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vendredi 1 juin 2007

La Ligue des Gentlemen Extraordinaires

"Comme toujours, le bouquin et le film n'ont rien à voir."
Pythagore



Le capitaine Némo, Alan Quartermain, Mina Harker, l'Homme Invisible et Mr Hyde.


Aujourd'hui je vais parler d'une de mes bandes dessinées préférées, découverte cette année dans les recoins de la médiathèque de quartier de Metz (comme quoi ce séjour n'aura pas été si inutile que ça): la Ligue des Gentlemen Extraordinaires.

Avant de me plonger dedans, j'avais les mêmes a priori que tout le monde: encore une histoire de super-héros, ça doit être inintéressant au possible, gnagnagna... Que nenni! La Ligue est une histoire au dessin extrêmement travaillé (et non pas dans le style "comics"), et surtout au scénario proprement impressionnant, qui a d'ailleurs valu à l'auteur de nombreuses récompenses.

L'histoire: à la fin du XIXe siècle, un agent des services secrets britanniques, travaillant pour le compte du mystérieux M., mandate Wilhemina Harker, récemment divorcée de Jonathan Harker (personnages de Dracula), afin de retrouver autour du monde certains citoyens pouvant aider l'Angleterre à sortir d'une crise: un génie du mal chinois sévit sur Londres, et il faut des agents particulièrement spéciaux pour pouvoir démanteler son réseau. La demoiselle s'embarque dans le submersible du Capitaine Nemo, le Nautilus, et part pour l'Arabie, récupérer son compatriote devenu opiomane, le fameux aventurier Alan Quartermain. Puis elle se rend en France afin de mettre la main sur le fameux scientifique en exil, le docteur Jeckyll, et son alter-ego monstrueux, Mr Hyde. Enfin, elle capture le dernier possesseur de la formule d'invisibilité, l'Homme Invisible, un criminel qui sévit dans une pension pour jeunes filles.

Dans le premier tome, les cinq héros sont confrontés au "Docteur", un scientifique chinois fou, et au professeur Moriarty, ennemi numéro 1 de Sherlock Holmes. Dans le second, la ligue est reformée pour lutter contre la menace extraterrestre de la Guerre des Mondes de H.G. Wells. Au cours de ces aventures, les références aux grands auteurs fantastiques de cette période se multiplient: Bram Stoker, Jules Verne, Sir Arthur Conan Doyle, H.G. Wells, Edgar Alan Poe... Pour comprendre toutes les références des auteurs, il faut avoir une culture bibliographique conséquente: personnellement, bien que je connaisse assez bien la plupart des événements relatés dans ces BD, il reste de nombreuses références que je n'ai pas encore comprises. Ce n'est pas une simple BD qu'on peut lire et oublier: c'est un ouvrage qui marque, qui fait réfléchir, qui amène à parfaire sa culture. Les personnages sont humanisés par rapport aux héros stoïques dépeints dans les ouvrages d'origine, montrant des faiblesses qui les rendent attachants, et l'histoire est travaillée sans laisser le moindre point d'ombre.

Beaucoup savent que ces oeuvres ont inspiré un film, beaucoup plus axé "superhéros". Bien que de nombreux points de la BD ne soient pas respectés et que le but ait clairement été de faire une fiction grand public pour attirer les foules, l'histoire n'est pas si mauvaise et respecte assez bien l'esprit de la BD, et l'idée d'ajouter l'immortel Dorian Gray (Oscar Wilde) et Tom Sawyer (Mark Twain) aux personnages est plutôt bonne. Bien entendu, ça ne casse pas des briques et ça n'est rien en comparaison de la BD, mais c'est déjà pas mal.

Bref, voilà, violent coup de coeur pour ces BD, que je conseille à tous.

Niveau actualité, il paraît que les auteurs envisagent de monter une nouvelle Ligue, avec l'histoire qui se passe dans les années 30... L'époque d'Hercule Poirot et de Miss Marple. J'en salive d'avance.

A part ça, fait froid ici... A mort le mistral.

jeudi 31 mai 2007

Blasé

"Comment que chuis trop blasééééé sa mère!"
Bernard Pivot, la seule dictée où il n'a eu que 19/20

Je suis blasé.

Je pense que ça va passer, que cette impression s'atténuera progressivement quand je reverrai mes amis, quand j'aurais fait ma virée à Avignon (j'emmerde solennellement ceux qui disent en Avignon) quand j'aurais trouvé du taf, enfin tout ça quoi... Quand j'aurais retrouvé ma motivation.

Mais là je suis blasé d'avoir quitté Metz "pour de vrai", avec genre 0,5% de chance d'y retourner l'an prochain. Je suis blasé que mon aventure lorraine se termine par un échec sentimental violent et irrémédiable. Je suis blasé d'avoir passé un an là-bas, peut-être pour rien vu ma motivation défaillante pour trouver un stage cette année, alors que j'aurais pu construire autre chose à Lille, avec la motivation d'y rester l'an prochain, avec l'espoir de me trouver quelqu'un, bref... J'ai perdu un an, mais d'une certaine manière je n'arrive pas à le regretter. Je suis blasé que ça n'ait pas marché avec T. (si j'avais été plus lucide je l'aurais su dès août dernier, mais l'espoir est une maladie infectieuse), je suis blasé de m'être fait des potes que je ne reverrai peut-être plus, je suis blasé de revenir ici et de me retrouver tout seul devant mon ordi en attendant que mes potes soient disponibles...

J'ai envie de parler, de m'affaler chez quelqu'un pour bavarder sur mes histoires de coeur en ayant la certitude d'être écouté, de boire un verre entre potes... J'ai envie d'avoir des sous, d'avoir un stage, de partir en Bretagne cet été, en vacances ou en stage... J'ai envie d'autre chose. J'ai envie de gens qui n'ont pas honte de m'enlacer.

Je sais pas, ça doit être le contrecoup du voyage. Mais je me sens blasé, dégoûté, mal dans ma peau et un chouia déprimé. J'ai besoin de vie autour de moi. Je vais aller demander à ma frangine si le narguilé manqué d'hier tient toujours... non faut qu'elle bosse. Pffff...

Alone again, actually.

A part ça, y'a pas de cerises cette année, je suis deg.

mercredi 30 mai 2007

Retour aux sources chaudes

"Meow?"
Léa, qui n'a pas l'air de m'avoir reconnu

Et voilà... Revenu dans le Sud.

Petit récapitulatif, histoire de bien me souvenir que c'est pourri de déménager.

Alors... Hier soir, après avoir lavé, empaqueté, briqué, ficelé, rincé et blindé respectivement l'appart, mes affaires, les toilettes, le matelas de secours (qui n'a servi que deux fois dans l'année), l'évier et la Mounemobile©, je n'ai pu trouver le sommeil, Morphée me faisant toujours la gueule à cause des deux beignes (pourtant bien méritées) de la semaine dernière. Résultat, j'ai glandouillé sur l'ordi jusqu'à 23h, je me suis allongé pour stresser en me disant que j'y arriverais jamais (à finir le ménage ET à faire rentrer toutes mes petites affaires dans la voiture), je me suis tourné et retourné dans mon appart étrangement vide pendant une heure ou deux (le temps que Morphée cesse de bouder), et je me suis réveillé à 4h en plein stress (quel sale rancunier ce Morphée). J'ai sommeillé vaguement jusqu'à 5h30 (j'ai avancé mon réveil), puis debout, chargement de la Mounemobile©, ménage, lessivage des sols, paré pour l'état des lieux...

...et en fait non. La femme de ménage affectée à l'état des lieux m'a refilé des produits qui déchirent leurs races aux pingouins, et le calcaire récalcitrant a agonisé sous mes pshiitt sadiques et efficaces. Donc finalement, le temps de boucler l'état des lieux, de rendre les clés et d'avoir une pensée émue pour cette ville que je n'habiterais peut-être plus jamais, je suis parti à 9h du mat. Avec grosso (varan de ko)modo 3 heures de sommeil, une voiture pleine comme un oeuf et 800 bornes à m'enfiler.

Pour me donner du courage, je me suis acheté une bouteille de Cherry Coke (alors oui je sais c'est maaaal c'est sucré/américain/transgénique/fabriqué avec des cerveaux de petits Coréens/testé sur des lapins blancs de Boisjoli (ou l'inverse), n'empêche que j'avais besoin de caféine pour tenir la route, alors hein, bon, quoi, merde!) et des nounours en guimauve/chocolat (je saaaaiiiis c'est mal/sucré/mauvais pour la santé/fait avec les restes de Cannelle). Et hop, on the road again.

Ce que j'ai retenu de ces 8 heures de voyage, c'est:

- Les insectes qui éclatent sur le pare-brise, ça fait des jolies couleurs quand on les étale avec les essuie-glace, avec l'idée candide et naïve que le produit lave-glace lave les glaces.
- Les conducteurs des camions qui doublent d'autres camions alors qu'ils roulent à peine plus vite sont un motif suffisant pour rétablir la peine de mort en France.
- Il y a une ville qui s'appelle Dieulefit, et franchement je trouve qu'il y en a qui n'ont honte de rien.
- Ma voiture consomme un plein en 450 kilomètres.
- Il existe une faille spatio-temporelle aux environs de Lyon, où on trouve à 20 km de distance un panneau qui indique la même distance de Lyon.
- Quand on arrive sur les Autoroutes du Sud de la France, ça se voit tout de suite: les voitures accélèrent toutes de 20km/h.

Ah, et aussi les tickets d'autoroute qui disparaissent par sorcellerie automobile dans les tréfonds du vide-poche, c'est hyper fourbe. Heureusement je suis souple (...disons au moins de l'avant-bras gauche).

Et puis sous mes coups répétés dans mes rollers pour pouvoir passer les vitesses sans me faire embêter par les roulettes, mon cadre en verre a explosé en morceaux, et évidemment je me suis épluché le doigts.

Mais sinon j'ai survécu, je n'ai tué personne (à part les insectes suicidaires et le hérisson-mais-il-était-déjà-mort) et ma voiture n'est pas plus cabossée que d'habitude.

Ma mère et ma soeur ont grave halluciné (ouahaha je cause en jeune) en me voyant sortir tout ça de ma petite voiture, je pense que j'ai un bel avenir dans la prestidigitation ("Et maaaiiiintenaaaaant, l'homme (hum) qui faisait sortir l'arche de Noé d'une boîte à oeufs!!") .

Et me revoilà, revenu dans le Sud, planté devant l'ordi tandis que la mise à jour de mon antivirus s'archarne avec un sadisme tout informatique sur un malheureux fichier sensé contenir un virus... Ceux qui connaissent Avast!, ça fait "Ouiiiiin ouiiiiiinn (je fais super bien la sirène)(de pompiers)(je précise pour les blaireaux qui fantasment déjà sur moi avec des coquillages sur les tétons) Attention-vous-avez-un-virus-sur-votre-ordinateur", avec une voix si expressive qu'elle ferait facilement passer Juliette (de Roméo et Juliette) pour une plante en pot.

Ah, sinon, ma chatte a pondu deux boules de poils (communément appelés "chatons"), des amateurs d'élevage félin ou de nourriture exotique?

A part ça, la piscine est rempliiiiie, home sweeeeeet home.

mardi 29 mai 2007

Grand ménage de printemps

"C'est la dernière fois que je ramasse vos caleçons crades sous vos plumards! J'en ai marre, je veux le droit de vote!"
Blanche-Neige, douce utopiste de l'époque.

Aujourd'hui, c'est le dernier jour que je passe à Metz. Et je suis en train de faire le ménage.

Attention, le ménage d'un appart qu'on rend est très différent du ménage que l'on fait quand sa nana débarque ou qu'on en a marre de renifler de la poussière. Le ménage de fin de location est au ménage traditionnel ce que Godzilla est à Garulfo (si vous ne savez pas qui est Garulfo, je vous méprise).

Il y a même une feuille de route pour nous expliquer tout bien ce qu'on doit laver. J'ai l'impression que je n'en verrai jamais la fin: le frigo, les fenêtres, les plinthes, les étagères, les placards, la tuyauterie, la douche, les sols, les murs... Sans compter que je dois empaqueter mes dernières affaires et leur trouver une petite place dans le capharnaüm de la Mounemobile©.

Après cette éprouvante journée, dodo, réveil à 6h, état des lieux à 8h et décollage pour le Sud dans la foulée.

Bon, là, pause détente Daria-pique-nique. Enfin si je trouve encore des épisodes que je n'ai pas vus sur le net.

A part ça, vivement... euh... dans plusieurs années, tiens, qu'on soit débarrassés.

dimanche 27 mai 2007

Lâchez tout!

"C'est le genre de préservatif que je pourrais retrouver entre mes chaussures."
S., à peu près


D'avance, pardon pour le manque de structure de ce billet. Je viens de vivre un week end riche en événements et je compte utiliser le présent blog pour graver mes souvenirs. Vu mon état de fatigue, il se peut que la chronologie soit assez peu respectée.

Vendredi, après quatre heures de trajet en plein soleil sur l'autoroute séparant Metz de Paris (en comptant les 10 minutes de pause repas et les traditionnelles 40 minutes de visite impromptue de la banlieue parisienne dues à mon sens de l'orientation comparable à celui d'une fougère), je suis arrivé chez ma tante. Tel l'amorphe moyen, je lis des BD pendant qu'ils sont tous partis bosser puis m'endors sur le canapé. Le soir, après un repas fort sympathique en famille accompagné de glace à la fraise maison (niam, est-il besoin de le préciser?), je relis six ou sept albums de Tintin (toute ma jeunesse) avant de sombrer dans le sommeil du juste.

Le lendemain, tout s'enchaîne: lever à 7h, RER, métro, TGV, et me voici dans la ville qui accueillera peut-être mon auguste présence l'an prochain: Lille. Comme on peut s'en douter, S., étant dotée de deux chromosomes X, est fort logiquement à la bourre. Bon. Elle finit par me bondir dessus dans le dos, et nous voilà partis dans le métro lillois qui, à mon humble avis, sent fort mauvais. Après quelques courses, je retrouve le quartier de S., les plantes injustement qualifiées de "mauvaises herbes" qui jaillissent un peu partout dans les fissures des trottoirs, les bâtiments de brique rouge et le sympathique foutoir de l'appart de S.

A peine installé que c'est le départ: pique nique improvisé dans un super parc de Lille (même si le fond sonore ressemble curieusement au son des voitures qui passent à train d'enfer sur l'autoroute à 10m de là), où je discours avec force enthousiasme de la beauté des épaules dénudées chez les femmes. Et j'assume. Après avoir profité du grand air, S., qui doit bosser son mémoire, me catapulte pour un cours de cuisine asiatique chez la Poulette, chargée de me baby-sitter l'après-midi. Retour pour les courses, donc. Nous discutons de mon statut d'esclave attaché à sa personne qui pousse d'une manière on ne peut plus sexy le chariot des courses, ainsi que des multiples sortes de riz qui fleurissent sur les rayons de Champion.

Retour en cuisine, je dépiaute les crevettes sans même faire une seule blague scabreuse (serais-je en train de m'assagir?) pendant que la Poulette prépare l'huile, le riz, tout ça... Nous faisons frire les beignets de crevette, puis après pas mal d'expériences infructueuses ardamment commentées d'un ton d'experts qui nous vaudra de la part de S., arrivée entretemps, de franches railleries, nous finissons par nous en sortir dans la confection de chips de crevette. Ensuite c'est la pause du marmiton, à part découper quelques lanières de poulet je n'en rame plus une, et je laisse la Poulette achever son repas oriental avec la dextérité qui la caractérise.

Vient enfin le moment de la dégustation, et le verdict est unanime: vivement qu'on légalise le mariage homo, qu'on puisse décréter la Poulette bonne à marier. Après ça, nous profitons sans vergogne des déboires sentimentaux de notre hôtesse pour la faire sortir, alors qu'elle était fatiguééééée et qu'elle bossait le lendemain. De toutes façons c'était écrit dans les biscuits chinois, qu'elle devait repousser ses limites, alors hein, c'était le destin!

Après une préchauffe à la vodka pomme qui laisse S. un poil plus imbibée que nous, direction la Tchouka, une boîte gay fort sympathique avec de la musique pourrie. S., déterminée à trouver à la Poulette une nouvelle conquête, râle contre les camionneuses qu'il y a "même au bar" (c'est dire! ...moi non plus j'ai pas compris), danse avec entrain et grimaces et disparaît sporadiquement dans la foule pour surgir deux minutes plus tard dans notre dos. De mon côté je passe mon temps à danser vaguement, à compter les mains au panier que je subis sans parvenir à déterminer d'où elles viennent et à enlacer la Poulette, en partie pour la convaincre de rester encore un peu.

Mais la fatigue nous abat, et nous ressortons 1h30 plus tard. Après avoir raccompagné la Poulette, retour vers l'appart de S. où nous sombrons dans un sommeil vaguement alcoolisé de douze heures d'affilée, à peine perturbé par les orgasmes à répétition de la voisine du dessus de S. D'ailleurs, à moitié endormis, nous avons disserté sur la possibilité qu'elle ait changé de partenaire, la gamme de cris employée étant selon elle très différente ("d'habitude elle le fait pas ça de crier en étouffé, comme si elle bouffait l'oreiller"). Entre les grincements et les orgasmes, on n'a pas eu grand chose à faire pour imaginer le rythme des divertissements qui se déroulaient au-dessus.

Bref, nous nous réveillons complètement dans les vapes à 16h, vaguement décidés à profiter quand même un peu de la journée. Après une pizza trop cuite, nous partons nous ballader. Joie: un parc zoologique, où je m'éclate vraiment en observant les réactions de dégoût des simples mortels devant de magnifiques chauve-souris ou de splendides serpents. Après cela, bar ("coca pour tout le monde!"), petites courses, kebab et retour chez S. avec 3 bouteilles de sangria pour la soirée et une de coca pour nous permettre de la passer, la soirée. Ensuite la Poulette débarque avec R., un pote à elle fort sympathique, et ma plaquette de chocolat que j'ai gagnée en pariant pour le régime sans elle au début de l'année. Après quelques verres, direction un festival avec des groupes de musiciens babacool accordéon-clarinette-violon and co, rebaptisé pour l'occasion le Régal Pour Les Yeux. Le premier moment depuis très longtemps où j'ai été plutôt satisfait d'être célibataire (je doute qu'une hypothétique nana ait apprécié de me voir me décrocher le cou toute la soirée pour capter le regard de telle ou telle jolie brune)(d'ailleurs j'ai pas réussi). La musique était vachement bien aussi, l'ambiance très bonne, on a bien dansé, bien rigolé, entre les slows langoureux avec la Poulette et les danses à l'arrache avec S. et R. (qui cherchait son copain des yeux en mode périscope toute la soirée), c'était bien marrant. Ensuite la Poulette est partie, après que je lui aie lu les lignes de la main avec ma grande pratique de la chiromancie ("mais SI c'est normal que la ligne du calcaire soit couplée avec celle du céleri en branche!"), puis le festival s'est terminé officiellement. Officieusement, on a passé encore une heure et demie dans la rue à écouter les clarinettistes amateurs jouer.

Finalement, retour chez S., dodo profond, interlude musical avec les orgasmes de la voisine, et réveil à midi. Après quelques heures chez la Poulette (où on a pu discuter de son toyz)(non ce n'est PAS sexuel) et où on a établi que manger du beurre dont la date de péremption était dépassée depuis 2 mois n'était pas forcément une bonne chose pour le bon goût du plat en question. Après quelques gros câlins avec la Poulette, nous établissons l'étrange tendance qu'ont les gens qu'on enlace à osciller bêtement de gauche à droite, et nous supposons qu'il s'agit d'un réflexe parental destiné à bercer une personne appréciée et à protéger pour la rassurer. Notre théorie est par ailleurs immédiatement détruite par S. qui, elle, ne bouge pas quand on l'enlace, sauf si l'autre bouge.

Après cela, retour à la gare, départ de Lille, retour à Paris, deux heures à poireauter dans la gare jusqu'à ce que V., ma pote québécoise, ne m'appelle pour me dire que finalement, elle n'avait pas assez dormi pour pouvoir sortir. Tant pis, je suis un peu déçu mais bon... D'ailleurs, fait étrange, je n'ai presque pas remarqué son fort accent qui, deux ans auparavant, me forçait à la faire répéter les choses plusieurs fois pour que je les comprenne: serais-je habitué à l'accent caribou?

Et me voilà, de retour à Paris, en train de comater en finissant de tapoter ce billet. Je crois que je vais aller me coucher, moi... Demain, c'est le retour sur Metz, et d'ici quelques jours, le grand déménagement... Vamos.

A part ça, les babacool sont de gauche, ça s'est entendu quand les accordénonistes ont joué "Hexagone"...

jeudi 24 mai 2007

On the road again!

"Les voyages forment la jeunesse. Sauf le camping, qui la déforme."
Paul-Loup Sulitzer





Allez, c'est parti, en route pour le grand voyage! Ce matin (à savoir dès que j'ai fini ce billet, ce qui devrait achever de décoller mes paupières ensommeillées), je charge la Mounemobile© d'un gros tas de cartons et de meubles que je vais débarrasser de mon appart (j'ai d'ailleurs vaincu en deux rounds mon meuble de salle de bain récalcitrant au démontage, qui m'a agressé à coup de poussière cachée quand j'ai entrepris de le retourner et de l'abattre violemment au sol par une clé au bras de Brwönsky-Kurwictz)(non regarder le catch ça m'arrange pas), je prends le volant avec un courage indéfectible et je me lance en pleine chaleur estivale sur les routes qui mènent de la Cité des Canards (ça c'est Metz, si si, y'a même des canards qui viennent dire bonjour à la fac) à notre joyeuse capitale, la Cité des Pigeons. Le tout afin de déposer mes affaires trop encombrantes pour les descendre dans le Sud, chez ma tante adorée (c'est elle qui m'a fait rencontrer Cali, c'est trop la classe)(je vous demande pas d'approuver).

Le lendemain, c'est le départ pour Lille, en train cette fois-ci (d'ailleurs mon portable vient de me rappeler en fronçant les sourcils que je dois passer chercher mes billets à la gare de Metz). Depuis le temps que S. et la Poulette pleuraient et suppliaient que je leur accorde le privilège de ma sublime présence, j'ai fini par me laisser convaincre de venir leur offrir la joie de me côtoyer. Je suis trop bon.

Non en fait elles ont insisté pour que je revienne à Lille, mais ces deux fourbes comptent se renvoyer la balle l'une l'autre... Quand S. me foutra dehors pour bosser, la Poulette prendra le relais pour me supporter, et vice-versa. M'en fous d'abord, j'aurais enfin mon chocolat (eh non Poulette j'ai pas oublié).

Ensuite retour sur Paris, récupération de la Mounemobile©, une dernière soirée sur Paris avec une amie québécoise que je n'ai pas revu depuis deux ans, et c'est reparti...

Voilà voilà, petites vacances de quatre jours, je devrais rentrer sur Metz lundi, soyez sages...

Ensuite mardi finition du déménagement, et je décolle tôt le matin mercredi. Normalement. Si tout se passe bien. Et si rien de fondamental n'a changé dans ma vie, justifiant le fait que je doive rester encore un peu en Lorraine. Qui sait? Oui je sais, l'espoir: *BLAM BLAM!* Satisfait?

A part ça, il fait une chaleur à crever dans cet appart, vivement que je me casse tiens.

PS: le blog de Magrat a planté, la nouvelle adresse est à présent accessible.

mardi 22 mai 2007

Guide vacances

"Vamos a la playa!"
Franco

Ce soir, voici un module universitaire pour passer d'excellentes vacances dans le Sud de la France, de manière à vous intégrer dans le paysage, sans ressembler à ces horribles touristes parisiens que l'on peut repérer à cent mètres à leur teint crayeux et leur accent pointu. Ce programme a pour but d'éduquer le touriste non-Sudiste moyen afin qu'il ne s'attire pas le mépris des gens du (grand?) cru par son inculture dégradante et son ignorance dangereuse ayant toutes les chances de heurter la sensibilité des autochtones.

Module 1: Géographie
- Spatialisation révisée de la France (Les trois régions françaises: Marseille, Aix-en-Provence, Paris): 30 heures
- Pourquoi au-delà d'Avignon, c'est Paris : analyse sociologique d'un fait logique et établi. Etudes sur le terrain: à Lyon, ça cause pointu. 30 heures.
- La Provence, c'est le plus beau pays du monde. D'ailleurs c'est le seul qui vaut le coup. Réussir à s'en convaincre et à persuader. Travaux pratiques : stages d'endurance à la peinture de Cézanne. 30 heures (voire plus pour les gens qui ont vraiment du goût).

Module 2: Conduite
- Acheter une voiture dans le Sud coûte cher, et pour avoir la climatisation il faut rogner sur une autre option. En général, les clignotants. De toutes façons le Sudiste sait où il va. 30 heures.
- Conduite marseillaise: apprendre à passer quand le bonhomme devient rouge, et pas quand le feu devient vert. Travaux pratiques, 10 heures.
- Conduite marseillaise: les limitations de vitesse, c'est pour les Parisiens. Travaux pratiques, 10 heures.
- Conduite marseillaise: les priorités à droite, ça dépend dans quel sens on arrive, ça change tout le temps. Dans le doute, on passe. Travaux pratiques, 10 heures.

Module 3 : Vie sociale
- L'accent marseillais est un art complexe, l'imiter revient à insulter l'âme de Marseille et tous ses habitants. Autant vous suicider tout de suite si vous comptiez vous y essayer sans entraînement intensif. 45 heures.
- L'accent marseillais est un accent de pèquenaud à Aix, où la langue principale est l'Aixois. Apprendre à passer d'un accent à l'autre et distinguer les zones géographiques où les utiliser. 30 heures.
- L'OM est une divinité. Ne pas dire "allez l'OM" au moins une fois par jour de manière audible par des gens du Sud est un blasphème et une hérésie. 30 heures.
- Pagnol est une autre divinité, plus axée vieux. Chaque bâtiment de Marseille doit vous faire dire "tiens, ça me rappelle un peu Pagnol!". 50 heures.
- Les vieux ont toujours raison. On admet ce principe pour la bonne raison qu'ils ont un accent trop prononcé et une dentition pas assez complète pour pouvoir les comprendre tout à fait. 30 heures.

Module 4 : Ecologie
- Survivre aux cigales sans passer l'été à cogner sur les troncs. 50 heures.
- Le pastis est une boisson rigoureusement naturelle qui vient de chez nous. Respect de l'anis. 20 heures.
- Le cannabis n'est pas une substance naturelle qui vient de chez nous. Mais ça emmerde les flics. Respect du cannabis. 20 heures.
- Les moustiques sont des vampires, mais vous ne risquez pas de devenir un vampire. Savoir se recouvrir de lavande et de citronnelle tous les soirs. 20 heures.
- NON les cagoles et les kékés ne mordent pas. Vous pouvez même les nourrir, à condition que la cacahuète soit assaisonnée d'une dose raisonnable de cyanure. 20 heures, travaux pratiques.

Module 5 : Vie pratique
- Justifer le fait de prendre des photographies souvenirs par des "ça me rappelle mon enfance!" avec l'accent étudié dans le module 3. 20 heures.
- La pétanque est un art et un sport auquel on s'adonne avec enthousiasme. 40 heures.
- La statue de Cézanne à Aix est hideuse et représente un gribouillard incompétent, mais il est né par chez nous alors c'est un dieu sur terre. Vénération du barbu: 30 heures.

Avec ça, vous passerez facilement pour des Sudistes pur souche adaptés à leur environnement. En cas de suspicion, offrez du pastis.

A part ça, ce soir, c'est riz au lait, niam!