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jeudi 23 août 2007

Statistiques blogistiques 4

"Si tu ne mets pas les mots clés, je t'égorge avec un pinceau!"
La Poulette, qui me menace abominablement

Allez, chose promise chose due, les dernières recherches lamentables ayant permis de mettre la main sur ce blog... Attention les yeux.

"Beaufland" Si, c'est un pays qui existe réellement. L'entrée secrète apparaît lors des mariages/communions/fêtes de famille, et il est difficile pour une nana d'en ressortir avec les fesses intactes et dépourvue de tout pinçon.
"Camionneuses" Voir le blog de la Poulette, c'est elle qui prend Mulan pour une lesbienne refoulée.
"Ce que devient Karine Ferri" Elle achève de pourrir dans le grand trou au fond de mon jardin, pourquoi?
"Chaude soirée aixoise" Antithèse flagrante, les aixois sont en réalité aussi chauds que des crevettes surgelées.
"Cliché de l'écolo" C'est bien ici! Et j'assume...
"Comment se comporter avec un chat persan conseil gratuit" D'abord il faut bien le laver, puis l'éplucher en fines lanières, beurrer le moule, saler et poivrer, ajouter la béarnaise et faire cuire thermostat 6 pendant 25 minutes.
"Croyance enlever les insolations" Deux gouttes d'acide chlorhydrique non dilué étalé sur le coup de soleil, résultat garanti.
"Enlever les chaussures femmes musulmanes" ...c'est sexuel?
"Exhibitionnistes sans liens commerciaux" C'est vraiment parce que vous insistez...
"Histoires de nautos" Euh... conduisez-moi à votre chef, mes intentions sont pacifiques?
"Je l'aime depuis le lycée" Ben faut le lui dire, les profs de math ne sont pas toutes des sans coeur!
"Kaev c'est le meilleur" Oui ça on sait...
"Karine Ferri en action devant un mec" Personnage central de tout bon polar: la veuve joyeuse.
"Littérature fantastique bien écrit" Card, Gemmel, ASP Explorer, Pratchett et Eddings. De rien ça me fait plaisir d'illuminer la vie de sombres ignorants.
"Moune roi" Ah merde l'info a filtré...
"Obèses qui n'assument pas" En même temps je comprends tout à fait qu'on puisse ne pas assumer...
"Orgasmes" Faites la queue comme tout le monde!! (...désolé)
"Origami de chauve-souris" Euuuuuh...
"Robbie Williams stupid thing" On est d'accord.
"Sexualité en Kabylie" S., c'est pour toi! (c'est toi qui a introduit la Kabylie sur mon blog alors t'assumes!!)
"Tortue vue de derrière" C'est moins fun que de devant, y'a pas les yeux à crever à l'arrière...
"Traces de bronzage" Si vous avez des photos...
"Tuer pyracantha" C'est comme les Trolls, il faut les achever avec du feu ou de l'acide une fois qu'ils sont au sol, sinon ils se relèvent.
"Elevage de lamas Cevennes" Avec les girafes qui y vivent? Pas fou?

Et la fameuse saga des coloriages de:
- Bibi phoque Mmmh un phoque blanc sur une banquise blanche... ça doit être un débutant.
- Ondin Ah, bleu sur bleu, niveau 1.
- Catch Rouge sur chair, on passe au niveau 2.
- Furer animaux Là je mise sur une faute d'orthographe, parce que sinon... eûûûrk!*
- Elfe Non mais quelle idée...

*Pour ceux qui attendaient avec impatience la définition du mot "furer" en language sudiste: ça signifie embrasser avec la langue. Exemple: "elle fure" signifie "elle embrasse avec la langue". En général on abandonne cette expression d'une élégance contestable à la sortie du collège. Au lycée, c'est davantage la classe, on ne demande plus si elle fure, on demande si elle s***. C'est quand même nettement plus évolué.

A part ça, pfouuu les cartons c'est le mal.

Fin du stage

"Quille (nf): 1. objet de bois ou de matériaux composites qu'il est d'usage de tenter de renverser, ainsi que neuf autres, à l'aide d'une boule 'achement lourde, le tout sous le regard moqueur de gens qui savent en général vachement mieux jouer. 2. fin d'une période de travail, annonçant la retraite ou une période d'accalmie professionnelle. Ex: c'est la quiiiiiille yahaaaaa ahahaha!!!"
Encyclopaedia Multiversalis Alien

"Expressions débiles!"
Note dans la marge

Ca y est, c'est la quille! J'ai dit au revoir aux tortues, aux stagiaires, à Madame B. et à Symbelmynë, Cenedra et le Gros Pépère, et je suis parti. C'est l'heure de s'occuper des cartons.

Avant ça, changement de bannière, je mets celle du stage en archive ici.

A part ça, la Poulette râle, alors tout à l'heure je ferai des mots-clés.

mercredi 22 août 2007

Réaction en chaîne

"La trahison? Un cochon qui enlève son masque humain une fois qu'il a boulotté toute la confiture."
Henry VIII

J'ai peut-être la mentalité et les facultés mentales d'un mollusque, mais ça va trop vite pour moi tout ça.

Ce soir j'ai passé ma dernière soirée à la maison avant de partir faire mon année à Lille. C'est étrange, c'est la dernière fois que je vois ma soeur aussi apparemment... Là j'écris de la Maison des Tortues (la demeure de Madame B., ma maîtresse de stage), que je quitte demain ou après-demain pour aller terminer mes cartons.

Et ensuite, vendredi, c'est direction on ze road again: traçage à Paris, pour récupérer mes affaires laissées là lors de ma petite virée Metz-Paris-Lille-Paris-Metz, et atterrissage à Lille avec ma mère et mon beau-père. Mission: me trouver un appart en une journée, un samedi, et faire en sorte d'avoir les clés le plus tôt possible. Et ce après avoir déchargé mes affaires chez la Poulette, qui croit naïvement qu'un garçon n'a besoin que de deux T-shirts et d'une assiette pour vivre et que tout va rentrer dans sa cuisine.

Les détails techniques ne sont connus que de la production, mais ce road-trip va à mon avis comporter pas mal de galères. La plus marrante (vu de l'extérieur en tous cas) sera la nouvelle preuve de mon incurable incapacité à me repérer dans un espace d'une taille supérieure à celle d'une feuille A4: réussir à trouver le chemin pour arriver à Fontenay-sous-Bois, chez ma tante, en banlieue parisienne. Le coup d'avoir les clés de l'appart dans la journée me semble aussi légèrement utopique, mais qui sait?

Enfin bon, un problème à la fois... Là, j'essaie de m'empêcher d'oublier d'ajouter à mes affaires à emmener avec moi le sac contenant les vis et les attaches qui me permettront de remonter mon meuble de salle de bain une fois sur place. Mais avec le nombre de cartons à faire ou à refaire, je le sens mal tout ça...

Et du côté sentiments and co., on observe l'habituel stress carabiné à l'idée de recommencer une nouvelle vie, la traditionnelle culpabilité à l'idée d'embêter autant de monde pour ma petite personne, tant ma mère et mon beau-père que la Poulette, l'inéluctable gêne à l'idée que je n'ai pas travaillé cet été et que cette année je n'ai pas un rond devant moi et que je vais dépendre totalement de ma mère (sauf si je trouve un travail, d'ailleurs je vais commencer à chercher)(nota bene: penser à le cacher à ma mère, qui ferait une crise si elle apprenait que j'essaie de gagner ma vie au lieu de profiter de ses largesses et de ne rien faire d'autre qu'étudier), et évidemment la peine de quitter le Sud, la famille et les potes...

Ah et puis il me faut le net, aussi... Je vais quand même pas aller squatter la Poulette tous le temps...

Rhaaaa! Un appart, un job, une connexion au net, la motivation pour continuer à écrire/dessiner/jouer du violon/sortir dans la nature, et m'inscrire à la fac. Top chrono! ...argh.

A part ça, spider cochooooon!! (oui ça y est j'ai vu le film)

lundi 20 août 2007

Atelier d'écriture 2

"La suite la suite!"
La foule de mes fans hystériques (non mais y'en a au moins deux!)

La suite de l'histoire (le début est )...

Je saisis un de ces immondes yaourt violets et lui tends, puis saisis une banane dans la corbeille. Raph me remercie en se hissant sur la pointe des pieds et en m'embrassant le haut de la tête. Je déteste quand elle fait ça.

"Je déteste quand tu fais ça.
- Pourquoi? Tu n'aimes plus que je t'embrasse?
- Comme ça non. J'ai l'impression d'avoir une chauve-souris dans les cheveux.
- Sympathique.
- Te vexe pas. Vivement que ton expérience se termine, que je ne chope plus de torticolis à chaque fois que je veux te regarder dans les yeux.
- Remarque pour moi ça ne change rien, je dois toujours me décoller le cou... T'es trop grand, je l'ai toujours dit.
- Tu rigoles, c'est toi qui es encore en pleine croissance..."

S'il y a un truc que Raphaëlle déteste, c'est qu'on la charrie sur son âge.

"J'espère que quand je vais grandir encore, bien plus que la saucisse que tu es! On verra si tu rigoles encore.
- Grande? Même boostée aux hormones de croissance tu resteras ma petite Raph d'amour, alors ne rêve pas trop...
- Ca c'est ce qu'on verra! Les indiens attaquent, protégez vos scalps!"

Et ni une ni deux, elle tend le bras et m'arrache une dizaine de cheveux. C'est son nouveau jeu.

"Aieuh!
- Hahaha, alors grand manitou, on me défie toujours?
- C'est pas parce que tu t'es intégré des gènes de mouche que tu m'échapperas!" lancé-je en me ruant à sa poursuite.

La course folle s'engage à travers toute la maison. Les courses dans la maison, c'est un peu notre marque de fabrique, à Raph et moi. On court, on s'enfuit, on crie, on se marre. C'est toujours assez flippant, même quand elle ne vivait pas au plafond: quand on court dans la maison, on a tendance à oublier que ce n'est pas la cour du lycée, et en général tout ce qui est sur notre chemin voltige: on traverse les portes en fonçant dedans, on prend appui sur les meubles ou sur les murs, tous les coups sont permis pour que celui qui pourchasse chope celui qui fuit. Depuis que Raph est au plafond, j'ai toujours l'impression d'être dans la pub, vous savez, celle où un mec et une fille courent sans se soucier de la gravité, aussi bien au plafond qu'aux murs...

"Aieuh! couine Raph en s'écroulant en se tenant le pied.
- Ah bravo! Combien de fois il va falloir que je te répète de faire gaffe aux lampes!"

La suite plus tard, peut-être...

dimanche 19 août 2007

Quelques dessins

"..."
Ma petite cousine, qui ne parle pas encore.
La flemme de trouver une citation.

Deux dessins faits récemment.

Un Gobelin chevaucheur de loup (j'adore le rendu de la texture du loup).

Et une Gnomide sur un oiseau (les couleurs sont pas terribles à cause du scan, c'est tout pâle)

A part ça, retour aux Médiévales cet aprem.

Le temps est assassin, tout ça...

"Temps (nm): conception humaine de l'écoulement linéaire de l'existence, allant du passé au futur. Le temps est selon eux un mouvement régulier et unidirectionnel, et c'est sur ce schéma qu'ils basent leur existence."
Encyclopaedia Universalis Alien

"Hahaha les nazes, s'ils savaient..."
Note dans la marge

Je sais que je fais le coup régulièrement, mais... ça passe trop vite bordel! Y'a toujours un moment où j'ai l'impression que la trame de l'espace-temps se réduit ou se déforme juste dans le but mesquin de me filer un coup de vieux ou me stresser à cause du manque de temps.

Un an et demie déjà que je n'ai plus touché T. autrement que pour lui faire la bise. Deux jours que ma Puce s'est barrée en Suède (en emportant fourbement les Dr Peppers et les épisodes de Heroes, d'ailleurs, ma vengeance sera terrible). Une semaine avant la fin de mon stage. Une semaine aussi avant mon déménagement à Lille. Une semaine depuis la nuit des étoiles filantes ratée. Un an depuis ma licence. Deux ans (max, j'espère) avant mon master et mon entrée dans le monde du travail. Vingt-et-un ans depuis mon expulsion de l'utérus de ma mère. Deux ans depuis le départ de mon père. Quelques heures avant le retour à la Maison des Tortues, et moins encore avant le retour aux Médiévales de Brignoles (que je conseille ardamment à tous ceux qui sont dans la région). Cinq ans depuis mon premier baiser. Deux ans depuis mon premier amour. Quatre ans depuis le bac, sept depuis le brevet. Trois mois depuis la fête de désintégration de Metz. Trois semaines avant mon entrée à la fac de Lille.

Et encore combien de temps sans savoir où je suis, ce que je sais, à quoi je sers? Combien de temps avant l'amour, avant la descendance, avant la mort ou l'abandon? Combien de temps est-ce qu'il me reste, dans toute cette histoire? Combien de temps avant d'être à nouveau entièrement heureux, combien de temps avant d'être à nouveau plus bas que terre? Combien de temps avant les prochains galères, combien de temps avant les prochaines joies intenses?

Carpe diem? Ouais, d'accord, où est le mode d'emploi?

A part ça... ça va vous?

jeudi 16 août 2007

Moune et les livres

"Les livres sont les pavés du savoir. Mais quand même, ça fait pas assez mal aux CRS quand on leur balance."
François Mitterrand

Aujourd'hui, en revenant de mes huit heures quotidiennes passées à fondre sur le terrain (et c'est pas des blagues, j'ai déjà perdu 4 kilos en deux semaines!), j'ai eu une pensée pour les pauvres bouquins que j'emmène avec moi pour patienter entre deux relevés. J'ai posé un regard désolé sur mon exemplaire d'Enchantement, qui à seulement quatre mois entre mes mains, est gonflé par la chaleur, l'humidité, sali par la terre, rempli de feuilles de bruyère, corné, tordu, bref, pas en excellent état. Et pourtant, je l'aime d'autant plus.

J'ai repensé au vigoureux pamphlet de la Poulette sur les bouquins, qu'elle avait écrit au début de son blog, de son besoin de les posséder et de ne pas les laisser entre les sales pattes d'autres lecteurs qu'elle. Alors tiens, ce soir, j'expose mon point de vue sur le sujet.

Un livre qu'on aime est un livre usé, c'est obligatoire. Parce qu'un livre qu'on aime, on ne le lâche pas quand on sort, quand on mange ou quand on fait n'importe quoi d'autre. On le tâche de nutella, de sueur, on fait baver les lettres en appuyant dessus avec les doigts, on le pose sur le gras de la table, on l'abandonne au soleil ou sur l'herbe le temps d'une petite sieste, on le tripote, bref... Les livres que j'aime sont des livres vivants, qui absorbent une partie de ma vie quand je les lis. De même, je ne vois aucun sacrilège à les corner ou à les poser à plat, c'est ma manière de faire avec mes livres et les conséquences sont qu'ils sont marqués par moi.

Les livres sont les amis de tout le monde, et je ne vois aucun problème à les prêter. Par contre, là je suis radical: je suis le SEUL à avoir le droit de marquer mes livres, de leur faire partager ma vie et de la leur faire absorber. Je déteste qu'on corne mes livres, qu'on les pose à plat, qu'on les laisser au soleil ou dans l'herbe, qu'on les tâche de sueur ou de nutella ou qu'on fasse baver les lettres. Je veux qu'on me rende mes livres dans l'état exact où je les ai laissés. De même, je suis vachement plus respectueux des livres qu'on me prête, parce que c'est une partie de quelqu'un d'autre et je n'ai pas plus envie de l'abîmer que mettre mon poing dans le nez de la personne qui me l'a prêté.

Et les livres d'occasion ne me gênent pas, ils ont déjà vécu avant mais maintenant c'est moi qui en suis responsable, et ils vont AUSSI devoir m'absorber moi. En plus je peux imaginer ce que les gens ont fait, pensé ou ressenti en lisant les mêmes pages qu'eux. Mais quand un livre tombe sous ma coupe, quand il me plaît, interdiction formelle de me le rendre abîmé. Et pire encore, interdiction de le perdre. En racheter un autre, c'est bien joli, mais c'est plus vraiment pareil...

En clair, j'égorge quiconque perd ou salit mon exemplaire d'Enchantement, de Peter Pan ou de E=mc² mon amour.

MES livres. MES préccciiiieux...

Hum.

A part ça, j'ai sorti une nouvelle expression un peu crade aujourd'hui. "J'ai des auréoles que les archanges m'envieraient". En parlant de mon T shirt. Voilà voilà...

mardi 14 août 2007

L'histoire du peuplier

"Quand on te frappe, tend l'autre joue. Et quand l'autre a la main en l'air, vise les couilles."
L'évangile selon Saint Jules

Aujourd'hui, je suis tombé sur un vallon avec des peupliers dedans. J'aime beaucoup les peupliers. Ils me rappellent toujours une petite histoire que j'ai entendue quand j'étais petit. Et là, elle m'est revenue d'un coup, alors il faut que je la raconte.

L'histoire de la chèvre, de la pie et du peuplier

La chèvre et la pie se disputaient à propos d'un peuplier. La pie, perchée au sommet de l'arbre, soutenait avec force que les feuilles du peuplier étaient vertes, d'un beau vert émeraude, tandis que la chèvre, dans le pré sous l'arbre, rétorquait avec fracas que les feuilles du peuplier, tout le monde le savait, étaient blanches, argentées et brillantes comme la neige. La discussion s'envenima, et les deux commères finirent par se battre. La pie creva l'oeil de la chèvre, qui se vengea en encornant l'aile du volatile.

Au milieu de la bataille, l'écureuil arriva et demanda ce qu'il se passait. Les deux commères le lui dirent, et l'écureuil leur dit gravement qu'elles avaient toutes les deux raison, et que le sujet qui les occupait dépendait totalement du point de vue duquel on l'observait. D'en haut, du point de vue de la pie, le peuplier était vert, tandis que d'en bas, du point de vue de la chèvre, le peuplier était blanc. Puis l'écureuil s'en alla, laissant les deux commères dans leur triste état.

La morale, pour ceux qui ne l'auraient pas comprise, est qu'il existe souvent plusieurs points de vue sur un même sujet, et ce n'est pas parce que celui d'en face n'a pas le même que nous que celui d'en face a forcément tort.

A part ça, je vais me coucher, bonne nuit les gens!

dimanche 12 août 2007

Anthropomorphisme

"Qui sème le vent attrape un rhume."
L'Evangile de Saint Jules

Oui, je sais, ça fait fort longtemps que vous n'avez pas eu l'indicible chance de pouvoir vous repaître de ma prose. Au moins... pfoulala, cinq jours dites donc! Je me demande combien ont survécu à ce traitement...

Sauf que en cinq jours, j'ai eu plein de choses à faire. Mis à part la semaine à trois relevés par jours qui m'a laissé passablement crevé, j'ai passé un après-midi en famille chez moi, avec pour bilan un orteil déchiqueté (le mien), une tante à la cheville foulée et l'impression d'appartenir à une grande famille très unie en voyant les pléthores de cousins, oncles, tantes, grands parents, grands cousins and co (à savoir les mecs et nanas de ces gens là). Et puis j'ai revu la familia ce week end, j'ai déménagé (ouais enfin... bref) ma tante à Avignon, et j'ai fait une soirée à la plage avec la smala habituelle et mon cousin, avec bières dégueu mais ouvrables sans ouvre bouteille, bataille de tomate (S. je te hais), préparation de M. à sa future carrière d'actrice porno (elle manie le concombre comme personne) et beach-volley avec des figures de folie et plein de baballes qui tombaient par mégarde sur les teens chauffées aux hormones qui campaient près d'un des piliers du filet et qui prenaient chaque balle vers elles comme une "étrange approche".

Enfin bref, tout ça pour dire que je n'ai pas trop eu le temps de blogger, mea culpa vachement beaucoup, tout ça.

Mais il y a un petit coup de gueule que je voudrais pousser depuis un petit moment, alors allons-y.

Il y a quelques jours, je suis tombé par hasard sur la page d'accueil d'Alice, sur un article recensant les dix espèces animales les plus intelligentes de la terre. On comptait, si je me souviens bien, le gorille, le chien, l'écureuil, le dauphin, le perroquet, le corbeau, le cochon de Guinée et quelques autres... Le corbeau et le perroquet avaient une excellente vision des couleurs, le dauphin un système de communication extrêmement élaboré, le chien une bonne capacité à reconnaître les schémas et les signes, etc. Jusque là, c'était plutôt intéressant, bien que pas assez détaillé à mon goût de scientifique. Mais enfin, c'était sympa comme articule de vulgarisation (je déteste ce mot).

Là où j'ai eu plus de mal, c'est pendant la conclusion qui considérait qu'il était normal de considérer ces résultats d'un point de vue anthropomorphique et anthropocentrique. Je me souviens avoir défini l'anthropomorphisme dans un billet précédent, mais pour ceux qui dormaient, je recommence.

L'anthropomorphisme est la tendance à considérer que les animaux "ressemblent" aux humains, qu'ils ont des tendances à agir pour les mêmes raisons que les humains ou qu'ils ne sont que des humains primitifs enfermés dans des corps d'animaux. A l'image de l'homme, en gros. Genre une mémère qui croit que son caniche est son enfant et qu'il comprend à la perfection tout ce qu'il dit, ou un perroquet qui parle "aussi bien qu'un homme", c'est de l'anthropomorphisme. En tant qu'étudiant en écologie, je m'oppose farouchement à ce genre de généralisation débile et anthropocentrique, comme si toute la création vivante avait pour seul but d'aboutir à l'homme, et que tout le reste n'était que des essais malheureux pour atteindre la perfaction humaine.

Ah oui, pour info, comme son nom l'indique, l'anthropocentrisme c'est la tendance qui consiste à croire l'homme au sommet de l'histoire évolutive, de considérer que l'humanité est tout, et que le reste du monde n'est qu'un détail. Quand on a fait de l'écologie, de la géologie ou de l'astrophysique, ce genre de concept débile fait mourir de rire, mais il y en a encore beaucoup qui y croient.

Alors je m'insurge: qui a décidé qu'un animal ne pouvait pas être aussi intelligent qu'un homme? Qui a placé les hommes au sommet de la pyramide de l'intelligence? Bingo... les hommes. N'importe qui d'un peu sensé saurait que ce genre de jugement nécessite un minimum d'objectivité, que les humains ne peuvent pas vraiment posséder. Pourquoi les dauphins ne seraient-ils pas largement plus avancés que nous au niveau du langage? Ces cétacés sont un modèle d'entraide, de sens de la famille et de paix des peuples, largement supérieurs aux humains de mon point de vue, au moins à ces niveaux, qui supposent selon moi une intelligence ou un instinct que les humains n'ont pas. Pourquoi certains animaux ne seraient-ils pas nettement plus intelligents que les humains dans certains domaines, pourquoi ne pourrait-on pas être surpassés par d'autres espèces animales? Qui a la preuve que nous sommes bel et bien supérieurs en tous points aux autres espèces?

Peut-être que nous sommes le summum de l'évolution, et peut-être pas. Peut-être que nous pouvons être surpassés par d'autres espèces terrestres. Continuer d'être persuadés que l'homme est le degré ultime d'évolution juste parce que nous l'avons décidé à l'époque où nous nous sommes rendus compte que nous pouvions potentiellement tuer des individus appartenant à toutes les autres espèces est un comportement arrogant, et s'il y a bien un truc que j'ai du mal à blairer, c'est l'arrogance humaine.

A part ça, première grasse mat ce matin depuis deux semaines... rhaaa ça fait du bien!

mardi 7 août 2007

Ptite vidéo du soir



Merci à l'Elfe... Je te la chourre sans aucun scrupule.

Au passage... OUI, le DJ est extrêmement beau.

Journée de meeeeeerde

"Il aimait les femmes comme il aimait l'alcool: il ne pouvait plus s'en passer, mais ça finissait toujours par lui coller la migraine."
Sacha Guitry

Je viens de vivre une journée plus qu'éprouvante pour mes nerfs et mon moral. Et comme je suis crevé, je vais résumer avec une conversation némessène avec la Poulette. L'essentiel y est.

Poulette :
alors vas-y raconte
Moune :
ben hier ça allait, j'ai commencé les journées avec trois points par jour, je vais chercher les tortues à 8h, 11h et 15h, tranquille, je gère
Moune :
aujourd'hui...
Moune :
le matin ça allait
Moune :
l'aprem je devais faire en plus les quatre tortues dont s'occupe ma maîtresse de stage, qui avait une réunion
Moune :
et c'est évidemment à ce moment que l'orage a éclaté
Poulette :
oh
Moune :
j'ai fini trempé comme une soupe au milieu des branches, dégoulinant de boue, de sueur et de flotte, à chercher des tortues qui se carapataient à cause de la pluie et des éclairs, donc dont le signal bougeait tout le temps
Moune :
ma maîtresse de stage a dit par texto qu'on devait quand même essayer de les suivre
Poulette :
mdr
Moune :
suite à ça mon portable a été inondé, et il ne marche plus (la haaaaiiiine!!)
Moune :
j'ai fini par abandonner quand un éclair est tombé à dix mètres de moi
Moune :
j'ai entrevu le visage de mon ex et j'ai cru que j'allais mourir
Moune :
mais en fait non
Moune :
ensuite retour à la voiture sous la pluie battante, j'ai réussi à faire démarrer la bagnole pourrie (on l'appelle le taxi brousse) pour aller récupérer l'autre stagiaire plus bas dans la colline
Moune :
je me gourre de route (normal)
Poulette :
un éclair a dix metre de toi ?
Poulette :
ouah (là j'ai vaguement l'impression qu'elle ne me croit pas... pourtant j'exagère à peine!)
Moune :
je fais toute une descente en marche arrière sur un chemin de terre qui glisse
Moune :
je me retrouve à l'endroit où je devais retrouver l'autre stagiaire
Moune :
manque de bol, je devais la biper
Moune :
sans portable = échec critique
Moune :
j'ai hurlé son nom sous la pluie pendant une demi heure, ça faisait très film romantique (Adrieeeeeenne!! ...sauf que c'était pas ça comme nom)
Moune :
ensuite elle est arrivée (elle ne m'avait pas entendue...), et retour à la maison
Poulette :
mdrrrr
Moune :
c'était... comment dire... horrible ^^
Moune :
et demain vu qu'elles (les tortues) auront toutes bougé, on va galérer pour les retrouver
Moune :
sans compter que je vais peut-être bosser ce week end
Moune :
parce qu'il faut cinq jours de relevés de suite sans orage
Moune :
donc là ce qu'on a fait hier et aujourd'hui, apparemment ça ne sert à rien
Moune :
super journée quoi...
Poulette :
oh putain
Poulette :
eh beh
Poulette :
pas debol
Poulette :
jvois aps quoi dire dautre

Moi non plus.

Ma vie est géniale.

A part ça, je me demande comment je vais me réveiller demain sans réveil...

dimanche 5 août 2007

La nuit du conte

"Nasruddin et Mustafa trouvent 10 dinhars. Mustafa dit: "Partageons en frères!" Nasruddin répond: "je préfèrerais faire moitié moitié..."
Jihad Darwiche, le conteur d'hier soir

Hier, j'étais à la nuit du conte de Gardanne. Et histoire faire râler J&S&M, qui m'ont lâchement abandonné tout seul au milieu de plein de gens que mon agoraphobie a difficilement supportés, c'était troooop bien.

Le plein air, la scène joliment éclairée, la nuit belle et dégagée remplie d'étoiles filantes, l'air pas trop froid même à 2h du matin, les accords du oud et surtout, les histoire de Jihad, Leïla, Jean et Nourdine. Les petites histoires de Nasruddin, le sage fou, à raconter par cinq sinon ça porte malheur ; les babouches d'Abou Kassem, lourdes comme un invité qui s'incruste ; Ali Shar le mauvais amant et la belle et brillante Zumurrud ; les apocryphes chrétiennes du Rouge Gorge ou du Quatrième Roi Mage chantées avec le oud ; Hassan et sa soeur monstrueuse ; Hassan (un autre), les trois Paroles et la question de la princesse ; Mi Moitié et les Ogres ; le roi amoureux d'une étoile ou Jaffar le Vizir et la Malle du Fleuve... Que des jolies histoires, dont j'ai déjà oublié pas mal de détails mais que j'essaierai de retranscrire dans la semaine, si j'ai le temps. L'ambiance des contes d'orient, avec des conteurs et musiciens talentueux, une belle mise en scène et un joli ciel étoilé...

Que du bonheur. Je passe sur la rosée qui a imbibé mon plaid et sur les commentaires qui ne faisaient rire qu'eux du couple bruyant de devant, ainsi que sur l'autre blaireau et son portable qui sonne au milieu d'un conte, alors qu'il avait été précisé plusieurs fois d'éteindre les téléphones...

A part ça, le fromage de mon oncle, il déchire sa race aux pingouins.

samedi 4 août 2007

Chroniques haineuses

"La haine et l'amour sont les deux faces d'une même pièce. Mais avec la poisse que je me paye, ça retombe toujours sur la tranche."
Charles VI



(c'est nul mais j'assume)

La haine est un sentiment très rigolo. Ca permet de s'imaginer en train de foutre des grosses beignes aux mamies-au-cabas qui nous passent devant au supermarché, ou de tataner la gueule au gros-lourd-qui-fait-des-blagues-et-qui-pince-les-fesses aux mariages. J'avoue que j'y succombe de temps à autre en gueulant devant ma soeur et/ou mon cousin à la limite entre la terreur et l'amusement des imprécations haineuses à l'encontre de catégories de personnes que j'ai personnellement beaucoup de mal à supporter.

Par exemple, j'ai régulièrement envie de rentrer dans les voitures des connards qui ne mettent pas leurs clignotants aux ronds points. Ou alors de freiner d'un coup sec quand des pauvres nazes me collent sur la route à quatre centimètres de distance, de descendre de ma voiture et de leur écraser le nez sur leur volant.

J'exècre abominablement les hypocrites qui pètent plus haut que leur cul et prétendent que dès que c'est connu, ça devient naze et kheumercial. J'imagine bien les artistes qui deviennent connus grâce à leurs compositions qui sortent un peu de l'ordinaire, se dire dès qu'ils ont enfin acquis un public qui aime ce qu'ils font "tiens, maintenant qu'on est connus il faut faire de la merde, sinon les gens vont partir". C'est d'une logique impressionnante. Qu'une armée de psychopathes armés de tronçonneuses s'occupe de ce tas de pédants débiles!

Je vomis les supporters qui n'ont rien de plus constructif à faire que de se passionner pour un sport vulgaire et primitif en se dandinant sur leurs canapés, et j'ai toujours une dent contre les pubs qui mettaient en scène des hommes qui abandonnaient leur amoureuse au cours d'un dîner romantique en prétextant un coup de fil important pour aller voir le but sur leur portable. Que des lavabos cannibales déchiquètent les concepteurs de pub en temps de coup du monde, et que des incendies éclatent sous les canapés tâchés de sueur de ces connards de supporters!

Je hais les gens qui ne savent pas distinguer l'oeuvre de l'artiste, qui sont capables de dialogues du genre:
"Tiens, ça j'aime bien.
- C'est ***** qui l'a fait.
- Ah. Ah non, c'est d'la merde en fait."
Que des lemmings vampires sucent jusqu'à la moelle de leurs os!

Et dans un style moins intellectuel, je crève d'envie de casser la gueule aux boulets qui interpellent les nanas avec des phrases de la teneur de "ouah mademouaselle z'êtes trop charmante!". Qu'une météorite que même Bruce Willis ne pourrait arrêter s'écrase sur leur tête pourrie!

J'execre les bureaucrates de la poste ou des secrétariats de fac qui jubilent de leur petit pouvoir et me parlent comme si j'étais un moins que rien qui ne fait que les déranger pendant une occupation de la plus haute importance (comme consulter leurs mails ou touiller leur café). Que la foudre les transforme en steaks trop cuits!

Je hais les connards qui mettent leur musique de merde à fond dans leur voiture-tuning en ville pour que tout le monde ait conscience de leurs lamentables goûts musicaux. Je voudrais que des quinze tonnes fous les réduisent en miettes!

Je hais les débiles qui jettent leurs papiers gras par terre.

Je hais les femmes qui mettent des talons hauts, qui en souffrent mais qui les mettent quand même.

Je hais ceux qui lèvent les yeux au ciel quand leurs potes ont trop bu.

Je hais ceux qui bouchent les toilettes publiques avec des tonnes de papier.

Je hais ceux qui corrigent (mal) les fautes d'orthographe sur des graffitis (déjà que j'aime pas les graffitis...). Dans le genre "ta oublier un "s" gro naz apprand a ékrir!!!!!!"

Mais ma haine va d'abord et avant tout à une seule personne, une unique créature aussi stupide qu'immoral, un monstre de niaiserie crétine: je hais Cupidon. Lui et toute sa clique de coeurs, de fleurs, de rose bonbon et de coups de foudre. Je le hais, lui, ses coeurs boursouflés et écarlates, ses flèches aléatoires, ses joues rose de bébé obèse et sa Saint Valentin qui pue du cul ("Valentiiin je rote ton nooom!!" copyright Maliki). Je rêve de lui écraser sa sale tête de bébé joufflu dans une porte, de lui arracher les ongles et les yeux et de les lui faire bouffer, de lui plumer les ailes et de foutre les plumes dans son cul...

Il paraît que c'est plus facile de personnaliser les sentiments et les idées qu'on déteste. Cupidon représente les filles qui disent "nan mais tu vois je préfère qu'on reste amis", les marchands de carte de la Saint Valentin, les heures passées à se prendre la tête sur un simple message en se demandant ce que la nana veut dire et en la trouvant le lendemain en train de sortir avec notre meilleur ami, les couples qui se bavent dans la bouche l'un de l'autre au milieu de la rue ou au bar, et les connards (ou connasses) qui quittent leur nana/mec pour un(e) autre en se justifiant à coup de "mais je l'aime!"

Bref, tir groupé.

Poule!

*BLAM*

A part ça... Rhaaa, ça fait du bien.

La remasterisation, ça pue

"Non le chat, tu montes pas sur la table. C'est un privilège réservé aux femelles Homo sapiens bien foutues et courtement vêtues aux tendances exhibitionnistes."
Moi qui fais l'éducation des chats.



Hier, grâce à ma soeur qui a ses entrées au centre aéré du village (enfin elle y bosse quoi), j'ai pu regarder la Belle et la Bête en DVD, version remasterisée et tout et tout. Avec une nouvelle scène, même.

Et ben c'était nul à chier.

Donc attention, post subversif, je m'attaque aux trusts capitalistes qui démolissent nos rêves d'enfants en transformant les chefs d'oeuvre d'hier en nullités kheumerciales.

Le truc qui tue, déjà, c'est la couleur. Avant, quand on était petits, le début était flippant parce que la Bête se fondait vachement avec le décor, l'obscurité et tout, dans la scène du cachot. Maintenant, sa cape est rouge vif et on ne voit que ça. Le problème de la remasterisation, c'est que les personnages semblent posés sur le décor. Genre on dessine le château, et puis on balance dessus les personnages animés: on dirait qu'il n'y a aucun lien entre les deux, qu'ils jouent sur un fond vert et qu'on a rajouté le décor après. Or, les films de Disney ne sont pas sensés ressembler aux superproductions blindées d'effets spéciaux.

Bon déjà ça, ça m'énerve. Mais alors le pire qu'ils ont osé faire, c'est la voix de Mrs Samovar (et dans une moindre mesure, celle de Zip qui change de temps en temps). Mrs Samovar avait une voix de nana sympa mais ferme avec des intonations bien rassurantes... Maintenant elle a une voix de chèvre atteinte de Parkinson, genre grand-mère bien gentille à la voix chevrotante et un peu étouffée, comme si elle avait perpétuellement du fromage de chèvre sous la langue. Alors déjà quand elle parle c'est pénible... Mais alors quand elle chante! J'ai failli me barrer de devant mon dessin animé préféré, c'est dire. La chanson qui tue tout, qui devient un truc affreux et difforme...

Ils ont assassiné la Belle et la Bête, dans ce DVD. Ma VHS a encore de très beaux jours devant elle.

A part ça, selon ma soeur et la Poulette, Gaston est un homosexuel refoulé.

jeudi 2 août 2007

Information

"Le savoir distingue l'homme de la bête: la bête, elle, sait qu'elle est une bête."
Socrate

Dans les Cévennes, le hameau de la Picharlerie a été rasé par son propriétaire. Dit comme ça, on s'en fout. Mais en vrai, c'est dégueulasse. Allez lire ici.

A part ça, 'tain ça m'éneeeeeeerve.

mercredi 1 août 2007

Atelier d'écriture

"Allez au boulot feignasse!"
La Poulette, qui me martyrise

La Poulette, qui rentre de vacances, a estimé en passant sur mon blog que hum-hum-c'est-mou-tout-ça. Pas très inspiré le Moune ces derniers temps. Du blabla, mais rien de très consistant. Peut mieux faire, monsieur, peut mieux faire.

Quand j'ai entendu ça, je me suis recroquevillé dans un coin, et j'ai attendu la sentence. Qui n'a pas tardé. Atelier d'écriture. Elle donne un sujet, j'écris, et plus vite que ça. Remède idéal contre le manque d'inspiration: le retour à la bonne vieille méthode des rédactions du collège.

***

Sujet: la cohabitation dans une maison entre une personne qui vit normalement, et une autre qui vit la tête en bas, au plafond.

"Raphaëlle! A table!"

Le silence me répond. Cordialement, certes, mais ce n'est pas vraiment le problème.

"Raphaëlle!"

Au loin, dans sa chambre, un son vaguement étouffé d'un bout de bois qui tombe au sol, suivi d'un gémissement de désespoir. Je lève les yeux au ciel.

"Tiens, salut Hally!"

Le chat noir passe au-dessus de ma tête et m'ignore avec le même talent que sa maîtresse, se dirigeant droit vers sa gamelle. Qui est vide. Il se tourne vers moi et me lance un regard accusateur. Et si vous aviez déjà vu un chat persan lancer un regard accusateur suspendu à l'envers au plafond, vous sauriez qu'en général on ne peut pas s'empêcher d'avoir l'impression d'être un moins que rien.

"Ne me regarde pas comme ça, je ne suis pas ton maître!" tenté-je de me défendre. "C'est Raph qui doit te nourrir."

Mais mes piètres arguments ne valent pas un clou en face de l'incontestable supériorité de l'esprit félin affamé. Et cette saleté de greffier de se mettre à miauler comme un forcerné en tournant autour de ma tête, la longue queue touffue me heurtant régulièrement la tête.

"RAPH!"

Le vacarme dans la chambre continue, mais la porte ne daigne pas s'ouvrir. Je soupire en secouant la tête avec un air particulièrement exaspéré (il paraît que je le fais très bien), mais comme personne n'est là pour me voir faire, j'arrête mon cinéma et ouvre une boîte pour le chat. Qui se met à rugir littéralement, les yeux exorbités rivés sur l'immonde tambouille en cubes gélatineux. A croire qu'il n'a pas mangé depuis quinze jours, alors que son dernier repas ne date que de ce matin... Je n'arrête pas de dire à Raphaëlle de le nourrir moins, mais ce serait comme lui demander de se comporter comme un être humaine normal... Autant dire que je peux toujours rêver.

J'escalade l'escabeau et déverse le contenu de la boîte dans la gamelle en plastique collée au plafond. La viande gluante se colle contre le fond de l'assiette avec un "shmop" sonore que j'ai toujours détesté, et Hally, de son vrai nom Halley (comme la comète), se rue dessus comme si sa vie en dépendait et engloutit sa ration du soir avec des bruits de mastications qui me font remettre en question mon envie de dîner ce soir. Je range l'escabeau et tourne un peu la purée qui a déjà commencé à se solidifier. Beurk.

"Raphaëlle...
- Quoi? me répond une voix étouffée derrière la porte de sa chambre.
- A TABLE BORDEL!!
- Mais j'essaie depuis tout à l'heure, arrête de crier! Ah... Ah ça y est! J'arrive!"

Et la porte s'ouvre. Raphaëlle apparaît, la tête en bas, comme son chat, et m'offre un regard d'excuse de ses jolis yeux bleus.

Raphaëlle est étudiante à la fois en biologie et en astrophysique, et le pire, c'est qu'elle s'en sort très bien en cumulant les deux. Elle a toujours été plus que brillante. On se connaît depuis le lycée, et elle a toujours été largement devant tout le monde en classe, en particulier en sciences. On aurait dit que cela lui venait naturellement, que les équations différentielles, l'oxydo-réduction ou la physiologie cellulaire étaient aussi faciles à comprendre pour elle qu'un puzzle 3-5 ans pour nous. Certains profs en ont même fait des complexes d'infériorité, sont partis en dépression, et c'est elle qui a fini par assurer leurs cours. De l'avis de tous ceux qui l'ont rencontrée, c'est une fille d'une rare intelligence. Elle a sauté deux classes, ce qui fait qu'elle a deux ans de moins que moi. Elle aurait pu en passer plus, mais elle a décidé de ne pas le faire, pour rester avec moi. Raphaëlle s'est prise d'affection pour moi quand nous sommes rentrés en seconde, et je dois bien avouer que ça a été réciproque.

Cette année, pendant que je repasse ma troisième année de biologie, que j'ai lamentablement plantée malgré mes excellentes notes en physiologie (dues à l'aide précieuse de Raphaëlle), elle travaille d'arrache-pied à son double doctorat, qu'elle vient d'entamer. Et je dois dire que ça ne se passe pas sans heurts.

Raphaëlle et moi vivons en collocation depuis déjà quatre ans. Quand nos parents se sont aperçus qu'il était inutile d'espérer nous séparer après le lycée, et qu'ils ont été rassurés de voir que notre relation n'allait pas au delà de l'amitié, ils ont accepté de nous aider à nous installer ensemble, dans la petite maison qui appartenait à ma grand-mère, non loin du centre-ville. Raphaëlle, à seulement 19 ans, gagne déjà bien sa vie en publiant quelques articles scientifiques dans une revue, tandis que je peine à ramener assez d'argent avec mon petit boulot de serveur dans le resto arabe d'à côté. Mais l'un dans l'autre, on s'en sortait plutôt bien. Jusqu'à ce qu'elle entame ce foutu doctorat.

Je regarde ma colocataire d'un oeil sombre, et son sourire désolé s'agrandit. En général, j'ai beaucoup de mal à résister à ce sourire. Il faut dire que Raphaëlle est vraiment jolie: malgré sa blouse blanche mal repassée, ses cheveux noirs longs et ébouriffés et ses lunettes rondes, elle a un sourire à faire fondre un iceberg et des yeux magnifiques. Sans compter qu'objectivement, elle est quand même sacrément bien foutue. Mais comme je l'ai connue quand elle avait à peine treize ans, je n'ai jamais vraiment réussi à la considérer autrement que comme une amie/petite soeur, et même si elle a pas mal grandi depuis, elle reste la gamine brune qui faisait la moitié de la taille du prof de maths et qui l'a engueulé au premier cours parce qu'il expliquait la trigonométrie comme une savate.

"C'est froid, maintenant, grommelai-je en rallumant le gaz sous la casserole de purée.
- Je suis désolée, j'ai encore du mal à atteindre la poignée... Elle est plus près du sol que du plafond... Je suis trop petite.
- Pourquoi tu fermes cette porte si tu ne peux pas la rouvrir?
- Parce que je l'ai claquée tout à l'heure, tu te souviens? Quand tu m'as engueulée à cause du facteur...
- Tu n'avais qu'à ne pas aller lui ouvrir. Imagine que tu livres un paquet et qu'une nana à moitié à poil t'ouvre avec les pieds collés au plafond!
- Pas ma faute s'il avait le coeur fragile.
- C'est ça..."

Je la regarde s'asseoir au plafond sur la chaise, et la tirer vers elle. Regarder ma meilleure amie dans les yeux avec le menton à 180 degrés est une expérience des plus étranges. J'ai l'impression d'avoir dérangé une chauve-souris pendant sa sieste.

"Tu me fiches le tournis. Ca va durer encore longtemps ce cirque?
- Encore un mois ou deux. Ensuite je démagnétise tout et ce sera comme avant.
- Pfff...
- Tu es sûr, tu ne veux pas essayer?
- Ben tiens, et comment je vais à la fac après?
- Tu sais très bien que l'effet du champ s'arrête à la porte.
- Même. C'est pas... normal.
- T'es pas drôle, Tom. C'est une expérience géniale! Même Hally adore ça!
- Tu veux dire, après qu'il ait passé trois semaines aplati contre le plafond à miauler jusqu'à ce qu'il n'en puisse plus?
- Il s'est habitué maintenant!
- Ouais, jusqu'à ce qu'on doive le remettre dans le bon sens... Comment c'est, déjà, le sujet de ta thèse?
- "Mécanismes physiorégulateurs d'adaptation et de biorégulation dans le cadre d'une inversion biomagnétique de gravité qui..."
- Laisse tomber, j'ai déjà mal à la tête."

Ce que ce charabia veut dire, c'est que Raphaëlle a truffé la maison de biduloïdes biotechnologiques de son invention, qui ont une puissance plus ou moins forte et qui inversent la gravité de certains objets, qu'elle a enduit plusieurs objets usuels de chlorosulfate de je-ne-sais-pas-quoi pour qu'ils soient attirés par ces champs magnétiques, qu'elle a fait installer des toilettes, un lavabo et une douche au plafond (je ne vous raconte pas l'état de nerfs dans lequel est parti le plombier chargé des travaux) et qu'elle s'est injectée un tas de machins étranges dans les veines pour qu'elle puisse tenir au plafond sans avoir le sang qui monte à la tête tout le temps. Je n'ai pas réussi à comprendre comment ça marche, mais en tout cas, ça marche: ça fait déjà un mois qu'elle vit au plafond.

"C'est prêt.
- Encore de la purée?
- Eh oh, si tu n'es pas contente, tu n'as qu'à sortir de ton chantier archéologique et venir faire la bouffe!
*shmop*, fait la purée en se collant à son assiette tendue.
- Tu es charmant ce soir, me reproche-t-elle en commençant à manger.
- Tu ne te rends pas compte à quel point c'est bizarre d'avoir quelqu'un qui marche au-dessus de sa tête.
- Je te signale que je vis la même chose: quand je te vois, j'ai l'impression que c'est TOI qui est à l'envers.
- Comment tu fais? Ca ne te rend pas dingue de vivre à l'envers?
- Au début c'était dur de s'y retrouver, mais maintenant j'ai l'impression d'être à l'endroit."

Je hausse les épaules et finis mon assiette, puis vais la laver dans l'évier. Raphaëlle finit à son tour, et me regarde d'un air implorant.

"J'ai compris, va. Yaourt à la myrtille?"

Elle acquiesce. Le frigo est la seule chose que j'ai refusé de voir changer de place.

***

Bon allez, je m'arrête là... Je reprendrai peut-être plus tard.

A part ça, ce soir, c'est pasta carbonara.