Le chocolat, c'est le bien. Avec la poulette on avait déjà établi ce complexe théorème depuis bien longtemps déjà, et toujours plus de fidèles se ralliaient à notre étendard. Et là, j'ai eu l'occasion de la vérifier une fois encore la véracité de notre théorie. Le milka caramel (tu dois goûter poulette) et le chocolat à la menthe (NON y'a pas que les Anglais qui peuvent avaler ça) ont des effets bénéfiques sur mon organisme. Une plaquette de chaque en un week end, et hop, la patate, la déprime est vaincue. Eh oui, déjà. Les endorphines du chocolat sont des substances qui, entre autres, ont le pouvoir de rendre amoureux. Le chocolat rend amoureux, même s'il fait aussi un gros cul mais on peut pas tout avoir non plus... Bref, je suis tombé amoureux. De qui? Aha... Suspense.
Je ne vous fais plus languir: de la vie (vous croyez quand même pas que je vais balancer de qui je suis amoureux sur un blog non?...de toutes façons tout le monde le sait). Alors oui ça fait blogueur prépubère qui écrit des phrases étranges et quasi-philosophiques tirées du Cercle des Poètes Disparus ou d'une version édulcorée du "bouddhisme expliqué aux attardés", qu'en général il colore de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel en mettant les voyelles en majuscules. Mais là non. La vie est belle, le monde est magique (copyright Calvin et Hobbes, les gens cultivés reconnaîtront), l'amour comme épée, l'humour comme bouclier (copyright Werber)... Après tout Dolores O'Riordan chante, Maggie Gyllenhaal joue (c'est ma nouvelle coqueluche, cherchez pas... enfin si, cherchez et admirez) et Blacksad arpente les planches... Et puis j'ai intérêt à m'accrocher, j'ai une planète à sauver moi, non mais sans blague... (écolo powa!)
Sinon, mû par un instinct subit autant que curieux, hier j'ai posté ma première demande de stage pour cet été. Je ne dis pas où c'est, des fois que des écolos en quête de stage me chourrent ma place, mais j'espère gravement être pris. Et si je suis pris je vais devoir me remettre à la botanique méditerranéenne (Smilax aspera, le retour... les initiés comprendront).
Ah, et aussi, dans cette région étrange, sauvage et primitive qu'est la Lorraine, vlà-t'y-pas qu'il neige. Après deux semaines de beau temps approximatif, oui oui. De gros flocons bien humides, à moitié fondus et lourds se sont écrasés au sol. Et ont fondu totalement, ne rêvons pas. Mais selon la météo il va neiger jusqu'à mercredi sur la région... Et je jubile, un petit arrière goût savoureux de Noël... Miam.
A part ça, les poires vertes c'est cro bon.
Statistiques
Environ 0% des lecteurs actuels de ce blog sont morts au cours des dernières secondes.
lundi 19 mars 2007
dimanche 18 mars 2007
La voix des anges
Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore... Voilà la voix de Dolorès, deux de ses chansons:
Ici
Savourez bande de gens, c'est gratuit et c'est beau.
Ici
Savourez bande de gens, c'est gratuit et c'est beau.
Libellés :
Dolorès O'Riordan,
Interlude,
Zique
L'ennemie
Elle est revenue, sournoise, vicieuse, violente et sanguinaire. L'ennemie. Comme d'habitude, j'étais persuadé que j'allais pouvoir y résister, que j'avais tout pour lui opposer un flanc cuirassé au titane inoxydable du chaos de la mort, que cette fois ci elle allait glisser connement le long de mon armure impeccable, se ramasser lamentablement la gueule et aller lécher ses blessures pour un petit moment encore...
Eh ben non. Elle m'a eu, et en pleine tête en plus. Maligne, la salope.
Avant que ça ne dégénère, non, je ne parle pas de quelqu'un en particulier. Je parle de la déprime, qui me frappe régulièrement depuis quelques années, quand je prends de temps à autres conscience que je suis seul, sans attache, constamment déçu par les autres et par moi-même, sans avenir, sans passé, sans passion, sans envie... Bref, le gros coup de mou qui me cueille au coin du museau.
D'habitude, je me le prends au début de l'année, quand je fais le lamentable bilan des douze mois révolus. Ou alors à la Saint Valentin, quand je résume mes pauvres histoires de coeur pour n'en extraire que quelques rares bons souvenirs pour pas mal d'ennuis et de déceptions, par ma faute ou celle de l(a mal)heureuse élue. Mais là, super warrior, j'ai résisté comme un chef. Une année de plus ou une année de moins, rien à péter, y'aura toujours un hiver et un été ; la Saint Valentin c'est pas grave, je suis célibataire mais y'a des gens très bien à qui ça arrive, je crains personne. Trop la classe d'abord, la déprime ne m'aura pas, je l'attends de pied ferme.
Malheureusement l'assaut du printemps a été trop fort pour moi. Les rats abandonnent le navire, j'abandonne mon calme, ma patience, mes bonnes manières et ma diplomatie: je dis ce que je pense sans forcément réfléchir, je m'énerve encore plus que d'habitude, j'arrête de m'excuser d'être moi, je me lâche, je plante mes potes en début de soirée parce que pas envie de les voir se bécoter toute la soirée (comme ce soir tiens, je suis rentré il y a 15 minutes d'une soirée chez la Ptite, c'est la première fois que je repars si tôt), bref, tout fout le camp. Alors non, je ne me donne pas d'excuse: tout ce qui se passe en ce moment c'est entièrement ma faute, je suis méchant, pas diplomate pour deux sous, pas du tout porté sur les nuances et les faux semblants, et j'assume. Je fais mal, je heurte, je blesse, je choque : ok, pour une fois que c'est moi...
Non, je ne suis pas une victime, mais les reproches de ce que je suis ou pas je m'en prends quand même régulièrement (trop gentil, trop prise de tête, trop envie de convaincre, trop expansif, trop jaloux, trop naïf, trop attentionné, trop exigeant, donne trop de soi, trop blond...), alors qu'étrangement des compliments sur ce que je suis ou sur les efforts que je fais j'en ai jamais... Alors merde, pour une fois, c'est moi qui fait des reproches au lieu de compliments, et voilà. Au passage ce message n'est pas adressé à une personne en particulier (évitons le mode parano voulez-vous?) mais à tout le monde... Je vais décevoir ceux qui se croient uniques: vous n'êtes pas seuls à me voir comme vous me voyez. Les gens qui me trouvent naïfs, prise de tête ou exigeants sont plusieurs à penser ça, et je les emmerde par ailleurs parce que je fais des efforts, mais autant pisser dans un violon (encore que je préfèrerais manger une glace à la framboise, tant qu'à faire autre chose que bosser pour rien autant que ce soit comestible).
Donc voilà, je suis au sol, l'ennemie m'a abattu, j'agonise sous ses coups mais comme d'hab, je survivrai. Elle m'épargnera: elle sait que c'est vachement plus drôle de me recoller un marron au moment où je m'y attends le moins. Mais en attendant, elle est sur moi, et j'ai besoin d'un coup de main.
A part ça, les piafs aiment le pop corn et me le font savoir en me réveillant à 7h du mat.
Eh ben non. Elle m'a eu, et en pleine tête en plus. Maligne, la salope.
Avant que ça ne dégénère, non, je ne parle pas de quelqu'un en particulier. Je parle de la déprime, qui me frappe régulièrement depuis quelques années, quand je prends de temps à autres conscience que je suis seul, sans attache, constamment déçu par les autres et par moi-même, sans avenir, sans passé, sans passion, sans envie... Bref, le gros coup de mou qui me cueille au coin du museau.
D'habitude, je me le prends au début de l'année, quand je fais le lamentable bilan des douze mois révolus. Ou alors à la Saint Valentin, quand je résume mes pauvres histoires de coeur pour n'en extraire que quelques rares bons souvenirs pour pas mal d'ennuis et de déceptions, par ma faute ou celle de l(a mal)heureuse élue. Mais là, super warrior, j'ai résisté comme un chef. Une année de plus ou une année de moins, rien à péter, y'aura toujours un hiver et un été ; la Saint Valentin c'est pas grave, je suis célibataire mais y'a des gens très bien à qui ça arrive, je crains personne. Trop la classe d'abord, la déprime ne m'aura pas, je l'attends de pied ferme.
Malheureusement l'assaut du printemps a été trop fort pour moi. Les rats abandonnent le navire, j'abandonne mon calme, ma patience, mes bonnes manières et ma diplomatie: je dis ce que je pense sans forcément réfléchir, je m'énerve encore plus que d'habitude, j'arrête de m'excuser d'être moi, je me lâche, je plante mes potes en début de soirée parce que pas envie de les voir se bécoter toute la soirée (comme ce soir tiens, je suis rentré il y a 15 minutes d'une soirée chez la Ptite, c'est la première fois que je repars si tôt), bref, tout fout le camp. Alors non, je ne me donne pas d'excuse: tout ce qui se passe en ce moment c'est entièrement ma faute, je suis méchant, pas diplomate pour deux sous, pas du tout porté sur les nuances et les faux semblants, et j'assume. Je fais mal, je heurte, je blesse, je choque : ok, pour une fois que c'est moi...
Non, je ne suis pas une victime, mais les reproches de ce que je suis ou pas je m'en prends quand même régulièrement (trop gentil, trop prise de tête, trop envie de convaincre, trop expansif, trop jaloux, trop naïf, trop attentionné, trop exigeant, donne trop de soi, trop blond...), alors qu'étrangement des compliments sur ce que je suis ou sur les efforts que je fais j'en ai jamais... Alors merde, pour une fois, c'est moi qui fait des reproches au lieu de compliments, et voilà. Au passage ce message n'est pas adressé à une personne en particulier (évitons le mode parano voulez-vous?) mais à tout le monde... Je vais décevoir ceux qui se croient uniques: vous n'êtes pas seuls à me voir comme vous me voyez. Les gens qui me trouvent naïfs, prise de tête ou exigeants sont plusieurs à penser ça, et je les emmerde par ailleurs parce que je fais des efforts, mais autant pisser dans un violon (encore que je préfèrerais manger une glace à la framboise, tant qu'à faire autre chose que bosser pour rien autant que ce soit comestible).
Donc voilà, je suis au sol, l'ennemie m'a abattu, j'agonise sous ses coups mais comme d'hab, je survivrai. Elle m'épargnera: elle sait que c'est vachement plus drôle de me recoller un marron au moment où je m'y attends le moins. Mais en attendant, elle est sur moi, et j'ai besoin d'un coup de main.
A part ça, les piafs aiment le pop corn et me le font savoir en me réveillant à 7h du mat.
samedi 17 mars 2007
Kiss kiss... bang bang
Pour ceux qui ne connaissent pas, tel est le titre d'un film plutôt marrant que j'ai commencé à regarder il y a quelques jours, et tel est aussi le résumé de mon état d'esprit.
Hier je suis allé à Nancy. Super, une soirée entre potes, ça faisait longtemps, on sort un peu loin de Metz, on va écouter de la musique, trop méga cool.
Devinez qui a eu la bonne idée de passer la soirée avec deux potes en couple?
Devinez qui a eu la bonne idée de devoir jouer au chandelier pendant les danses langoureuses au son de la musique?
Devinez qui a eu la bonne idée de passer la soirée dans la seule ville de France aussi chargée en bons et mauvais souvenirs qu'un plat aromatisé par ma soeur est chargé en sel (et ce n'est pas peu dire)?
Devinez qui a eu la bonne idée d'avoir le fol espoir de la revoir et qui s'est planté du tout au tout?
Devinez qui a eu la bonne idée d'accepter de passer la soirée dans une solitude, un fusion de sentiments, une envie de meurtre des plus étranges?
Bingo...moi.
Ma vie est géniale.
A part ça, je suis un aimant à filles qui pleurent.
Hier je suis allé à Nancy. Super, une soirée entre potes, ça faisait longtemps, on sort un peu loin de Metz, on va écouter de la musique, trop méga cool.
Devinez qui a eu la bonne idée de passer la soirée avec deux potes en couple?
Devinez qui a eu la bonne idée de devoir jouer au chandelier pendant les danses langoureuses au son de la musique?
Devinez qui a eu la bonne idée de passer la soirée dans la seule ville de France aussi chargée en bons et mauvais souvenirs qu'un plat aromatisé par ma soeur est chargé en sel (et ce n'est pas peu dire)?
Devinez qui a eu la bonne idée d'avoir le fol espoir de la revoir et qui s'est planté du tout au tout?
Devinez qui a eu la bonne idée d'accepter de passer la soirée dans une solitude, un fusion de sentiments, une envie de meurtre des plus étranges?
Bingo...moi.
Ma vie est géniale.
A part ça, je suis un aimant à filles qui pleurent.
vendredi 16 mars 2007
J'ai les nerfs.
Je pense pas être très nerveux comme garçon. Je pense que la dernière fois que j'ai hurlé sur quelqu'un date de plusieurs années. J'ai compris depuis longtemps déjà que la diplomatie est souvent la meilleure stratégie, tout en n'étant pas la seule : j'estime qu'il faut savoir exprimer sans concessions certaines de ses idées, sans pour autant se départir de son calme. J'ai certes parfois eu des pétages de cable et des envies de mordre les murs, mais ça ne s'est que rarement exprimé physiquement. Quelques tremblements incontrôlables tout au plus, les mâchoires crispées, mais juste de quoi contenir ma colère à l'intérieur. Je ne hurle pas, je ne crie pas, je ne frappe pas, je ne m'enfuis pas. Zen comme garçon, en règle générale.
Donc, pour que je me mette à avoir envie d'enfoncer la tête de quelqu'un dans un clavier jusqu'à ce que mort s'ensuive, il faut vraiment y aller franco avec mes terminaisons nerveuses.
Je sors de quatre heures de travaux dirigés de génétique des populations. La génétique des populations, c'est l'étude de la transmission des caractères génétiques dans les populations animales et végétales. On étudie la sélection naturelle, les comportements reproducteurs qui font que les femelles préfèrent les paons qui ont une petite queue plutôt que ceux qui en ont une grande (parce que les petites queues ont une densité d'ocelles -les yeux des plumes de paons- plus importante que les grandes), les sélections sexuelles qui font que les petits moches faibles et pas doués ne se reproduisent pas, le hasard qui intervient dans le maintien ou la disparition d'un allèle (qui est l'expression d'un gène), bref... je suis à peu près certain que personne ne pige de quoi je parle, donc je vais avancer l'histoire.
Donc j'ai eu quatre heures de génétique des pops. Le but était de lire plusieurs publications scientifiques (en anglais donc) traitant pour simplifier des comportements et caractères physiques de divers oiseaux, comme le paon, qui sont pris en compte pour la sélection du mâle par la femelle. Par exemple, plus l'oiseau chante fort plus la femelle va l'aimer. Ou plus il a de couleurs, ou plus il est brillant, ou plus il fait la roue souvent. Ces caractères voyants sont liés à des caractères qui augmentent la survie et la dominance du mâle: un paon ne peut faire la roue que si son système immunitaire est en pause, donc seulement s'il est en bonne santé. Les femelles vont donc voir les mâles qui font la roue, parce qu'ils sont plus résistants aux maladies. Mais ça les femelles ne le savent pas, bien sûr: c'est un réflexe génétique et comportemental, une tendance de l'espèce à aller vers ceux qui font la roue. Les oiseaux ne se disent pas "tiens lui il fait souvent la roue, il doit être bon au pieu et être capable de me faire de super gosses". Ils y vont, c'est tout.
Bref je m'embrouille et je parle d'autre chose que mon sujet premier. Le problème dans ce TP, c'était l'une de mes coéquipières. L'une des courges dont j'ai déjà parlé dans un précédent billet. Comme je suis trop gentil je n'ai pas dit non quand elle a voulu faire partie de notre groupe de travail. Résultat: en quatre heures, j'ai fait ma partie du travail (trois articles sur 8), l'introduction du rapport, la correction des analyses de B. (mon pote donc ça va, en plus il s'y connaît), mais surtout j'ai du refaire TOUT ce que cette naze n'a pas été foutu de faire. Elle avait DEUX articles à faire. Deux. Dos. Two. 2. Ben rien à faire, j'ai tout refait.
Cette ahurie sait qu'on doit résumer 8 articles en 2 pages Word, en répondant à des questions précises. Et ben en deux heures elle a... traduit un article. C'est tout. Et en une page et demie, alors qu'il y en avait 7 autres qui devaient aller avec. En parlant du détail des expériences, de l'écologie de la bestiole, de sa morphologie, bref, que des trucs sans aucun rapport avec les questions. Bonne poire j'ai relu ce qu'elle avait fait. Et j'ai tout effacé, j'ai lu son article, j'ai compris, j'ai rédigé sa partie en lui expliquant au fur et à mesure, bref, malgré mon état de nerfs qui devait un peu se voir déjà, j'estime avoir été plutôt gentil. Et je la laisse faire l'autre article, et je vais aider B. à finir sa partie.
Je reviens. Rebelote. 25 lignes. Dont 2 potables, il y a de l'amélioration. Et je recommence. Et elle insiste quand je refuse son "ou l'oiseau fait exprès de chanter fort pour montrer qu'il sait le faire". Je lui explique, d'abord patiemment, puis un peu plus énervé, le concept d'anthropomorphisme, que tout étudiant en écologie maîtrise depuis sa première année en moyenne: dans un travail scientifique, on ne parle pas des animaux comme s'ils raisonnaient de manière humaine, on n'utilise pas des expressions comme "il fait exprès de" ou "montrer qu'il sait le faire", qui sous-entendent une volonté, une conscience humaine derrière les actes des animaux. Non ce n'est pas du mépris pour la conscience animale, au contraire, assimiler les schémas comportementaux des animaux à ceux des humains est très arrogant: cela sous-entend que la manière d'être des animaux est une pâle copie de la parfaite manière de penser et d'agir des humains. Oui c'est français ta phrase mais n'empêche que mettre ça dans un rapport scientifique c'est comme lécher sa cuillère de nutella et la passer à son voisin pour qu'il tartine à son tour: ça ne se fait pas.
Bref, je suis calme, la voix ne tremble pas mais je crois que ça commence à se voir que j'en ai marre: mes mains tremblent, ma mâchoire se crispe. Vers la fin j'en ai ma claque, j'écris ce que je veux, je demande si B. est d'accord, fort de ma majorité je la fais taire, j'imprime et c'est marre.
Plus jamais. Plus jamaaaaaais. Heureusement que c'est pas noté tiens.
Autre anecdote sur cette courge: au premier semestre je m'étais mis dans son groupe pour un exposé sur la réintroduction du loup (erreur de jeunesse, je ne la connaissais pas). On est quatre. On bosse, on arrange nos données, chacun sa partie. La sienne: introduction et conclusion. Qu'elle a INTEGRALEMENT reprises sur un bouquin sur le loup, pas scientifique pour deux sous, et qu'elle a INTEGRALEMENT lues lors du passage à l'oral. Et quand j'ai moi-même dépassé mon temps oral de quelques minutes, elle a râlé et aurait bien voulu que je la laisse faire un bout de ma partie pour équilibrer. Alors qu'elle n'avait rien foutu, et que je m'étais fait des cheveux sur ce rapport. Bah bien sur, j'ai bossé pendant que tu glandais et tu veux en profiter?
Enfin, vengeance mesquine, la note de ce rapport m'a valu une meilleure note qu'à elle. C'est déjà ça.
La vache que ça fait du bien d'être médisant.
A part ça, ce soir, je vais au Carré à Nancy... Enfin une virée loin de la Cathédrale.
Et à part ça, MSN ne veut pas s'afficher et ça m'éneeeeeeerve...
Donc, pour que je me mette à avoir envie d'enfoncer la tête de quelqu'un dans un clavier jusqu'à ce que mort s'ensuive, il faut vraiment y aller franco avec mes terminaisons nerveuses.
Je sors de quatre heures de travaux dirigés de génétique des populations. La génétique des populations, c'est l'étude de la transmission des caractères génétiques dans les populations animales et végétales. On étudie la sélection naturelle, les comportements reproducteurs qui font que les femelles préfèrent les paons qui ont une petite queue plutôt que ceux qui en ont une grande (parce que les petites queues ont une densité d'ocelles -les yeux des plumes de paons- plus importante que les grandes), les sélections sexuelles qui font que les petits moches faibles et pas doués ne se reproduisent pas, le hasard qui intervient dans le maintien ou la disparition d'un allèle (qui est l'expression d'un gène), bref... je suis à peu près certain que personne ne pige de quoi je parle, donc je vais avancer l'histoire.
Donc j'ai eu quatre heures de génétique des pops. Le but était de lire plusieurs publications scientifiques (en anglais donc) traitant pour simplifier des comportements et caractères physiques de divers oiseaux, comme le paon, qui sont pris en compte pour la sélection du mâle par la femelle. Par exemple, plus l'oiseau chante fort plus la femelle va l'aimer. Ou plus il a de couleurs, ou plus il est brillant, ou plus il fait la roue souvent. Ces caractères voyants sont liés à des caractères qui augmentent la survie et la dominance du mâle: un paon ne peut faire la roue que si son système immunitaire est en pause, donc seulement s'il est en bonne santé. Les femelles vont donc voir les mâles qui font la roue, parce qu'ils sont plus résistants aux maladies. Mais ça les femelles ne le savent pas, bien sûr: c'est un réflexe génétique et comportemental, une tendance de l'espèce à aller vers ceux qui font la roue. Les oiseaux ne se disent pas "tiens lui il fait souvent la roue, il doit être bon au pieu et être capable de me faire de super gosses". Ils y vont, c'est tout.
Bref je m'embrouille et je parle d'autre chose que mon sujet premier. Le problème dans ce TP, c'était l'une de mes coéquipières. L'une des courges dont j'ai déjà parlé dans un précédent billet. Comme je suis trop gentil je n'ai pas dit non quand elle a voulu faire partie de notre groupe de travail. Résultat: en quatre heures, j'ai fait ma partie du travail (trois articles sur 8), l'introduction du rapport, la correction des analyses de B. (mon pote donc ça va, en plus il s'y connaît), mais surtout j'ai du refaire TOUT ce que cette naze n'a pas été foutu de faire. Elle avait DEUX articles à faire. Deux. Dos. Two. 2. Ben rien à faire, j'ai tout refait.
Cette ahurie sait qu'on doit résumer 8 articles en 2 pages Word, en répondant à des questions précises. Et ben en deux heures elle a... traduit un article. C'est tout. Et en une page et demie, alors qu'il y en avait 7 autres qui devaient aller avec. En parlant du détail des expériences, de l'écologie de la bestiole, de sa morphologie, bref, que des trucs sans aucun rapport avec les questions. Bonne poire j'ai relu ce qu'elle avait fait. Et j'ai tout effacé, j'ai lu son article, j'ai compris, j'ai rédigé sa partie en lui expliquant au fur et à mesure, bref, malgré mon état de nerfs qui devait un peu se voir déjà, j'estime avoir été plutôt gentil. Et je la laisse faire l'autre article, et je vais aider B. à finir sa partie.
Je reviens. Rebelote. 25 lignes. Dont 2 potables, il y a de l'amélioration. Et je recommence. Et elle insiste quand je refuse son "ou l'oiseau fait exprès de chanter fort pour montrer qu'il sait le faire". Je lui explique, d'abord patiemment, puis un peu plus énervé, le concept d'anthropomorphisme, que tout étudiant en écologie maîtrise depuis sa première année en moyenne: dans un travail scientifique, on ne parle pas des animaux comme s'ils raisonnaient de manière humaine, on n'utilise pas des expressions comme "il fait exprès de" ou "montrer qu'il sait le faire", qui sous-entendent une volonté, une conscience humaine derrière les actes des animaux. Non ce n'est pas du mépris pour la conscience animale, au contraire, assimiler les schémas comportementaux des animaux à ceux des humains est très arrogant: cela sous-entend que la manière d'être des animaux est une pâle copie de la parfaite manière de penser et d'agir des humains. Oui c'est français ta phrase mais n'empêche que mettre ça dans un rapport scientifique c'est comme lécher sa cuillère de nutella et la passer à son voisin pour qu'il tartine à son tour: ça ne se fait pas.
Bref, je suis calme, la voix ne tremble pas mais je crois que ça commence à se voir que j'en ai marre: mes mains tremblent, ma mâchoire se crispe. Vers la fin j'en ai ma claque, j'écris ce que je veux, je demande si B. est d'accord, fort de ma majorité je la fais taire, j'imprime et c'est marre.
Plus jamais. Plus jamaaaaaais. Heureusement que c'est pas noté tiens.
Autre anecdote sur cette courge: au premier semestre je m'étais mis dans son groupe pour un exposé sur la réintroduction du loup (erreur de jeunesse, je ne la connaissais pas). On est quatre. On bosse, on arrange nos données, chacun sa partie. La sienne: introduction et conclusion. Qu'elle a INTEGRALEMENT reprises sur un bouquin sur le loup, pas scientifique pour deux sous, et qu'elle a INTEGRALEMENT lues lors du passage à l'oral. Et quand j'ai moi-même dépassé mon temps oral de quelques minutes, elle a râlé et aurait bien voulu que je la laisse faire un bout de ma partie pour équilibrer. Alors qu'elle n'avait rien foutu, et que je m'étais fait des cheveux sur ce rapport. Bah bien sur, j'ai bossé pendant que tu glandais et tu veux en profiter?
Enfin, vengeance mesquine, la note de ce rapport m'a valu une meilleure note qu'à elle. C'est déjà ça.
La vache que ça fait du bien d'être médisant.
A part ça, ce soir, je vais au Carré à Nancy... Enfin une virée loin de la Cathédrale.
Et à part ça, MSN ne veut pas s'afficher et ça m'éneeeeeeerve...
jeudi 15 mars 2007
Enfin... elle revient!
Je me demandais si j'allais écrire ce soir. Pas d'idée, pas envie, bon tant pis allons nous coucher.
Et là... là c'est le choc. La radio allumée (pour la première fois depuis deux semaines)(je peux pas encadrer Nagui et Manu le matin et en général je n'écoute la radio que le matin)(sauf là en effet)(bon ça suffit ces parenthèses), et j'entends son nom. J'ai tourné la tête si vite, dans un bête réflexe, que j'ai senti un truc se tendre salement. Pas grave. J'ai regardé la radio droit dans les hauts-parleurs, comme un homme doit savoir le faire. Et j'ai attendu. Avais-je bien entendu?
Et là, c'est le miracle. Elle s'est mise à chanter. Pas de doute, son timbre est inimitable, cette voix parfaite ne peut venir que d'une seule gorge... C'est bien elle. Et... qu'ouïs-je? Une mélodie inconnue, moi qui connais tous leurs albums par coeur... Une nouvelle chanson. Pour la première fois depuis bien longtemps j'ai eu les larmes aux yeux en entendant une chanson. Le bonheur, la sérénité, le monde ne peut qu'aller bien désormais, la paix dans le monde est pour demain, l'harmonie avec la nature pour le jour d'après, la vie est belle, puisqu'elle s'est remise à chanter.
Bon j'exagère un peu, mais à peine alors. Des années que j'attendais ça. Des années à me maudire de les avoir ratés quand ils chantaient encore, de les avoir découverts bien trop tard... Et voilà l'Ange d'Irlande qui revient. Elle sort un album au mois de mai. En solo certes, mais quand même. Elle recommence à chanter.
De qui je parle? Si avec tout ça vous n'avez pas encore compris...
Je parle d'elle, bien sûr!
...si vous ne savez pas qui c'est après avoir vu ça je ne peux plus rien pour vous.
Mais afin de vous éviter de vous sentir trop ridicule, je tente quand même l'impossible. Cette ravissante jeune femme de trente-cinq ans n'est autre que Dolores O'Riordan, la fameuse chanteuse et compositrice du groupe irlandais les Cranberries. Et il se trouve qu'elle revient après une pause de plusieurs années avec un album solo qui sort en mai. Le 7 mai. Et vous savez quoi? J'adore les Cranberries, et j'adore Dolores.
A part ça, attendre jusqu'au 7 mai, c'est nul. Vais peut-être me remettre à e-mule moi...
Et là... là c'est le choc. La radio allumée (pour la première fois depuis deux semaines)(je peux pas encadrer Nagui et Manu le matin et en général je n'écoute la radio que le matin)(sauf là en effet)(bon ça suffit ces parenthèses), et j'entends son nom. J'ai tourné la tête si vite, dans un bête réflexe, que j'ai senti un truc se tendre salement. Pas grave. J'ai regardé la radio droit dans les hauts-parleurs, comme un homme doit savoir le faire. Et j'ai attendu. Avais-je bien entendu?
Et là, c'est le miracle. Elle s'est mise à chanter. Pas de doute, son timbre est inimitable, cette voix parfaite ne peut venir que d'une seule gorge... C'est bien elle. Et... qu'ouïs-je? Une mélodie inconnue, moi qui connais tous leurs albums par coeur... Une nouvelle chanson. Pour la première fois depuis bien longtemps j'ai eu les larmes aux yeux en entendant une chanson. Le bonheur, la sérénité, le monde ne peut qu'aller bien désormais, la paix dans le monde est pour demain, l'harmonie avec la nature pour le jour d'après, la vie est belle, puisqu'elle s'est remise à chanter.
Bon j'exagère un peu, mais à peine alors. Des années que j'attendais ça. Des années à me maudire de les avoir ratés quand ils chantaient encore, de les avoir découverts bien trop tard... Et voilà l'Ange d'Irlande qui revient. Elle sort un album au mois de mai. En solo certes, mais quand même. Elle recommence à chanter.
De qui je parle? Si avec tout ça vous n'avez pas encore compris...
Je parle d'elle, bien sûr!
...si vous ne savez pas qui c'est après avoir vu ça je ne peux plus rien pour vous.
Mais afin de vous éviter de vous sentir trop ridicule, je tente quand même l'impossible. Cette ravissante jeune femme de trente-cinq ans n'est autre que Dolores O'Riordan, la fameuse chanteuse et compositrice du groupe irlandais les Cranberries. Et il se trouve qu'elle revient après une pause de plusieurs années avec un album solo qui sort en mai. Le 7 mai. Et vous savez quoi? J'adore les Cranberries, et j'adore Dolores.
A part ça, attendre jusqu'au 7 mai, c'est nul. Vais peut-être me remettre à e-mule moi...
Vivre tue et peut nuire à votre entourage. Surtout si vous êtes un gros con.
Il y a quelques années, une émission satirique hautement intellectuelle et farouchement engagée dans le respect de la vérité et la liberté d'expression, à savoir les Guignols sur Canal, avaient fait un gag à propos de l'impression sur les paquets de cigarettes et de tabac d'avertissements. Vous les avez tous vus, il s'agit de ces fameux petits encadrés noirs, qui ressemblent étrangement à des encarts annonçant des décès dans les journaux, et dans lesquels on peut lire des avertissements comme "fumer tue", "fumer provoque le cancer du poumon", "fumer nuit à votre santé et à celle de votre entourage" ou "fumer vous fait une haleine de renard".
A l'époque, tout le monde trouvait ça ridicule. Après tout, ceux qui fument déjà ne vont pas arrêter parce qu'on leur dit que c'est dangereux, et ceux qui n'ont pas commencé et qui comptent s'y mettre ne changeront pas d'avis en voyant ces malheureux encarts. Peut-être, et peut-être pas... Peut-être que des enfants en âge d'apprendre à lire s'entraîneront sur ces paquets laissés par leurs parents, et l'une des première chose qu'il liront sera une promesse de mort douloureuse. Peut-être que ceux qui culpabilisaient de fumer ont pris ces mesures comme un signe du destin les exhortant à prendre soin de leur santé. Il y a sans doute des milliers de cas individuels où ces avertissements ont sûrement été utiles... ou pas.
Depuis quelques années, ces avertissements cadavériques et prophétisant les pires avanies aux malheureux fumeurs se sont en outre vus renforcés par des mesures contraignantes, ayant le louable objectif de réduire au maximum les taux de fumeurs en France : interdiction de vente à des moins de 16 ans (ou 18 ans, je sais plus), mise en place d'aides plus ou moins médicales et/ou psychologiques pour arrêter de fumer, et récemment la controversée décision d'interdire totalement le tabac dans les lieux publics et même privés mais recevant du public, comme les restaurants et les bars qui devront respecter ces mesures l'an prochain. Bref, tout est bon pour empêcher les fumeurs de nous polluer l'atmosphère.
Evidemment, il y a des controverses: le gouvernement, bon prince, est là pour nous sauver de nos pêchés et nous force à avoir une bonne santé en contraignant de plus en plus les fumeurs à arrêter. Mais en revanche, en exigeant, en manipulant le quotidien des citoyens de manière à défavoriser les fumeurs, il s'engage dans une direction. Ce qui est une chose rare. Et dangereuse, surtout en France: il n'y a pas plus contestataire que les Français. Si le gouvernement décide que de limiter le tabac est une bonne chose pour la France, à cause de deux raisons principales: la santé des électeurs et le trou de la sécu, il y aura toujours des mouvements de contestation. Parce que les fumeurs n'aiment pas qu'on leur force la main, et d'une, et de deux c'est bien joli de dire que le tabac c'est le mal et qu'il faut arrêter, mais qui c'est qui s'en met plein les fouilles avec les taxes? Le même état qui insiste sur les méfaits du tabac. Hypocrisie gouvernementale? Certainement.
Quoi qu'il en soit, et pour reprendre mon histoire là où je l'avais laissée, à savoir à peine au début, à l'époque on se marrait beaucoup des avertissements noirs sur les paquets de clopes. Et les Guignols avaient invité Fabien Barthez, grand fumeur paraît-il, pour en débattre. Et il avait sorti une phrase qui m'avait à la fois fait marrer et marqué : "et après quoi, ils vont mettre sur les bombes de chantilly "attention, manger de la chantilly fait un gros cul?"
Comble de la dérision à l'époque. Comme si on allait avertir les Français d'un truc qu'ils savent tous: après tout, ils savent tous que le tabac est dangereux, comme ils savent tous que boire trop d'alcool n'est pas recommandé ("l'abus d'alcool est dangereux pour la santé") et que manger gras est mauvais. Il faut croire qu'en définitive que le Français moyen est vraiment un gros con.
Depuis quelques jours, sur les pubs de snacks, nourriture, boissons, etc., de nouveaux avertissements sont apparus. A la base de "Pour votre santé, évitez de manger trop gras, trop salé ou trop sucré", "ne grignotez pas entre les repas", "faites de l'exercice", "bouffez pas ça vous avez déjà les bourrelets qui dégoulinent", etc.
Ca y est, l'obésité est devenu le fléau à abattre. Mort au sucre, aux aliments que les nutriciens (je suis certain qu'il doit y avoir un enfer rien que pour eux quelque part) pointent du doigt, allez les Français, courrez, bougez, mangez des carottes râpées et buvez de l'eau, vous vous empâtez! Notre bon gouvernement, dans une manoeuvre n'ayant absolument pas un but électoraliste (qu'allez vous chercher là) part sus au gras!
Et comme au temps de la cigarette, ils se contentent de prévenir. Hypocritement. Ils laissent passer la publicité d'un snack à la télé, avec des gens qui regardent le biscuit dans un distributeur, qui parlent de "petite faim", de "pause"... Et finissent la pub par un splendide "pour votre santé, ne grignotez pas entre les repas".
La publicité qui incite à consommer s'oppose une fois encore au gouvernement qui incite à ne pas le faire... On demande au consommateur de faire un choix: suivre la pub et acheter le produit, ou suivre les recommandations de santé qui interviennent au même instant? Il faut réfléchir, peser le pour et le contre, savoir si on va succomber à l'envie d'aller grignoter un truc dans le frigo ou si on va écouter sagement le conseil du ministère de la santé...
Voilà qu'on prend les Français pour des gens intelligents maintenant. Gare à la surchauffe.
Ce que j'en pense, c'est qu'on nous matraque déjà que boire et fumer c'est pas bien, et que maintenant on va nous culpabiliser parce qu'on mange trop. C'est gentil de s'inquiéter de notre santé, mais j'ai vraiment l'impression d'être un enfant dans une maison remplie de dangers pendant que les parents sont dehors, avec des post-its partout. Un sur la prise ("ne met pas tes doigts dedans!"), un sur le tiroir de la cuisine ("attention les couteaux ça coupe"), etc...
Il serait peut-être temps de nous laisser vivre nos vies de dépravés comme on veut non?
A part ça, sauvez un bambou, tuez un panda.
A l'époque, tout le monde trouvait ça ridicule. Après tout, ceux qui fument déjà ne vont pas arrêter parce qu'on leur dit que c'est dangereux, et ceux qui n'ont pas commencé et qui comptent s'y mettre ne changeront pas d'avis en voyant ces malheureux encarts. Peut-être, et peut-être pas... Peut-être que des enfants en âge d'apprendre à lire s'entraîneront sur ces paquets laissés par leurs parents, et l'une des première chose qu'il liront sera une promesse de mort douloureuse. Peut-être que ceux qui culpabilisaient de fumer ont pris ces mesures comme un signe du destin les exhortant à prendre soin de leur santé. Il y a sans doute des milliers de cas individuels où ces avertissements ont sûrement été utiles... ou pas.
Depuis quelques années, ces avertissements cadavériques et prophétisant les pires avanies aux malheureux fumeurs se sont en outre vus renforcés par des mesures contraignantes, ayant le louable objectif de réduire au maximum les taux de fumeurs en France : interdiction de vente à des moins de 16 ans (ou 18 ans, je sais plus), mise en place d'aides plus ou moins médicales et/ou psychologiques pour arrêter de fumer, et récemment la controversée décision d'interdire totalement le tabac dans les lieux publics et même privés mais recevant du public, comme les restaurants et les bars qui devront respecter ces mesures l'an prochain. Bref, tout est bon pour empêcher les fumeurs de nous polluer l'atmosphère.
Evidemment, il y a des controverses: le gouvernement, bon prince, est là pour nous sauver de nos pêchés et nous force à avoir une bonne santé en contraignant de plus en plus les fumeurs à arrêter. Mais en revanche, en exigeant, en manipulant le quotidien des citoyens de manière à défavoriser les fumeurs, il s'engage dans une direction. Ce qui est une chose rare. Et dangereuse, surtout en France: il n'y a pas plus contestataire que les Français. Si le gouvernement décide que de limiter le tabac est une bonne chose pour la France, à cause de deux raisons principales: la santé des électeurs et le trou de la sécu, il y aura toujours des mouvements de contestation. Parce que les fumeurs n'aiment pas qu'on leur force la main, et d'une, et de deux c'est bien joli de dire que le tabac c'est le mal et qu'il faut arrêter, mais qui c'est qui s'en met plein les fouilles avec les taxes? Le même état qui insiste sur les méfaits du tabac. Hypocrisie gouvernementale? Certainement.
Quoi qu'il en soit, et pour reprendre mon histoire là où je l'avais laissée, à savoir à peine au début, à l'époque on se marrait beaucoup des avertissements noirs sur les paquets de clopes. Et les Guignols avaient invité Fabien Barthez, grand fumeur paraît-il, pour en débattre. Et il avait sorti une phrase qui m'avait à la fois fait marrer et marqué : "et après quoi, ils vont mettre sur les bombes de chantilly "attention, manger de la chantilly fait un gros cul?"
Comble de la dérision à l'époque. Comme si on allait avertir les Français d'un truc qu'ils savent tous: après tout, ils savent tous que le tabac est dangereux, comme ils savent tous que boire trop d'alcool n'est pas recommandé ("l'abus d'alcool est dangereux pour la santé") et que manger gras est mauvais. Il faut croire qu'en définitive que le Français moyen est vraiment un gros con.
Depuis quelques jours, sur les pubs de snacks, nourriture, boissons, etc., de nouveaux avertissements sont apparus. A la base de "Pour votre santé, évitez de manger trop gras, trop salé ou trop sucré", "ne grignotez pas entre les repas", "faites de l'exercice", "bouffez pas ça vous avez déjà les bourrelets qui dégoulinent", etc.
Ca y est, l'obésité est devenu le fléau à abattre. Mort au sucre, aux aliments que les nutriciens (je suis certain qu'il doit y avoir un enfer rien que pour eux quelque part) pointent du doigt, allez les Français, courrez, bougez, mangez des carottes râpées et buvez de l'eau, vous vous empâtez! Notre bon gouvernement, dans une manoeuvre n'ayant absolument pas un but électoraliste (qu'allez vous chercher là) part sus au gras!
Et comme au temps de la cigarette, ils se contentent de prévenir. Hypocritement. Ils laissent passer la publicité d'un snack à la télé, avec des gens qui regardent le biscuit dans un distributeur, qui parlent de "petite faim", de "pause"... Et finissent la pub par un splendide "pour votre santé, ne grignotez pas entre les repas".
La publicité qui incite à consommer s'oppose une fois encore au gouvernement qui incite à ne pas le faire... On demande au consommateur de faire un choix: suivre la pub et acheter le produit, ou suivre les recommandations de santé qui interviennent au même instant? Il faut réfléchir, peser le pour et le contre, savoir si on va succomber à l'envie d'aller grignoter un truc dans le frigo ou si on va écouter sagement le conseil du ministère de la santé...
Voilà qu'on prend les Français pour des gens intelligents maintenant. Gare à la surchauffe.
Ce que j'en pense, c'est qu'on nous matraque déjà que boire et fumer c'est pas bien, et que maintenant on va nous culpabiliser parce qu'on mange trop. C'est gentil de s'inquiéter de notre santé, mais j'ai vraiment l'impression d'être un enfant dans une maison remplie de dangers pendant que les parents sont dehors, avec des post-its partout. Un sur la prise ("ne met pas tes doigts dedans!"), un sur le tiroir de la cuisine ("attention les couteaux ça coupe"), etc...
Il serait peut-être temps de nous laisser vivre nos vies de dépravés comme on veut non?
A part ça, sauvez un bambou, tuez un panda.
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