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vendredi 29 février 2008

Ch'timis, thé à la menthe et oraux d'anglais

"I only drink to make you interesting"
Proverbe irlandais

Avant-hier soir, j'ai testé pour vous "Bienvenue chez les Ch'tis", de et avec Dany Boon. J'étais évidemment un peu dubitatif: les comédies franchouillardes je suis rarement fan, en particulier au cinéma. L'histoire: un fonctionnaire de poste du Sud, joué par Kad Mérad, est muté dans le Nord-Pas-de-Calais. Contrairement à ce qu'il pensait, il va finir par s'y plaire, choper l'accent, aimer les barraques à frites et boire pendant la tournée du facteur. Problème: sa femme restée dans le Sud (Zoé Felix) est dépressive et soigne sa propre déprime en l'écoutant raconter combien il souffre. Un jour, elle décide courageusement de le rejoindre parce qu'elle s'est rendue compte qu'elle l'aimait... Pendant ce temps, le facteur ch'timi (Dany Boon) a des problèmes d'alcool et peine à conquérir le coeur de sa dulcinée (Zoé Felix Anne Marivin) et quitter l'étreinte envahissante de sa mère, jouée par Line Renaud.

En toute honnêteté, ça doit être la meilleure comédie française que j'ai vue depuis des années. Je suis peut-être influencé par le fait que les péripéties du sudiste qui déboule chez les ch'tis, je les ai vécues: moi aussi j'ai eu à essayer de piger le "saque e'd'din" ou "la drache", moi aussi je me suis demandé ce qu'on foutait dans la fricadelle, moi aussi j'ai eu du mal à appréhender qu'un repas normal chez les Ch'tis se fait forcément à base de frites, moi aussi je me suis pris des draches monumentales sur le coin de la tronche, moi aussi j'ai subi les regards noirs des ch'tis en confondant beffroi et clocher... bref, j'ai eu l'impression de me moquer de moi dans tout le film et c'est étrangement rafraîchissant. Evidemment, ceux qui ne sont pas habitués à l'accent ch'timi poussé à l'extrême risquent de ne pas comprendre quelques trucs, mais le film reste quand même extrêmement drôle, rythmé, avec un scénario qui certes ne casse pas des briques mais qui suffit largement à la comédie qui en résulte. Les clichés s'accumulent (dans le bon sens), les gags s'enchaînent, c'est la première fois depuis Astérix: Mission Cléopâtre que je vois autant de gens se marrer dans un ciné. Les acteurs sont convainquants, les dialogues sont fignolés, bref, un grand moment.

Note: 18/20

Sinon après ça, petit kebab et thé à la menthe avec les potes (on avait déjà squatté dans un bar tout l'après-midi, oui oui on fait des études, ta gueule hein), servis par une serveuse enceinte et aussi aimable qu'un dessous de bras en été. Oui je sais on s'en fout, mais j'avais envie de le dire.

Par contre, l'après-midi même, j'ai passé mon oral d'anglais, le premier des deux que j'ai à subir ce semestre. J'ai choisi l'évolution et le créationnisme, et après des supers animations qui m'ont bouffé tout un week-end pour les dessiner sur paint et des blagues pourries tout au long du truc, j'ai fini par bavarder sans filet sur la nécessité de garder un esprit scientifique ouvert, comme dans mon article d'il y a quelque temps. Résultat: enthousiasme collectif, tout le monde s'est marré, mon anglais était quasiment irréprochable (comme quoi ça sert de partir en Irlande regarder How I met your mother et Scrubs en VOST)(j'ai même utilisé des phrases à Barney, genre "What? There are more than four elements? Ahah... please", la classe intégrale).

Donc voilà, je suis assez fier de moi donc j'en profite pour le dire. Comme quoi l'anglais je maîtrise en fait, à condition de préparer avant ce que j'ai à dire.

Sinon, je vous ai pas dit? Vous vous en foutez, certes, mais quand même. J'ai eu mon semestre avec 12,74 de moyenne! Quel homme ce Moune, je sais. Mais l'exploit n'est pas là: mes six notes sont TOUTES au-dessus de la moyenne, pour le premier semestre de ma vie. Allez je fais le lycéen et je vous dis tout (non non je sais que ça vous fait plaisir). Ce qui me rappelle que ma Puce m'a dit avoir peur de ne plus s'y retrouver avec les abréviations françaises des matières scientifiques, alors comme je suis bon et généreux :

11,83 en océanologie (à cause des rapports rendus par les courges, si vous vous souvenez d'un article d'octobre... J'ai eu 15 au mien, elles ont eu 11 et 9,5 aux leurs).
Abréviation : océano
14 en biologie de la conservation (ma matière préférée, j'avais plutôt intérêt à cartonner)
Abréviation: biocons'
11,8 en génétique évolutive (ma grande fierté, je suis une bille en génétique d'habitude)
Abréviation: génet'
13,74 en dynamique des populations (là aussi, une matière que j'adore mais d'habitude j'étais maudit et j'arrivais difficilement à accrocher la moyenne)
Abréviation: dynamique des pops
15 en biostatistiques (là c'est la classe intégrale, les années précédentes j'avais eu 6, 10,74 et 9)
Abréviation: biostats
10 en écologie des communautés (dégoûté, je m'attendais à mieux)
Abréviation: écologie des comm'

Et voilà! Non, ne me remerciez pas, je sais bien que ça vous a changé la vie, c'est juste ma bonté irrépressible qui s'exprime.

A part ça, demain matin j'ai cours, youhouuuu...

vendredi 22 février 2008

Le retour du Test Alakon (TM)

"Drink until she's cute."
Proverbe irlandais

Oui désolé, je vais recycler mes proverbes irlandais pour les prochains billets je pense...

Marine m'a fait passer un test où je suis censé dire 7 trucs que personne ne connaît sur moi OU 6 trucs anecdotiques. Ce qui m'a vaguement rappelé quelque chose. Et j'avais raison: le coup des 7 trucs que personne ne connaît, je l'ai déjà fait. La preuve.

Alors j'ai failli être hyper trop méga cool et balancer encore 7 choses qui pourraient me coller la honte si ça venait à trop se savoir. Mais en fait non. Hors de question que je raconte que j'ai une peur bleue de tout individu féminin brandissant un couteau, par exemple, alors qu'un mec je m'en fous royalement. Par exemple, hein. Ou que j'étais assez souple quand j'étais petit pour me ronger les ongles des pieds, parce que j'étais un stressé de la vie. Ou pire, que je connais par coeur plusieurs chansons de Kyo. Parce que je ne tiens pas à me taper la honte, non plus. Non mais sans déconner.

Mais comme j'ai le devoir de ne point décevoir ma pléthore de lecteurs en furie avides de tout savoir sur mon inestimable personne (là je suis en pleine phase de jubilation euphorique parce que je viens de découvrir le commentaire de Marie sur mon précédent billet, genre j'ai une lectrice en plus, alors je me la pète grave, t'vois, donc vous m'excuserez ce petit accès de mégalomanie enflammée), je vais essayer l'autre: raconter six anecdotes sur ma personne.

1. Il paraît que quand je stresse ou que je suis fatigué, je me touche le nez, dans un geste genre hyper cool, du dos de l'index, je le pose sur le bout du nez et je remonte, ça dure un dixième de seconde, tous mes potes l'ont calé et moi je ne m'en suis jamais rendu compte.

2. Je ne comprends pas comment on peut avaler du café sans avoir envie de vomir tripes et boyaux.

3. Je pense que ceux qui ne mettent pas le clignotant dans les ronds points méritent la peine de mort.

4. Depuis que je connais C. (vous savez, la blonde du début de l'année que je kiffais grave) j'ai piqué une de ses expressions, son air pincé avec la bouche en cul-de-poule, genre air dubitatif. De manière générale, je suis un voleur: toutes les expressions faciales, les mots ou les expressions qui me plaisent, je les vole sans scrupule. J'ai chourré le "certes" à T., le grondement sourd en cas de contrariété à Ling dans Ally McBeal, le "ouais d'accord ouais" à ma Puce et le papillonnement des paupières pour faire genre "arrête de dire des conneries" à ma mère, par exemple.

5. Par contre je suis l'inventeur incontesté et incontestable du "Et j'assume." comme réponse à un reproche ou une vacherie. Ca fait plus de dix ans que j'utilise cette expression (ma frangine et mon cousin peuvent témoigner), que maintenant tout le monde balance à tort et à travers. Même notre estimé président, c'est dire.

6. Quand j'ai une chanson dans la tête, je fais tout mon possible pour la trouver et je l'écoute en boucle pendant des heures pour m'en débarrasser. C'est comme ça que des navets du genre "Always Love" se sont égarés dans ma bibliothèque de sons. En ce moment, c'est "The Wild Rover", la chanson du billet précédent.

J'espère que votre curiosité est satisfaite. Je refile la patate chaude à la Poulette, ma frangine et de manière générale, à tous ceux qui se sentiront de perdre du temps à chercher un truc à raconter.

Moune: live in Dublin 2008

"Póg mo thóin!"
Formule de politesse irlandaise

free music




Le voyage s'achève... Je viens de rentrer de Dublin après un trop court séjour de trois jours. Je sors d'une douche fort bienvenue après des heures de trajets en bus-avion-re-bus, et je maudis le Moune du passé qui m'a laissé toute sa vaisselle à faire en revenant, ce con.

Mais foin de ces affaires domestiques qui n'intéressent personne: parlons de l'Irlande.

En un seul mot: génial.

Le voyage a commencé lundi après-midi, après une course-poursuite avec le bus devant nous emmener, la Poulette, sa dulcinée et moi-même, à l'aéroport de Charleroi, Belgique. Le bus ne paie pas de mine: une espèce de wagon à moteur blanc sale. Mais nous en changeons après 40 minutes de route, et nous arrivons à Charleroi avec un bus clinquant neuf. Là, évidemment, vu que les horaires de la navette étaient moyennement calé(e)s avec ceux (celles?)(on dit une ou un horaire, Marine, toi qui sais tout?) du navion pour Dublin, nous poireautons dans la joie et la bonne humeur en lisant, mangeant (quelle idée de foutre une sandwicherie dans un aéroport...) et jouant au petit bac. Ensuite, enfin, direction l'embarquement.

Là, drame atroce: les liquides dans des récipients de plus de 100mL sont prohibés dans l'avion. Moi qui ai l'obsession de la propreté corporelle (je ne dis pas 'obsession de l'hygiène' exprès pour qu'un contradicteur pénible ne mette en avant l'état de mon lavabo/ma vaisselle/mon appart/etc., dont l'état fait penser que je ne possède qu'une notion de l'hygiène assez imprécise), autant dire que ça part mal: je me retrouve privé de shampooing et de savon liquide, mais je sauve de justesse mon dentifrice et mon déo. La Poulette se fait chourrer son fond de teint et son déo, et sa dulcinée son dentifrice. Bon. Nous voilà bons pour en racheter en Irlande. La suite prouvera que ce n'était pas nécessaire.

Je fais l'acquisition de deux jeux de cartes dans la zone détaxée de l'aéroport, puis nous attendons notre vol en jouant au président. Si vous ne connaissez pas, vous êtes inculte, désolé de vous l'apprendre. Comme quoi on peut lire des blogs géniaux et ne pas avoir un sou de culture générale, si c'est pas malheureux tiens.

Je montre ma carte d'identité à la douane avant d'accéder au navion. Comme d'habitude, le rituel est le suivant:
* observation de la carte
* fronçage de sourcils
* observation de ma pomme
* retour du regard sur la photo de ma carte
* re-fronçage de sourcils
* tournage de la carte pour vérifier la date de péremption du truc
* haussage de sourcils en voyant que ma carte est encore valide pour les deux prochaines années

* éclair de compréhension, je suis reconnu
* demi-sourire ironique et fort déplaisant
* hochage de tête, et permission de passer

Bref, nous finissons par nous envoler (qui a dit 'enfin'?) pour l'Irlande. La Poulette et sa dulcinée gagatisent, grimacent et gloussent devant une petite fille curieuse qui les observe et leur cause depuis le siège situé devant nous, tandis que je sombre comme une masse dans le sommeil du juste. Sommeil par ailleurs fort peu esthétique, puisqu'il paraît que j'ai une tête encore plus chelou que d'habitude quand je pionce sur un siège droit. M'enfin, nul n'est parfait, je peux pas cumuler la classe internationale réveillé ET endormi non plus.

L'atterrissage se fait à 22h30 heure locale (une heure de moins qu'en France). Après vingt bonnes minutes à tourner et virer dans l'aéroport qui fait furieusement penser à un labyrinthe, nous trouvons la sortie et prenons le (tadaaa!!) bus à impériale!

Pour nous rendre au centre ville, donc, là où est situé notre hôtel. Confortable, coloré, avec un personnel sympa et des prix très abordables, je recommande:
Etranges moeurs, cependant: les chambres doivent être intégralement vidées à 10h30 pour le passage des femmes de ménage (qui se contentent de refaire les lits), et rien ne doit rester dans la chambre! Malheur au déo, au paquet de cartes ou au bout de savon qui s'y sont risqués: nul n'est revenu (enfin si, le déo, mais j'en parlerai plus tard).

Après une petite virée nocture pour répérer Temple Bar (les photos suivent), le quartier des pubs qui bouge la nuit, nous retournons dormir pour être en forme pour notre première vraie journée dans la capitale irlandaise. Nous partageons la chambre avec ceux que nous appelons les "gros geeks": pas un mot, toujours affalés devant la télé, une surcharge pondérale qui ferait passer un morse pour un modèle de corps de rêve, rigolant niaisement devant des films débiles, ronflant comme des usines pendant la nuit et répandant des odeurs vaguement nauséabondes.

Les torches accrochées dehors, y'a pas à dire, ça claque.

Une jolie croix celtique

Le Custom House, au bord de la Liffey

Le lendemain, réveil aux aurores pour aller quérir une bouteille de shampooing-savon au supermarché le plus proche. Les Spar pullulent dans la ville comme des lemmings, mais le Super Valu est moins cher. Puis la journée à marcher, visiter, voir des trucs et des bidules, monuments, curiosités, rues, on s'impregne du charme indéniable de la cité, mais on s'aperçoit qu'on a vite fait le tour, quand même. Dublin n'est pas une très grande ville. Ci-dessous, Christ Church, une rue au pif, une des nombreuses pubs de l'église, et la facade d'un parlement, un truc comme ça.




Dans le parc de la cathédrale Saint-Patrick (en travaux, donc pas de jolie photo) on retrouve quelques plaques d'auteurs irlandais connus, comme Oscar Wilde, Jonathan Swift (les Voyages de Gulliver, c'est de lui) ou John B. Yeats...

Nous testons le fameux Irish stew, ragoût de mouton irlandais dont on m'avait dit du mal mais qui est en fait plutôt goûtu. Ce n'est que le premier des inconvénients diététiques qui m'amènent à présent à dépasser de loin le poids que j'avais à l'arrivée sur l'île verte. Mais qu'importe: à ces contretemps caloriques, tout comme à ma fatigue et au trou béant dans mon compte en banque, j'ai répondu la même chose: "c'est quand même pas tous les jours!"

Au programme aussi, une après-midi d'errance dans les magasins de souvenirs et de musique (au passage, petite photo de harpe celtique, c'est-y pas beau?)


On goûte également les pâtisseries locales au fameux 'Queen of tarts', puis on rentre à l'hôtel attendre le deuxième contingent. C'est là que nous découvrons les tragiques disparitions du déo, du savon et du paquet de cartes (et des gros geeks, mais ça on s'en est plutôt bien remis). Mais bon, tant pis, on est crevés alors on glande en attendant P., M. et Trax.

Le soir, après l'arrivée des trois rigolos, direction le classique mais génial Oliver Saint John Gogarty's, irish pub avec des vrais musiciens dedans, une serveuse magnifique et adorable et des gens super chaleureux. Spéciale kassedédi au pochtron irlandais qui essayait de communiquer avec nous et qui beuglait en choeur "No neveeeeer no moooore" (voir la chanson en haut) ou les reprises de U2, et qui nous a payé des bières (on lui en a offert une aussi, on est quand même gentils). Fait étrange, dans les toilettes, il y avait un mec black, différent les deux soirs où on y est allés, qui tendait les serviettes après qu'on se soit lavés les mains. Ca devait être leur boulot.

Le lendemain, je pars à l'aventure en solo, je visite les quartiers ouest de la ville et je découvre le parc de commémoration, avec le long bassin en forme de croix et la statue des Enfants de Lir.

Je pars ensuite visiter le zoo de Dublin, au milieu du deuxième plus grand parc urbain d'Europe, le Phoenix Park.

A partir de là, plus de photos: mon appareil m'a lâchement abandonné.

Le zoo était magnifique, avec plein de bestioles et tout et tout. L'après-midi, j'avais prévu d'aller voir la Mer Gaëlique dans le port, mais j'avais trop mal aux pieds. J'en ai profité pour discuter avec le réceptionniste, qui m'a orienté vers la rousse Ginger, en charge de notre chambre, qui m'a rendu mon déo, avec en prime tous les savons, shampooings et déos habituellement laissés dans les chambres. Ca, c'est fait: les filles ont de quoi sentir bon pour pas un rond (même si c'est le plus souvent des trucs de mecs: y'a que eux pour être assez tête en l'air pour laisser leurs affaires dans la douche). Le soir, essai de nouveaux bars, puis fin de soirée au Gogarty's, où nous découvrons que la jolie serveuse parle français.

Le lendemain, petit dej tardif typiquement irlandais: oeufs brouillés, saucisse, bacon, tomates, champignons et toasts. Miam. Mais ça plus l'irish stew plus les deux repas au fast food plus les deux passages au Queen of Tarts plus trois soirs à s'enfiler un ou deux litres d'ale, ça fait mal à la ligne. Tant pis, je mangerai des épinards toute la semaine. De toutes façons j'ai plus de sous pour autre chose.

L'aprem, quartier libre, on retourne donc au Queen of Tarts, on achète de splendides chapeaux de leprechauns, on visite, tout ça. Le soir, soirée tranquille dans un bar, puis dodo rapide, car ce matin c'était le départ, lever à 5h du matin.

D'autres souvenirs me reviendront peut-être plus tard, mais en attendant je dois y aller: j'ai mes courses, ma vaisselle et ma lessive à faire. Connard de Moune du passé.

A part ça, Marine m'a refilé un nouveau questionnaire Alakon (TM), je fais ça dès que j'ai un peu de temps.

samedi 16 février 2008

Direction: Ireland

"L'Irlande c'est trop cool."
John B. Yeats

Tout a commencé avec une bouteille d'hydromel.

Une amie de la Poulette revenait de Bretagne avec du Melmor (beurk) sous les bras, au début de l'année, et nous a donné envie d'y aller. L'hydromel, la musique celtique, le mystère, l'ambiance, les fest-noz et le kouign amann... Ni une ni deux, nous décidons aussitôt d'économiser et de partir faire la chouille en Bretagne en février ("Quoi y'a pas de fest-noz en février? On s'en fout, on y va quand même!").

Et puis, un beau jour, au début de ce mois plus exactement, j'entends un pote de fac parler de l'Irlande, en disant que c'est pas très cher en ce moment. Le soir même, je propose à ma complice: "ça te dit l'Irlande à la place de la Bretagne?", qui me répond par la positive. Et comment! Niveau mystères celtiques et alcools exotiques, quoi de mieux que l'Irlande?

L'Irlande, ça a toujours été mon rêve. Rêve que je partageais avec T., et je m'étais promis d'y aller pour la première fois avec elle. Mais le temps et l'attrait des ales sont plus puissants que les promesses faites à soi-même, et me voilà en train de préparer mon sac, destination Dublin, pour trois jours, de lundi soir à vendredi matin. La Poulette est du voyage, bien sûr, ainsi que sa dulcinée, le pote de fac qui parlait de l'Irlande, des potes à lui et certainement une pote de fac partie faire un stage en Irlande, que nous retrouverons là-bas. Au programme... euh... pas de programme, on verra là-bas. L'hôtel et l'avion sont réservés, le reste, ce sera à l'aventure.

Dans deux jours, je poserai le pied sur l'île de mes rêves. Dans deux jours, je parle anglais avec un bock d'ale à la main. Dans deux jours, je suis face à la Mer Gaëlique. Dans deux jours, je vais en Irlande!

Ouais bon ok on a compris.

Bref, on se retrouve le week end prochain pour un compte rendu (j'espère) en images, comme pour la Suède!

So long!

A part ça, mon chauffage a ENCORE rendu l'âme. Saloperie de merde.

jeudi 14 février 2008

Le post que vous attendiez tous...

"Bonne fête Poulette!"
Ma manière de fêter la Saint Valentin (tout en dévoilant honteusement l'identité secrète de la Poulette, rhoo, pas bien, méchant, sale, caca, que fait la police?)

(Non elle s'appelle pas Valentin, tas de débiles)

...n'aura pas lieu.

Eh non, je n'ai aucune envie de me lancer une énième fois dans une diatribe anti-saint-Valentin que les célibataires endurcis reprendront en choeur, pendant que les couples liront ma prose avec un air un peu honteux en se disant que, quand même, c'est vrai qu'il a un peu raison, c'est fichtrement pourri/kheumercial/lamentable/dégradant/Big Brother is watching you/cliché de fêter la Saint-Valentin, mais bon, hein, après tout c'est une occasion comme une autre, et puis si on la fête pas, l'Autre va croire qu'on ne l'aime plus, alors faut pas déconner non plus, et puis après trop la honte si on est les seuls à pas le faire, etc etc.

Ma bannière du moment montre très bien ce que je pense de cette fête. Et soyez heureux, je n'ai pas le talent nécessaire pour dessiner un seau de vomi reconnaissable sur Paint.

Je vais donc parler d'autre chose. A savoir le bonheur indicible du célibat.

Hé ouais, malgré ce que veut nous faire croire notre chère société moderne, on peut être heureux autrement qu'en couple.

Regardez-moi: j'ai un appart de la taille d'un clapier à lapins dans lequel, même si je le voulais, je ne pourrais pas mettre de lit deux places. Déjà je me sens à l'étroit dedans. Vous imaginez avec une nana en plus? C'est que ça prend de la place ces bêtes-là. En particulier dans la salle de bain. Malgré la présence de la douche thalasso, l'absence des huit étagères réglementaires pour la bonne vie quotidienne d'une femme ne peut que jouer en la défaveur de mon environnement. Ce qui ferait que, si j'avais une nana, je devrais aller chez elle.

Or, s'il y a bien un truc qui m'exaspère, c'est de squatter chez une nana, fut-elle la mienne. C'est toujours rempli de photos, de cadres, de bibelots, de vases, de magazines, de conneries qu'on crève de peur de frôler, créant par là même l'incident diplomatique. Et histoire de montrer qu'on est un homme qui n'a pas peur des responsabilités, on se sent obligé de faire la vaisselle. Juste après le repas. Oui, même les filles peuvent laisser traîner la vaisselle des jours entiers et ne la faire que lorsqu'elles n'ont plus d'assiettes propres. Sauf quand elles sont en couple. Là, c'est le mec qui fait la vaisselle, tout le temps, tous les jours, car il le vaut bien.

Sans compter que rentrer chez soi après une soirée entre potes fortement alcoolisée, c'est pas de la tarte non plus. On pue l'alcool, on a le sourire aux lèvres à cause de la blague débile qu'a raconté l'autre con, là, avant de partir se coucher, et là, on doit réussir à se faire discret en se glissant amoureusement dans le lit d'une nana déjà modérément jouasse qu'on soit sorti sans elle (c'est bien une réaction de nana casée ça), qui n'a aucune envie de jouer au docteur avec un gros lourd plein de bière et qui fera la gueule pendant un minimum de 24h pour se venger de cet affront. Alors que le célibat, hein, c'est je rentre, je me désape, je m'écroule sur mon pieu et je ronfle en bavant sur l'oreiller jusqu'à des pas d'heures. Oui je sais, ça donne envie.

Sinon, on peut aussi amener sa nana avec soi dans la soirée en question. Là, si on a du bol, elle s'entend bien avec nos potes (voire dans le meilleur des cas, c'est aussi ses potes). Mais quoi qu'il arrive, alors que les potes veulent continuer la chouille en allant kiffer la vibe et moover leur body sur la wave trop top underground, il y a une probabilité d'environ une chance sur une (à peu près hein) que la nana soit "fatiguée", ce qui signifie que son mec doit fort logiquement la raccompagner. Parfois, les potes, sans doute parce qu'ils ont trop bu (les cons), disent "ok tu la raccompagnes et ensuite tu nous rejoins à la Tchunga-Coconut-Kowabunga-top-mega-groove boîte pour nous éclater jusqu'au bout de la night". Alors qu'il est évident que d'une part, sans sa nana, la soirée devient vachement moins intéressante pour le mec (ben oui il a plus de public pour être admiré), d'autre part la nana est rarement assez fatiguée pour refuser une petite auscultation (et donc le mec, pas con, suit son instinct de secouriste), et enfin parce que, étant en couple et de ce fait fort épuisé par les sacrifices physiques et moraux que ça représente (vaisselle, sexe, résistance aux tests de "tu me trouves grosse?", etc), il est un peu crevé lui aussi, le pauvre chou.

Alors qu'en étant célibataire, on mouve notre body. Seuls, certes, mais au moins on a l'impression d'être jeunes.

Je sais, cet article pue la mauvaise foi à cent mètres. Je le confesse, j'aimerais bien être THE man pour une nana, être amoureux et toutes ces conneries, parce qu'il paraît que c'est de mon âge. Sans toutefois céder au cliché du mec-parfait-cocooning-in-love-with-la-Saint-Valentin.

Figurez-vous que déjà, une fille bien, c'est pas facile à trouver (une fille bien ET célibataire ET qui me plaise ET hétérosexuelle, cessez de siffler chères lectrices). Eh ben une fille bien (et tout ce qui va avec) ET qui est en plus pas trop collante, c'est hyper vachement plus chaud à trouver. Non pas que j'en trouve des collantes, ce serait déjà ça hein... Mais j'ai l'impression que toutes les nanas deviennent forcément cocooning-fatiguées-pas-drôles quand elles se mettent en couple, qu'elles s'enferment dans leur petit quotidien paisaible avec leur chéri adoré, et que overfuck les jeunes années de liberté, de potes, de bringue et de délires, bonjour les restos romantiques et les plateaux télé. A quand les pantoufles et le labrador?

En fait il me faut une nana pas romantique.

Un mec quoi.

Non je déconne.

Il me faut une nana pas TROP romantique, qui continue à kiffer la vibes même en couple. Une nana indépendante mais amoureuse. Est-ce que ça existe? Pour l'instant, autour de moi, j'ai plutôt des preuves du contraire...

Enfin bref, foin de tout cela. Bonne Saint Valentin aux couples (vous avez vu, je suis beau joueur), puissiez-vous choper le tétanos avec les roses et le cancer de l'estomac avec les chocolats (quoique, pas tant que ça...).

A part ça, mort au corbeau.

PS: Faites l'amour, pas les magasins!

lundi 11 février 2008

Lâche, évoque heaume!

"Là, tout n'est qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté..."
Beaudelaire, "l'invitation au voyage"

"Le blog de Moune?"
Moune, "la réponse à l'invitation"

Dans un coup de gueule vigoureux à faire dresser le poil sur les nuques des mécréants, l'amie Magrat a fermement enjoint les vils mateurs de blogs qui étanchent dans l'ombre leur soif de voyeurisme à avouer leurs travers en révélant leur personne sous la forme de commentaires.

Ce qui est une manière non skybloguesque de demander "LaChé Vo KomZ lol KiKoo trO mDr".

Et je me joins à son combat héroïque. Non parce que c'est vrai, on se tue à trouver des saillies drôlatiques d'une incomparable spiritualité pour faire sourire son prochain, on se creuse la cervelle à dénicher un super sujet de réflexion pour affiner l'esprit des lecteurs, on s'use à être des exemples irréprochables pour les jeunes générations, tout ça pour s'apercevoir que des gens qui viennent de Pau, de Strasbourg ou de Lorient (voire même d'Iran, d'Ukraine ou du Rwanda) passent plusieurs dizaines de minutes par semaine ici sans JAMAIS LAISSER LE MOINDRE COMMENTAIRE!!

Les fourbes.

Les sales fennecs de leur mère, même.

Je veux bien que je ne sois pas un phare de la blogosphère et que mon aura pourtant sublime n'embrase pas la passion de milliers de visiteurs quotidiens. J'en conviens fort volontiers. Sauf que, outre les visiteurs réguliers, à savoir la Poulette, Ma Puce, ma frangine, Magrat, Marine, l'Elfe et le Suisse, y'a des gens qui passent du temps sur mon blog, et qui ne commentent pas. Si si, j'le sais, j'ai des yeux partout. Surtout sur mon mouchard de Google Analytics qui me dit d'où vous venez.

Faut pas hésiter hein. Osez me dire ce que vous pensez, ça me dérange pas, au contraire. Sauf si vous êtes fan de Grégory Lemarchal ou militant UMP. Là, par contre, vous êtes aimablement priés de garder vos idées pourries à l'écart du monument de bon goût, d'objectivité et d'extrême tolérance qu'est ce blog. D'avance, merci.

Bref, je lance le même appel que le général Magrat, qui a quand même vachement plus de poitrine que De Gaulle et qui, de ce fait, devrait avoir nettement plus de poids à l'échelle mondiale. A savoir, chers mystérieux et silencieux lecteurs:

- Je vous connais dans la vie?
- Ou sur le net?
- D'où que vous avez trouvé ce blog?
- Pourquoi vous le lisez?
- Et vous, vous en avez un, de blog?

Et, n'ayant même pas peur du droit d'auteur, je finis comme elle par "non mais si vous voulez rien me dire (bande de fennecs, donc) c'est pas grave, au moins vous êtes là et c'est cool".

A part ça, pour mes visiteurs réguliers, c'est pas non plus les vacances des commentaires là hein! Feignasses!

dimanche 10 février 2008

Créationnisme et évolution

"Si Dieu a tout créé, il a aussi créé les pigeons. Rien que ça, ça prouve que Dieu n'existe pas: personne ne peut être aussi con. Ou alors, Dieu est très con, ce qui se tient aussi."
L'évangile selon Saint Moune

Aujourd'hui, juste avant de changer la bannière du blog parce qu'on se rapproche d'un événement honni entre tous (oui, la Saint Valentin, vous avez trouvé, vous êtes trop fort, maintenant laissez-moi parler), je vais parler science, et plus particulièrement biologie.

Avant de commencer, petit topo de vulgarisation pour expliquer ce que c'est, la théorie de l'évolution. Au commencement, il n'y avait pas grand chose. La Terre était en pleine crise d'adolescence, elle avait des éruptions de partout, lâchait des gaz délétères dans l'atmosphère, tremblait à n'en plus pouvoir, il pleuvait tout le temps, bref, c'était un peu la merde à l'époque. Par un processus mystérieux qu'on n'explique pas encore tout à fait, la vie est apparue, sous la forme d'acides aminés qui se sont rejoints pour former de l'ADN, et ainsi sont nées les premières bactéries (en gros hein). Selon certains, l'apparition de la vie provient d'un pur coup de hasard, avec de l'eau à la bonne température, contenant grâce aux vapeurs atmosphériques suffisemment d'éléments pouvant servir à créer la vie (azote, carbone...) et régulièrement frappée par de l'énergie électrique, sous forme de foudre qui venait agiter tout ce joyeux merdier. Résultat: la vie.

Maintenant, comment sommes-nous passés de la vie aquatique unicellulaire bactérienne aux magnifiques spécimens de mammifères que nous sommes à l'heure actuelle (enfin... surtout moi, vous je vous ai jamais vu nus)? Selon la grande majorité des scientifiques, par l'évolution.

Tout le monde connaît Darwin, le barbu qui a inventé la théorie de l'évolution, et dans les grandes lignes, tout le monde sait que "l'homme descend du singe", ce qui est faux mais au moins le message est à peu près passé. Maintenant, on passe au cran supérieur, je vous raconte ce qu'il en est réellement.

D'abord, tout le monde est différent, ça vous étiez au courant. A part les jumeaux (les vrais). Maintenant, pourquoi sommes-nous tous différents? Et pourquoi les jumeaux ne sont PAS différents? Parce que l'ADN. L'ADN est une substance chimique principalement constituée d'azote, qui code grâce à quatre bases azotées le génome humain, et qui est présente dans l'ensemble des cellules animales et végétales. Pour ceux qui n'ont rien pigé à la phrase précédente, je la refais. L'ADN est présent dans nos cellules, et les multiples combinaisons possibles des quatre bases azotées (le "composant de base") déterminent notre génotype, c'est-à-dire ce que nous sommes biologiquement parlant: un homme ou une femme, noir ou blanc (ou jaune ou rouge ou vert, on s'en fout), un blond ou un brun, AB+ ou O-, obèse ou cardiaque, avec des yeux bleus ou bruns, et puis aussi si on est un humain ou bien un chimpanzé, une mouche ou un manchot empereur. L'ADN, c'est ce qu'on est, en tant qu'individu et en tant qu'espèce. Sans ADN, pas de vie.

Petite précision: à l'heure actuelle, aucune étude scientifique sérieuse n'a prouvé que l'instinct criminel, la pédophilie, l'homosexualité ou la connerie tout court étaient intégrés dans l'ADN (bien que dans certains cas, l'homosexualité par exemple, cela puisse être du fait d'une insuffisance hormonale totalement aléatoire pendant un moment de la gestation).

Bref, reprenons. L'évolution passe par, en gros, deux processus fondamentaux: la mutation et la sélection.

L'ADN peut muter, notamment pendant que l'individu est à l'état de foetus, donc "en construction". C'est un événement pas si rare que ça, mais qui souvent ne se voit pas sur le visage du mutant. Cette mutation peut être délétère (dans ce cas, l'individu est mort en naissant, survit très peu de temps ou ne peut pas se reproduire), c'est un accident génétique. En admettant qu'on parle d'une mutation qui laisse le mutant vivre et se reproduire, cette mutation peut apporter un changement dans la morphologie, la physiologie ou le comportement du mutant, en bien ou en mal. Par exemple, mettons que les ancêtres des baleines avaient encore des pattes arrières développées, et qu'un jour, un baleineau est né sans ces membres. Dans ce cas précis, la mutation est positive.

La sélection est le fait que ce baleineau se soit reproduit (c'est-à-dire que sa mutation n'a pas influencé la sélection sexuelle par l'autre sexe: la nana avec qui il s'est reproduit n'avait pas grand chose à faire qu'il n'ait pas de jambes, pour être plus clair), et que ses descendants aient remplacé les anciennes baleines à jambes. Une baleine sans jambe est plus rapide et mieux adaptée à une vie aquatique qu'une baleine qui traîne des excroissances inutiles sur elle: la baleine sans jambe (et ses descendants si cette mutation se transmet) sont avantagées par rapport aux anciennes.

Les baleines sans jambe sont donc "sélectionnées": c'est la "survie du plus hardi", le mieux adapté à son environnement a de meilleures chances de survie et exclut les moins bien adaptés, qui meurent ou ne peuvent plus se reproduire face à cette compétition. Finalement, les mutations continuant, les nouvelles baleines ne peuvent plus se reproduire avec les baleines à jambes: on a deux espèces différentes. Or, si ces deux espèces cohabitent, elles utilisent le même espace et les mêmes ressources alimentaires: les mieux adaptées au milieu vont mieux se nourrir et occuper l'espace que les moins bien adaptées, qui vont donc disparaître: c'est la sélection naturelle, on sélectionne le meilleur individu et/ou la meilleure espèce au cours du temps.

Bien sur, de nombreux facteurs influent sur cette sélection, notamment le hasard: un mutant ayant reçu une super mutation de la mort qui tue mourra accidentellement avant d'avoir pu se reproduire, ou alors ses descendants mourront ou ne transmettront pas le bon allèle qui assure la mutation. Le gros manque de bol quoi.

Bon, j'espère avoir été assez clair sur la théorie de l'évolution.

Cette théorie a été moultes fois débattue dans les salons de thé londoniens, et on vit s'opposer deux grandes factions: les évolutionnistes, qui acceptaient ce que disait Darwin parce que, scientifiquement, c'était l'explication qui se tenait le mieux, et acceptaient donc l'idée que le hasard (hasard de la mutation, hasard de la sélection) était ce qui avait fabriqué les espèces actuelles; et les créationnistes, chrétiens convaincus qui pensaient que Dieu avait créé la Terre, le Ciel, les animaux, les végétaux et l'Homme avec une majuscule, et qu'il avait fait la sieste le septième jour, et que tout était exactement pareil aux commencements des temps que de nos jours, ce que contredisent maintenant les études moléculaires sur les fossiles, par exemple.

Bien entendu, en tant que scientifique je n'accorde aucun crédit aux thèses créationnistes, parce que ce n'est pas une question de croyance mais une question de science: ce que la science prouve, alors c'est ce qui est (et qu'on ne vienne pas me faire chier avec les quatre éléments ou la Terre qui était plate avant 1500: à l'époque, la science était totalement influencée par la croyance et la conviction, alors que maintenant elle démontre à l'aide de preuves). J'ai assez étudié l'évolution pour être convaincu que c'est bien comme ça que ça se passe. Après tout, l'évolution est la seule théorie qui explique tout sur le vivant et comment on en est arrivés là.

Cependant, toujours en tant que scientifique, je ne peux pas être catégorique sur la non-existence de Dieu ou d'une puissance supérieure, puisqu'il s'agit d'une histoire de croyance. Je n'y crois pas, je suis athée, agnostique, tout ce que vous voulez, mais je pense que si on en est là, c'est uniquement à cause du hasard. Or, c'est une conviction intime, une hypothèse, et pas un raisonnement scientifique. Rien n'a pour l'instant prouvé scientifiquement l'existence d'une puissance supérieure (ou plusieurs, soyons fous), mais rien n'a prouvé non plus sa non-existence. En tant que "croyant", je suis fermement attaché à la théorie de l'évolution basée sur le hasard, et combats de toutes mes forces l'enseignement du créationnisme dans certaines écoles américaines, australiennes et turques, notamment, parce qu'on n'enseigne pas une théorie religieuse en cours de sciences à des mômes malléables, c'est malhonnête. En cours de sciences, on parle sciences, avancées récentes et théories possibles.

La science a prouvé que l'évolution est une bonne théorie qui se rapproche de la réalité, mais je reconnais que la science peut se planter (même si la chance est carrément minime). La religion n'a absolument rien prouvé au niveau du créationnisme, et se met en contradiction avec toutes les dernières découvertes biologiques et géologiques du dernier siècle et demi (par exemple, les créationnistes pensent que la Terre à 6000 ans).

Maintenant, en tant que scientifique, il me faut au moins accorder du crédit à des hypothèses potentiellement recevables. Certaines personnes, en Amérique notamment, parlent de "intelligent design", le dessein intelligent, qui est une sorte de créationnisme masqué, mais surtout de "soft creationism". A savoir que l'évolution existe, mais qu'elle est orchestrée en partie ou exclusivement par des causes surnaturelles, comme Dieu. C'est une sorte de compromis. Or, il a été prouvé que bien d'autres facteurs influencent l'évolution, comme les conditions environnementales. Cependant, si on admet l'existence d'une puissance supérieure, les variations des conditions environnementales, le hasard, les mutations et tous les facteurs qui orientent l'évolution lui sont directement imputables. Pour le moment, à part une conviction profonde, rien ne me permet de rejeter scientifiquement cette hypothèse, bien que rien ne me permette de la valider non plus tant que l'existence d'une ou plusieurs puissance(s) supérieure(s) n'aura pas été prouvée scientifiquement. C'est une hypothèse, comme l'évolution: chacun est libre d'y croire ou non.

L'existence d'une puissance supérieure qui a minutieusement décidé ce qu'allait devenir la Terre est possible, parce que rien ne nous permet d'affirmer le contraire. La volonté d'avoir une conscience supérieure au-dessus de soi est peut-être typiquement humaine et ne prouve que notre faiblesse et la volonté de rejeter sa propre responsabilité ; ou prouve que les humains, seuls parmi les autres espèces, sont capables d'appréhender l'existence de cette conscience supérieure.

My point is: non au créationnisme, et oui au soft creationism et à la théorie de l'évolution enseignés à parts égales dans les classes. Il n'est pas question de science dans la foi en l'une ou l'autre des théories, mais de croyance: laissez les gosses décider ce qu'ils préfèrent, le hasard ou une puissance supérieure. M'enfin, pour cela il faudrait que les enseignants soient d'une objectivité à toute épreuve, et ne favorisent pas l'une ou l'autre des théories... Mission impossible, entre les laïcs convaincus et les religieux fanatiques, aussi cons les uns que les autres de mon point de vue.

A mon sens, toute hypothèse valable devrait recevoir un accueil critique basé sur la science et la logique, et non sur la croyance. Il faut savoir faire la part des choses: personnellement, je pense que Dieu est une grosse arnaque et que si on en est là aujourd'hui, c'est par un monstrueux coup de bol et par l'évolution naturelle. C'est ma croyance, c'est ma foi. Mais scientifiquement, je dois admettre que je me trompe peut-être et qu'il y a peut-être bien une puissance supérieure qui a tout manigancé. Pourquoi? Parce que c'est possible.

Le but de ce billet était de faire comprendre la différence entre la science et la foi, et d'essayer de prouver que les scientifiques peuvent, à tort à mon avis, rejetter des hypothèses uniquement sur la base de leur foi personnelle en l'évolution naturelle, à l'image des religieux qui rejettent des hypothèses scientifiques uniquement sur la base de leur foi en Dieu. Et, pour ceux qui ne se sentent pas particulièrement concernés par l'évolution et le créationnisme, je voulais aussi montrer que parfois, il s'agit de faire la part des choses, et qu'il faut savoir réfléchir plus loin que ses convictions.

J'espère avoir réussi...

A part ça, aujourd'hui, j'écris. Un peu.

lundi 4 février 2008

Mécanisme de défense

"Il est normal d'avoir peur. C'est humain. Mais il est moins normal d'être con. Et pourtant, ça aussi c'est humain."
Platon

Un petit coup de gueule, ça vous dit?

Ce soir, je râle contre les oeillères, contre l'aveuglement, contre l'indifférence et l'optimisme crétin, je râle contre tous ceux qui refusent de voir la vérité juste parce qu'elle est moche. Oui, vous avez deviné, je vais parler d'écologie.

Une expérience amusante à faire entre amis: parlez donc d'écologie, de l'état de la planète, dans une soirée où on s'amuse. Vous passez pour le casseur d'ambiance de premier plan qui veut déprimer tout le monde. C'est évidemment un exemple: en général, on ne parle pas des choses qui fâchent dans une soirée, à moins que le moment s'y prête particulièrement (genre quand une pétasse couine parce que son mec de trois jours vient de la plaquer pour une autre, on peut la remettre à sa place en lui suggérant que sa situation est largement plus enviable que celle des ours blancs dont la phase de déclin commencera, je tiens à le rappeler, d'ici 4 ans maximum).

Ce qui m'agace, c'est que quelle que soit la discussion, on a toujours des comportements que je qualifierais unilatéralement de débiles qui apparaissent.

- Ceux qui ont une vague idée de l'étendue du désastre mais qui ne veulent pas savoir les détails
"Arrêêêêteuh tu vas me déprimer!"

Oh ben oui dis donc, je serais dégoûté d'abîmer ton maquillage avec une raison aussi futile que le Japon qui a repris la chasse à la baleine, c'est d'un trivial.

- Ceux qui ont des oeillères
"Bah moi je vois pas de différence avec y'a dix ans, c'est encore les écolos qui se montent le bourrichon pour rien"

Ah oui, ça doit être ça, 40°C tous les étés en Picardie c'est tout à fait habituel, en fait on se faisait un peu chier à WWF parce que Bové nous a piqué les OGM, alors il a bien fallu qu'on monte une intox mondiale de réchauffement climatique, faut bien qu'on s'amuse un peu hein.

- Ceux qui sont légèrement paranoïaques
"Non mais c'est une connerie financée par les Américains pour qu'on arrête de leur faire de la concurrence, la preuve, "une vérité qui dérange" c'est un américain qui l'a fait"

Ah ben oui mon bon monsieur, c'est évident. D'ailleurs c'est comme pour E.T., ils ont sorti ça pour qu'on croie tous que les aliens sont des gnomes grisâtres et un peu attardés, alors qu'en fait les Etats-Unis ont développé dans le plus grand secret une relation commerciale florissante avec les Vénusiens Mauves et les Atlantes de Nû, ce qui explique leur place au sommet de l'économie mondiale.

- Ceux qui sont optimistes sans trop savoir pourquoi
"Non mais on va s'en sortir, de toutes façons, c'est obligé, y'a pas de raison"

Ouais, ils disaient ça aussi les Juifs en montant dans les trains, dans les années 40...

- Ceux qui n'y croient pas et n'y croiront jamais parce que ça les perturbe trop
"Ah ouais? T'as des preuves?"
"Ouaip, j'ai les assertions d'à peu près l'ensemble de la communauté scientifique, qui montre une augmentation de 25% du taux de CO2 dans l'atmosphère depuis 150 ans, une hausse de la température entre 1 et 3°C pour le prochain siècle et une hausse de 50cm du niveau des mers dans les prochaines années."
"Ouais mais c'est des chiffres de scientifiques ça, on peut en faire ce qu'on veut"

Ah ouais c'est notre kif ça à nous les scientifiques, de balancer des chiffres pour faire peur aux gens. D'ailleurs y'a un grand concours mondial pour celui qui aura réussi le plus beau teint verdâtre ou pâle avec ses chiffres (photos à l'appui).

- Ceux qui écartent les faits d'un revers de main parce qu'ils en ont peur
"Non mais on va pas parler de ça maintenant"

Non t'as raison tiens, parlons plutôt de Nicolas et de Carla, c'est tellement plus important que l'érosion de la biodiversité.

- Ceux qui le savent mais qui s'en foutent royalement
"Mais de toutes façons, on peut rien y faire alors c'est pas la peine d'en parler..."

Nicolas et Carla, on n'y peut rien, pourtant tout le monde en parle. Par contre, l'écologie, on y peut quelque chose, mais hors de question d'en parler, c'est trop chiant comme sujet.

- Ceux qui prennent les écolos pour des névrosés mythomanes alors qu'en fait ils ne pigent que dalle
"Attends y'a dix ans c'était le trou dans la couche d'ozone et maintenant y'a trop de gaz à effet de serre? Faudrait savoir les gars!"

Hé Einstein, t'es au courant que les gaz à effet de serre c'est pas les mêmes que ceux qui font des trous dans la couche d'ozone? Des trous, y'en a toujours, ils se sont pas refermés depuis, c'est juste qu'on risque d'être irradié ET d'avoir chaud.

Bref, ça m'énerve. Je sais que c'est un mécanisme de défense, de nier la vérité pour se protéger, mais comment voulez-vous que l'info passe, que les consciences s'éveillent, si tout le monde continue à refuser d'en parler juste parce que c'est déprimant?

Arthur style: SORTEZ VOUS LES DOIGTS DU CUUUUL!!

A part ça, le droit de l'environnement, on a beau dire, c'est chiant.