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mardi 10 avril 2007

Aloha Metz

"Et évidemment, ce branleur de Judas est encore absent, alors que c'est son tour de faire la vaisselle!"
Jesus Christ, la Cène, ou le dernier repas du Christ

Petite nouveauté: je commencerai désormais mes billets par des citations de personnages célèbres, dont l'authenticité est certaine et la portée philosophique des plus reconnues.

Je viens de rentrer à Metz, par le train de nuit. Trajet fort inconfortable, difficile de dormir vraiment quand les lumières s'éteignent à 1h du mat et se rallument à 5h, avec le bavard au téléphone devant et les amoureux baveux derrière, et le siège aussi confortable qu'un sac de briques. Alors au lieu de trop dormir, j'ai pensé. Si, ça m'arrive.

J'ai pensé à ma planète et à mes baisses de motivation. Je me suis demandé si ça valait vraiment la peine que je m'efforce de sauver le monde pour les gosses des autres. Moi je n'ai pas vraiment envie de me reproduire. Alors si je n'ai pas de gosse pour lui montrer fièrement les lions et les baleines que j'ai contribué à sauver, pourquoi je me ferais chier pour les autres? Pourquoi je m'inquièterais des gosses des pollueurs, s'ils crèvent d'asphyxie parce que la forêt amazonienne disparaît et que la mer est tellement mazoutée que le phytoplancton refuse de remonter à la surface pour photosynthétiser? Pourquoi je me ferais chier pour des ours polaires dont tout le monde se fout parce que "la voiture c'est quand même bien pratique"? Pourquoi ce serait à moi de faire tout le travail, de sauver une planète où je ne laisserai probablement aucune trace, génétique ou autre? J'ai réfléchi et j'ai trouvé. Pour deux raisons.

Parce que si je ne compte pas avoir de gosses pour l'emmener voir les baleines, ce n'est pas pour autant que moi je n'irai pas. Je sauve ma planète parce que je vis dessus, merde. Parce que je veux voir la forêt amazonienne une fois dans ma vie, parce que je veux voir la banquise, les steppes de Mongolie, l'Ayer Rock et la barrière de corail. Parce que moi, je veux vivre sur un monde potable. Et parce que j'emmerde les blaireaux qui trouvent que l'écologie ne sert à rien et que les rêves c'est les magazines avec des yachts, des voitures et des chateaux.

Et aussi parce que je me sens coupable. Parce que je suis coupable d'être humain, d'être né dans un pays développé et d'avoir rien qu'en existant contribué au réchauffement climatique, à la désertification et autres. Mauvaise conscience de petit bourgeois, peut-être. Et peut-être pas. Peut-être que je trouve que c'est injuste qu'une seule espèce sur la planète décide pour toutes les autres. Peut-être que je pense qu'un peu d'humilité ferait du bien à l'humanité, peut-être que je pense que si on était vraiment des gens civilisés et intelligents, on respecterait les autres espèces, animales ou végétales, inférieures ou non. Parce que décider de l'avenir (pourri) de sa propre espèce, c'est le choix de l'humanité de crâmer dans des vapeurs d'acide et de soufre, mais que d'entraîner dans sa longue chute des centaines d'espèces est injuste et mesquin.

Rassénéré sur mes motivations, persuadé qu'à défaut d'être le sauveur du monde, au moins, moi, j'aurais essayé, j'ai continué à penser. Parce que pour comprendre que l'humanité est une plaie purulente et qu'elle est en règle générale conne comme ses pieds, il faut pas six heures.

Alors j'ai pensé à mon trajet en train. Le même, toujours le même depuis... des années déjà. Des années que pour la première fois j'ai vu ces panneaux... Marseille-Avignon-Valence-Lyon Part-Dieu-Dijon-Toul-Nancy... Avant ça s'arrêtait là. Maintenant je rajoute Metz. Avant quand je voyais "Toul" j'avais un grand sourire bête au milieu de la figure et je bondissais dans le couloir pour poireauter devant la porte pendant les trente minutes qui me séparaient encore de la gare de Nancy, histoire d'être le premier dehors. Maintenant, c'est "pff, Toul, encore une heure et demie avant Metz...". Avant j'allais à Nancy pour les vacances et la beauté de l'amour. Maintenant je vais à Metz pour les études. Avant j'avais quelqu'un qui m'attendait à la gare. Maintenant j'y retrouve ma voiture. Allez comprendre...

Et puis j'ai compris, là aussi. J'ai compris que je n'étais pas un accro acharné qui reste bloqué sur la même personne des années d'affilée à cause d'un quelconque trouble psychique obsessionnel ou d'une sensation de manque, pas plus que je n'étais un saint obnubilé par ses glorieux idéaux de fidélité éternelle et de résistance à la souffrance qui refuse de reconnaître son échec par pure fierté, comme on a parfois tenté de me le faire croire. J'ai compris que si j'étais resté dans cette ville, malgré les cahots du départ, malgré l'envie de repartir et retrouver ma chambre et mes potes, malgré l'absence de promesse ou même d'espoir digne de ce nom, c'est parce que je sais ce que je veux. Parce qu'à défaut de savoir l'exprimer convenablement, je suis capable de voir quand une personne fait réellement partie de ma vie. Parce que j'ai l'espoir tenace. Parce que pour m'empêcher d'aimer qui je veux, il me faut une grosse trahison, ou un très gros flingue.

Parce que je suis comme je suis, parce que j'aime qui je veux et parce que je n'ai pas besoin qu'on m'aime pour aimer (même si ça aide quand même vachement).

Comprendre que j'étais surtout guidé par mes espoirs et ma volonté, ça non plus ça m'a pas pris des plombes.

Alors j'ai pensé à pourquoi je me sentais étranger à ma propre vie, en ce moment. Pourquoi tout me paraît fade et sans beaucoup de goût (sauf LA chose, comme me l'a fait remarquer mon cousin qui a exactement le même problème). Pas de réponse, cette fois-ci. Faute de trouver comment expliquer mon indifférence face à tout sauf CA, j'ai préféré dormir. Et j'ai réussi.

A part ça, ma super écharpe à rayures noires et blanches est enfin finie. C'était mon cadeau de Noël.

samedi 7 avril 2007

Si Dieu existe, j'espère qu'il a une excuse.

Il y en a encore qui ne croient pas au réchauffement climatique. Des qui disent "non mais c'est un processus naturel". Des qui croient que c'est pas grave, tant mieux même, les frileux vont apprécier les hivers plus doux.

Et ça, ça m'énerve. Comme ça m'énerve qu'on reprenne la pêche à la baleine parce que les baleines sont des "ressources territoriales dont les pays peuvent user à leur convenance". Comme ça m'énerve qu'on veuille construire un circuit de voitures en plein milieu d'un parc naturel de Dordogne. Comme ça m'énerve que tout le monde se foute de la planète sur laquelle on habite. Comme ça m'énerve qu'on continue à prendre sa voiture pour faire 500 mètres. Comme ça m'énerve qu'on brûle des forêts pour acheter des terrains constructibles. Comme ça m'énerve qu'on tue des animaux pour "l'amour du sport". Comme ça m'énerve qu'on déforeste l'Amazonie. Comme ça m'énerve qu'on dégaze le fioul en pleine mer, ou qu'on laisse des taudis flottants prendre le large.

Ca m'énerve que tout le monde s'en foute. Ca m'énerve que personne ne se rende compte du mal qu'il fait en faisant comme si de rien n'était. Ca m'énerve que les écolos d'aujourd'hui soient en train de militer contre le nucléaire et les OGM au lieu de se bouger sur des sujets nettement plus importants. Ca m'énerve de voir ça, de voir ma planète crever à petit feu, tout ça parce que tout le monde est trop égoïste pour faire un effort. Ca m'énerve d'avoir l'impression d'être le seul à éviter de prendre ma voiture, à éteindre les appareils électriques en veille, à refuser d'acheter du saumon (en voie de disparition) ou à économiser l'eau.
Regardez votre oeuvre, bande de gens. Et ne venez pas dire que c'est la faute du voisin. Tout ça, c'est notre faute, directement ou pas, parce qu'on a participé ou parce qu'on a laissé faire, ou juste parce qu'on s'en fout. Tout ça, c'est notre faute. Et vous pouvez encore vous regarder dans une glace? Moi pas.


A part ça, pour ceux qui l'auraient oublié: nous n'avons PAS de planète de rechange.

"Pense à ton avenir!" "Quel avenir?"

L'avenir, par définition, c'est ce qu'il y a plus tard, après, pas encore maintenant, mais ça va venir. C'est ce que les gens qui disent tenir à nous trouvent important. Pas le présent, ça on s'en fout de ce qu'on est maintenant. L'important, c'est plus tard. "Mais pense à ton aveniiiir!" "Tu as pensé à plus tard?" "Plus tard, tu me remercieras et tu diras que j'avais raison!" Mais qu'est-ce que ça a de si passionnant, plus tard?

Plus tard, pour ces gens (parents, familles, amis proches), c'est le moment béni où je serai indépendant financièrement, où je pourrais être heureux par moi-même sans pour autant avoir besoin d'une chambre chez ma mère, où je pourrais faire des cadeaux de noël valables plutôt que d'en recevoir. L'avenir, c'est la fin des études, le travail 35 heures par semaine (au moins), les vacances au lance-pierres et le salaire à la fin du mois. Plus tard, c'est quand j'aurais (enfin) trouvé une femme qui me supporte, et avec qui j'envisage de me reproduire pour qu'on puisse trouver que le gremlin a mon nez. L'avenir, c'est les impôts, la paperasse, le mois difficile à boucler, les problèmes de thunes, les problèmes avec le patron et les collègues, les voisins chiants, les week ends trop courts, la politique contre laquelle il faut bien râler, les potes qu'on ne voit que le vendredi soir pour l'apéro et la partie de belote...

Moi ça m'attire pas. L'indépendance, la solitude, le travail, c'est pas la vie ça. Rentrer dans le moule, justifier son existence en gagnant de quoi se nourrir, se jeter à corps perdu dans le marché du travail, c'est pas du tout comme ça que mon esprit de Peter Pan trop vite grandi voit les choses. Il paraît qu'il ne faut jamais abandonner ses rêves d'enfant. Moi mes rêves c'était d'aimer, d'être aimé, et de sauver la Terre. Et de voler aussi, un peu. Mais les rêves que je devrais avoir, apparemment, c'est pouvoir assumer financièrement mon existence et celle de ma descendance, avoir un toit au-dessus de ma tête qui m'appartient, payer mes impôts à mon pays et avoir un emploi où le patron ne me donne pas envie de me jeter du quinzième.

On est loin des rêves de pirates, de chevaliers et de magiciens qu'on faisait quand on était jeunes, non?

Et il y en a encore qui trouvent que grandir a du bon...

A part ça, prendre l'avion nuit à l'environnement, donc prenez le train, ou subissez mon courroux.

vendredi 6 avril 2007

Sport

Sir Winston Churchill, lorsqu'un journaliste lui demanda quel était le secret de sa forme légendaire, répondit ces mots fameux: "Sport. Never Sport".

Le père d'Ivan, dans mon livre préféré (Enchantement, de Orson Scott Card), estime quant à lui que "le corps décline à partir de quarante ans, tandis que l'esprit continue à s'affiner. Pourquoi investir dans la partie périssable?"

Tout ça pour dire que j'ai très mal pris le regard condescendant et désolé du médecin chargé de me réexaminer (suite à l'accident d'il y a un peu plus d'un an) quand je lui ai dit avec un zeste de dérision que le sport était interdit par ma religion. Selon les nutritionnistes (vile engeance de dégénérés hargneux et sournois certainement envoyés par les puissances du Mal pour affaiblir les forces célestes et répandre leurs mensonges dans l'esprit pur des hommes de bien), il faut faire du sport parce que c'est bon pour la santé.

Seulement voilà: le sport est peut-être bon pour la santé du corps, mais certes pas pour celle de l'esprit. En tout cas, pas dans mon cas. J'ai toujours détesté courir sans être pressé et pour aller nulle part. Je ne supporte pas de courir après une baballe que de toutes façons on ne me passe jamais. Suer de partout et refouler la bouche d'égoût dans un diamètre de vingt mètres me déplaît. Avoir des courbatures pendant trois jours m'exaspère. Et perdre mon temps à courir, sauter et tourner juste dans le but de perdre du poids et de suivre le conseil des nutritionnistes me gave au plus haut degré.

Le sport, c'est bien quand on ne se rend pas compte qu'on en fait. Quand on fait du laser game, quand on marche dans la nature ou quand on fait l'amour, par exemple. Quand on pense à autre chose qu'à sa respiration haletante ou à son coeur qui bat la chamade. Bref, quand l'esprit est libéré des contraintes de l'exercice physique.

Ajoutons à cela que je suis un flemmard. Et que me lever à 5 heures du mat pour aller voir les oiseaux s'envoler sur fond de soleil couchant, capturer des chevreuils ou simplement me balader main dans la main avec une accorte demoiselle, d'accord, mais s'il s'agit de courir, même à 10h, je serai toujours la tête dans mon oreiller. Si vous voulez me faire bouger, trouvez-moi une carotte valable autre que "ça te fera du bien, c'est bon pour la santé", justification que j'accueille en général d'un grand rire méprisant.

Je peux comprendre ceux qui aiment le sport, je peux (difficilement) comprendre ceux qui aiment courir pour le plaisir de courir, je peux (avec des efforts) comprendre qu'on puisse trouver jouissif de mettre une baballe dans un filet. En échange, qu'on me fasse le plaisir de comprendre que ne pas aimer le sport ne constitue pas une tare irrémédiable qui me fera forcément devenir obèse d'ici cinq à dix ans. Ca fait plus de vingt ans que j'existe, et je n'ai jamais pratiqué un sport régulier plus de six mois. Et pourtant je ne suis pas franchement gros, pas franchement faible, et pas franchement inapte.

A part ça, il paraît que je ressemble à Francis, dans Malcolm.

jeudi 5 avril 2007

La maison de mes rêves...

Un fameux courant scientifique aux sources inconstestables, encadré par des chercheurs sérieux et blindés de diplômes officiant de le domaine de psychologie et de l'architecture, estime que quand on dessine la maison qu'on veut, on peut définir sa personnalité à partir du dessin. Si si. C'est-y pas génial tous ces tests pseudo-psychologiques qui foisonnent sur le net? Je me suis dit que non, pas envie, si c'est encore pour être classé "Hannibal Lecter" ça va comme ça les tests pourris. Et puis finalement si.

Bah, ça vaut bien le coup de quand on demande à un pauvre môme de distinguer un papillon dans une tache d'encre, et qu'on le classe en "dépressif" s'il a le malheur de voir une chauve-souris...

Alors je me suis attelé à la tâche.

Voilà ce que ça donne (je sais, je me suis autant appliqué que quand je rédige ma liste de course...).





Alors il paraît que :

- je cherche l'amour parce qu'il y a des fleurs (trop facile...)

- je suis sensuel et passionné parce que j'ai mis une mare (alors c'est juste que j'aime bien les poissons et les grenouilles)(je suppose que le raisonnement c'est que c'est parce que c'est une "zone humide", ou quelque chose d'aussi intelligent?)

- je me déprécie parce que je me suis dessiné plus petit que la maison (oui le truc avec les poils jaunes contre l'arbre c'est moi)(d'ailleurs faut-il être con pour se dessiner aussi grand que sa barraque, comment tu rentres dedans après?)

- j'ai besoin des autres quand j'ai un problème parce que la fenêtre est grande et fermée (et par la même occasion ça prouve que je suis un artiste)(si j'en avais une petite et ouverte, je suis sur que j'aurais été un artiste raté avec des tendances suicidaires)

- je suis un leader (ahaha) parce que j'ai dessiné une maison en lignes et angles droits

- je suis un amoureux libre et doté d'une grande force mentale parce que ma maison est isolée (je suis seul, donc je suis libre... logique)

- ma vie est pleine de changements parce que le chemin est sinueux (alors que si c'était droit j'aurais été un entrepreneur autoroutier)

- je déteste la solitude et que j'apporte la "joie et le bonheur partout où je passe" (et même des fleufleurs et des tagazous en sucre si c'est la pleine lune) parce que je n'ai pas fait de clôture

- j'ai une personnalité de dominateur manipulateur parce que mon jardin est en bordel...

Comme quoi, les miracles de la psychologie, quand même... Je ne comprends vraiment pas les gens qui osent penser que cette discipline n'a aucun fondement scientifique... c'est quand même vachement utile pour l'humanité ce genre de truc non?

Ok je vais un peu loin. Mais faut avouer, aussi, s'il n'y avait pas ce genre de psychotests bidons plein les magazines de nanas et à travers la Toile, peut-être que je prendrais la psychologie au sérieux... Ce serait bien qu'on fasse autant de vulgarisation de l'écologie à l'usage des crétins et des désoeuvrés... Au moins on aurait une chance de sauver la planète.

A part ça, sauvez une mouche, mangez une araignée.

mercredi 4 avril 2007

"Oublie-moi..." "Ok pas de problème."

Un petit moment déjà que je voulais faire ce billet... Pour ceux qui écoutent la radio (je ne fais pas de pub, mais le nom c'est le continent de nous qu'on y habite, avec le nombre de mains qu'a un être humain normal), il passe régulièrement la nouvelle chanson à la mode du dénommé Riké, l'un des chanteurs du groupe Sinsémilia, intitulée si je ne m'abuse "Oublie-moi". Histoire de recadrer, je n'ai rien contre les baba-cool à dreads qui marchent pieds nus et fument des géraniums en fustigeant la société sur leur guitare. C'est pas vraiment mon style de musique ni de paroles, mais je supporte bien (contrairement à, disons, Avril Lavigne qui me colle une migraine persistante).

D'ailleurs, je suis même allé le voir en concert, ce jeune homme. Gentil garçon, voix sympathique, souriant, bien excité sur scène (pas une bête mais quand même, du mouvement), accessible et apparemment pas du tout du style musicien arrogant qui se la joue artiste naviguant dans des sphères que le commun des mortels ne peut atteindre. Good boy. Ce n'est donc pas une haine viscérale dirigée contre les babas ou ce garçon qui peut altérer mon jugement, contrairement à Romain Duris (sans h, j'ai retenu la leçon les filles) qui de mon point de vue dépasse à peine le niveau de conscience, d'intelligence et de beauté des protozoaires les plus primitifs.

Sa chanson est donc enjouée, fort remuante, avec des paroles simples et faciles à retenir. Et il se trouve que je ne peux pas l'encadrer. Par soucis d'honnêteté, les paroles c'est ça.

Et pour ceux qui ne l'auraient même pas entendue, allez voir .

Bref, explication de texte: pourquoi cette chanson m'horripile.

Parce que je ne crois pas que faire des efforts pour s'adapter à quelqu'un qu'on aime soit une tare.

Parce que je ne pense pas qu'il existe un "moi" fixe et persistant en chacun de nous, un élément sacré et immuable qu'il ne faut surtout pas déranger.

Parce que je crois que c'est en parlant aux autres et en nous y adaptant qu'on construit "qui je suis", pas en s'enfermant dans la définition de soi qu'on se construit autour de ce qu'on pense savoir de nous.

Parce que c'est trop facile de dire "je suis comme ça, ça bougera pas, démerde toi avec ce que je te donne et si t'es pas content dégage".

Parce que selon moi, le "qui je suis", on peut le définir approximativement deux secondes avant de mourir de vieillesse, en faisant le résumé de sa vie entière.

Parce qu'avoir des idéaux c'est bien, mais refuser de les voir changer c'est être étroit d'esprit et soumis à un dogme. Les idées, ça évolue, sinon ça s'appelle des convictions.

Parce que cirer les pompes de gens plus puissants pour pouvoir aimer celle qu'on veut, c'est une forme de liberté bien plus importante que tout envoyer bouler pour se déclarer libre et sans attache. C'est le choix de savoir faire des sacrifices au nom d'un amour. Je commence vraiment à ressembler à Benjamen Malaussène, avec mon culte de l'amour, moi...

Parce qu'accepter d'être bousculé et changé par les autres c'est une leçon d'humilité, et qu'apprendre qu'il faut s'adapter pour survivre et qu'on ne fait pas toujours ce qu'on veut dans la vie, c'est la sélection naturelle. Ceux qui ne changent pas disparaissent.

Parce que je trouve arrogant de penser que "ce que je suis" est plus important qu'une histoire avec une personne qui s'intéresse à moi. Un couple, c'est des compromis, refuser à tout prix de changer c'est condamner son histoire.

Une belle conviction dans les propos, un bon rythme, une musique joyeuse... qui donnent envie de rugir "oublie-moi" aux misérables mécréants qui espèrent un quelconque effort de notre part, en mettant en péril notre précieux et immobile "qui je suis".

Peut-être aussi que je me prends la tête pour rien, et que comme dit A., une pote de ma frangine (mais elle est fan de Romain Duris et déteste Kirsten Dunst donc je sais pas trop si on peut lui faire confiance), "c'est pas du tout le personnage de penser comme ça". Peut-être pas. Peut-être que ce gentil garçon de Riké a parfaitement conscience que ce n'est pas bien d'être trop obnubilé par sa liberté et qu'il faut savoir faire des efforts et des sacrifices. Mais tout le monde n'a pas une intelligence suffisante pour penser comme ça. Ce genre de chanson peut donner de mauvaises idées aux nénettes hystériques qui se trémoussent en beuglant le refrain...

"Ma chérie, tu pourrais arrêter de coller tes pieds gelés contre les miens pendant nos phases de sommeil réparateur que nous effectuons dans le même lit?"
"Nan, et si ça te plaît pas oublie-moi!"
Je caricature, certes. Mais quand même...

A part ça, "Si l'amour tel que tu l'attends Ne se conjugue pas à plein temps" c'est la seule partie du texte à laquelle j'adhère sans réserve.

mardi 3 avril 2007

La politique, c'est le mal

La politique c'est chiant. C'est un sujet tabou, parce que personne n'a les mêmes idées que celui d'en face. Comme dirait Edward Bloom, c'est très impoli d'en parler, on risque toujours de froisser l'autre. Alors en général j'évite d'en parler. J'évite de râler contre les gens d'extrême gauche qui vont favoriser le passage de Lepen ou Bayrou au deuxième tour en votant pour leurs petits partis qui ne passeront jamais. J'évite de râler contre les Sarkozystes qui croient ce que le Nain raconte. J'évite même de parler politique avec ceux qui ont des idées enflammées bleu-blanc-rouge. Je ne parle plus politique qu'avec des gens qui ont les mêmes idées que moi, et encore.

Mais bon, il y a quand même des limites à ne pas dépasser. Comme le dit la poulette, c'est bien gentil d'être anti-Sarko, encore faut-il savoir pourquoi. Le coup des banlieues et son discours sur l'amalgame entre identité nationale et immigration me sont, personnellement, restées en travers de la gorge. En outre, c'est le seul candidat qui "refuse de freiner la croissance pour l'environnement". Et ça, ça me fout les boules sévère, parce que les scientifiques s'accordent à dire que pour sauver le monde, il va falloir calmer le jeu sur l'économie. Ca me suffit pour ne pas du tout apprécier sa candidature, pour penser que c'est un sale con et pour prier qu'un sniper se le paye avant le premier tour (les restes du Laser Game d'hier...).

Bref, mon propos est que j'ai moi aussi reçu le mail dont parle la poulette, à propos de Sarko l'ogre mangeur de bébés et violeur de vieilles dames, et assimilés. On a reçu ça, avec mon cousin, de la part de ma Mère Grand, militante socialiste de la première heure. Petite précision avant de poursuivre: dans ma famille, voter à droite est passible de deshéritage, et ne pas voter du tout de la peine capitale. Chez nous, on milite, on manifeste, on a des idées de gauche et on le vit bien. Jusque là, pas de soucis, les idéaux de solidarité (certes souvent utopistes vu le ramassis de cons qui profitent du système) et l'envie de faire passer l'intérêt commun avant celui d'une minorité ou d'une économie me conviennent tout à fait. Je suis de gauche et j'assume.

Le problème, à l'heure actuelle, c'est que ma famille soutient en majeure partie Ségolène Royal. Moi compris. Là où ça pêche, c'est que mes parents et mes grands-parents la soutiennent parce qu'ils pensent que c'est la mieux. Moi je la soutiens parce que j'estime qu'elle a le double avantage d'être l'une des moins pire, et qu'elle a des chances d'aller au deuxième tour. Point barre. Si je votais pour ce que je pense vraiment, je voterais Voynet, même si je ne peux pas l'encadrer. Mais le courage d'exprimer ses opinions, mon cul: je ne vote pas vert si Lepen montre déjà les dents.

Bref, pour reprendre, j'ai moi aussi reçu le mail, donc. Et avec mon cousin, on s'est un peu défoulés dessus: on a trouvé débile d'utiliser le passé de sa famille, pas crédible le coup de l'hélico, trop faciles et mal documentées les attaques portées au Nain, et lamentable d'utiliser des armes aussi nazes que le tractage haineux par internet. Jusque là tout allait bien, on a prouvé qu'on n'était certes pas des fanatiques de gauche qui avalent tout ce qu'on dit sur le méchant Sarko. Même si on ne l'aime pas, et qu'il y a dans le tas deux ou trois arguments valables.

Mais le dossier s'est rouvert, pas plus tard que tout à l'heure. Ma Mère Grand, pour sermonner notre coup de gueule, justifier ça par "oui mais c'est des tracts, le but c'est pas de... hein, bon" et en profiter pour attaquer en coup bas mon cousin pour son orthographe (parce qu'en plus d'être à gauche, ma famille maternelle compte une looooongue tradition d'instituteurs, et l'orthographe mal maîtrisée compte parmi les pêchés les plus impardonnables qui soient, entre le meurtre et l'inceste - mon oncle cuisinier pique une crise si une faute d'orthographe pointe le nez sur un de ses menus, par exemple). Et là j'ai été déçu. Ne pas reconnaître que ce tract est minable, mal documenté, et qu'il dessert la gauche, franchement je m'attendais à mieux. Bon, il faut dire aussi que ma Mère Grand est de la génération qui considère que les adultes ont toujours raison, et que reconnaître ses erreurs devant nous est une preuve de faiblesse. Ce qui fait qu'elle est convaincue que nous avons fait de la "philosophie" en débattant sur ce mail et que ce n'est pas ça l'important (ces jeunes ça se focalise sur des bêtises, j'vous jure...).

La question est: a-t-on le droit de balancer les pires horreurs sur les gens pour dissuader de voter pour eux? Et c'est ça, la France? C'est ça, la politique? Plus le temps passe, et plus je comprends ceux qui vont à la pêche au lieu d'aller aux urnes...

A part ça, ma meilleure amie m'a fait un cadeau de folie... Kirsten Dunst taille réelle en mode Marie-Antoinette. Intransportable pour Metz, mais quand même... Waaaa...