de la baignade à 4h du mar, de l'alcool, des fêtes tous les soirs, de l'alcool, des gens pleins de cernes et puant l'éthanol à vingt mètres et, évidemment, un peu d'alcool. Non, ce n'était pas qu'une semaine pour pochtrons, même si ça y ressemblait diablement. J'y ai rencontré toute ma petite bande lilloise, bref, c'était limite "à la vie, à la mort".

Le Wimereux numéro 2, dont je reviens, était vachement moins bien. Moins d'alcool, déjà. L'alcool le plus fort était de la bière, parce que "non jme sens pas de bware t'vois, on a cours, chuis fatigué", dixit tout le monde sauf moi. Ca partait mal. Certes, on avait une caisse de chimay et un nombre conséquent de packs de bière plutôt bonne (et quelques packs de "bière à pisser" pour le caps). Mais quand même.

Moins de sorties, aussi, car les cours étaient crevants, 8h-17h30 tous les jours, au bout de cinq jours on a du mal à tenir debout. De même pour les soirées: une seule soirée digne de ce nom, avec caps, bobsleigh en poubelle, ruinage de coccyx pour moi parce que j'ai voulu jouer au rodéo sur la Normande qui a choisi de s'écrouler d'un bloc plutôt qu'essayer de ruer (la fourbe, d'ailleurs) et coucher à 4h du mat. Ca, c'était de la soirée. Les autres soirées, c'était jeux de cartes jusqu'à minuit une heure, ah ben oui ma bonne dame c'était épuisant. L'ambiance était moins détendue, notamment, à mon avis, du fait que deux des meneurs de délire la dernière fois, à savoir J. et C., maintenant en couple, sont passés du côté chiant de la barrière, celui où on se couche tôt, on est tout le temps fatigué, on a la flemme pour tout et où on pense qu'une soirée réussie est une soirée sans alcool (ou alors une bière ou deux) autour d'une fondue au chocolat et d'un jeu de cartes, qui se termine à minuit grand maximum. Ils sont en couple, quoi.

Et donc, pour les célibataires endurcis que nous sommes, avec Y., on a eu un peu de mal à motiver les troupes pour des soirées autrement plus marrantes.

Notons toutefois un bon délire avec C. et M., avec des menaces par texto et des coups en traître dans les dortoirs, genre m'attaquer à coups de boulettes de PQ mouillées pendant que je suis sous la douche (imaginez le traumatisme pour un pudique dans mon genre)(mais on s'est bien marrés quand même).

Bref, je suis rentré, je suis un peu déçu, malgré la très bonne soirée de jeudi, et là, ben je vais faire les courses et la lessive. Oui, ce blog devient de plus en plus passionnant. Bientôt, promis, tout plein d'articles polémiques sur l'environnement, notre cher gouvernement, TF1 et tout et tout. Bientôt, promis, des tests grandioses où vous apprendrez qu'un des gestes qui me dégoûte le plus est de lécher la partie collante d'une enveloppe ou d'une copie d'examen. Bientôt, promis, du sexe, de l'aventure, de l'action et des bulles de savon. Ne manquez pas la suite, et dites-vous bien que même dans Heroes, le milieu de la saison était un peu naze, alors je ne vois pas pourquoi j'échapperais à la règle.

A part ça, tiens j'ai oublié de le dire: j'ai passé avec succès mon niveau 1 de plongée. Je suis à présent plongeur agréé et tout et et tout. La classe.

dimanche 20 janvier 2008

On the marine station again!

"Tout est prêt pour Wimereux! Les soirées, les balades, la mer, l'alcool, les potes, l'ambiance colonies de vacances, les chansons...
- Et les cours?
- Quoi les cours? Quels cou... Ah merde, je savais bien que j'oubliais un truc..."
Préparation du deuxième Wimereux

Aux rares fantômes qui n'ont pas encore lâchement déserté ce blog: je me casse à Wimereux. Une semaine de stage d'océano entre potes, certes avec des cours, mais aussi avec des soirées.

Valise prête, ce soir on fête l'anniv de C., J. et Y. autour d'une raclette et d'un gros tas de bières achetées spécialement lors d'une petite virée en Belgique il y a deux jours. Pour l'instant, j'ai rien à raconter, mais je me rattraperai dans une semaine en revenant.

A part ça, Barenaked Ladies, c'est trop bien.

mercredi 16 janvier 2008

Sortir avec ses profs, mode d'emploi - volume 2

"T'écoutes quoi comme musique?
- Ben plutôt pop rock, Eels, les Cranberries...
- Des trucs de gonzesse quoi.
- Hey!"
Ma prof et moi, dialogue

Hier soir, on est sortis pour célébrer dignement la fin des exams pour toute la promo. Et non pas la réussite brillante des dits exams. Pas fous. Juste la fin.

La veille, on avait déjà fêté ça avec la Poulette et Y., petite soirée intimiste au Mac Ewans avec un magicien, des boules, un débat sur la prostitution à Courchevel, des bières, une recherche désespérée de kébabs à 1h du matin, bref un bon moment dont le détail est raconté chez la Poulette.

Hier, donc, on est sortis avec les Onze de Wimereux (on n'était que dix, mais c'est quand même pas mal) et quelque autres potes de la promo. On a squatté la soirée au Mac Ewans jusqu'à la fermeture, avec nos profs qui sont venus nous rejoindre. Le cap a été passé, maintenant, en soirée, on les tutoie. J'adore Lille, c'est définitif.

Histoire de tout bien comprendre, je dois d'abord apporter des précisions au billet précédent. A un moment de la soirée, vendredi, Y. et J. on trouvé malin d'attirer l'attention de I., la jolie thésarde qui me plaît fortement, à coups de remarques subtiles et discrètes du genre:
"Hé I., tu lui plais à Moune!" beuglé à travers le bar en se levant et en me montrant du doigt. Fin du flashback.

Cette fois-ci, I. n'était pas là. Par contre M., sa responsable de thèse, y était. Et après quelques bières (dont une tournée offerte par S., notre prof de génétique), on s'est mis à bavarder des gens de la fac. Notamment des surnoms de nos profs: le Hollandais Volant pour le prof hollandais à l'accent à couper au couteau, Nosferatu pour le prof tout maigre avec la peau pâle et la tête de vampire, Morticia pour la prof aux décolletés plongeants et aux robes noires chelou, Balavoine pour le prof coiffé avec un bâton de dynamite et qui a commencé son premier cours par "je m'présente...", et Jar Jar Binks (alias Ovomaltine) pour le prof de TD qui balance en marchant et qui paaaaarle coooooomme çaaaaa.

Et ensuite on a parlé des couples. On a balancé ceux de la classe, il paraît que les profs nous voyaient bien ensemble, moi et ma binôme (dommage, elle est casée), ou encore moi et C., mon amour de début d'année. Eh ouais. Mais non.

En échange, on n'a même pas eu les histoires croustillantes entre profs (même si une forte rumeur court sur la possible histoire entre M. et S., les profs présents)(je sais, vous en avez rien à péter de mon feuilleton amour gloire et beauté sur les profs de Lille 1). Mais par contre Y. et J. ont remis ça sur mon attirance pour I. (enfin attirance... disons que je la trouve hyper méga super canon comme nana, mais je me maîtrise, ça va), et M. a repris le truc et m'a dit qu'elle était célibataire (si je me souviens bien) mais compliquéééééée. D'après Marine, c'est bien les filles compliquées, sinon on s'ennuie. Ouais, admettons...

Bref, on est ensuite allés jouer au billard au Snooker. Expression du Nord: j'avais de la chatte, ce qui signifie que j'avais le cul bordé de nouilles: j'ai gagné deux des trois parties et terminé ex aequo sur la dernière (ras le bol de tirer dans la noire, on a fini par abandonner), et j'ai même battu C. pour la première fois de ma vie. Aha.

Puis on est aller mover notre body et kiffer grave la vibes sur de la musique boum-boum, mais on était bourrés alors ça allait. Mais le DJ était d'un autre avis, alors il nous a servi deux slows (j'ai dansé avec ma binome) et il a rallumé les lumières. Le fourbe.

Ainsi s'acheva cette magnifique soirée, oui je sais c'est pas intéressant, oui tout le monde s'en branle, mais moi j'avais envie de le raconter pour m'en souvenir quand je serai vieux et con et que j'essaierai de me souvenir ce que c'est qu'être jeune quand ma fille de 15 ans en sera à sa septième expérience à trois et sa troisième cure de désintox.

C'est thérapeutique.

A part ça, putain ça fait du bien quelques jours de VRAIES vacances...

samedi 12 janvier 2008

Sortir avec ses profs, mode d'emploi

"Professeur (nm): personne cultivée en charge de transmettre son savoir aux jeunes générations afin de permettre la dispersion de la culture dans la population et, à terme, le bien-être et la paix au sein des peuples libres. Les étudiants se doivent de les respecter et de les honnorer comme des maîtres à penser. Comme le disent eux-mêmes les professeurs, "l'important c'est d'y croire".
Encyclopaedia Multiversalis Alien

Hier soir, je n'étais pas trop en forme. Certes, Jean-Marie Lepen est tellement dans la merde financièrement qu'il doit vendre son quartier général, mais ça n'a pas suffit à me mettre de bonne humeur. J'ai raté la plongée (en même temps c'était la fête de la galette des rois, personne n'a plongé, donc bon...), mais j'ai rejoint Y. et J. pour une soirée testostérone (où, comme chacun sait, on ne parle que de nanas). C'était cool, la première pinte de bière est fort bien passée (cuvée des trolls).

Puis la deuxième pinte est arrivée (kermelit), en même temps que "deux paires d'ovaires", comme sont nommées les nanas qui s'incrustent dans les soirées de mecs. A savoir C. et J. (oui je sais les initiales ne vous avancent pas, mais pour ceux qui connaissent c'est plus facile à visualiser). C'était quand même vachement drôle, même si par nature la présence de gonzesse gâche toute l'essence d'une soirée testostérone: quel mec irait parler honnêtement d'une nana en présence d'autres nanas?

Vers 2h du mat, lors de la troisième pinte (Petrus), on a été poussés vers le rez-de-chaussée (on était à la cave), et on a retrouvé avec stupeur notre cher prof de TP de génétique évolutive, coupable d'avoir écrit le sujet de TD du partiel du matin même. Moi je n'ai rien dit, vu que j'ai l'impression d'avoir réussi, mais les autres lui ont fait comprendre que son sujet était tout pourri. Mais il l'a bien pris, il a trinqué avec nous, et il a refusé de nous dévoiler le sujet de dynamique des pops de lundi, bien que Y. lui ait payé une bière. C'est super fourbe un prof quand même.

Y'avait aussi la jolie I., la doctorante qui donne un coup de main à ces TD de génétique, mais apparemment elle nous voit comme "ses petits M1", "la première classe qu'elle a", bref elle gagatise en mode instit de maternelle décérébrée, dommage, elle est carrément canon.

Par la suite, avec la quatrième pinte (une "MacEwans", typique du bar) on a commencé à tutoyer les profs, à délirer avec eux, I. et ses potes étaient même chauds pour qu'on aille boire tous un dernier verre chez eux, mais on a du décliner. Enfin peut-être pas Y., si ça se trouve il se l'est faite cette nuit. J'espère que non, c'est la mienne.

Bref. J'ai aussi de très vagues souvenirs comme quoi une pote, casée, serait intéressée par moi. J'espère que avoir rêvé. Je déteste mettre des rateaux, et le fait d'être casée constitue le répulsif à Moune numéro 1: je ne serai jamais amant, et si je peux éviter d'être la ruine d'un couple, c'est pas non plus pour me déplaire.

Je crois que c'est définitif: on est catégorisés comme des pochtrons notoires par nos profs. Qui sont eux-mêmes des pochtrons notoires. Donc c'est cool.

A part ça, aujourd'hui, je révise la dynamique des pops.
*rire préenregistré*
Ouais ok, j'avoue, trop mal à la tête.