"Les baleines, c'est trop cool comme poisson."
Nicolas Hulot
Et dire qu'il y en a encore qui croient qu'on a inventé la musique...
A part ça, je retourne bosser.
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vendredi 13 avril 2007
Ennui
"Le point commun entre Spiderman et un motard heureux, c'est qu'ils ont tous les deux des moucherons coincés entre les dents."
Mata Hari
Ces temps-ci, je m'ennuie. Même ici, sur ce blog, parfois j'ai vraiment rien à dire. Comme maintenant, par exemple. Alors qu'il doit bien y avoir des choses que je pourrais raconter...
Comme par exemple que je vais dégommer ce @#&%*! de moineau à coups de taille-crayon s'il continue à venir me chanter la sérénade tous les matins à 7h du mat alors que c'est les vacances.
Ou encore que j'ai passé la soirée hier à faire une salade de pommes de terres, jusqu'à minuit, et que j'en ai à peine mangé trois fourchettes parce qu'à minuit j'avais plus faim.
Ou bien que les madames de l'accueil du CROUS semblent m'adorer, me disent "bonjour jeune homme" dès que je rentre dans l'accueil alors que je viens juste chercher mon courrier, et j'ai vérifié, je suis le seul à qui elles font ça. Les cheveux longs sont donc bien un critère de séduction, CQFD.
Sinon je me suis remis à chercher un stage, peut-être bien que j'irai en Corse cet été, ce serait vachement bien...
Ou alors je pourrais dire que j'ai la fleeeemme de bosser, que j'ai 10 pages d'article scientifique à traduire de l'anglais au français à propos de la chasse à la baleine, et bien que le sujet me passionne, la langue de Shakespeare me gonfle à un niveau seulement compréhensible par les frères Montgolfier.
Alala, que ma vie est passionnante... Tiens, le moineau est de retour. Mouahaha.
A part ça, les tongs sont de retour.
Mata Hari
Ces temps-ci, je m'ennuie. Même ici, sur ce blog, parfois j'ai vraiment rien à dire. Comme maintenant, par exemple. Alors qu'il doit bien y avoir des choses que je pourrais raconter...
Comme par exemple que je vais dégommer ce @#&%*! de moineau à coups de taille-crayon s'il continue à venir me chanter la sérénade tous les matins à 7h du mat alors que c'est les vacances.
Ou encore que j'ai passé la soirée hier à faire une salade de pommes de terres, jusqu'à minuit, et que j'en ai à peine mangé trois fourchettes parce qu'à minuit j'avais plus faim.
Ou bien que les madames de l'accueil du CROUS semblent m'adorer, me disent "bonjour jeune homme" dès que je rentre dans l'accueil alors que je viens juste chercher mon courrier, et j'ai vérifié, je suis le seul à qui elles font ça. Les cheveux longs sont donc bien un critère de séduction, CQFD.
Sinon je me suis remis à chercher un stage, peut-être bien que j'irai en Corse cet été, ce serait vachement bien...
Ou alors je pourrais dire que j'ai la fleeeemme de bosser, que j'ai 10 pages d'article scientifique à traduire de l'anglais au français à propos de la chasse à la baleine, et bien que le sujet me passionne, la langue de Shakespeare me gonfle à un niveau seulement compréhensible par les frères Montgolfier.
Alala, que ma vie est passionnante... Tiens, le moineau est de retour. Mouahaha.
A part ça, les tongs sont de retour.
jeudi 12 avril 2007
Ma vie est passionnante
"Croyez-moi les gars, un concert qui se passe au "stock de bois", personne s'en souviendra jamais!"
Jimi Hendrix
Il se passe des trucs super dans ma vie en ce moment, vous vous imaginez même pas. Non, cherchez pas. Il faut avoir une imagination particulièrement spéciale pour avoir une vague idée de l'étendue des événements qui secouent mon existence.
Par exemple, cette nuit, j'ai rêvé que je faisais mon stage cet été en tant qu'assistant-écologue de Ségolène Royal. Qui dormait dans ma chambre, dans le Sud, qui était un bourreau de travail et qui avait des piercings aux tétons (les deux). Et j'avais l'air de penser que tout était parfaitement normal, dans ce rêve.
Tant qu'on en est aux rêves, j'ai découvert un super pouvoir qui va me permettre de foutre Morphée K.O. un peu plus souvent que d'habitude. Ce matin j'ai rêvé que j'étais au volant d'une voiture, mais que j'avais vachement de mal à freiner, et je rentrais dans toutes les voitures. Et un moment j'ai envoyé une voiture grise contre un mur. J'ai fait ce que je ferais en situation réelle: arrêter ma voiture, en sortir et aller voir si le conducteur va bien. Je me souviens avoir râlé parce que c'était un mec (on se marre pas), et qu'il avait vachement mal à la tête. D'ailleurs je me souviens aussi que je l'ai pris pour un simulateur, mais histoire de dire j'ai essayé d'appeler les pompiers. Le premier appel n'a pas marché, réseau encombré, alors je me suis tourné vers le type qui se tenait la tête. Et il avait les cheveux mi-longs, alors qu'au début il avait les cheveux courts et pleins de gel. Et là c'est le drame, j'ai dit "j'aurais parié que tu avais les cheveux courts". Le mec me regarde avec un air d'incompréhension, je me retourne pour retéléphoner... Et tout s'assemble. Je ne suis pas mauvais conducteur au point d'emboutir tout ce qui passe, le réseau des pompiers n'est jamais saturé, et les cheveux des gens ne poussent pas de 20cm en trois minutes. C'est pas logique, c'est donc un rêve. Je me rappelle avoir souri, et m'être réveillé. C'est peut-être nul, mais les cauchemars et les rêves étranges ont grandement pourri ma vie ces dernières années, et j'ai élevé Morphée au rang d'ennemi onirique numéro 1. Et je viens de remporter ma première victoire sur lui: si je parviens à réaliser que c'est un rêve, je peux en sortir. Ahaha.
Sinon les piafs qui chantent c'est peut-être mignon écrit dans des poèmes, mais tous les matins à 7h ça devient lourd. Ce pauvre moineau beugle comme un possédé des "cui-cui" hystériques à deux mètres de ma fenêtre, et il croit tellement que je suis son ami parce que je l'ai nourri au popcorn tout l'hiver qu'il ne semble même plus avoir peur quand je tire mon rideau brusquement. Je crois que je vais le nourrir au caramel, avec du bol ça lui coincera un peu le bec à ce naze...
Ah, et aujourd'hui je dois bosser mes rapports... La pêche intensive des baleines, la jussie qui envahit tout, et ma présentation orale d'anglais à propos de ce que je veux faire plus tard. J'ai choisi Dieu. Imaginez, expliquer en quoi consiste le métier de Dieu... Je sens que je vais m'éclater à rédiger tout ça dans le patois de Shakespeare.
A part ça, j'ai pas de stage pour cet été, pas de taf non plus, et ça m'éneeeeerve. Si au moins j'avais des sous pour compenser...
Jimi Hendrix
Il se passe des trucs super dans ma vie en ce moment, vous vous imaginez même pas. Non, cherchez pas. Il faut avoir une imagination particulièrement spéciale pour avoir une vague idée de l'étendue des événements qui secouent mon existence.
Par exemple, cette nuit, j'ai rêvé que je faisais mon stage cet été en tant qu'assistant-écologue de Ségolène Royal. Qui dormait dans ma chambre, dans le Sud, qui était un bourreau de travail et qui avait des piercings aux tétons (les deux). Et j'avais l'air de penser que tout était parfaitement normal, dans ce rêve.
Tant qu'on en est aux rêves, j'ai découvert un super pouvoir qui va me permettre de foutre Morphée K.O. un peu plus souvent que d'habitude. Ce matin j'ai rêvé que j'étais au volant d'une voiture, mais que j'avais vachement de mal à freiner, et je rentrais dans toutes les voitures. Et un moment j'ai envoyé une voiture grise contre un mur. J'ai fait ce que je ferais en situation réelle: arrêter ma voiture, en sortir et aller voir si le conducteur va bien. Je me souviens avoir râlé parce que c'était un mec (on se marre pas), et qu'il avait vachement mal à la tête. D'ailleurs je me souviens aussi que je l'ai pris pour un simulateur, mais histoire de dire j'ai essayé d'appeler les pompiers. Le premier appel n'a pas marché, réseau encombré, alors je me suis tourné vers le type qui se tenait la tête. Et il avait les cheveux mi-longs, alors qu'au début il avait les cheveux courts et pleins de gel. Et là c'est le drame, j'ai dit "j'aurais parié que tu avais les cheveux courts". Le mec me regarde avec un air d'incompréhension, je me retourne pour retéléphoner... Et tout s'assemble. Je ne suis pas mauvais conducteur au point d'emboutir tout ce qui passe, le réseau des pompiers n'est jamais saturé, et les cheveux des gens ne poussent pas de 20cm en trois minutes. C'est pas logique, c'est donc un rêve. Je me rappelle avoir souri, et m'être réveillé. C'est peut-être nul, mais les cauchemars et les rêves étranges ont grandement pourri ma vie ces dernières années, et j'ai élevé Morphée au rang d'ennemi onirique numéro 1. Et je viens de remporter ma première victoire sur lui: si je parviens à réaliser que c'est un rêve, je peux en sortir. Ahaha.
Sinon les piafs qui chantent c'est peut-être mignon écrit dans des poèmes, mais tous les matins à 7h ça devient lourd. Ce pauvre moineau beugle comme un possédé des "cui-cui" hystériques à deux mètres de ma fenêtre, et il croit tellement que je suis son ami parce que je l'ai nourri au popcorn tout l'hiver qu'il ne semble même plus avoir peur quand je tire mon rideau brusquement. Je crois que je vais le nourrir au caramel, avec du bol ça lui coincera un peu le bec à ce naze...
Ah, et aujourd'hui je dois bosser mes rapports... La pêche intensive des baleines, la jussie qui envahit tout, et ma présentation orale d'anglais à propos de ce que je veux faire plus tard. J'ai choisi Dieu. Imaginez, expliquer en quoi consiste le métier de Dieu... Je sens que je vais m'éclater à rédiger tout ça dans le patois de Shakespeare.
A part ça, j'ai pas de stage pour cet été, pas de taf non plus, et ça m'éneeeeerve. Si au moins j'avais des sous pour compenser...
mardi 10 avril 2007
Aloha Metz
"Et évidemment, ce branleur de Judas est encore absent, alors que c'est son tour de faire la vaisselle!"
Jesus Christ, la Cène, ou le dernier repas du Christ
Petite nouveauté: je commencerai désormais mes billets par des citations de personnages célèbres, dont l'authenticité est certaine et la portée philosophique des plus reconnues.
Jesus Christ, la Cène, ou le dernier repas du Christ
Petite nouveauté: je commencerai désormais mes billets par des citations de personnages célèbres, dont l'authenticité est certaine et la portée philosophique des plus reconnues.
Je viens de rentrer à Metz, par le train de nuit. Trajet fort inconfortable, difficile de dormir vraiment quand les lumières s'éteignent à 1h du mat et se rallument à 5h, avec le bavard au téléphone devant et les amoureux baveux derrière, et le siège aussi confortable qu'un sac de briques. Alors au lieu de trop dormir, j'ai pensé. Si, ça m'arrive.
J'ai pensé à ma planète et à mes baisses de motivation. Je me suis demandé si ça valait vraiment la peine que je m'efforce de sauver le monde pour les gosses des autres. Moi je n'ai pas vraiment envie de me reproduire. Alors si je n'ai pas de gosse pour lui montrer fièrement les lions et les baleines que j'ai contribué à sauver, pourquoi je me ferais chier pour les autres? Pourquoi je m'inquièterais des gosses des pollueurs, s'ils crèvent d'asphyxie parce que la forêt amazonienne disparaît et que la mer est tellement mazoutée que le phytoplancton refuse de remonter à la surface pour photosynthétiser? Pourquoi je me ferais chier pour des ours polaires dont tout le monde se fout parce que "la voiture c'est quand même bien pratique"? Pourquoi ce serait à moi de faire tout le travail, de sauver une planète où je ne laisserai probablement aucune trace, génétique ou autre? J'ai réfléchi et j'ai trouvé. Pour deux raisons.
Parce que si je ne compte pas avoir de gosses pour l'emmener voir les baleines, ce n'est pas pour autant que moi je n'irai pas. Je sauve ma planète parce que je vis dessus, merde. Parce que je veux voir la forêt amazonienne une fois dans ma vie, parce que je veux voir la banquise, les steppes de Mongolie, l'Ayer Rock et la barrière de corail. Parce que moi, je veux vivre sur un monde potable. Et parce que j'emmerde les blaireaux qui trouvent que l'écologie ne sert à rien et que les rêves c'est les magazines avec des yachts, des voitures et des chateaux.
Et aussi parce que je me sens coupable. Parce que je suis coupable d'être humain, d'être né dans un pays développé et d'avoir rien qu'en existant contribué au réchauffement climatique, à la désertification et autres. Mauvaise conscience de petit bourgeois, peut-être. Et peut-être pas. Peut-être que je trouve que c'est injuste qu'une seule espèce sur la planète décide pour toutes les autres. Peut-être que je pense qu'un peu d'humilité ferait du bien à l'humanité, peut-être que je pense que si on était vraiment des gens civilisés et intelligents, on respecterait les autres espèces, animales ou végétales, inférieures ou non. Parce que décider de l'avenir (pourri) de sa propre espèce, c'est le choix de l'humanité de crâmer dans des vapeurs d'acide et de soufre, mais que d'entraîner dans sa longue chute des centaines d'espèces est injuste et mesquin.
Rassénéré sur mes motivations, persuadé qu'à défaut d'être le sauveur du monde, au moins, moi, j'aurais essayé, j'ai continué à penser. Parce que pour comprendre que l'humanité est une plaie purulente et qu'elle est en règle générale conne comme ses pieds, il faut pas six heures.
Alors j'ai pensé à mon trajet en train. Le même, toujours le même depuis... des années déjà. Des années que pour la première fois j'ai vu ces panneaux... Marseille-Avignon-Valence-Lyon Part-Dieu-Dijon-Toul-Nancy... Avant ça s'arrêtait là. Maintenant je rajoute Metz. Avant quand je voyais "Toul" j'avais un grand sourire bête au milieu de la figure et je bondissais dans le couloir pour poireauter devant la porte pendant les trente minutes qui me séparaient encore de la gare de Nancy, histoire d'être le premier dehors. Maintenant, c'est "pff, Toul, encore une heure et demie avant Metz...". Avant j'allais à Nancy pour les vacances et la beauté de l'amour. Maintenant je vais à Metz pour les études. Avant j'avais quelqu'un qui m'attendait à la gare. Maintenant j'y retrouve ma voiture. Allez comprendre...
Et puis j'ai compris, là aussi. J'ai compris que je n'étais pas un accro acharné qui reste bloqué sur la même personne des années d'affilée à cause d'un quelconque trouble psychique obsessionnel ou d'une sensation de manque, pas plus que je n'étais un saint obnubilé par ses glorieux idéaux de fidélité éternelle et de résistance à la souffrance qui refuse de reconnaître son échec par pure fierté, comme on a parfois tenté de me le faire croire. J'ai compris que si j'étais resté dans cette ville, malgré les cahots du départ, malgré l'envie de repartir et retrouver ma chambre et mes potes, malgré l'absence de promesse ou même d'espoir digne de ce nom, c'est parce que je sais ce que je veux. Parce qu'à défaut de savoir l'exprimer convenablement, je suis capable de voir quand une personne fait réellement partie de ma vie. Parce que j'ai l'espoir tenace. Parce que pour m'empêcher d'aimer qui je veux, il me faut une grosse trahison, ou un très gros flingue.
Parce que je suis comme je suis, parce que j'aime qui je veux et parce que je n'ai pas besoin qu'on m'aime pour aimer (même si ça aide quand même vachement).
Comprendre que j'étais surtout guidé par mes espoirs et ma volonté, ça non plus ça m'a pas pris des plombes.
Alors j'ai pensé à pourquoi je me sentais étranger à ma propre vie, en ce moment. Pourquoi tout me paraît fade et sans beaucoup de goût (sauf LA chose, comme me l'a fait remarquer mon cousin qui a exactement le même problème). Pas de réponse, cette fois-ci. Faute de trouver comment expliquer mon indifférence face à tout sauf CA, j'ai préféré dormir. Et j'ai réussi.
A part ça, ma super écharpe à rayures noires et blanches est enfin finie. C'était mon cadeau de Noël.
samedi 7 avril 2007
Si Dieu existe, j'espère qu'il a une excuse.
Il y en a encore qui ne croient pas au réchauffement climatique. Des qui disent "non mais c'est un processus naturel". Des qui croient que c'est pas grave, tant mieux même, les frileux vont apprécier les hivers plus doux.





Et ça, ça m'énerve. Comme ça m'énerve qu'on reprenne la pêche à la baleine parce que les baleines sont des "ressources territoriales dont les pays peuvent user à leur convenance". Comme ça m'énerve qu'on veuille construire un circuit de voitures en plein milieu d'un parc naturel de Dordogne. Comme ça m'énerve que tout le monde se foute de la planète sur laquelle on habite. Comme ça m'énerve qu'on continue à prendre sa voiture pour faire 500 mètres. Comme ça m'énerve qu'on brûle des forêts pour acheter des terrains constructibles. Comme ça m'énerve qu'on tue des animaux pour "l'amour du sport". Comme ça m'énerve qu'on déforeste l'Amazonie. Comme ça m'énerve qu'on dégaze le fioul en pleine mer, ou qu'on laisse des taudis flottants prendre le large.
Ca m'énerve que tout le monde s'en foute. Ca m'énerve que personne ne se rende compte du mal qu'il fait en faisant comme si de rien n'était. Ca m'énerve que les écolos d'aujourd'hui soient en train de militer contre le nucléaire et les OGM au lieu de se bouger sur des sujets nettement plus importants. Ca m'énerve de voir ça, de voir ma planète crever à petit feu, tout ça parce que tout le monde est trop égoïste pour faire un effort. Ca m'énerve d'avoir l'impression d'être le seul à éviter de prendre ma voiture, à éteindre les appareils électriques en veille, à refuser d'acheter du saumon (en voie de disparition) ou à économiser l'eau.
Regardez votre oeuvre, bande de gens. Et ne venez pas dire que c'est la faute du voisin. Tout ça, c'est notre faute, directement ou pas, parce qu'on a participé ou parce qu'on a laissé faire, ou juste parce qu'on s'en fout. Tout ça, c'est notre faute. Et vous pouvez encore vous regarder dans une glace? Moi pas.





A part ça, pour ceux qui l'auraient oublié: nous n'avons PAS de planète de rechange.
"Pense à ton avenir!" "Quel avenir?"
L'avenir, par définition, c'est ce qu'il y a plus tard, après, pas encore maintenant, mais ça va venir. C'est ce que les gens qui disent tenir à nous trouvent important. Pas le présent, ça on s'en fout de ce qu'on est maintenant. L'important, c'est plus tard. "Mais pense à ton aveniiiir!" "Tu as pensé à plus tard?" "Plus tard, tu me remercieras et tu diras que j'avais raison!" Mais qu'est-ce que ça a de si passionnant, plus tard?
Plus tard, pour ces gens (parents, familles, amis proches), c'est le moment béni où je serai indépendant financièrement, où je pourrais être heureux par moi-même sans pour autant avoir besoin d'une chambre chez ma mère, où je pourrais faire des cadeaux de noël valables plutôt que d'en recevoir. L'avenir, c'est la fin des études, le travail 35 heures par semaine (au moins), les vacances au lance-pierres et le salaire à la fin du mois. Plus tard, c'est quand j'aurais (enfin) trouvé une femme qui me supporte, et avec qui j'envisage de me reproduire pour qu'on puisse trouver que le gremlin a mon nez. L'avenir, c'est les impôts, la paperasse, le mois difficile à boucler, les problèmes de thunes, les problèmes avec le patron et les collègues, les voisins chiants, les week ends trop courts, la politique contre laquelle il faut bien râler, les potes qu'on ne voit que le vendredi soir pour l'apéro et la partie de belote...
Moi ça m'attire pas. L'indépendance, la solitude, le travail, c'est pas la vie ça. Rentrer dans le moule, justifier son existence en gagnant de quoi se nourrir, se jeter à corps perdu dans le marché du travail, c'est pas du tout comme ça que mon esprit de Peter Pan trop vite grandi voit les choses. Il paraît qu'il ne faut jamais abandonner ses rêves d'enfant. Moi mes rêves c'était d'aimer, d'être aimé, et de sauver la Terre. Et de voler aussi, un peu. Mais les rêves que je devrais avoir, apparemment, c'est pouvoir assumer financièrement mon existence et celle de ma descendance, avoir un toit au-dessus de ma tête qui m'appartient, payer mes impôts à mon pays et avoir un emploi où le patron ne me donne pas envie de me jeter du quinzième.
On est loin des rêves de pirates, de chevaliers et de magiciens qu'on faisait quand on était jeunes, non?
Et il y en a encore qui trouvent que grandir a du bon...
A part ça, prendre l'avion nuit à l'environnement, donc prenez le train, ou subissez mon courroux.
Plus tard, pour ces gens (parents, familles, amis proches), c'est le moment béni où je serai indépendant financièrement, où je pourrais être heureux par moi-même sans pour autant avoir besoin d'une chambre chez ma mère, où je pourrais faire des cadeaux de noël valables plutôt que d'en recevoir. L'avenir, c'est la fin des études, le travail 35 heures par semaine (au moins), les vacances au lance-pierres et le salaire à la fin du mois. Plus tard, c'est quand j'aurais (enfin) trouvé une femme qui me supporte, et avec qui j'envisage de me reproduire pour qu'on puisse trouver que le gremlin a mon nez. L'avenir, c'est les impôts, la paperasse, le mois difficile à boucler, les problèmes de thunes, les problèmes avec le patron et les collègues, les voisins chiants, les week ends trop courts, la politique contre laquelle il faut bien râler, les potes qu'on ne voit que le vendredi soir pour l'apéro et la partie de belote...
Moi ça m'attire pas. L'indépendance, la solitude, le travail, c'est pas la vie ça. Rentrer dans le moule, justifier son existence en gagnant de quoi se nourrir, se jeter à corps perdu dans le marché du travail, c'est pas du tout comme ça que mon esprit de Peter Pan trop vite grandi voit les choses. Il paraît qu'il ne faut jamais abandonner ses rêves d'enfant. Moi mes rêves c'était d'aimer, d'être aimé, et de sauver la Terre. Et de voler aussi, un peu. Mais les rêves que je devrais avoir, apparemment, c'est pouvoir assumer financièrement mon existence et celle de ma descendance, avoir un toit au-dessus de ma tête qui m'appartient, payer mes impôts à mon pays et avoir un emploi où le patron ne me donne pas envie de me jeter du quinzième.
On est loin des rêves de pirates, de chevaliers et de magiciens qu'on faisait quand on était jeunes, non?
Et il y en a encore qui trouvent que grandir a du bon...
A part ça, prendre l'avion nuit à l'environnement, donc prenez le train, ou subissez mon courroux.
vendredi 6 avril 2007
Sport
Sir Winston Churchill, lorsqu'un journaliste lui demanda quel était le secret de sa forme légendaire, répondit ces mots fameux: "Sport. Never Sport".
Le père d'Ivan, dans mon livre préféré (Enchantement, de Orson Scott Card), estime quant à lui que "le corps décline à partir de quarante ans, tandis que l'esprit continue à s'affiner. Pourquoi investir dans la partie périssable?"
Tout ça pour dire que j'ai très mal pris le regard condescendant et désolé du médecin chargé de me réexaminer (suite à l'accident d'il y a un peu plus d'un an) quand je lui ai dit avec un zeste de dérision que le sport était interdit par ma religion. Selon les nutritionnistes (vile engeance de dégénérés hargneux et sournois certainement envoyés par les puissances du Mal pour affaiblir les forces célestes et répandre leurs mensonges dans l'esprit pur des hommes de bien), il faut faire du sport parce que c'est bon pour la santé.
Seulement voilà: le sport est peut-être bon pour la santé du corps, mais certes pas pour celle de l'esprit. En tout cas, pas dans mon cas. J'ai toujours détesté courir sans être pressé et pour aller nulle part. Je ne supporte pas de courir après une baballe que de toutes façons on ne me passe jamais. Suer de partout et refouler la bouche d'égoût dans un diamètre de vingt mètres me déplaît. Avoir des courbatures pendant trois jours m'exaspère. Et perdre mon temps à courir, sauter et tourner juste dans le but de perdre du poids et de suivre le conseil des nutritionnistes me gave au plus haut degré.
Le sport, c'est bien quand on ne se rend pas compte qu'on en fait. Quand on fait du laser game, quand on marche dans la nature ou quand on fait l'amour, par exemple. Quand on pense à autre chose qu'à sa respiration haletante ou à son coeur qui bat la chamade. Bref, quand l'esprit est libéré des contraintes de l'exercice physique.
Ajoutons à cela que je suis un flemmard. Et que me lever à 5 heures du mat pour aller voir les oiseaux s'envoler sur fond de soleil couchant, capturer des chevreuils ou simplement me balader main dans la main avec une accorte demoiselle, d'accord, mais s'il s'agit de courir, même à 10h, je serai toujours la tête dans mon oreiller. Si vous voulez me faire bouger, trouvez-moi une carotte valable autre que "ça te fera du bien, c'est bon pour la santé", justification que j'accueille en général d'un grand rire méprisant.
Je peux comprendre ceux qui aiment le sport, je peux (difficilement) comprendre ceux qui aiment courir pour le plaisir de courir, je peux (avec des efforts) comprendre qu'on puisse trouver jouissif de mettre une baballe dans un filet. En échange, qu'on me fasse le plaisir de comprendre que ne pas aimer le sport ne constitue pas une tare irrémédiable qui me fera forcément devenir obèse d'ici cinq à dix ans. Ca fait plus de vingt ans que j'existe, et je n'ai jamais pratiqué un sport régulier plus de six mois. Et pourtant je ne suis pas franchement gros, pas franchement faible, et pas franchement inapte.
A part ça, il paraît que je ressemble à Francis, dans Malcolm.
Le père d'Ivan, dans mon livre préféré (Enchantement, de Orson Scott Card), estime quant à lui que "le corps décline à partir de quarante ans, tandis que l'esprit continue à s'affiner. Pourquoi investir dans la partie périssable?"
Tout ça pour dire que j'ai très mal pris le regard condescendant et désolé du médecin chargé de me réexaminer (suite à l'accident d'il y a un peu plus d'un an) quand je lui ai dit avec un zeste de dérision que le sport était interdit par ma religion. Selon les nutritionnistes (vile engeance de dégénérés hargneux et sournois certainement envoyés par les puissances du Mal pour affaiblir les forces célestes et répandre leurs mensonges dans l'esprit pur des hommes de bien), il faut faire du sport parce que c'est bon pour la santé.
Seulement voilà: le sport est peut-être bon pour la santé du corps, mais certes pas pour celle de l'esprit. En tout cas, pas dans mon cas. J'ai toujours détesté courir sans être pressé et pour aller nulle part. Je ne supporte pas de courir après une baballe que de toutes façons on ne me passe jamais. Suer de partout et refouler la bouche d'égoût dans un diamètre de vingt mètres me déplaît. Avoir des courbatures pendant trois jours m'exaspère. Et perdre mon temps à courir, sauter et tourner juste dans le but de perdre du poids et de suivre le conseil des nutritionnistes me gave au plus haut degré.
Le sport, c'est bien quand on ne se rend pas compte qu'on en fait. Quand on fait du laser game, quand on marche dans la nature ou quand on fait l'amour, par exemple. Quand on pense à autre chose qu'à sa respiration haletante ou à son coeur qui bat la chamade. Bref, quand l'esprit est libéré des contraintes de l'exercice physique.
Ajoutons à cela que je suis un flemmard. Et que me lever à 5 heures du mat pour aller voir les oiseaux s'envoler sur fond de soleil couchant, capturer des chevreuils ou simplement me balader main dans la main avec une accorte demoiselle, d'accord, mais s'il s'agit de courir, même à 10h, je serai toujours la tête dans mon oreiller. Si vous voulez me faire bouger, trouvez-moi une carotte valable autre que "ça te fera du bien, c'est bon pour la santé", justification que j'accueille en général d'un grand rire méprisant.
Je peux comprendre ceux qui aiment le sport, je peux (difficilement) comprendre ceux qui aiment courir pour le plaisir de courir, je peux (avec des efforts) comprendre qu'on puisse trouver jouissif de mettre une baballe dans un filet. En échange, qu'on me fasse le plaisir de comprendre que ne pas aimer le sport ne constitue pas une tare irrémédiable qui me fera forcément devenir obèse d'ici cinq à dix ans. Ca fait plus de vingt ans que j'existe, et je n'ai jamais pratiqué un sport régulier plus de six mois. Et pourtant je ne suis pas franchement gros, pas franchement faible, et pas franchement inapte.
A part ça, il paraît que je ressemble à Francis, dans Malcolm.
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