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samedi 15 septembre 2007

Vive les Bleurgh!

"Je mets le rugby et le foot dans le même sac... si possible lesté, et au fond d'un lac."
Moune, définitivement anti-bleu

Tous derrière les Bleus, ouais... Si possible avec un flingue et un silencieux, qu'ils ne sachent pas d'où ça vient, au cas où je me louperais... C'est que c'est dangereux, un boeuf charolais blessé.

Comme on s'en doute, je n'aime pas le rugby et je honnis fermement la coupe du monde actuelle. Maintenant qu'on a lamentablement perdu au foot pour la deuxième fois depuis 1998, ça fait plus très sérieux de considérer la baballe ronde comme la grande passion du français moyen. Alors on s'emballe soudain pour une pléthore de taureaux survitaminés qui se chargent les uns les autres pour la virile possession d'une calebasse ovoïde, on commente les essais plutôt que les buts, on fantasme sur les beaux rugbymen qui sont dorénavant bien plus sexy que ces tapettes de footeux qui ne sont pas foutus de gagner un accessoire de vaisselle plus d'une fois par siècle, on ressort les chips, la bière, le maquillage bleublanrouge et les petits drapeaux, et c'est reparti pour un tour.

Tous derrière les Bleus, ouais... Ca vaut toujours mieux que devant: au moins, on ne voit pas leurs visages congestionnés par la réflexion intensive quand on leur demande leur prénom.

En rugby, je suis un néophyte qui s'assume. Le tournoi des trois, six, neuf, onze trois quarts ou cent-quatorze nations, pour moi c'est du pareil au même: c'est un tas de parpaings géants avec des jambes qui se mettent sur la gueule pour poser la baballe dans l'herbe. Au lieu d'être onze, ils sont quinze, au lieu d'être arabes, ils sont bourguignons, et l'Ennemi n'est plus le Brésil mais la Nouvelle Zélande. Ah, et le ballon est ovale. A part ça, il y a toujours des blaireaux qui se peinturlurent, qui gueulent alors que les honnêtes gens essaient de dormir dès que les maquignons ont marqué un essai, qui donnent du klaxon et de la voix quand leur équipe a mis plus de fois la baballe par terre que ceux d'en face, bref, toujours autant de putains de supporters animés de bons sentiments bien patriotiques qui sont fiers de leur pays et de ses athlètes. Les mêmes andouilles qui restent au chaud pendant les manifs, par contre. Sortir dans la rue parce qu'un boeuf a marqué à la télé, d'accord. Sortir parce qu'un ministre sucre les emplois des profs pour ses gosses, pas fou non? Au contraire, on gueule contre les étudiants dans les rues, contre ceux qui font du bruit après 22h en semaine, contre les grévistes qui empêchent de circuler, mais alors pour hurler sa joie de supporter décérébré et klaxonner comme un perdu au milieu de gens civilisés qui n'en ont rien à carrer jusqu'à des heures indécentes, là toute de suite, y'a du monde.

Tous derrière les Bleus, ouais... Si on pousse assez fort, ils s'envoleront peut-être. Loin.

Mais il n'y a pas que les Bleus, au rugby. Non, la grande différence avec le foot, c'est qu'on n'a pas de "connards de Brésiliens" ou de "saloperies de Ritals". On a les All Black. Les Dieux des Îles. Ceux qui ont des tatouages partout et font des danses maori pour effrayer leurs ennemis. Eux, ils suscitent l'admiration et le respect. Eux, ils ont la grande classe. Pour susciter l'admiration, il ne sert à rien de donner sa vie pour une grande cause comme Dian Fossey ou d'essayer d'utiliser sa popularité pour sonner l'alarme, comme Al Gore. Non, il suffit de danser comme un guerrier des îles en faisant des grimaces, avant d'aller se mettre sur la gueule avec les Bleus, les Verts ou les Rouges. C'est tout simple, la passion des foules. Il suffit d'un peu d'exotisme et de spectacle. Al Gore en vahiné, avec pagne et collier de fleurs: là, tout le monde saurait qui c'est et ce qu'il raconte.

Tous derrière les Bleus... Une fois de plus, je ne me vois pas derrière. Ni devant, ni à côté. Je me vois au-dessus, très au-dessus...

A part ça, je suis un sale intolérant, et je m'assume carrément.

Petit dessin

"La peinture, c'est comme la confiture, mais en moins bon."
George W. Bush



Une fée.





A part ça, j'en ai deux autres en attente, mais il y en a un que j'ai la flemme d'encrer, et l'autre que la Poulette doit terminer de colorier, un jour.

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"Je cherche un homme... Ah, c'est déjà pris? Qui? Diogène? Ah... Bon, ben je cherche une femme alors. Hein? Qui ça? Meetic? Tain mais c'est tout pris!!"
Le philosophe cynique du XXIe siècle qui galère

Enfin, chers fidèles, j'ai à nouveau accès au net! Je vais pouvoir à nouveau vous abreuver de ma grande sagesse, de mon expérience et... ouais enfin les conneries habituelles quoi.

Je rentre à peine, je pue la clope, je ne suis pas lavé, j'ai des cernes et les yeux tous collés, bref, sexy en diable, comme d'habitude. Mais comme je suis un mec super cool, je passe quand même vous raconter ma soirée avant. Non non, n'insistez pas, ça me fait plaisir.

Hier, normalement, je devais rester chez moi jusqu'à minuit, pour attendre K., ma voisine chinoise, afin qu'elle me file le code du wifi. Mais j'ai reçu un message de la Poulette, m'invitant à une soirée des plus alléchantes: gâteau au chocolat, hydromel (bon, du Melmor, ok) et de nouvelles connaissances. Donc j'ai glissé ma participation aux frais d'internet et un petit mot sous la porte de K., et direction les folles soirées lilloises.

Le métro était la foire aux numéros, c'était assez flippant... Pink dans les oreilles, je ne me rends compte que tardivement que la dame assise au fond du wagon chante à tue tête la musique qui passe sur son baladeur. J'échange une série de regards compatissants avec une nana en face de moi, quand soudain entre le numéro 2: un grand mec, genre cadre-supérieur-à-cravate, mais avec la chemise ouverte, le débardeur blanc noué au-dessus du nombril et le torse recouvert de poils noirs. Il s'assoit près de la nana, va pour la draguer et lui adresse quelques mots que je ne comprends pas, le baladeur étant toujours sur mes oreilles (hors de question que mes tympans rejoignent le monde réel tant que je peux l'éviter). Puis il sort, deux stations plus loin. Je lance un "bonne soirée quand même!" à la nana en sortant (je me retiens de me mettre à brailler comme un poulet pour lui faire le coup du "jamais deux sans trois"), et je me dirige chez la Poulette.

En attendant ses mystérieuses invitées (deux nanas qu'elle a rencontrées sur internet quelques jours auparavant), concours de vannes (que je gagne de loin, quoi qu'elle en dise!)(genre: "dans ma grande mansuétude..." "woah, un mot de quatre syllabes...") et bavardages en tous genres. Puis arrivée de C. et L., qui se révèlent être adorables, très drôles et fichtrement sympathiques. Mais lesbiennes, évidemment, alala, quel gâchis mes amis... Enfin, pas pour tout le monde... (je n'ajoute rien de plus, on ne sait jamais, le jour où elles tombent sur ce blog...). Pendant que je me coltine le ménage (les dernières tâches de diabolo-orgeat dans la cuisine) et la cuisine du gâteau, on discute, on s'amuse, on plaisante, on boit de l'hydromel, bref, très bonne soirée... Un petit dialogue entre moi et C. que je tiens à retranscrire:

C., catégorique : Les mecs c'est tous des pervers!
Moune, outragé : Hé, non, c'est pas vrai!
(regard entendu)
M. rendant les armes : Bon ok, mais au moins autant que les filles! C'est juste qu'elles le montrent moins...
(regard appuyé vers la Poulette, qui proteste mais personne n'y croit)
C., catégorique derechef: De toutes façons, les mecs veulent juste une nana pour le ménage, la lessive, la vaisselle et tout!
M., outragé derechef : Ah non, carrément pas! Regarde, c'est moi qui fais la cuisine, le ménage et tout!
C., inquisitrice : Pourquoi tu veux une nana alors?
M., véhément: Ben pas pour ça! Enfin, pourquoi tu aimes les filles toi?
C., l'évidence même: Parce que j'aime bien avoir quelqu'un qui fait le ménage et la lessive pour moi!
(rires)
C., qui ne renonce pas: Et toi alors?
M., soudain sérieux et désespérément romantique: Ben je sais pas, une relation de confiance, tomber amoureux, former un couple uni, un plus un égalent deux, tout ça...
(regards attendris et diverses moqueries des nanas présentes)

La conversation dévie, mais s'achève quand même dans l'intimité entre moi et C., en bas des escaliers avant de monter rejoindre les deux autres dans la chambre:

C.: Pour répondre à ta question...
M.: Pourquoi tu aimes les filles?
C.: Ouais... Parce que la testostérone, ben...
M.: Ca pue.
C.: Ouais.
M.: Bien d'accord.

Enfin bref, soirée fort sympathique, mon gâteau était réussi, c'était super... L. et C. finissent par partir après un récital de synthé organisé par la Poulette (qui n'a même pas chanté A Thousand Miles, on était déçus déçus...), et le vieux couple des gallinacés se retrouve enfin seul pour de folles aventures. Qui se réduisent à un aller simple pour le lit assez rapidement, d'ailleurs.

Ce matin, réveil très mouvementé: d'abord une gamine qui se met à pleurer après son père dans la courée. Moi, en train de me réveiller, pense que c'est ma gamine qui me cherche: gros stress. Ca tourne vachement, en ce moment, les questions de paternité dans ma tête... Mais quand je vois l'état du monde à l'heure actuelle, je pense que j'aurais bien trop honte d'avoir des enfants pour les laisser avec tout ça...

J'ai fait un petit discours à la Poulette hier, qui lui a plombé le moral mais dans un sens tant mieux... Pour sauver le monde, il faut d'abord se rendre compte qu'il va très mal. Je lui ai parlé des maisons des Esquimaux et des Inuits qui se détachent des glaciers et tombent dans la mers, des villages dévastés, des ours polaires qui, ça y est c'est officiel, viennent d'entrer en phase critique d'extinction, des grenouilles qui pondent dans des flaques plutôt que dans les cours d'eau trop pollués, de la hausse du niveau des mers qui va engloutir le Bangladesh, des tsunamis, du climat qui se détraque, des lions qui ne parviennent plus à maintenir une population stable, des problèmes avec les blaireaux qui refusent de voir construire des champs d'éoliennes pour une simple question d'esthétique et qui de fait augmentent notre dépendance au nucléaire, de l'épuisement des ressources fossiles, de la pêche à la baleine qui devrait bientôt reprendre, de l'intérêt qu'on doit porter aux techniques de dessalage de l'eau de mer, des carburants écologiques du Brésil qui nécessitent qu'on découpe la forêt amazonienne pour planter les végétaux nécessaires à leur élaboration, des poissons qui sont en voie de disparition générale... Bref, de l'impasse de la Terre.

Et je n'ai pas parlé de la désertification, de la barrière de corail ou de la cinquantaine d'espèces qui disparaissent chaque année.

(Avouez, ça vous manquait mes coups de gueule écolos?)

Bilan: elle a quand même dit qu'elle mangerait moins de saumon. Et venant de la Poulette, c'est un très bel effort.

Enfin bref, pour toutes ces raisons, je crois que j'ai intérêt à trouver une nana qui ait bigrement confiance en l'être humain ou au contraire qui me convainque qu'on peut se battre contre lui pour me reproduire... Sinon, pas de gosses, et tant pis pour les envie de pouponner de ma génitrice.

A part ça, j'ai aussi appris comment était fichu un préservatif féminin. Et définitivement, je ne serai jamais assez macho pour exiger d'une nana qu'elle mette cette horreur. Beurk.

jeudi 13 septembre 2007

Passage éclair

"Alors Jésus marcha sur l'eau. Et mon Dunmer mage lvl 36 fit la même chose avec un vieux sort d'altération, et dit que si c'est sur des conneries pareilles qu'on fonde des religions c'est vraiment n'importe quoi."
L'évangile selon le joueur de Morrowind

Petit billet rapide, encore une fois pour raconter ma vie (je sais, je ne mets plus trop de billets à vocation écologique ou coup-de-gueule-istique ou Karine-Ferristique, désolé, ça reviendra quand j'aurais accès au net chez moi). Rien de bien nouveau depuis les derniers billets, ceci dit.

D'abord, ma voisine chinoise (j'avais promis quelque part que j'en parlerai) n'a plus trop peur de moi, on a discuté pour l'accès au net, j'ai attendu toute une journée sa pote qui devait venir, mais apparemment personne n'a mis la pote en question au courant que je voulais le net aussi. Résultat elle est venue et repartie aussi sec, avant que j'ai eu le temps de m'en rendre compte. Youhou. Pas demain la veille que j'ai le wifi moi...

Ensuite, j'ai fait les quatre trucs à la con qui traînent sur mon emploi du temps depuis des semaines, à savoir:

- acheter des timbres et poster mon dossier pour la carte de métro (durée totale de l'opération: deux minutes)
- acheter des bottes (pour l'océano), des sous-mains (pour ma plaque de cuisson qui projette de la graisse à des distances olympiques) et de la lessive (pour mes sous-vêtements mais ça ne vous regarde en rien)
- prendre un dossier d'APL à la CAF (j'ai fait une grosse boucle en métro avant de me rendre compte que c'est à cinq minutes à pied de mon appart)
- récupérer mes affaires chez ma cousine (fait ce soir)

Sinon, histoire de protester énergiquement contre les douteuses élucubrations artistiques de la Poulette (ses strips, donc), je tiens à préciser que:
1. Oui, en effet, je l'ai appelée au secours pour sa perceuse qui comprend quatre-vingt six mèches différentes et qui nécessite dix-huit manipulations de taï-shi artistique pour l'ouvrir et remplacer la mèche déjà à l'intérieur (j'exagère, mais à peine)
2. Non, je n'ai pas une tête de gallinacée.
3. Toute cette opération n'a pas servi à grand chose puisque mes murs font un centimètre d'épaisseur et il est impossible d'accrocher mes porte-manteaux.

Et histoire de me venger avec la mesquinerie qui me caractérise, je tiens à présenter en exclusivité une des recettes de la Poulette: les oeufs cocotte à la limonade et à l'orgeat.

1. Préparez avec talent des oeufs cocotte (démerdez-vous pour trouver la recette)
2. Organisez avec amour un petit plateau repas pour vous et votre conjoint/ami/poulet (chacun sa situation) avec les oeufs cocotte dans des ramequins eux-mêmes dans des assiettes creuses et des diabolo-orgeat jusqu'à ras-bord.
3. Posez-le en équilibre sur une table surbondée de trucs et de machins divers.
4. Quand tout se met à glisser, réfléchissez à toute vitesse pour déterminer quel est le truc le plus urgent à rattraper, et ce faisant, n'en rattrapez aucun.
5. Vérifiez que de diabolo-orgeat est uniformément réparti sur la surface des oeufs cocotte et colle convenablement la cuillère que vous aviez prévu pour les déguster.
6. Pensez à amener du sel au cas où.
7. Montez le plateau repas.

Bon, je ne suis pas méchant à ce point, ils étaient quand même vachement bons ses oeufs.

Voilà voilà...

A part ça, dimanche je pars six jours faire de l'océano à Wimereux... Yeah!

lundi 10 septembre 2007

Juste pour la faire râler...

"Salaaauuuud!"
Ce que la Poulette va dire en lisant ce billet.

La Poulette, c'est un peu mon alter-ego féminin. On réagit pareil, on pense pareil, on agit pareil, on a les mêmes goûts, on se satisfait des mêmes situations, on rit des mêmes choses... Et pourtant, comme dans toutes les grandes histoires, il y a forcément quelques dissonnances dans les harmoniques (je ne sais pas du tout ce que ça veut dire mais je trouve que ça sonne bien). Alors on vient de se rendre compte qu'on a trois gros points qui tranchent avec notre réputation qui sous-entend qu'on est pareils.

1. Les enfants. Elle en veut, elle aime ça, elle envisage d'être mère. Je n'en veux pas, j'ai envie de me mettre deux doigts dans la gorge quand on fait mine de m'imaginer en père, et j'ai autant envie de me reproduire que de changer de sexe. A savoir carrément pas.

2. La poésie. Elle aime bien Verlaine et les rimailleurs en général. Je déteste tous ces chichis et ces fanfreluches, ces rimes, ces rythmes et ces figures de style pompeuses qui font de l'écriture un art, ce qu'elle n'est pas à mon sens. Et pas la peine de me souffler dans les bronches avec les "taka lire Prévert" ou "taka lire Untel", j'aime pas la poésie, ça me hérisse rien que de voir un ver, et ça ne changera pas de sitôt. Et avant qu'on m'énerve, non, dans les chansons, ça ne me gène pas, parce que les chansons sont de l'art. Na. Et je sais parfaitement qu'on peut très facilement réfuter tous mes arguments, mais je m'en fous, d'abord, parce que la poésie c'est caca, voilà.

3. Je ne marche pas dans les bols remplis de blancs d'oeuf, MOI.

A part ça, je vais lui montrer cet article, puis commencer à courir...

dimanche 9 septembre 2007

Moune à Fort Fort Lointain

"Baaaaah c'est noir!!"
Moi devant les patates-bonshommes de la Poulette

Alors... Par où commencer?

Je préviens tout de suite, ce billet va être long. Très long. J'ai tout plein de choses à dire pour vous mettre au niveau, afin que vous puissiez vous imprégner de la sagesse qui émane de chaque seconde de mon existence que je vous dévoile sans pudeur et par pur altruisme. Ne me remerciez pas c'est tout naturel.

Reprenons du début. Lors du dernier épisode, Brad et Stella décidèrent de ne pas dire à Josh qu'ils avaient batifolé gaiement sur le capot de sa Bentley... Hum. Zap.

Au dernier épisode, notre héros, qui est beau, fort, vaillant et doté d'un intellect d'au moins plusieurs fois supérieur à celui d'une palourde (la légende ne dit pas combien de fois exactement), quittait la communauté écolo-babacool qui lui avait servi de foyer et de base d'observation pour l'étude des tortues d'Hermann les cinq dernières semaines (et aussi de base de test de mes capacités culinaires), je suis retourné chez moi pour empaqueter mes petites affaires, encartonner tout ce qui ne bougeait pas (les chats n'apprécient que moyennement l'encartonnage, qu'on se le dise), et partir le lendemain sur la route, tada, tadadada, vers notre capitale (qui n'est pas Marseille, non non). Là, après neuf heures de bouchons, de râlages contre cette p***** de clim non-écolo et rhumagène (qui provoque des rhumes, donc)(non je viens de l'inventer ce mot, cherchez pas) et de pauses assaisonnées d'amandines à la poire et de coca zéro (qui a exactement le même goût que l'autre, mais sans l'arrière goût "boîte de sucre mouillée" que la recette originale laisse à la fin), nous voici, moi, ma mère et mon beau-père, chez ma tante et mon oncle. Comme on peut le supposer, j'étais super stressé et je savais qu'il allait falloir se lever très tôt pour partir en quête d'un appart sur Lille le lendemain matin, donc mon humeur s'en est un peu ressentie et j'ai assez mal pris les réflexions pessimistes du genre "vous ne trouverez jamais en une journée". Mais j'ai quand même revu la cousine Bulle et j'ai enfin goûté le zizi coincoin, alcool belge au citron fort intéressant.

Le lendemain, debout à quatre heures du mat, direction le Ch'Nord et Lille. Arrivée aux aurores chez des amis de mes parents, chez qui on a abandonné la remorque emplie de cartons, de meubles et, plus important encore, de mon affiche de Kirsten Dunst, puis départ à Lille avec le GPS de ces potes (qui est soi-disant un appareil de macho parce que la voix est forcément féminine)(ce à quoi je réponds qu'au contraire les femmes devraient se sentir flattées qu'on colle une voix féminine à ce qui indique la bonne route)(ce à quoi on me rétorque que ça sous-entend quand même que c'est le mec qui conduit)(ce à quoi je ne trouve rien à redire). Arrivée afin de décharger quelques affaires chez la Poulette. Là, grand moment: le miracle de la Porte Magique. Qui est une porte d'une fourberie absolue, ensorcelée par un grand magicien des temps anciens, et qui a la propriété de disparaître pile quand on la cherche. Ce qui fait qu'on passe devant trois fois sans même la remarquer. Bon, maintenant je me suis immunisé à cette sorcellerie, mais quand même!

La Poulette ensommeillée (qui avait fait la fête la veille) nous accueille, même pas en petite culotte (private joke, désolé les gens), et on débarrasse le coffre avant de la laisser retourner dormir. Direction le centre ville et les petites annonces des journaux. Le GPS est fort utile pour se repérer dans cette cité inconnue. La première petite annonce me laisse glacé à l'idée que tous les autres apparts soient du même accabit: nous sommes accueillis par Quasimodo, qui nous montre les deux toilettes au rez-de-chaussée, puis nous fait monter d'étroites marches (ça c'est un truc typiquement lillois, les marches des immeubles sont TOUJOURS super étroites) pour arriver à la chambre en question: on entre par la salle de bain (!) qui sert aussi de cuisine (!!), puis on arrive à une chambre qui sent le renfermé. Merci, on vous dira ça, au revoir. Brrr.

Le temps passe, on finit par contacter une agence, on emprunte des clés, on visite des apparts, et on en trouve un. Qui était à deux immeubles d'un que l'agence nous a donnés à visiter: hop, pas de frais d'agence.

Donc voici le moment tant attendu de la description de mon appart. Si si, ne niez pas, vous l'attendiez avec une impatience à peine dissimulée.

Au deuxième étage (en vrai au troisième, y'a juste pas de palier au niveau du premier étage), en haut d'escaliers évidemment trop étroits, il y a quatre apparts: le mien c'est le premier près de l'extincteur. Dedans, c'est tout petit, environ un tiers de mon appart de Metz. L'évier pour la vaisselle est commun, dans une cuisine extérieure. Le reste, frigo, plaques de cuisson, four et micro-ondes, c'est dans mon appart, qui est organisé comme une étrange alternance d'éléments d'électroménager et de chambre. J'ai évidemment tapissé les murs de mes dessins et de mes citations, comme à Metz. Niveau meuble, ça ne vole pas haut: frigo, lit, bureau, armoire. Mais le truc qui déchire sa race aux pingons, c'est la salle de bain. Toute petite aussi, évidemment, mais en vrai, le vrai truc qui déchire, c'est la douche. Sept positions. Si. Avec des jets qui sortent du mur, une douche en haut, et un pommeau. Trop la classe.

Bon, ensuite, la vie quotidienne à Lille. Elle se trouve inextricablement reliée à une seule personne, vous l'aurez deviné, c'est la Poulette. S., qui est venue me voir pendant la Braderie (j'en parlerai plus tard) nous trouve un air de vieux couple. Ce qui n'est pas totalement faux. Tout à l'heure, j'ai inconsciemment rentré la tête dans les épaules quand elle a dit qu'elle voulait qu'on aille boire un verre un de ces quatre, comme si j'encaissais le reproche typique d'un couple qui commence à prendre la poussière, "j'en ai marre on bouge jamais!" Bon quand je m'en suis rendu compte ça nous a bien fait marrer. Mais c'est quand même vrai qu'on a pas mal de caractéristiques du vieux couple. On passe notre temps l'un chez l'autre, on ne se sent pas mal à l'aise quand on n'a rien à dire, on regarde des films ensemble, on fait la cuisine et la vaisselle ensemble, on peut faire chacun un truc de son côté sans que l'autre soit sur notre dos, elle a sa brosse à dents chez moi (et elle menace d'y laisser aussi une nuisette et des soutifs rien que pour faire faire une crise à toute éventuelle conquête que je pourrais ramener, cette fourbe!), on fait nos courses ensemble, on parle de tout, on bavarde de tout... Bref, c'est un peu tous les avantages du couple (sauf ceux physiques, bien sûr) sans les inconvénients, comme les disputes et engueulades. C'est reposant et très agréable, et j'en profite évidemment à fond.

Reprenons le cours du récit. Donc, après plusieurs jours à partager mon temps entre la Poulette et... la Poulette, au cours desquels je fais quand même de mémorables courses à l'Ikéa local, où j'achète deux porte-manteaux (toujours pas fixés au mur), un plateau-table (la Poulette achète le même) et deux-trois autres trucs, arrive l'événement majeur du début d'année à Lille: la Grande Braderie. Qui est une brocante gigantesque dans toutes les rues de la ville ou presque. L'ambiance est sympa, détendue, bien que les rues soient surchargées de monde, et j'y déambule d'abord avec S., avec qui je bois quelques verres d'hydromel au stand des Bretons du Nord (je vais d'ailleurs certainement adhérer à cette assoc', en tant que violoniste apprenti ou danseur apprenti) après les traditionnelles moules-frites (c'est elle qui les mange, parce que les trucs qui sortent de la mer... yeurk). On retrouve la Poulette, le regard vague et douloureux à force de rester de bout à vanter la qualité des chaussures et qui nous voit arriver comme des sauveurs. Puis je laisse S. à ses connaissances, et je m'en vais retrouver la smala familiale qui est venue tout exprès squatter la maison de ma cousine M., actuellement en Thaïlande (quelle idée de rater la Braderie avec une excuse aussi futile qu'un voyage de trois semaines en Thaïlande!)

Après le repas, direction les folles soirées lilloises, où j'entraîne ma soeur, la cousine Bulle et mon cousin A.. Pendant la braderie, la vente d'alcool après trois heures de l'après-midi est interdite, ce qui compte tenu des abus est une sage décision, mais du point de vue des andouilles qui avons cru à une fausse rumeur que nous sommes, est une bêtise sans nom. Heureusement, les épiceries arabes vendent malgré l'interdiction, donc vive la bière, la vodka et le jus d'orange! Assis sur les marches de l'opéra, on joue au cap's (je ne savais pas ce que c'était... que c'est con comme jeu, mes amis!), on beugle des chansons de marins ("à moi forban que m'importe la gloire, les lois du monde et qu'importe la mort!"), de pochtrons ("torche la gueule à ta voisine, car elle aimeuh car elle aimeuh, torche la gueule à ta voisine, car elle aimeuh la bibine!") ou plus résolument paillardes ("lariretteuh larire-e-teuh"), puis on décolle, on bouge, bref, on s'ennivre et on le montre bien. On passe une bonne heure à danser au son d'un orchestre de cuivres habillés en rose qui squatte les marches de l'opéra, puis on s'éloigne. Je découvre au passage que quand je suis bourré, j'ai une tendance presque maladive à me sentir responsable du groupe, genre mâle protecteur qui empêche les autres de trop s'éloigner. Je m'occupe des gens qui ont des coups de sang et s'éloignent sans raison, de ceux qui sont trop bourrés (comme mon cousin A. qui nous fait un demi-coma éthylique), bref, je m'occupe, je stresse, je cours, je vole, la routine. A la fin, à quatre heures, l'expédition consiste à conduire mon cousin A., décidément en mauvais état, jusqu'à chez ma cousine, en le portant à moitié sur mes épaules avec l'aide de ma soeur et de ma cousine. Non seulement il y met de la mauvaise volonté ("nan mais laissez-moi iciiii j'en peux pluuuus!" "non A. bordel on est dans le métro on te laisse pas ici!") mais en plus il a choisi de faire pompier, au lieu de la respectable profession de comptable. Résultat, il était lourd comme une vache morte.

Après ces événements ne témoignant que de la jeunesse décadente de notre beau pays (mais qui s'assume), ma vie s'est rythmée paisiblement, entre les journées enfermé à jouer à Morrowind (j'ai redécouvert ce jeu, et définitivement, c'est le MAL sur CD-rom)(d'ailleurs vu que le mal se répand, je l'ai aussi filé à la Poulette qui m'a confirmé mon analyse: Morrowind est un jeu qui tue la vie sociale des gens, mais les gens en question s'en foutent tant qu'ils ont une épée à deux mains daedrique dans leur inventaire), les journées découverte de Lille, les soirées atelier d'écriture avec la Poulette, les soirées SOS Fantômes ou l'Histoire sans fin (toujours avec la Poulette)(qui était fort déçue que Bastien ne rentre pas dans le livre dans le premier opus)(mais qui s'est vue rassurée en voyant le deuxième), la redécouverte de Pinocchio (où on a constaté que Gimini était un sale pervers et qu'en fait c'était super drôle comme Disney), les soirées hydromel avec la Poulette et ses potes (bon, du Melmor, ok, mais c'est déjà ça)... Enfin voilà, je m'en sors pas mal.

Vendredi était le jour de ma pré-rentrée. Qui s'est merveilleusement bien passée, la plupart des matières ont l'air passionnantes, il y a de l'océanologie dans le tas, les profs sont drôles et plutôt sympas (sauf le directeur du master qui m'a violemment fait penser à monsieur M., ancien responsable de licence à Marseille, avec qui j'ai eu une grosse altercation à propos de l'utilité de découper des souris, et que je n'appréciais donc pas plus que ça), enfin bref... Ca a l'air franchement prometteur. En plus je me suis déjà fait deux potes, deux nanas, évidemment, vu mon incapacité à me lier au premier abord avec tout ce qui comporte plus de poils que nécessaire. Avec qui on va partir six jours dans une station d'océano, dans le cadre du master. Mouahaha. Je jubile.

Seul inconvénient de la fac de Lille, outre le fait qu'elle soit immense et que je sens déjà que je vais y passer une nuit sur deux faute d'avoir sur retrouver le métro, c'est le fait que les amphis sont dépourvus de prises. Je vais donc devoir investir dans une rallonge pour pouvoir continuer de taper mes cours directement sur PC.

Une heure avant la réunion de pré-rentrée, un truc bien marrant: un monsieur de la fac de Toulouse m'appelle, avec un accent que je n'ai pas su déterminer (j'hésite entre l'accent asiatique et l'accent du sud-ouest)(peut-être les deux), pour me proposer une place dans son M2. Qui s'appelle "Statistiques et Modélisation". Ce qui fait que je me marre intérieurement, mais trop poli pour refuser tout de suite, je lui dis que j'y réfléchirai. C'est évidemment tout réfléchi, plutôt laisser un oeuf de pivert éclore dans mon foie.

Un truc moins drôle, cependant, est arrivé cinq minutes avant que j'entame la rédaction de cet article. Un mail de la fac de Metz. Qui m'annonçait que finalement, tiens, allons donc, j'étais pris en M2 là-bas. Super. Donc pour résumer: ET C'EST MAINTENANT QU'ILS ME LE DISENT CES CONNARDS DE PUTAIN DE BORDEL DE CONS DE LEUR MERE MAUDITE EN STRING DANS LE MORDOR??? Maintenant que l'appart est aménagé, la caution payée, ma vie démarrée ailleurs?? Alors que j'attends leur putain de réponse depuis des mois??

Donc là à chaud, ma réaction est de leur envoyer un mail pour les enjoindre d'aller se faire faire quelque chose que la décence m'interdit de décrire, mais par des boucs.

Plus calmement, je pense que je vais refuser le M2 et reprendre un M1 qui a nettement plus de chances de me plaire à Lille, afin d'éviter de perdre des thunes en déménagement, en galères administratives, etc, etc. Et je garde l'assurance que mon dossier de M1 peut potentiellement être accepté à Metz pour le M2, ce qui me donnera peut-être un avantage aux sélections de l'année prochaine. Enfin, il faut encore que j'y réfléchisse, mais je pense que malgré mon envie de retrouver mes potes de Metz, malgré l'envie de ne pas "perdre un an", et malgré l'inextinguible envie de retourner dans la même région que T., je vais quand même rester à Lille.

Voilà voilà...

A part ça, à Lille, il fait au moins aussi gris qu'à Metz.

jeudi 23 août 2007

Statistiques blogistiques 4

"Si tu ne mets pas les mots clés, je t'égorge avec un pinceau!"
La Poulette, qui me menace abominablement

Allez, chose promise chose due, les dernières recherches lamentables ayant permis de mettre la main sur ce blog... Attention les yeux.

"Beaufland" Si, c'est un pays qui existe réellement. L'entrée secrète apparaît lors des mariages/communions/fêtes de famille, et il est difficile pour une nana d'en ressortir avec les fesses intactes et dépourvue de tout pinçon.
"Camionneuses" Voir le blog de la Poulette, c'est elle qui prend Mulan pour une lesbienne refoulée.
"Ce que devient Karine Ferri" Elle achève de pourrir dans le grand trou au fond de mon jardin, pourquoi?
"Chaude soirée aixoise" Antithèse flagrante, les aixois sont en réalité aussi chauds que des crevettes surgelées.
"Cliché de l'écolo" C'est bien ici! Et j'assume...
"Comment se comporter avec un chat persan conseil gratuit" D'abord il faut bien le laver, puis l'éplucher en fines lanières, beurrer le moule, saler et poivrer, ajouter la béarnaise et faire cuire thermostat 6 pendant 25 minutes.
"Croyance enlever les insolations" Deux gouttes d'acide chlorhydrique non dilué étalé sur le coup de soleil, résultat garanti.
"Enlever les chaussures femmes musulmanes" ...c'est sexuel?
"Exhibitionnistes sans liens commerciaux" C'est vraiment parce que vous insistez...
"Histoires de nautos" Euh... conduisez-moi à votre chef, mes intentions sont pacifiques?
"Je l'aime depuis le lycée" Ben faut le lui dire, les profs de math ne sont pas toutes des sans coeur!
"Kaev c'est le meilleur" Oui ça on sait...
"Karine Ferri en action devant un mec" Personnage central de tout bon polar: la veuve joyeuse.
"Littérature fantastique bien écrit" Card, Gemmel, ASP Explorer, Pratchett et Eddings. De rien ça me fait plaisir d'illuminer la vie de sombres ignorants.
"Moune roi" Ah merde l'info a filtré...
"Obèses qui n'assument pas" En même temps je comprends tout à fait qu'on puisse ne pas assumer...
"Orgasmes" Faites la queue comme tout le monde!! (...désolé)
"Origami de chauve-souris" Euuuuuh...
"Robbie Williams stupid thing" On est d'accord.
"Sexualité en Kabylie" S., c'est pour toi! (c'est toi qui a introduit la Kabylie sur mon blog alors t'assumes!!)
"Tortue vue de derrière" C'est moins fun que de devant, y'a pas les yeux à crever à l'arrière...
"Traces de bronzage" Si vous avez des photos...
"Tuer pyracantha" C'est comme les Trolls, il faut les achever avec du feu ou de l'acide une fois qu'ils sont au sol, sinon ils se relèvent.
"Elevage de lamas Cevennes" Avec les girafes qui y vivent? Pas fou?

Et la fameuse saga des coloriages de:
- Bibi phoque Mmmh un phoque blanc sur une banquise blanche... ça doit être un débutant.
- Ondin Ah, bleu sur bleu, niveau 1.
- Catch Rouge sur chair, on passe au niveau 2.
- Furer animaux Là je mise sur une faute d'orthographe, parce que sinon... eûûûrk!*
- Elfe Non mais quelle idée...

*Pour ceux qui attendaient avec impatience la définition du mot "furer" en language sudiste: ça signifie embrasser avec la langue. Exemple: "elle fure" signifie "elle embrasse avec la langue". En général on abandonne cette expression d'une élégance contestable à la sortie du collège. Au lycée, c'est davantage la classe, on ne demande plus si elle fure, on demande si elle s***. C'est quand même nettement plus évolué.

A part ça, pfouuu les cartons c'est le mal.